‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 233 sur 321 · LORETO · texte numérisé non relu

LORETO

VALEUR

4t 15 98467 1 1814 3 iOO 6

Total $ 98467 1

Importation durant le premier semestre de 1858 fi 25800

Reste en faveur de la province fi 72667 1

(1) Mesure de capacité pour les grains qui équivaut à un peu moins du j de la fanègue espagnole. *

Maintenant, il est utile de faire remarquer que ce dernier tableau ne présente que le mouvement commercial qui s'est opéré au moyen des bâtiments à vapeur, et qu'un grand nombre de marchandises sont transportées sur de petites embarcations, comme on le voit en examinant le tableau dé Tannée 1855.

En outre, le tableau de 1858 ne représente que les articles exportés pendant le premier semestre, parce qu'à cette époque expirait le bail stipulé entre la Compagnie des bateaux à vapeur brésiliens et la République du Pérou. On peut donc établir, pour l'exportation de Tannée entière, un chiffre double de celui qui est donné par le tableau ci-dessus, de sorte que Ton obtiendra, pour le total de Texportation en 1858, une somme d'environ 200,000 piastres (un million de francs).

Une observation également digne d'intérêt, c'est que, de l'examen des tableaux précédents, il résulte que l'exportation est beaucoup plus considérable au Pérou que Timpoi'tation; et que cette dernière ne suit pas proportionnellement une marche aussi rapide

que l'exportation. À première vue, cette aiXH malie peut causer un certain étonnemeDt, parce que Ton sait que, dajis toute société humaine, les nécessités croissent en proportion des revenus, et que tout peuple qui se rend producteur devient en même temps plus grand consommateur. Mais, comme nous l'avons dit plus haut, l'exportation s'effectue presque entièrement par le fleuve des Amazones à destination du Brésil; Timportation, an contraire, a lieu, en grande partie^ au moyen des ports du Pacifique et de la route de Chachapoyas à Moyobamba.

Mais maintenant on se demandera : Comment se fait-il que la province littorale de Loreto, jouissant de communications aussi faciles avec le Brésil, au moyen des rivières, introduit néanmoins la plus grande partie de ses articles de consommation par le mauvais chemin de Chachapoyas, qui depuis Trujillo jusqu'à Moyobamba passe à travers trois cordillères d'une élévation considérable ?

La réponse est très-simple. Le Brésil^ méconnaissant ses véritables intérêts, impose

APPENDICE

des droits exorbitants sur les articles que les vapeurs importent au Pérou, de sorte qu'il n'y a pas de concurrence possible avec les marchandises qui viennent par la voie de l-océan Pacifique. En conséquence, malgré les frais considérables occasionnés par le transport des marchandises par la voie de terre^ depuis le Pacifique jusqu'à Moyobamba, les commerçants aiment mieux s'approvisionner des articles dont ils ont besoin sur les marchés de Lima ou de Triijillo, que de les faire venir du Brésil par la voie si commode des grandes rivières.

Une preuve plus qu'évidente que l'imporportationdes articles de consommation^ dans la province littorale de Loreto, n'a pas lieu par la voie de l'Amazone, pour la cause que nous avons signalée, c'est que le vice-président lui-môme de la province du Para au Brésil^ l'avoue clairement dans le Mémoire que nous avons cité plus haut.Il s'exprime en ces termes :

« Ainsi nous devons non-seulement en- « voyer tous les mois nos bâtiments à vapeur m au Pérou, mais encore, s'il est nécessaire, « renoncer au principe des gros bénéfices pé- « cuniaires, en établissant, par exemple, avec Cl cette république^ un commerce de transit ou o de réexportation, ou du moins en réduisant a les droits de la Douane brésilienne au taux a de celle du Pérou, pour les articles que cr nous expédions dans ce pays.

« La Douane péruvienne n'a établi d'auu très droits sur les marchandises étrangères « (à l'exception des droits de protection) (f qu'un chiffre de 25 pour cent. D'un autre « côté^ le fer, les instruments d'agriculture, « le charbon déterre, etc., ne payent aucune « entrée.

a Maintenant les articles que nous envoyons a au Pérou sont précisément des marchan- (( dises pesantes, tels que du fer ou des insa truments en fer. Ces articles payent à la « Douane brésilienne un droit de 25 à 30 pour « cent. En conséquence , en présence des « obstacles considérables que les Péruviens « rencontrent dans la traversée des Cordillè- « res, nous pouvons les engager à préférer la a voie du Brésil, pour leurs importations.

a Jugez donc. Messieurs, du chiffre de nos a revenus, si le Pérou jouissait des facilités <c d'importation par le Brésil, facilités que « j'ai l'hqnneur devons proposer d'accorder, a D'un autre côté, comme résultat nécessaire, a la population irait en augmentant : ses bea soins augmenteraient dans la môme proa portion, aussitôt que, par notre intermé- « diaire, ce pays serait mis en relation avec « l'Europe. »

Dans le paragraphe que nous achevons de transcrire, on voit l'intérôt que prend le Brésil à ce que la province littorale de Loreto vienne s'approvisionner sur ses marchés des articles dont elle a besoin. Mais, si les vœux du Brésil se réalisent, si l'exportation de môme que l'importation de la province littorale de Loreto s'effectuent par l'intermédiaire du Brésil, que deviendra cette province? N'ayant plus aucune relation avec les autres parties du Pérou, elle pourrait se considérer comme un État indépendant, ou comme une colonie du Brésil. Un moyen pour combattre ce danger, c'est d'ouvrir de bons chemins qui servent de moyens de communication facile avec la province littorale de Loreto, et qui puissent développer en môme temps le commerce des autres départements.

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU

Page 1