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PRODUCTIONS NATURELLES

Il n'y a pas de mots pour donner une idée de la variété immense des productions et de l'activité de la nature dans le développement continuel des êtres de toute espèce, surtout dans la province littorale de Loreto. En effet, dans cette vaste région, arrosée par les rios Huallaga etUcayali, et par l'Amazone, le plus grand fleuve du monde , se trouvent réunies toutes les conditions les plus favorables pour la vie : une atmosphère constamment chargée de vapeurs aqueuses, une température assez élevée et un sol vierge et fécond. Dans cette région unique sur la terre, partout où Ton peut porter les yeux, se présente devant rhomme une exubérance de vie si grande, que toute la matière paraît animée par cette force mystérieuse qui régit le monde orga-' nique. En voyant ces nuages épais de mous-' tiques et de zancudos si avides de sang, on dirait que la nature a communiqué le souffle de la vie jusqu'aux atomes mêmes de l'atmosphère qui nous environne. La chaleur et l'humidité sont deux agents qui favorisent la putréfaction; mais la putréfaction n'est qu'un changement chimique, qui prépare les conditions de l'existence pour produire de nouveaux êtres, qui n'avaient pu se développer auparavant. Ainsi la putréfaction est la mort de certains corps et la vie d'autres corps qui succèdent aux premiers : les animaux morts se corrompent; les fruits, les feuilles, les ra-

meaux et les troncs qui tombent continuellement au milieu de ces forêts vierges, se flétrissent, et peu de jours après tous leurs tissus sont envahis par une multitude innombrable d'animaux et de végétaux microscopiques.

Ces nouveaux êtres, excessivement petits, les plus simples de la création , véritable chaos où se confond le règne animal et le règne végétal, produisent néanmoins les plus grands effets. Ils se multiplient à l'inflni, et, pénétrant de toutes parts, ils désagrègent et détruisent, en peu de temps, tous les corps qu'ils attaquent. Mais ils meurent à leur tour, et restituent aux deux réservoirs communs, la terre et l'atmosphère, toute la matière dont ils étaient formés. La terre, enrichie de principes organiques, par les dépouilles laissées par ce? myriades d'insectes et d'animalcules qui achèvent de remplir leur mission, s'engraisse elle-même^ acquiert de nouvelles forces et peut produire d'autres êtres supérieurs en organisation.

Dans ces régions solitaires, que la main de l'homme, si puissante pour la- destruction, n'a pas encore bouleversées^ la Nature se trouve continuellement en travail. Elle expérimente, dans un profond silence, les plus grands changements du monde organique, et manifeste ses richesses et sa puissance par les productions les plus riches et les plus variées.

APPENDICE

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