INDUSTRIE
COMMERCE
Dans les bourgades d'Éten, de la Laguna et de Monsefu, on fabrique des chapeaux de jonc ordinaire et c^e jonc fin ; les premiers s'appellent Machitos, les seconds Calagualas, Siete-quinces, Huambritos, de Paja macora et Jipijapa. Enfin , on trouve également des chapeaux d'un jonc excessivement fin. Les chapeaux appelés Colchas sont si beaux qu'ils valent jusqu'à cinquante piastres (250 fr.).
La douzaine de Machitos vaut douze réaux ; celle de Huambritos, quatre piastres quatre réaux. Les chapeaux fins vont jusqu'à soixante piastres (300 francs) la douzaine.
On exporte un grand nombre de Machitos, au Chili : ils se vendent dans ce pays 18 réaux environ la douzaine. On en exporte également dans d'autres pays.
Chiclayo fournit annuellement 15,000 chapeaux que l'on exporte au Chili, et qui valent de onze à dix-huit réaux la douzaine. Les étuis à cigares atteignent le chiffre moyen de 4,000.
On exporte également au Chili un million environ de paquets de tabac pesant chacun de 14 à 16 onces. Le tabac étant une marchandise dont la vente est prohibée, MM. Delgados le vendent au gouvernement au prix d'un réal J (70 centimes) le paquet.
La province de Lambayeque produit encore une autre espèce de tabac meilleur que celui que l'on exporte au Chili. On l'expédie à Lima, ou on le consomme dans la province elle-même. .
Le pays produit environ 18 à 20,000 charges de Riz par an : la charge contient deux
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sacs de sept arrobas (i) et quinze livres chacun. La charge vaut aujourd'hui de quinze à vingt piastres. Avant 1856, elle ne valait que dix piastres.
Les deux provinces de Trujillo et de Lambayeque produisent environ 10,000 fanegas de Maïs : une fanega se compose de six checas, et chaque checa pèse 8 arrobas.
Les Chancacas (sue mielleux extrait de la Canne à sucre) forment une branche très-importante du commerce de ces deux provinces, et donnent un chilTre d'environ 20,000 quintaux par an; ces produits sont expédiés au Chili au prix de 3 piastres 1 réaux le quintal. Le Sucre atteint 25,000 arrobas, et se vend de douze réaux à deux piastres^ surtout dans la province de Piura.
La province de Piura exporte du Coton^ et environ 20,000 Chèvres^ A à 5,000 Mulets, à 40 piastres par tôte (200 fr.), et un certain nombre d'Anes^ à 6 et même 8 piastres par tête. On reçoit en échange du fiiSj du Maïs, du Sucre, etc.
On exporte également des provinces de Trujillo et de celle de Lambayeque, pour celle de Piura et pour Guyaquil des grenades, des raisins, des coings, des poires, etc. . On exporte de Jaen, dans ces deux provinces, des vaches et des bœufs qui, réunis aux 4,000 tètes que Ton élève dans ces pays, sont consommés par les habitants ou envoyés à Lima.
Quand Tannée est pluvieuse, on élève assez de Cochons [Chanchos) pour en exporter à Guyaquil.
Le Blé que fournit ce pays n*est pas assez abondant pour subvenir aux besoins des habitants : on y importe des farines du Chili. Le territoire de Chiclayo est celui qui produit le plus de blé.
La privation qui se fait le plus sentir, c'est celle de Teau : cependant on pourrait en obtenir à peu de frais.
On fabrique aussi dans cette province le sucre de canne : plus de cinquante métairies se livrent à cette industrie.
Les importations et les exportations ont lieu par le port de San José.
(I) Varruha pèse 25 li\Tes ou 12 kilograinmp» et demi. (JS'ote du TrnJuctritr.)
