‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 3 sur 321 · X. YuPANOoi , r^gna depuis Tan 1400 jusqu'en · texte numérisé non relu

X. YuPANOoi , r^gna depuis Tan 1400 jusqu'en

iv DI8G0UHS PRÉLIMINAIRE DU TRADUCTiaR.

XL ïuPAc-YuPANgLi, fut couronné eu 1439, et mourut en 1475, au bout de 36 ans

de règne.

XII. Huayna-Capac, commença son règne en 1475, régna 50 ans, et mourut en 1525.

C'est le plus grand monarque du Pérou.

Xni. HuASCAR, fut couronné en 1526, régna 7 ans, et mourut en 1532. XrV. Atahuallpa ou Atavaliva, commença son règne en 1532 , gouverna pendant

6 ans le royaume de Quito et pendant 1 an et 4 mois Tempire du Pérou tout

entier.

Nous n'avons pas besoin de rappeler ici les détails de la conquête du Pérou par Francisco Pizarro. Cet événement est assez connu.

Après la mort d' Atahuallpa, étranglé par Tordre du conquérant^ celui-ci fit couronner, dans le but de soutenir sa politique ambitieuse, et pour le faire servir à ses desseins, un autre prince Inca, nommé Manco, frère d' Atahuallpa , qui régna en apparence jusqu'era. 1553. Manco eut trois fils : Sayri-Tupac, Ctisi-Titu-Yupanqui et Tupac-Amaru. Cer dernier fut décapité à Cuzco en 1571 , par ordre de D. Francisco Toledo , cinquième? vice-roi du Pérou.

Ainsi , depuis l'an 1533 jusqu'en 1824 , c'est-à-dire pendant 291 ans, le Pérou fut^ soumis à l'Espagne et gouverné par 44 vice-rois, dont le dernier fut le général D. Josér de Lasema, comte des Andes.

La domination espagnole , qui ne sema guère que des ruines et du sang sur toute la surface du Pérou, et ne sut remplacer tout ce qu'elle avait détruit que par des couvents et des monastères peuplés de religieuses et de moines de toute espèce , ou , si l'on veut , de pieitx fainéants, devenus aujourd'hui, par leur ignorance, leur abrutissement et leur corruption, l'opprobre et la honte du catholicisme dans l'Amérique du Sud; la domination espagnole succomba le 9 décembre 1824, sur le champ de bataille d'Ayacucho, et le Pérou recouvra son autonomie perdue depuis près de trois siècles !

A partir de cette époque mémorable , où elle a su briser ses fers et ceux de l'Amérique du Sud , cette jeune république est entrée dans une voie de prospérité vraiment remai*quable : son commerce s'est développé avec une rapidité extraordinaire sur toute la côte du Pacifique et jusqu'au sein des Cordillères ; il a pris naissance même jusqu'au fond des forêts inaccessibles de l'immense province de Loreto.

L'auteur d'une brochure , intitulée le Pérou et V Influence européenne , publiée à Paris en 1862, s'exprime ainsi au sujet du commerce de la république du Pérou :

N Depuis que la proclamation de son indépendance fit entrer le Pérou en relation plus intime et plus fréquente avecrEurope, il en a retiré des avantages inappréciables. La facilité d'exportation que le commerce a procurée aux marchandises péruviennes a imprimé à la production un développement incspérô, et on a pu utiliser sur une échelle importante des produits qui auparavantétaient d*un usage très- limité. La culture ducoton^de qualité supérieure , augmente de jour en jour; les laines s'exportent en grande quantité ; Textraction du guano s^élève en moyenne à 75,000,000 de francs ; celle du salpêtre , qui pendant les dernières années a c té de 28 à 30,000,000 de francs, paratt devoir atteindre rapidement le même cliifire ;

DISCOURS PRÉLÎMINAIRR DU TRADUCTEUR. v

haque jour on utilise des produits dont la valeur était jadis presque inconnue dans le pays, ainsi qu'il rrive pour le Borax.

