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LES EAUX COURANTES

Partout, et d'après la même loi, les eaux courantes se fraient leur route îles hauteurs dans les terres inférieures ; mais les effets de leur chute peuvent être très-variés. Cette chute doit correspondre à tout es les combinaisons qui résultent de la quantité de l'eau , de la durée de son influence sur le sol, et d'autre part, du nombre et de la grandeur des obstacles qui sont opposés; elle est d’autant plus importante, qu’elle change la surface inorganique de la terre en uui-

(t) Bclvcli* imlorta uauiiil 1 , p. UG.

0ÏSIEVATI05S PRÉLIMINAIRES.

tés locales, que nous appelons dans leur ensemble pays, contrées; ces lieux ainsi individualisés par les eaux , exercent partout sur l'homme qui y Vit un charme secret et mystérieux, et sont la hase de toute vie organique.

Au lieu d'envisager la formation des Beuves, dans leur développement toujours actif et progressif, on la considère à tort comme achevée et partout également perfectionnée; de même aussi , on ne regarde ordinairement la terre que comme un tout uniforme, on se la représente comme une oeuvre faite de main d'homme, qui, dès que l’artiste l'abandonne, peut être mesurée et jugée, parcequ’elle est accomplie, finie, arrêtée.

Mais la nature s'oppose partout 11 une pareille supposition. Il sera prouvé plus tard que les systèmes de fleuves ne sont pas tous également développés , ni également partagés sur la surface de la terre, et que plusieurs d’entr'eux présentent même un caractère tout particulier.

Souvent le domaine des sources d’un fleuve est si peu individualisé, que le partage des eaux disparait entièrement et que le cours supérieur du fleuve se confond avec d’autres eaux qui coulent dans des directions tout opposées. Cest ce qu’on voit dans le nord de la terre et , une partie de l'année, pendant la saison des pluies, sous les tropiques; le même phénomène se répète très-vraisemblablement aux sources du Nil et du Niger, en Afrique.

Ce qui prouve en outre que la formation des vallées n’est rien moins que développée , c’est le cours des fleuves h travers les pays de montagnes. En Afrique, les vallées ne sont en partie que des déserts, des lits de cailloux ; en d’autres endroits, des rangées de lacs, de vraies extensions de fleuves, qui ne correspondent encore enlr’elles que par des torrens , des cataractes, des chaînes de ruchers, comme cela se remarque dans les basses terres des contrées polaires et dans les plus hautes montagnes de l'hémisphère méridional , où se formèrent des laes d’Alpes qui manquent absolument h d'autres contrées. Celte forme non développée se manifeste aussi dans le cours des fleuves, quand, à leur sortie des montagnes, ils entrent dans les régions marécageuses situées à la limite des systèmes de montagnes.

Dans le cours inférieur des fleuves, la formation des vallées est parfaitement développée; cependant les uns, eorarac le Nil , le Gange, l’Euphrate, encombrent leur lit, tandis que ce phénomène se remarque moins dans d'autres,

par exemple dans le Niger, les fleuves de la Sibérie et de l'Amérique. Souvent même il peut se former, entre deux systèmes , des fleuves qui appartiennent lil'un et à l'autre ( Zwittcrstrieme ), comme le Cassiquiare dans l'Amérique du sud, comme cela se trouve encore près du lac au-dessus de Martaban , entre l’Ava et les fleuves de l’égu, près d’Annam, entre les fleuves Siam et Comboja , comme encore la Ta;rando-Elf, entre l'Elf Tornea et l'ElfCalix en Laponie.

1e* Éclaircissement.

Domaine des fleuves. — Systèmes d'eaux.

Si les hauteurs cohérentes (1) sur lesquelles se tire la ligue mathématique du partage des eaux désignent en même temps la ligne initiale d’où part toute l’impulsion, il faut admettre que le lit inférieur, dans la vallée, est la ligne finale; la pente de cette ligne finale cesse h son embouchure dans la mer, parce que c’est ici que se rétablit l’équilibre de l’eau avec le niveau de la mer.

La ligne finale, lorsqu'on la considère comme le dernier lit, s'appelle fleuve , dans le sens restreint. La ligne initiale est alors le domaine des sources, et l'espace qu’elle renferme, le pays des sources ou le berceau du fleuve. Les affluons ( contributary-streams) de droite et de gauche forment cet embranchement de bassins qui ressemble aux ramifications des veines.

On appelle domaine du fleuve (2) l'espacé qui, avec la région des sources et le fleuve, forme comme la circonférence et le centre, un seul et même tout; les formes solides et fluides, considérées comme unité dans leurs rapports réciproques, seront appelées le système d'eaux.

La largeur et la capacité du lit des fleuves en constituent le calibre; leur longueur et leurs ramifications, le développement (5).

Il serait inutile d'établir de nouvelles règles pour la dénomination des diverses espèces d'eaux courantes, car les mots de rivières, de fleuves, changent toujours de signification , selon qu’on les emploie dans leurs rapports avec toutes les eaux courantes de la terre ou seulement avec

(1 ) Fr. Sdwlr, liber ücn Ziisammcnbang drr Hcrbcn. p. 5.

(2) Gaüercr und Otto, .‘y&lcm clncr allgcmcinen Hydrographie. licrlln, 1800; p. 138.

(3) Uuacbe, Essai d’un parallèle des fleuves de l'Europe. MCm, de l'AcadCmie. A. 1 732.

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