L*exportation de ce port, de 1840 à 1844, a atteint les chiffres suivants :
1840 361,444 fi
1841 432,944 fi
1842 418,423 fi
1843 275,442 fi
1844 397,006 fi
Ainsi, le produit moyen des exportations pendant cinq ans, a été de 377,052 piastres par année. Depuis le 1^' mai 1846 Jusqu'au 30 avril 1847, les importations ont été de 201,000 piastres : ce qui a rapporté aux douanes un bénéfice de 52,000 piastres. Cinquante et un navires sont entrés dans ce port, et ils jaugeaient ensemble 7,895 tonneaux. Dans Tarticle intitulé Idée générale du Pérou, nous avons déjà parlé des importations et des exportations de ce port pendant Tannée 1859, et du produit des douanes en 1859 et 1860.
BOURGADE D*£TEX.
Les habitants de cette industrieuse localité, où Ton tisse des chapeaux de paille, de la toile pour serviettes de toilette, des étuis à cigares, etc., parlent une langue que personne au Pérou ne peut comprendre. Celte langue n'existe que dans le cercle restreint du territoire de cette petite ville : toutefois, les habitants parlent également l'espagnol.
Eten est éloignée d'environ sept lieues de la mer: la race qui l'habite s'est conservée pure, et ce peuple a grand soin de ne pas se môler avec les autres. L'oisiveté est inconnue chez eux. Bien signifie, dans leur langue, U lieu où naît le soleil. On dit qu'à Lima un Chinois et un habitant d'Eten se sont parfaitement compris.
CUMAT.
Le climat est à peu près comme celui de Lima, mais il est plus sain et plus chaud.
PROVINCE DE CHICLAYO.
LIMITES
Cette province est bornée au nord par celle de Lambayeque ; au sud par celle de Trujillo; à l'est, par une partie de celles de Chota et de Cajamarca, du département de Cajamarca, et à l'ouest par l'océan Pacifique.
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DIVISION POUTIQUE.
Elle comprend \A districts, une ville qui est celle de Chîclayo, capitale de la province, une petite ville, 15 bourgades, une auberge (estancia) et 11 cures.
DISTRIÇl^S.
Ghiclayo,
Monsefa,
Éten,
Chepen, Guadalupe, Pueblo Nuevo.
Lagunas, Jequetepeque, San Pedro de Lioc,
Reque,
Sana,
Picsi,
San José,
ChoDgollape.
crues
Chiclayo, Reque, Éten, Monsefu,
Pueblo Nuevo, Guadalupe, Jequetepeque, San Pedro de Lioc,
Sana,
Lagunas, Cbongollape.
Le chiffre du clergé de cette province, y compris les curés titulaires et les intérimaireSy est de 22 prôtres.
La ville de Chiclayo est la capitale de la province.
Chiclayo est une très-belle ville, rivale de celle de Lambayeque : mais leur rivalité n'est pas celle de Thonneur et du progrès, qui intéresse tant les peuples et les individus : c'est malheureusement une rivalité engendrée par des passions mesquines.
Dans le district de San Pedro se trouve le port de Pacasmayo, par où se fait le commerce maritime de cette province.
RIVIÈRES
Les principales rivières sont celle d'Eien et de San PedrOy qui ont leur source dans les montagnes de Cajamarca: elles sont trèsconsidérables dans la saison des pluies. Les rivières de Jequetepeque et de FerrafUtfe sont très-petites.
CHOSES REMARQUABLES
Les choses les plus remarquables sont deux grandes pierres situées au bord de la mer,
et qui, lorsqu'on les frappe avec une autre pierre, sonnent comme des cloches.
Pour ce qui concerne les produits des trois règnes, le commerce, etc., nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit sur la province de Lambayeque. Nous ajouterons seulement qu'on trouve dans la province de Chiclayo beaucoup de Nitrate dépotasse ou salpêtre.
PROVINCE DE PATAZ.
LiaiITES.
Cette province est bornée au nord par celle de Chachapoyas, du département d^s Amazones; au sud, par la province de Conchucos, du département d'Ancachs; à l'est, par la province littorale deLorelo, et à l'ouest par la province de Huamachuco, dont elle est séparée par le Maranon.