« Au reste, le progrès non interrompu du commerce est la preuve la plus claire de In confiance et e la solidité des relations avec l'Europe. En nous bornant aux deux nations principales, nous voyons [u'en Angleterre importation péruvienne s'est élevée, en 1856, comme suit : Borax, 2,800 liv. sterl.; oton, 4.300 liv. sterl. ; cuirs , 1,400 liv. sterl. ; salpêtre, 220,000 liv. sterl. ; laine de mouton, llt,300 iv. sterl. — En 1860, Borax, 116,500 liv. sterl., coton , 42,900 liv. sterl.; cuirs, 14,500 liv. sterl.; alpétre , 446,000 liv. sterl.; laines, 145,600 liv. sterl. En France, l'importation qui, en 1856, avait été le 16,300,000 francs, s'est élevée en 1860 à 18,717,000 francs, et elle eût dépassé 25,000,000 de rancs, si la consommation du guano n'eût diminué d*environ 20,000 tonnes; Texportation des articles rançais pour le Pérou, qui était en 1856 de 23,200.000 francs, est montée en 1860 à 44^101 ,000 francs.

« En examinant cet accroissement inouï on doit remarquer que y pendant que l'importation des narchandises péruviennes s'augmentait en France seulement de 2,4 1 7 «000 francs, l'exportation franaise pour le Pérou s*accroissait de 21,000^000 de francs, preuve évidente de l'énorme importance que trend au Pérou la consommation des articles français et de la sécurité pleine d'avantages qu'y renconrent les capitaux. En 1860^ le commerce du Pérou avec l'Europe a dépassé. 260,000,000 de francs et le M)nimerce total a été de 350,000,000 de francs. »

Dans un autre endroit nous trouvons encore cette statistique, qui surprendra peut-être )lus d'un de nos lecteurs :

« Le Pérou affecte annuellement au payement de ses dettes d'Europe ime somme de 20 millions de fr., ;t sa solvabilité et sa bonne foi ont assis son crédit si bien au niveau de celui des nations les plus *espectées, que son 4 1/2 p. 100 a été coté à Londres plusieurs fois au-dessus du pair. Son commerce i?ec l'Europe, comme nous avons dit, n'est pas moindre de 260 millions de francs. Les capitaux européens qui vont de préférence au Pérou y chercher un emploi , y trouvent la rémunération régulière l'un intérêt élevé. En outre, soit en Europe , soit au Pérou , la subsistance et l'avenir d^un grand nombre le personnes dépendent des relations pacifiques dont l'harmonie, pour cela même, ne doit pas être xoublée. On ne peut se faire une idée exacte des intérêts européens engagés au Pérou* sans en faire me étude spéciale. C'est ainsi que, tout d'abord, on ne pourrait croire que la France et l'Angleterre entretiennent avec le Pérou un commerce plus considérable qu'avec la Suède, le Portugal , rAutriche, e Danemark , et autres nations importantes de l'Europe. Le Pérou occupe le dix-huitième rang parmi les trente-sept pays principaux qui commercent avec la France et le onzième sur les soixante-quatorze \m trafiquent avec l'Angleterre. Ce commerce est d'autant plus avantageux pour l'Europe que tout le produit du guano , du salpêtre , des métaux précieux , des laines et autres articles péruviens qu'elle consomme , au lieu de se solder en numéraire , est employé à l'achat de marchandises manufacturées , ce qui donne une impulsion incalculable à Tindustrie européenne. Le mouvement maritime que l'exportation du Pérou produit en Angleterre est inférieur, seulement dans quelques années, à celui des dix puissances les plus conmierciales du monde, et en 1860, — une des années les plus faibles de la dernière période quinquennale, — il a occupé 208 navires jaugeant 125,500 tonneaux. »

On trouvera d'ailleurs des données plus étendues dans la Géographie , sur le commerce d'importation et d'exportation , pages 28-37 . L'auteur de la brochure continue ainsi :

