ML, COURS BOVEX. SUBIE
habitent 1rs Arabes Scheygya dont le pays s’étrnd des deux eôtésdu fleure, dans une longueur de 33 à 40 lieues. H est borné , à l'onest du pays de Dongola, par une chaîne de montagnes rocheuses qui a deux lieues de largeur et s'avance jusqu'au Nil ; cette contrée commence , h l’est au village de Dollago et finit du côté de Dongola, h la uady Gos. Les trois principaux lieux du pays, sont : Koray , Kadjeba et Merawe (sept journées de Damer et deux et demie de Dongola) ; celte dernière ville et son château révèlent, h notre grand étonnement, combien est grande la puissance des anciens noms qui savent se perpétuer et survivre h travers les métamorphoses du temps. Mais comment Méroé aurait-il pu être situé si au nord? 11 est peu vraisemblable que ce soit ici l'antique ville des prêtres, et c'était plutôt une ville située S la frontière nord de l’empire sacerdotal. C’est ce que Malte-Brun a rendu probable en éclaircissant les données un peu obscures des cinq itinéraires cités par Pline (1), ceux d’ Aristocreon, Bion.Simonides, Basilis, Dation, contemporains de Ptolémée, et la relation postérieure de Sebosus qui vivait du temps d'Auguste. Ces cinq voyageurs disent que la distance de Syène h Méroé est de 1,330 milles romains; Lebosus de 1,673. Mais si on réduit la première somme en stades de 833 au degré , et la seconde en stades de 1,111 au degré, les deux sommes indiqueront la même distance (3). En comptant 1,330 milles romains le long du Nil, on arrivera à un point situé au sud du confluent du Nil bleu et du Nil blanc, h l'endroit où Burckhardt place le commencement de l'Ile Méroé, et lbn Séliui celui de l'Ile Aloa (Olwa dans Abdallatif (3) et probablement Haïfa, //a//îj/a de Bruce) ce point se trouverait donc ainsi dans l'emplacement de l'ancien empire sacerdotal de Méroé, Mais Eratosthènes ne donne que 633 et Artemidor 600 milles pour la même distance. 11 est donc évident qu'ils n’ont pas voulu indiquer l’éloignement de la capitale de Méroé , mais seulement celui d’une ville frontière, la plusseptentrionale de cet état, et cette mesure correspond d'une manière donnante h la position de celte Merawe dont le nom a excité aussi la surprise de Burckbardt. Il serait h désirer qu'un voyageur péné-
(l)Ptinlua, BUl. nat,, Tl, p. 3-5.
(S) Malte- Brun, Mon*. Annales, p. 371.
(3) AbdalUlff, Relation «le i'tgjrpte, par Sürestredc Sac j, rajis, 1810, p. 14.
trât bientôt jusqu’à ce lieu remarquable afin de l’observer.
I -a vallée deScheygya n’a nulle part plus d'une lieue et demie de largeur, les montagnes s'avancent jusqu'au fleuve et forment un grand nombre de petites cataractes. On n’y voit pas d'hippopotames, et il n’y a que très-peu de crocodiles. Des boisd'acacias couronnent les rives du fleuve, mais les palmiers y sont rares encore. On cultive beaucoup le dourrah et le dhokan, et le pays est aussi peuplé que la partie la plus habitée de l'Égypte.
Les Scheygya ont en abondance du blé et des troupeaux, ils sont hospitaliers et vivent dans une complète indépendance. L’hôte est pouretix une personne sacrée. Ils ne parlent que l'arabe et ont un grand nombre de lettrés. Leurs écoles d'écriture h Merawe produisent des manuscrits plus beaux que ceux des écoles les plus fameuses du Caire. La jeunesse qui vient y chercher l'instruction reçoit gratuitement l'éducation des Ulemmas. Chaque Ulemma partage h ses parens les élèves qui lui arrivent , et iis sont ainsi entretenus , dans les familles, autant de terni» q«e durent leurs etudes. Un grand nombre d'enfans viennent de Dar-Mahass eide Sukkot au-dessus de Dongola, aux écoles de Merawe, où ils passent ainsi dix ans et souvent plus. Les Ulemmas de Merawejouissentd'une grande considération, et ils sont partout bien reçus dans leurs voyages ; ils vont demander l'hospitalité dans les maisons des riches et apprennent h leurs enfans à lire et à écrire. Les marchands de Merawe (1) pénètrent jusque dans le Dar-Four, le Sennaar, et à Suakim : ils exportent du blé en Arabie et mettent douze jours pour aller h Suakim.
Les guerriers Sheygya sont aussi bons cavaliers que les mameloucks en Égypte ; ils montent des étalons de Dongola ; et , comme les Abyssiniens, ils ne mettent que le gros orteil dans l'étrier ; leurs selles ressemblent à celles des Abyssiniens. Us portent tous des cuirasses qu'ils achètent à Suakim et à Sennaar; ils combattent toujours à cheval et avec la lance, car ils n'ont pas encore d'armes à feu. Ils sont continuellement en guerre entre eux et étendent leurs brigandages jusqu'h Dongola , Dar-Four, et la wady Haïfa. Les Scheygya sont le peuple le plus puissant au nord de Sennaar; ils font descendre d’un ancêtre commun qu'ils appellent Schayg leurs quatre tribus qui sc sont divisées en un
(1) Hurckbirdt, Trav., p, 71.