Cette province s'appelait auparavant Cajamarquilla. Elle renferme douze districts, deux villes, vingt bourgades, trois mines, quatorze fermes (haciendas), treatc et une auberges (estancias) et neuf cures. Parcoy est la capitale de la province.
DISTRICTS
Parcoy,
Huayo,
Soledad,
Chilia,
Pataz,
Buldibuyo,
Bambamarca,
Huaylillas,
Cajamarquilla,
Tayabamba,
Uchumarca,
Iluancaspata
• CITRES.
Parcoy (1), Hongon,
Chilia, Bambamarca,
Tayabamba, Cajamarquilla,
• Buldibuyo, Huancaspata,
Huavlillas.
Pour les affaires ecclésiastiques, cette province relève de l'évôché de Chachapoyas.
PRODUCTIONS
La province de Pataz est une des plus
(1) Parcoy et Chilia sont divisés en trois cures et Tayabamba en deux cures.
iU
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riches en produits des trois règnes, parce que sa température participe de la chaleur de la Montana (pays des forêts) et du froid de la Cordillère. Le fleuve Maranon qui la traverse lui fournit des poissons de toute espèce, et le sable de son lit contient une grande quantité d*or en poudre , quoique d'un titre inférieur. Autrefois les mines de Pataz produisaient trois cents marcs d'or par an.
A Parcoy, la plus grande partie des habitants recueillent le sable du fleuve, et le mettent en tas dans leurs maisons pour en retirer Tor qu'il contient au fur et à mesure de leurs besoins.
Le petit lac de Pias est formé par Técou-
lement des «aux de deux montagnes très-élevées. C'est la croyance générale des populations voisines (croyance d'ailleurs bien fondée) que dans le fond de ce lac est ensevelie une grande quantité d'or. Presque toutes les montagnes renferment des veines d'or et d'argent. Sur plusieurs points ces veines se trouvent réunies, de sorte que quand la veine d'argent vient à manquer, la veine d'or est abondante , et réciproquement. La pauvreté ds habitants de Pataz et le défaut de grandes entreprises sont aujourd'hui les principales causes de son état arriéré, et empochent cette province d'occuper le premier rang parmi les provinces les plus productives du Pérou.
DEPARTEMENT D'ANCACHS.
Ce département, appelé Huaylas jusqu'en 1839, reçut alors le nom à^'Ancachs^ du lieu oCi fut livré la bataille qui précipita du pou- Moir le général Santa Cruz.
UMITKS.
Ce département est borné au nord par les provinces de Trujillo, Huamachuco et Pataz, du département de la Libertad ; au sud par celles deCanta et deChanoay, du département de Lima; à l'est par le gouvernement territorial de Loreto et les provinces de Pasco et Huamalies, du département de Junin, et enfin à l'ouest par Tocéan Pacifique.
La ville de Huaraz est la capitale de ce département.
DIVISION POLITIQUE
Ce département renferme sept provinces, deux grandes villes, dix petites villes, cent quarante et un bourgs, neuf villages, trois ce^it quatre-vingt-douze auberges {estancias]^ cent soixahte-cinq fermes [haciendas)^ dont dix sont des exploitations de mines.
Sous le rapport ecclésiastique, ce département appartient au diocèse de Lima. Une loi du 20 février 1864 a établi une Cour Supérieure dans la ville de Huaraz, dont la juridiction s'étendra sur tout le départemenl.
Les provinces sont :
Huaraz,
Huaylas,
Pallasca,
Conchucos altos ou Huari, Pomabamba, Cajatambo, Snnia.
PROVINCE DE HUARAZ.
LIMITES
Celte province est i)ornée au nord par cehe de Huaylas; à Test parcelle de Conchucos Altos ou Huari et la nouvelle province de Pomabamba; au sud par celle de Cajatambo ; et à Touest par celle de Sanla.
Sa longueur, du nord au sud , est de 45 lieues environ, et sa largeur de 46 lieues, prise dans sa partie la plus étendue.