« Ce grand développement du commerce^ qui est aujourd'hui dix fois plus considérable qu'aux moments les plus prospères de l'époque coloniale, a naturellement augmenté la fortune publique et privée. Le recoin le plus obscur de la République a vu s'accroître son bien-être; le dernier des habitants a éprouvé une amélioration dans son vêtement, son habitation et sa nourriture. Les principales populations connaissent les progrès de la civilisation , et la capitale de la République rivalise en luxe et en confort avec celles du vieux monde. Le bien-être a amené l'augmentation de la population, qui s'est aeeme d'un tiers en moins de quarante ans. Lima, qui a pris part à cet accroissement d'habitants, s'est en outre enrichi d'oeuvres monumentales * et les édifices privés ont éprouvé une rénovation presque

vj DISœURS PRÉLIMINAIRE DU TRADUCTEUR.

complète. Le Gallao a remplêcé ses cabanes tnisérâbles par de nombreuses constnietiotis dignetidn premier port de la République et d'une population de 25,000 habitants. La ville de Tacnâ s'est transformée d'une manière non moins admirable. L'augmentation incroyable des vignobles d'Ica y a £iit naître toutes les améliorations qui sont la conséquicnce de l'opulence et des faciles débouchés. On peut en dire autant de Moqueguâ, Lambayeque^ Chiclayo y Huancàyo^ Tamifty CAjamaMi, Aré^Uipa, Puno et autres villes.

« Le même progrès &e fait risssentir dans les campagnes ; dans uii graïkd nombre dé prDvhiétos la valeur des terres a doublé, et aujourd'hui une parcelle d*Hacienda se vend plus cher qd'autféfois l'Hacienda tout entière. Grâce à ces avantages , l'agriculture â continué à grandir sans étme éprouvée [uir l'abolition de Fesclavage que le Ooiivememe&t, pressé par rôt)fniôn publique, décréta subitement en 1854. Certes, cette abolition était un devoir d'humanité et honore hnutémeiit Tépoqùe âtttkelte; mais si l'agriculture n'eût pas été aussi prospère , elle aurait pu voir renverser tous ses calculs , et sticcomber sous le double choc du manque inattendu des 20,000 bras que lui assurait l'ésclàVage , et de l'âuginditation qu'éprouTèrent les journées par suite de la liberté du travail. »

Plus loin , en parlant de la création des voies de communiGation ^ l'auteur que nous citons parle ainsi :

« L'administration s'efforce aussi de doter le Pérou, à tout prix, de grandes améliorations dans toutes les branches du service public. Dans ce pays où les voies de commûntcdtit)tl sont si nécessaires et où l'on se trouve en face des tremblements de terre, des tempêtes de la Cordillère et de la puissance gigantesque de la végétation intertropicale , on ouvre de nouvelles routes jusque dans la profondeur des forêts; trois chemins de fer sont déjà terminés ^ deux autres vont être commencés, et quelques autres encore, qui sont à Tétude , centupleront les forces productives, et, raccourcissant les distances, donneront à l'action administrative comme à l'action individuelle une fécondité inconnue jusqu ici ^ *»

Ensuite, en traitant de la marine du Pérou, cet écrivain nous donne les intéressants détails qui suivent :

