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KIL. COURS SUPÉRIEUR

le Niger. Hérodote le prit pour le Nil, qui, coulant de l'ouest, devait parcourir uo espace de quatre mois de voyage (1). Mais l'élévation de la plaine de Sennaar, que Rennell et Alex, de Huinboldt estiment, suivant Bruce (2), à 4,000 pieds de hauteur absolue, rendent aujourd'hui la communication des deux fleuves très-invraisemblable, Une autre objection h faire , c’est la simultanéité du gonflement du Nil et du Niger. En effet , si la crue du Nil était produite par les eaux du Niger, il faudrait qu'elle fût au moins de trois semaines postérieure au gonflement du Niger. On peut encore ajouter h ceci le témoignage de Browne qui, malgré toutes les informations qu'il prit dans le Dar-Four, ne put jamais rien apprendre de la communication du Niger avec le Nil (3). Suivant ce voyageur, tous les fleuves , à gauche du Bahar-cl-Abiad, se dirigent vers l'intérieur, dans la direction de l'est à l’ouest. La même chose nous est rapportée par Bruce (4), qui ajoute : « L'Abiad et l'Azrek ceu- » lent à l'est et au nord-est, parce qu'entre le » Nil et le Niger s'élève le paysdeBornou, où se » trouve le plateau d'Afrique, la spinamuttdi.» La dénomination de plateau ne peut signifier ici autre chose qu’un partage d’eau entre le Nil et le Niger; en conséquence, le Niger recevrait tous les fleuves qui coulent h l'ouest et parmi lesquels nous distinguons particulièrement le Babar-Misselad. (Voy.uneautreinlerprétation de cette opinion, p. 282.)

lHolémée, qui recueillit h Alexandrie lesrenseignrmens qu'il nous communique , ne nous dit nulle part que le Nil coule de l'ouest à l’est; il ne connaît que son cours du sud au nord; mais , le premier , il place les sources du Nil au 12° 30’ latitude sud, en quoi tous les géographes arabes et européens l'ont imité , jusqu'à d'Anville (3). Ptolémce distingue un If il (Bahar-el- Abiadj qui prend son origine dans les montagnes de la Lune, et un Astapus ( Bahar-el- Azrek) qui sort du lac de Coloe (oulacdeTiana?). Mais, d'un autre côté , ses relations renferment plu-

(1) Rennell, Géographie d'BOradolr.

(2) Rennell, Appcndlx, la Mnngo-Park* Trav.j p. lxxvii. —Al. de Bumboldt , Ansicbt der Natur , p. 112. — Bruce, Trav.,l"4dlt., III, p. 719.

(3) Browne , Tar., p. 244

(4) Bruce, Trav., VII, App., p. 93.

(5) D‘aii vine, Béni, sur l'intérieur de l’Afrique, dans le* «Cm. de l’Acad. des lascrJpl., xxvi, p. 07.

sieurs erreurs (1) qui, avant les géographes arabes, furentgénéralement admises par les auteurs chrétiens du moyen âge. Tbéophylactes Simocatta, qui vivaitau septième siècle, n'en sait pas plus que ses prédécesseurs sur les sources du Nil, bien que tout un chapitre de son llisluria Mauritania (2) soit consacré à ce fleuve. La tradition des autres, d'où jaillissent les eaux du Nil, tradition qu’il attribue aux Bolgicns(B3X>ui), peuple troglodyte, nous parait la même que celle d'Hérodote , mentionnée ci-dcssus.

Les géographes arabes, Edrisi à leur tète, ont étendu de beaucoup le récit de l’Iolémée; selon eux, deux Nils prennent leur origine dans les montagnes de la Lune; ils ont ensemble dix sources, qui se jettent dans deux lacs dilférens, cinq dans l'un et cinq dans l'autre (3). Ile chacun de ces lacs sortent irois fleuves , qui sc réunissent de nouveau en un seul lac, sous l'équateur, près de la ville de Toumi qui est très-pcuplce. Ce lac, appelé Coura, donnr naissance, l°à un Nil des nègres, coulant à l'ouest (le Ifilus Ifigrorum , dont nous n'avous aucune connaissance, à moins que ce nesoitlcBahar-Missclad); 2° à un autre Nil, coulant au nord et appelé Ifilus Ægypti. Les deux fleuves sont séparés par une montagne (sans doute la spina mundi?).

