‹ Géographie élémentaire descriptive, ou, Leçons graduées de géographie [microforme]Chapitre 187 sur 243 · Empire Chinois · texte numérisé non relu

Empire Chinois

544. Sortant du golfe de Tonkin, on laisse au S. l'ile fertile d'Haï-Nan, et l’on arrive sur les côtes du vaste EMPIRE CHINOIS, célèbre par son antiquité, ses productions végétales, son immense population, l’antique stabilité de son gouvernement et les mœurs de ses habitants. :

545. Nous allons côtoyer la Cine PROPRE, la partie la plus riche et la plus peuplée de l'empire.

Elle est bornée, à l’E.. par la mer de Chine et le Grand-Océan ; au S., par l'/ndo-Chine ; à V'O., par le haut plateau du Thibet; et au N.-0., par une grande muraille d'environ 278 myriamètres , qui la sépare de la Mongolie où Tartarie chinoise.

Sa population est de 362 millions 447 183 habitants, du moins d’après un recensement ordonné en 1815 par l’empereur Kéa-King; mais les géographes pensent approcher de la vérité en la diminuant de moitié.

Son sol , sillonné de rivières et de canaux , et principulement arrosé pur le Æiang ou Fang-tseu-Kiang, aussi appelé fleuve Bleu , et par le Hoang-Ho on fleuve Jaune. abonde en végétaux précieux, dont le plus commun est

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Parmi les autres productions, on remarque le bambou, le coton, le gingembre , la rhubarbe , le camphre, de trèsbelles fleurs et des fruits délicieux. Le règne animal n’y est pas moins riche : on y remärque surtout un nombre infini d'oiseaux , dont plusieurs espèces sont très-belles; de superbes papillons , et beaucoup de vers à soie. Le mercure, le plomb , le cuivre et le fer y sont les principales productions minérales. Les produits les plus remarquables de l’industrie sont : le papier, l’encre, les tissus de soie et de coton, la porcelaine, et un grand nombre de petits ustensiles et d'autres objets dont les Européens sont très-curieux , et qu'ils payent au quadruple de leur valeur.

La Guise ProPre est divisée en 24 provinces, dont les plus connues des Européens sont :

546. Celle de Kouaxc-Tovuxc, que nous trouvons la première sur la côte, et qui a pour chef-lieu Canrox , grande ville très-commerçante, et qui fut longtemps le seul port ouvert aux Européens, privilége qu’elle partage aujourd’hui avec les ports d'Amor, Fou-Tchéou , Ning-Po et Tchang-Hao.

Au S., à l'entrée du golfe de Canton, est la ville de Macao, aux Portugais, mais dont l'importance est bien diminuée.

C'est dans cette ville que le Camoëns, exilé, composa son poëme de la Lusiade.

Dans le même golfe se trouve aussi l’île de Æong- Kong, aux Anglais , dont le chef-lieu est J’ictoria.

547. On longe ensuite la côte du Fou-Kiax, province montagneuse et très-fertile, et dont les habitants sont très-industrieux. Le chef-lieu est Fou-Tcnéou, célèbre par ses établissements d'instruction publique , et remarquable par ses manufactures et son commerce.

Cette ville est située sur une baie que traverse un pont de cent arches.

A l'E. est l’île Formose, montagneuse et très-fertile.

548. À cette côte succède le Tcué-Kianc , province agréablement diversifiée , bien arrosée et fertile.

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Ses étoffes de soie , brochées d’or et d’argent , sont les plus estimées ; il y a aussi de nombreuses papeteries , des tanneries etc.

Ses habitants, dont le nombre s'élève à plus de 22 millions, sont très-civilisés.

Hanc-Tcaéou, une des villes les plus grandes et les plus riches de la Chine, en-est le chef-lieu.

À quelque distance, on voit une célèbre pagode desservie par 300 bonzes ou prêtres, et ornée de 500 dieux en bronze.

549. Vient ensuite le Kianc-Sov ( partie orientale de l’ancien Kiang-Nan), province abondamment arrosée et d’une fertilité extraordinaire, et où nous remarquons les embouchures du Kiang.et du Hoang-Ho, qui communiquent par le canal /mpérial.

Ce pays, très-sain malgré l’abondance de ses eaux, est riche en céréales , en légumes , en beaux fruits, en lin, en thé, en coton jaune, et en arbres à vernis et à gommelique.

es produiits industriels , qui consistent principalement en nankin , en étoffes de soie , en papier, en encre, sont trèsrecherchés.

Ses habitants , dont on porte le nombre à plus de 37 millions, ont de grandes dispositions pour les sciences et les arts.

Le chef-lieu de cette intéressante province est Nankin ou Nankin, jadis seconde capitale de l'empire et trèsflorissante , aujourd’hui bien déchue.

Ses superbes monuments sont en ruines , à exception de sa célèhre tour, dite de porcelaine, à neuf étages, et dont la construction a duré neuf ans. Cette ville, la plus savante de l’empire., est encore renommée pour sa librairie , ses manufactures de soieries, de nankin, son encre excellente; et, malgré sa décadence, qui date de près de deux siècles ,-on y compte encore 800 000 âmes. Elle fut prise en 1842 par les Anglais, qui y firent un traité de paix dont la conclusion mit fin à leur guerre avec les Chinois.

550. Après avoir dépassé l'embouchure du Hoang-Ho, on côtoie la province de Cnan-Tounc, traversée par le canal Impérial qui en facilite le commerce, dont les soieries sont l’objet principal.