« La construction de môles ^u Callao, à Pisco et dans d'autres ports, a facilité les relations maritime^ dont rimportance est si grande sur une côte de plus de sept cents lieues ^ d'un accès facile presque partout et baignée par une mer paisible. En même temps que le cabotage s'est développé sur une grandie échelle et qu'un commerce actif s'est établi avec la Chine, on a créé une marine nationale d9 guerre qui est la première du Pacifique et qui compte huit vapeurs et divers bâtiments à voiles et pon-^ tons. On construit dans les arsenaux d'Angleterre six vapeurs que le Gouvernement destine à naviguer le Titicaca et à explorer les principaux afûuents de FAmazone, dans le but d*ouvrir au commerce ces contrées vierges qui renferment d'innombrables richesses. Depuis quelques années, le Pérou paye une subvention annuelle de 200,000 francs à une entreprise dont les vapeurs parcourent mensuellement l'Amazone entre le Para et Loreto. Il a dernièrement accordé de grands privilèges et de puissants secours à une autre compagnie qui se proposait de développer le commerce de cabotage. Les vapeurs anglais du Pacifique ont été subventionnés dès leur établissement. En dehors de ces mesures particulières, le Gouvernement ne cesse de donner la preuve des sentiments les plus libéraux eii faveur du commerce. Les riches produits du sol ne payent aucun droit d'exportation; plusieurs articles d'importation entrent librement , et les tarife témoignent d*une tendance constante à leur abaissement, de sorte que la liberté conmierciale est, dès aujourd'hui , le principe dominant; les droits qui subsistent encore sont généralement momdres qu'en aucun autre pays. »

On trouve dans la Géographie, pages 43-44, le budget du Pérou pour la période bisannuelle de 1861-62; iios lecteurs seront bien aises de IfbUter iéi les chiffres dohnés par Fauteur de la brochure :

« Le budget pour l'exercice de 1861 et 63 doniie une idée abrégée > mais éloquente, des phogrèft

DISœURS PRÉLIMINAIRE DU TRADUCTEUR. vij

administratifs du Pérou. Sans descendre à des détails dont la spéciGcatlon ferait mieux remarquer cette heureuse tendance, les chiffres 8ui?ant8 parleront assez clairement :

Pouvoir exécutif. . • 910,000 fr.

Chambres législatives 2,565,000

Commission des codes 255,000

Mim'stère des relations extérieures 280,000

Corps diplomatique et consulaire 1,500,000

Ministère de Fintérieur 260,000

Ministère de la justice, de l'instruction et de Tassistance publique. . • 265,000

Administration départementale. 1,495,000

Administration de la justice 6^870,000

Instruction publique ....'... 8,010,000

Travaux publics '. 20,040,000

• Culte 2,420,000

Postes 1,815,000

Police. . i « f . . • 1^480,000

Bienfaisance*. . » * • 1^995,000

Guerre et marine • 50^000,000

Service de la dette 49,895,000

Administration des finances 5,850,000

Pensions et retraites. • • . . . i » . . . • 2,250,000

Frais divers 5,810,000

164,555,000 fr.

• Les 49,895,000 fî^llcs iiidiqùés potir lé service de la dette font connaître le sèle scrupuleux avec lequel le Pérou remplit ses engagements : 210,000,000 de fr. ont été amortis pendant les dix dernières années ; la dette intérieure est actuellement de 33,060,000 fr., et celle extérieure de 90,735,000 fr., qui seront éteints dans peu d'aimées.

« Des résultats aussi concluants donnent en même temps la mesure des honorables aspirations du Pérou et celle de ses ressources. Et qu'on ne croie pas que ces dernières dépendent exclusivement du guano, dont on peut tirer encore plus de (rois milliards de francs.

« Qtiandle guano sera épuisé, le Pérou compte sur les salpétrières qui recouvrent des provinces entiktes et se renouvellent peu après l'extraction; sur les salines qui lui offrent, soit sur la côte, soit dans le sein des montagnes, un trésor inappréciable ; sur ses minerais précieux dont Texploitation est presque intacte sut une grande partie du territoire^ malgré les milliards déjà produits ; sur Timmense fécondité de ses forêts (surtout dans la province littorale de Loreto) ; sur d'autres grandes propriétés de l'État et sur les revenus communs à tous les peuples. Aujourd'hui les contributions sont presque nominales et Taugmentation de la prospérité publique est si grande que si , dans quelques années , on devait faire appel à cette ressource ^ elle donnerait un revenu supérieur à celui que le guano fournit actneUemoit. »