DIVISION POLITIQUE
Cette province se compose de dix districts, d'une ville qui est Huaraz,'Sa capitale ; de cinq petites villes, de trente-six bourgs, de cent quatre-vingt-quinze auberges [estancias), de trente-cinq fermes [haciendas) et de douze cures.
Huaraz (1),
Yangas,
Carhuaz,
Pariacoto,
Pampas,
Aija,
Cotaparaco,
Pararin,
Marca,
Becuai.
CURES
Huaraz,
Aija,
Recuai,
Pampas de Huaylas,
Cotaparaco,
Marca,
Pararin,
Carhuaz,
Yungay ou Ancachs,
Caraz,
Atun-Huaylas,
Macate.
(1) La ville de Huaraz est divisée en deux districts : Independencia et Restauracion.
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Le chiffre du clergé de celte province y compris les curés titulaires elles intérimaires, est de 3i prêtres.
RIVIÈRES
Un assez grand nombre de cours d'eau réunis forment une rivière considérable qui plus tard prend le nom de Santa. Son cours est d'abord du sud au nord; après avoir reçu plusieurs rivières tributaires qui ont leur source dans la province de Conchucos, elle se dirige vers Touest et va se jeter dans le Pacifique.
RÈGNE ANIMAL
Cette province nourrit suffisamment de bétail. Étant couverte de montagnes, elle n*est pas dépourvue d'animaux indigènes.On y rencontre entre autres le Llama, la Vigogne, etc. On y trouve également des quadrupèdes et des oiseaux des autres provinces du Pérou.
RÈGNE VÉGÉTAL
Par suite de la configuration diverse du sol, cette province produit un grand nombre de ' céréales, soit de celles que Ton voit sur la Côte, soit de celles que l'on rencontre dans la Sierra. Un fait que nous ne devons pas oublier de mentionner ici, c'est que, dans ce pays si accidenté, on récolte le Blé dans toutes les saisons de l'année : en effet, quand sur un point on fait la semaille, sur l'autre on fait la moisson.
On expédie du blé et d'autres céréales dans les provinces voisines. Ce pays produit également la Canne^ dont les habitants tirent du sucre pour leurs usages et môme pour le commerce. On en fait des confitures.
Nous avons déjà dit que le sol, étant trèsaccidenté, produisait une grande variété de céréales : pour la môme raison on y trouve • aussi un grand nombre de fruits, d'arbres et d'autres végétaux d'espèces très-différentes.
RÈGNE MINÉRAL
La province de Huaraz est aussi riche en minéraux qu'en végétaux. On en trouve la preuve dans les vestiges de plus de trente moulins à broyer les minerais d'or et d'argent
qu'on exploitait autrefois. Aujourd'hui celte branche d'industrie est peu considérable.
Dans une montagne nommée Yuramarca on trouve de VAimant en abondance, de VAlun et du Sulfate de fer.
On doit supposer que dans un territoire si varié il y a également une grande variété de 'corps métalliques.
CLIMAT. — INDUSTRIE
Le climat est aussi varié que le sol, quoique généralement froid : mais la température est néanmoins assez douce.
On tisse dans ce pays différentes espèces d'étoffes avec la laine des troupeaux pour l'usage intérieur et pour le commerce. Cette industrie n'offre d'ailleurs, dans cette province, rien qui la distingue des autres régions du Pérou.
PROVINCE DE HUAYLAS.
Cette province a été constituée par une loi du 25 juillet 1857, du démembrement de l'ancienne province de Huaraz. On lui adonné pour limite le Mal-Paso. La ville de Caraz est la capitale de la province.
LLMITES.
Elle est bornée au nord par les provinces de Pallasca et de Trujillo du département de la Libertad ; au sud par la province de Huaraz; à l'est par celle de Pomabamba, el à l'ouest par celle de Santa.
DISTRICTS
Caraz,
Pueblo-libre»
Macate,
Huata,
Atunhuaylâs
, Mato,
Yungay,
Pamparomas»
Quillo.
Pour les cures, cette province est soumise à celle de Huaraz.