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Tsi-Nan , renommée pour ses soies blanches , en est le chef-lieu.

555. Nous abordons enfin à la province de Toui-Li ou PE-rcni-Li, séparée de la Mongolie par la Grande muraille, pays fertile, surtout en céréales, et où le froid et la chaleur sont également très-intenses ; le nitre dont les terres et les eaux sont imprégnées en rend l'air très-salubre.

Son chef-lieu est P£-Kinc ou Péxin , capitale de tout l'empire , ville immense, dont les bâtiments sont plus remarquables par leur nombre que par leur beauté.

à l'exception de quelques temples qui sont magnifiques.

Cette ville, très-commerçante, possède peu de fabriques. Elle est très-peuplée, mais on n’est pas d’accord sur le nombre de ses habitants".

La plupart des provinces de l’intérieur étant moi:5 connues que les provinces maritimes, nous nous abstiendrons d’en faire mention,

556. Parmi les autres parties de l’EMPRE Crrwois nous remarquerons : |

Le Bouran , au S., pays montagneux et boisé, dont la capitale est T'assisupon , ville peu importante.

Le Taser , au N. du Boutan, la contrée la plus montagneuse du globe , où naissent les plus grands fleuves de l'Asie, et bornée au S. par la gigantesque chaîne de l'Himalaya, dont les sommets atteignent la hauteur de 7 820 mètres.

Parmi les animaux de ce pays, remarquons la chèvre dont la douce et fine soie sert à fabriquer les magnifiques châles de cachemire, et une espèce de cievrotain qui produit le musc.

La capitale est Luassa, ville bien bâtie en pierre, près de laquelle, sur le mont Botole, est le beau palais du dalaï-lama, chef de la religion connue sous le nom de

1. Le père Gaubil évalue cette population à 2 millions d’individus ; lord Macartney, à 3 millions; et Klaproth, seulement à 41 million 300 mille âmes.

Boniface. Géographie. 15

lamisme, professée dans cette contrée et dans d’autres parties de l'empire; il est souverain temporel du Ter, quoique tributaire de l’empereur de la Chine 1.

557. Au N. s'étendent les steppes du vaste désert de Cor ou Cuamo, à l'O. duquel se trouvent le Perir-Tainex et la Perire-Bonr#aRie où TurkESTAN cHinois, dont Yar- Kanp est la capitale, et où l’on remarque aussi Kachgar et Tourfan , villes industrieuses et commergantes.

558. Au N. et au N.-E. de cette province est la DzouxGaRiE où KaALMOUKIE, pays des Kalmouks (Eleuthes ou Mongols occidentaux), dominée par la chaîne altaïque, qui y prend différents noms.

559. Au N. de la Chine propre, dont elle est séparée par la Grande muraille, est la Moncouie, vaste contrée habitée par les Mongols, généralement sablonneuse et stérile, où se trouvent cependant de beaux pâturages, des champs de blé, et d’où l’on exporte beaucoup de bestiaux et de la rhubarbe, qui y croît en abondance.

Au N. de cette contrée, qui forme la plus grande partie de la TARTARIE CHiNoise , plusieurs fleuves prennent leur source ; nous remarquerons le Sakhalian ou Amour, qui y coule de l'O. à l’E., et arrose ensuite la MANDCHOURIE , pays des Mandchoux , dominateurs de la Chine*, que les monts Sio/ki séparent en partie de la Mongolie. La capitale est Mouxpen, résidence du vice-roi.

Au N., une autre chaîne, les monts Stanoroï, va rejoindre, sous divers noms, celle de L’A/rai , et forme avec elle le vaste système altaïque, qui borne au N. l'empire Chinois et le sépare de la SIBÉRIE,

560. En revenant vers la côte de cet empire , nous remarquerons, au N. du golfe de Pé-King, celui de Hiao-Toung, qui baigne une province de même nom.

1. Dès que la vieillesse de ce monarque est un peu avancée , il assemble son conseil et lui déclare qu’il passera dans le corps de tel enfant nouveau-né qu'il désigne. Cet entant est élevé avec soin jusqu'au décès de son prédécesseur ; alors on rapporte les meubles du défunt, qu’on méle à ses propres meubles , et s’il les distingue, c'est une preuve de la transmigration.

2. Is en firent la conquéte en 1640, et ils ea ont pris les mœurs et les usages.

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A l'E. nous voyons la presqu'’ile de Corée, royaume tributaire de la Chine, riche en productions végétales, et dont la capitale est Kinc-Ki-Tao ou Han-Yanc , trèspeu connue des étrangers, qui ne peuvent pénétrer impunément dans ce royaume.

Par le détroit de Corée nous entrons dans la mer du Japon, qui doit son nom à un empire composé de plusieurs îles que nous laissons à l'E. Au N. de cette mer, qui baigne la ManpcnouriE, dont les côtes sont riantes et fertiles, nous entrons dans la Manche de Tartarie, A l'E. est la longue île de Sakhalian ou Tchoka, dont la Chine ne possède que la partie septentrionale, l’autre appartenant au Japon, et au N.-0O. de laquelle se trouve l'embouchure du fleuve de même nom.

La religion dominante de l'empire Chinois est le bouddhisme, venu de l’Znde; Bouddha y est adoré sous le nom de FÔ. La religion des savants et des sages est celle de Confucius, célèbre philosophe chinois, et dont l’empereur est le chef suprême,

L'autorité de l’empereur, qui est absolue, ne s'exerce immédiatement que sur la Chine propre.

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