DISTRICT DE SANTA-CATALINA
Le district de Santa-Catalina ne comprend qne les deux bourgs de :
Santa-Catalina et de Yanayacu,
situés tous les deux au milieu d'immenses plaines, qui font partie de la grande Pampa du Sacramento, qui s'étend entre les rios Ucayali et Huallaga.
t* SANTA-CATALINA.
Le bourg de Santa-Catalina a été fondé par le R. P. Plaza, avec quelques familles du bourg de Cumbaza. Il s'élève sur la rive gauche de la petite rivière {Riachuelo) de Santa- Catalina, à douze lieues au S. 0. 0. de Sarayacu. La position de ce bourg est très-importante : c'est le chemin le plus court qui aille de Sarayacu à la capitale de la province, c'est-à-dire à Moyobamba. Le bourg de Santi-Catalina possédait 155 habitants en 1857; mais, à la suite d'une épidémie qui vint frapper ce pays, en i8o8, un grand nombre de personnes moururent, et d'autres, craignant d'être victimes du fléau, émigrèrent à Canchahuaya. Ces circonstances fâcheuses ont eu pour résultat de réduire considérablement la population de Santa-Catalina, qui est aujourd'hui peu nombreuse. Les commerçants et les voyageurs qui vont de rUcayali à l'Huallaga rencontrent de grandes difficultés pour se procurer des portefaix, dans le but de faire transporter leurs bagages ou leurs marchandises. Ils sont quelquefois forcés de demeurer plusieurs jours dans ce bourg, ou d'aller chercher des commissionnaires à Yanayacu, éloigné d'environ sept lieues.
Santa-Catalina a l'avantage de communiquer avec l'Ucayali au moyen d'une petite rivière qui passe au pied du bourg. Mais si, d'un côté, la navigation est facile pendant la I
saison des pluies, parce qu'alors cette rivière renferme une quantité d'eau suffisante, la saison sèche au contraire présente mille obstacles à cause du peu de profondeur de la rivière, qui fait échouer les canots, pour ainsi dire, à chaque pas. Malgré toutes ces difficultés, les commerçants qui vont d'Ucayali à l'Huallaga, avec des cargaisons de poisson salé, profèrent se rendre de Sarayacu à Sknta- Catalina par eau, à cause de la rareté des portefaix, et pour éviter les frais considérables que ceux-ci leur occasionnent, quoique ces commerçants soient obligés de traîner leurs canots pendant d'assez grandes distances, ce moyen de transport étant beaucoup plus économique.
Il existe au bourg de Santa-Catalina, comme dans tous les chefs-lieux de missions, un couvent spacieux, bâti en briques crues; mais aujourd'hui, à cause du chiffre réduit de la population et du petit nombre actuel des missionnaires qui résident à Sarayacu, il ne séjourne aucun prêtre à Santa-Catalina. Les missionnaires s'y rendent de Sarayacu, quand il y a nécessité. Le couvent de Santa Catalina sert d'auberge pour ceux qui passent par cette localité.
Depuis l'épidémie dont nous avons parlé, les habitants de Santa-Catalina sont dans une disette perpétuelle de vivres ; ils ne se nourrissent guère que de quelques bananes qui sont leur seul aliment.
Us n'ont pas d'autre occupation que la culture de leurs champs {Chacras)^ ou le transport des marchandises à Sarayacu ou à Ya^ najacu.
a» YANAYACU.
Le bourg de Yanayacu a été fondé par le R. P. Plaza, au-delà de celui de Santa-Catatalina, sur la rive droite de la rivière qui porte
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
le même nom. Yanayacu est éloigné de Santa- Catalina d'environ sept lieues, et sa position est aussi importante que celle de Santa-Catalina; parce que, sans l'existence de ces deux bourgs, on ne pourrait jamais voyager par ce chemin. En efTet, les commerçants ou les voyageurs qui viennent de TUcayali ont besoin de prendre des portefaix à Santa-Catalina pour transporter leurs bagages ou leurs marchandises par terre jusqu'à Yanayacu.