L'instruction publique au Pérou nous fournit roccasion d'un curieux parallèle avec Tétat de cette même instruction en France. Laissons parler notre écrivain , dont on ne saurait récuser l^autorité :

« Le progrès intellectuel n'est pas inférieur aux améliorations matérielles. En dehors des sommes éoonnes dépensées par les particuliers , l'État consacre à l'instruction publique 5 millions de francs par an; ce chiffre, qui équivaut à la vingtième partie du budget, est comparativement quatre fois plus fort qu'en France où l'ebseignement ne jouit que d'une allocation de 95 millions de francs sur un budget de 3 milliards, et cependant la France est un des pays qui protègent davantage l'instruction publique. Chaque village au Pérou a son école gratuite , presque tous les chefs-lieux ont des collèges du second degré; plusieurs départements, des établissements imiverâtaires. Lima est dotée d'UtiiVersités^ de collèges, d'îles de tous degrés et d'établissements consacrés à l'enseignement des arts, à l'instruc-

vîij DISCOURS PRÉLIMINAIRE DU TRADUCTEUR.

tion militaire et navale et à d^autres branches spéciales. On vient, en outre, d'assurer au professorat la garantie de fonction publique , de sorte que les professeurs , sûrs désormais de leur position d'activité et de retraite , pourront se consacrer exclusivement à renseignement. Les publications périodiques et les œuvres de tout genre, dont le nombre augmente avec uuc étonnante rapidité, échîrcnt le pays, tantôt en vulgarisant les découvertes les plus récentes, tantôt en introduisant les meilleures méthodes dans renseignement public et privé.

« Le mouvement littéraire, qui fait autant d'honneur à Tintelligence des Péruviens qu'à la protection éclairée du Gouvernement , a pris dans ces dernières années cette tendance pratique de vues élevées et d'études consciencieuses qu'on rencontre seulement chez les peuples avancés qui aspirent à se mieux connaître pour se conduire avec plus de sagesse. Il est vraiment à remarquer combien d'oeuvres ont été publiées dernièrement ou sont en voie de publication, traitant de l'histoire, de la géographie^ de la statistique , de la législation et de la littérature du Pérou.

« L'amour que l'on porte aux institutions établies est général et profond. Les noms de patrie et de liberté sont identiques dans la conscience de la population; la jemesse est imbue de senticnents démocratiques qui satisfont ses inspirations. Dans la société entière, les intérêts créés, les idées accréditées et Tordre établi sont tellement en harmonie avec les institutions , qu'aucun parti n'ose attaquer l'organisation républicaine, et que nulle force étrangère ne pourrait la menacer sans révolter tous les instincts de patriotisme, et compromettre profondément la prospérité du pays et les intérêts étrangers. »

n nous reste maintenant à exposer les principes qui nous ont guidé dans cette traduction, et à expliquer la marche de notre travail. Nous terminerons par quelques considérations générales sur les parties les plus remarquables de l'ouvrage.

La Géographie du Pérou, dont nous sommes heureux de donner une édition française, est, il ne faut pas Toublier, une œuvre sans antécédent : c'est, avec T Atlas, dont nous publions également une édition française , un véritable monument original. L'auteur de la Géographie étant mort avant d'avoir pu mettre la dernière main à son travail, les documents considérables quil avait rassemblés présentaient ou des lacunes, ou des redites, ou enfin des inexactitudes. Malgré les soins de son frère D. Mariano-Felipe Paz Soldan , et de son neveu D. Manuel Rouaud y Paz Soldan , les défauts de l'édition espagnole n'ont pu entièrement disparaître ; et nous sommes obligés d'avouer à notre tour que, malgré notre attention , il nous est échappé également plusieurs inexactitudes. Celles que nous avons pu découvrir sont réparées dans Y Errata , et nous prions nos lecteurs de vouloir bien faire les corrections à la plume sur leur exemplaire.

