Kaschna
Le Kaschna ou Kassina , selon Rennell (1), autrefois un puissant empire qui s'étendait au nord jusqu'à Fezzan, au sud jusqu’au Niger, à l'est jusqu'à Zamfara , a perdu presque toute son influence depuis l'élévation du Bornou (3) ; cependant, suivant le shérif Imhammed, on y compte encore à peu près mille villes et villages. Maintenant le Kaschna n'est plus qu'une province des puissans Pelletas, qui l'asservirent et détruisirent sa capitale (3). Autrefois, sansdoute, avant la conquête des Pelletas , des caravanes du Fezzan se rendaient annuellement de ce pays à Kaschna; elles passaient par Agadez, descendaient ensuite de ces hauteurs arides et pierreuses dans un terrain bas et sablonneux; le cinquième jour elles arrivaient dans une contrée des plus agréables remplie de vallées, de collines et de troupeaux. Le septième jour, elles atteignaient Kaschna , capitale du royaume et résidence ordinaire du sultan, qui porte aussi le titre de sultan du Soudan (4), mais qui, chez les indigènes, est appelé proprement Aafnou, c'està-dire le pays des noirs. Kaschna est , dit-on , à cinq journées de marche au nord du Grand- Fleuve. Cette ville fait un commerce considérable; on n'y connaît d’autre monnaie que les cauris, espècede coquille que les Arabes appellent houeddah, les nègres cardie. 2,300 cauris valent 1 mitkal! , du Fezzan , c’est-à-dire 1 0 shill. 3 pences sterl. La langue des habitans de Kaschna diffère de celle de Bornou , comme nous le voyons par les systèmes de numération que nous a communiqués le shérif Imhammed. Ce voyageur rapporte, en outre, qu'il y a beaucoup de singes et de perroquets à Kaschna , tandis qu'on n'eu voit pas à Bornou. Kaschna, dit-il, passe pour le dernier endroit à l'ouest où l’on rencontre des chameaux et la vigne.
Nous doutons cependant de la vérité de ce fait; peut-être ne se rapporte-t-il qu'aux chameaux du Soudan , car nous savons qu'ils sont en trèsgrand nombre dans le Maghreb. Les voyageurs modernes lie nous disent rien de Kaschna. On
(!) Rennell, dam Hnngo-Psrk.Trav., p. lu.
(2) Lucm In Proccedmg* , I, p. 127. — Hornemann , Voyage , dd. Lauglè* , I, p. 284.
(3) Burckbardt, Trsr., App., 480.
(4) Procreding«of the Afric. Asvoc., 1. ch. vil, p. 1G3.
AFRIQUE , SYSTÈMES d'EYU : II' DIVISION, $ 32.
prétend que Homemann (1) est mort à Ny/Jë sur le grand lac , prés de Kase/ma ; il avait pénétré dans cette ville par Tripoli et le Fezzan , et y Tivait encore, en 1803, comme marabout.