Abulfcda (4) nous communique quelques renseignemens moins vagues, qu’il tient d'ibn Sina. De vastes déserts, dit-il , s'étendent au delà de l’équateur, là où le Nil prend son origine; scs sources ne sont connues que par ce qu'en disent les Grecs d’après l'tolémée. Les montagnes Al- Komri donnent naissance à dix fleuves, éloignés d'un degré les uns des autres; le plus occidental est situé au 48°, le plus oriental au 37° longitude. Ils se réunissent en deux lacs , situés au 7° de latitude sud , et le plus oriental , au 37° de longitude. I)e chacun de ces lacs sortent quatre fleuves, dont deux se réunissent à d'autres cours d'eau ; les six autres se dirigent au nord et forment sous l’équaleur (33° et demi longitude) un lac rond , appelé Kawar, d’où sort le Nil d’Égypte, qui traverse Zagawan, la Nubie et passe à Donkola (13° lat. nord et 32° long. sud).

(1) A. Murray, Dlsscrt. on tbe progr ûeo&r.,p. 386.

(2) Tpbéophyl. Slmrocoatta; , KxpraefectJ Bittor. Ub. vu , ed. C.-A. Fabroitf. Vendit*, 1729 , I. vu , c. 17 , roi. 267.

(3) KdrUI, Africa, ed. Hartmann, p. Il, 82, 84, et p. 327 de sRlIo.

(4) Rennell, GCogr. d'Berodote.

by Googli

AFRIQUE, SYSTÈMES D’EAU î III* DI VISIO* , J 24.

A l'ouest . ce même lac donne naissance au Ni! de Gannah (ou Gcnna , Gennij, selon de Barros, Jinnic , selon Mungo-Park), et h l’est h un troisième fleuve, le Nil deMakadsch, appelé aussi Zebi.

Le Nil de Gannah n’est peut-être qu’un grand affluent du véritable Niger; peut-être aussi estil le Bahar-Misselad (1) qui, selon Browne, se dirige vers le lac de Fitlri, du sud-est au nordouest, ou, suivant l’interprétation ci-haut, dans la direction opposée, et dont les sources sont situées au 10° latitude nord.

REMARQUE

Erreurs probables.

Tontes nos connaissances des sources du Nil et de son cours supérieur ne présentent encore, comme nous vouons de voir, qu’un amas confus de récits et de traditions. L’avenir seul pourra établir la vérité, en séparant les suppositions et les probabilités de ce qui est reconnu comme authentique dans l’état actuel de la science. Cependant nous sommes à même de signaler une erreur commise par tous les géographes des siècles précédens jusqu'à d’Anville. En comparant entre elles les différentes cartes de ces contrées, la carte de l’intérieur de l’Afrique, de l’an 1746 (2), par d'Anville; la tabula ad Ptolemaicamdescriplionem exact a ; la carte de Itcnnell, de 1706; les cartes de Browne et de Itcnnell, de 1602 (3), ou s’apercevra que, généralement, les géographes ont I babitude de placer le cours supérieur du Nil trop à l’ouest et trop au sud. Browne, le premkr, a relevé cette erreur. Sur la carte d’Anville, Sennaar se trouve 4° trop à l’ouest. Les Arabes placcot encore beaucoup plus loin, dans cette direction , le cours supérieur du bras occidental du Nil ( le Bahar-el-Abiad ), ce quiafaitquePtolémée, Edrisi et d'Anville l’ont confondu avec le Misselad, dont les sources se trouvent situées sur le même méridien que celle du Bahar-el-Abiad (27° long, est de Greenwich) (4). Or, connue , d’après Browne cl Iloinemann, le Misselad communique, par le lac de Filtri, avec Wangara, on fut conduit par U à admettre une correspondance entre le Nil et le

(1) Browne, Trav., Appcndix, p. 450.

(2) H Cm. de l'And. doi Inxcdpi., \%M, p. 04.

(3) A. Map abewlng ibe «»r tMcovery and impro-

vctm-ni in ibe ûcogr. of KorUi Africa, b y J. Rcnnell, 1708 ; currectcd, 1802.

(4) w. ü. Browne , A Wap of tbc roule oflbe Soudan caratan, front Anslut to Darfûr, fnciuding somc of Ibe route of liieJclab*, etc. Lond., 1709.

Niger. L’expérience n’a pas encore pu confirmer ni détruire cette hypothèse, attendu que les routes qui conduisent de Scnnaar au Dar-Four, par le Kordofan, ont, de tout temps, été très-dangereuses et presque impraticables. L'opiniou de liornemanu , qui admet une communication du Nil avec le Niger, au moyen du Misselad, n’a rien de contradictoire en elle-même; maiselle est opposée, en apparence, à Filincrait e de Browne (l), qui va de Cobbé aux mines de cuivre de Fertit, dans le berceau du Misselad, ainsi qu’au calcul de Rennell sur la pente moyenne du NU et de l’Abiad, comparée aux domaines des autres fleuves de la terre.

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