En cet endroit on a besoin de canots pour descendre jusqu'à l'Huallaga par l'intermédiaire des rivières Yanayacu et Chipurana. D'un autre côté, ceux qui viennent de l'Huallaga remontent en canot par les rios Chipurana et Yanayacu jusqu'au bourg de Yanayacu, et en cet endroit ils ont besoin de portefaix pour la voie de terre qui s^étend jusqu'à Santa-Catalina, où ils descendent en canot jusqu'à l'Ucayali.
Yanayacu, à l'époque de sa fondation, n'avait pour habitants que deux ou trois familles, mais sa population a été continuellement en augmentant, et, suivnntle recensement de 1857, ce bourg comptait déjà 173 habitants. Depuis cette époque, il parait encore avoir augmenté, malgré l'épidémie de 1858.
Les habitants de Yanayacu ont une origine différente : on rencontre dans ce bourg quelques familles de Chayavitas, de Cahuapanas, de Sarayacu, de Chasuta, etc. Le bourg de Yanayacu, comme celui de Santa-Catalina, a son couvent qui sert d'habitation aux missionnaires, quand ils arrivent de Sarayaeu, et d'auberge pour ceux qui voyagent par celte route.
Les maisons de Yanayacu sont dispersées çà et là, sans aucun ordre, et construites de palissades formées d'un palmier appelé Tarapoio; le toit est formé de Yarina.
Le bourg de Yanayacu est dans une disette de vivres continuelle, et le travail personnel est assez cher, relativement aux autres bourgs de la province ; on paye six réauxpour transporter une balle de marchandises de Yanayacu à Santa-Catalina, qui n'est éloignée que d'une journée de chemin.
Le bourg de Yanayacu , cdmme celui de Santa-Catalina n'a pas de gouverneur résidant dans la localité ; ils sont commandés par un Curaca (espèce de gouverneur indigène), qui ne parle pas la langue espagnole, de sorte que ceux qui ne connaissent pas le quichua ne trouvent là aucune autorité à laquelle ils puissent s'adresser pour obtenir ce dont ils ont besoin.
Les Pères de Sarayacu ont une grande influence sur les habitants de Yanayacu et de Santa-Câtalina; les Curacas de ces bourgs ne savent même pas quel est le gouvernement qui régit le Pérou; ils ne reconnaissent que l'autorité des Pères missionnaires de Sarayacu.
Le bourg de Yanayacu est appelé à devenir très-considérable, attendu que^ depuis peu d'années, il a vu augmenter considérablement sa population. Cette augmentation est due à la communication facile de l'Huallaga avec l'Ucayali, au moyen des rios Chipurana et Santa Catalina, ce qui permet de transporter en très-peu de temps le poisson salé que l'on prépare sur les bords de l'Ucayali, et donton fait une grande consommation dans la Tille de Moyobambaet dans les bourgs situés sur les rives de l'Huallaga.
Mais si le gouvernement péruvien veut faciliter le passage par cette voie, et activer le commerce de la province, il est de la plus grande urgence qu'il établisse à Yanayacu un fonctionnaire salarié, pour empêcher les abus qui se commettent aujourd'hui sous l'autorité du Curaca, qui, n'étant pas assez surveillé par les Pères missionnaires, obligés de résider à Sarayacu, et ne reconnaissant aucune espèce de gouvernement, arrête à sa guise les voyageurs, et exige des prix fabuleux même pour les articles de première nécessité, tels que les bananes. Mais il est également nécessaire qucles*<iutorités administratives des districts de Saravacu et de Sauta Catalina conservent une bonne harmonie avec les Pères missionnaires de Sarayacu, pjfrce que ces Pères sont très-respectés et jouissent d'une grande influence sur les Indiens.
APPENDICE