ITINÉRAIRE
DB
CHAGHAPOTAS AU P0N60 DB MAHSBRIGHE.
(Correspondance du journal de Lima Bl Comercio, n** du 26 juillet 1862. )
Ghachapoyas, S Juin 1862.
Je m'efforcerai , autant qu'il me sera possible^ de répondre à la confiance que vous avez bien voulu avoir en moi, en m'honorant du titre de votre correspondant dans le département des Amazones. J'ai accepté ce titre avec plaisir, en voyant l'intérêt que vous prenez à publier des descriptions exactes et fidèles de cette partie importante de la République.
Ces descriptions y pour les hommes qui pensent, pour les amis du progrès, pour ceux qui estiment comme une véritable richesse^ et la richesse la plus positive, celle de l'agriculture et du commerce, surtout celui des produits de nos forêts; pour ceux enfin qui espèrent sincèrement que la prospérité de la nation^ principalement des provinces du nord^ naîtra de l'exploration de Tintérieur du Pays des Forêts [Moniaûas) et de l'établissement de bourgades utiles, ces descriptions, dis-je, ne sont pas d'un médiocre intérêt
Ma faible plume ne saurait rien ajouter à tout ce qu'ont écrit sur. ce pays des hommts éminents dans les sciences naturelles, des po-
SiOOBAPBlI DU PÉROU.
litiques profonds, et des économistes dont le nom est célèbre.
Dans ma correspondance, je me bornerai à vous transmettre des détails sur la richesse déjà connue et sur l'avenir du pays situé en deçà de l'Amazone^ et sur la vie^ les usages, les mœurs et les changements dans la manière d'être des populations de ce département.
L'attention publique a dû être vivement excitée par la découverte que le prélat si patriote et si vertueux de l'Église de Chachapoyas. Don Pedro Ruiz, a faite^ en 1859, d'une voie de communication &cile entre cette ville et le Pongo de Manseriche, près duquel les voyageurs peuvent maintenant parvenir sans difficulté.
La famille de Sa Grandeur perdit, dans l'un des trois naufrages qu'elle éprouva, la relation de son voyage. Le même malheur arriva au senor D. Baltasar Eguren, chef de l'expédition qui travaillait à rectifier le chemin de traverse (irocha) que Sa Grandeur a ouvert au milieu des forêts. Ces'deux accidents ne m'ont pas permis de donner sur les impor* tants travaux des deux expéditions tous les détails que je désirais ; mais je puis vous as-