Nous eCvions sous ]es yeux des noms géographiques , des noms d'histoire naturelle, et des noms propres , soit en espagnol, soit en qtiichua ou langue des indigènes. Dans un ouvrage comme celui-ci, notre premier devoir était de'respecter l'orthographe exclusivement adoptée au Pérou, soit pour les noms espagnols, soit pour les noms quichuas. Aussi avons-nous religieusement conservé la physionomie des mots dans les deux langues : un Péruvien de Lima, un Indien de Cuzco ou un Cholo d'Aréquipa reconnaîtraient immédiatement les noms des villes, des hommes et des choses de la patrie.

C'est non-seulement dans les traités classiques de géographie dont nous parlions au commencement , mais même dans les ouvrages sérieux , que tous ces noms sont altérés , tronqués d'une manière regrettable. On les trouvera ici pour la première fois sous leur véritable forme.

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Les noms d'histoire naturelle , presque entièrement différents de ceux de la Faune et de k Flore de Tancien continent, ont été surtout l'objet d'une attention particulière de notre part. Nous les avons très-souvent donnés en trois ou quatre langues , en français , lorsqu'il y a un équivalent, en espagnol ou en quichua, et en latin du vocabulaire botanique et zoologique. Il a dû certainement se glisser des erreurs au milieu de cette foule innoDQbrable de mots étrangers : les naturalistes voudront bien nous pardonner de ne pas être universel.

Nous avons dérogé deux ou trois fois à la loi que nous nous étions proposée relativement à l'orthographe des mots : ainsi , au lieu de Le Cuzco, nous avons dit Cuzco sans article , bien que cette ville s'appelle au Pérou El Cuzco. En effet, l'usage généralement répandu en France a toujours été de dire Cuzco, Nous regrettons néanmoins de n'avoir pas strictement suivi l'usage du Pérou.

Nous avons également dit d'abord Callao , sans article , puis nous avons cru devoir écrire Le Callao^ parce que l'usage ne s'oppose pas à ce que l'on s'exprime ainsi.

Nous nous sommes efforcé, de concert avec notre collaborateur et ami, D. Manuel Rouaud 7 Paz Soldan , de rendre l'édition française aussi complète que possible , sans nous attacher aveuglément à suivre l'édition espagnole.

Ainsi, nous avons profité d'un article du journal El Comercio , de Lima, pour donner en plus un Itinéraire , malheureusement incomplet, de Chachapoyas au Pongo de Monmche. D'un autre côté , le Catalogue bibliographique de l'édition française est beaucoup plus considérable que celui de Tédition espagnole ; nous avons profité de nouvelles découvertes soit dans les bibliothèques publiques, soit dans les librairies anciennes.

L'édition espagnole se termine par une table des matières et une table alphabétique : nous avons cru , de notre côté , rendre un grand service aux savants et aux statisticiens en donnant une table analytique des matières, au lieu d'une simple table alphabétique de Don)s , qui est toujours incomplète , quelque étendue qu'on la suppose.

Nous demanderons maintenant la permission de signaler à nos lecteurs les parties les plus importantes de cet ouvrage.

Nous ne nous arrêterons pas sur la partie politique de la Géographie ; nous nous contenterons de dire en passant qu'elle a été puisée aux sources officielles, et que par conséquent elle mérite toute la confiance des géographes.

Mais nous ne saurions trop insister sur deux points intéressants : l'histoire naturelle et les antiquités.

h^ Géographie botanique du Pérou, tirée d'une brochure de M. Raimondi, ami de l'auteur, est un véritable trésor pour cet ouvrage. Ce chapitre révèle dans M. Raimondi un génie supérieur. Les botanistes liront avec plaisir les quelques pages que D. Mariano- Pclipe Paz Soldan lui a empruntées.

En ce qui concerne les antiquités du Pérou , on trouvera dans ce volume une foule de détails intéressants. Cependant il ne faut pas nous le dissimuler , ce Traité de Géogn^hie est encore relativement assez pauvre; néanmoins les articles que Tony rencontre.

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