A nu QUE , 6T8TÉMES D’EAU : III* DIVISION, $ 88.
grand nombre d'autres , par exemple , lea tribus d’El-Ilamtlam . d'Essoleyman (Souleiman; El» Amrab, Onyé, Zebcyr, Menasyr, etc.)
Il y a quelques temps ilsavaient encore Dongola sous leur puissance et exigeaient un tribut de ses princes; Fatigués de leurs inrasions et de leurs brigandages contiouels , ces princes leur avaieutcédé depuis longtemps la moitié de leurs revenuset riraient , b cette condition en paix avec eux. lorsque les mameloucks furent expulsés de l’Égypte, Mahmoud-el-Adelauab (1) . chef des Schcygya .leur fit un accueil hospitalier. Comme ils manifestaient l’intention de conquérir le Sennaar.onlcur donna desebevaux, des chameaux, des esclaves et des vivres; mais ils n’avaient pas encore séjourné un mois dans le pays, qu’ils égorgèrent leurs bienfaiteurs, ravagèrent le pays et firent alliance avec un prince de Dongola , de la maison Zobeyr, et avec leur secours, ce prince s’empara de la souveraine puissance. Depuis cette époque , les Scheygya furent continuellement en guerre avec le royaume mamclouck qui se forma à Dongola, mais iis remportèrent souvent des victoires sur ces nouveaux aventuriers.
3. Dongola. ou wady Dongola-Tongol. — Résidence de .Véroé, ftapala, Dongola. Royaume
des Mameloucks.
A l’ouest des montagnes de Scheygya commence la limite méridionale du Dongola , appelé Wady-Dongola, parce qu’il s’étend sur les deux rives du Nil. Le premier village de ce royaume est Ambugo(2)b trois joursde marche de la ville de Dongola qui est située plus au nord. Au nord île cette ville, le domaine du Dongola s’étend jusqu’il l'Ile Moscho , située tout près de I’ile Argo. L’Ile Moscho est située à la frontière septentrionale (3) du Dongola , à l’endroit où commence le pays de Dar-el-Mahass, au-dessus de la cataracte de Koké.
En descendant le fleuve on rencontre successivement les lieux habités suivons : Ambugo , Kennat, Hattany, Daffar, Afar, Dongola.
Au nord de Dongola se trouvent : Uandak, village où le Nil fait un grand nombre de sinuosités; l’Ile Argo, qui a une journée de marche de longueur, et un château en briques; Plie Moscho
avec la ville du même nom; le village Hanneck • à une demi-journée de marche plus loin , où les prolongations (1) des montagnes de Scheygya s'avancent jusqu'au Nil , forment les cataractes et bornent le Dar-el-Mahass an sud.
Celte contrée . fermée , au-dessus et au-dessous par des défilés de rochers , semblerait être le bassin d’un grand lac desséché qui , en se retirant , aurait laissé le sol couvert de la terre ta plus fertile. Le Nil promène ses eaux pendant cinq jours démarché b traversée vaste plan horixonlal ; il y forme , comme b plaisir , de grandes serpentines avant d'aller se resserrer de nouveau dans les gorges de rochers du Batn-el-Hadjar. Des plaines vastes et extrêmement fertiles s'étendent jusque-lb, et entre les bras du fleuve sont situées une foule d'Iles couvertes d’une riche végétation et dont nous avons cité les deux plus grandes . La contrée n’est nulle part hérissé e de rochers. Dans le temps du débordement , les eaux se répandent jusqu'b deux ou trois milles. Dans les autres saisons de l’année . on arrose les champs avec des roues b pots , et on calcule la richesse d’un homme d’après le nombre de ces machines qu'il emploie ou qu’il loue. Les hippopotames doivent se trouver ici en grand nombre dans le Nil , et souvent ils détruisent en un instant le travail du laboureur.
La vallée offre les pins grasses prairies et elle est fameuse par la beauté des chevaux qu’elle nourrit. Iats Scheygya et les mameloucks dressent avec soin ces chevaux dont la race vient d’Arabie. Les étalous de haut prix se Tendent ici de cinq b dix esclaves. Plus au nord, les chevaux ne sont plus si beaux.
La description que Burckhardt a faite de ce pays d’après des oui-dire , s'accorde en général avec la relation de Poncet qui . de Mochou (2) (c'esl-b-dire Moscho) b Dongola, trouva deux grandes Iles couvertes de palmiers , de séné et de coloquintes. Sa caravane, quivenaitdel’oasis de l’ouest, fut obligée de s’arrêter ici pour payer un tribut. De là b la ville de Dongola , ce voyageur vit une contrée superbe et des plaines magnifiques qui ne doivent pas seulement leur fécondité aux inondations du Nil, mais aussi au travail deshabitans qui , avec des milliers de ces roues, remplissent continuellement les réservoirs et les canaux de leurs champs.
Ibn Sélim nous fait, au quatorzième siècle,
(1 , Borckhirdt , Trsv., 1, p. 68,
(3) Poncet, vo> , 'lin* tes lettres pair., ace., IV, p. I.
(!) Durekbardt, Trsv., p. 72.
(21 Burckbsrdt, Trsv., p. 07.
<ï) IBM., P. 63.
IttL, COVILS JIOYEX. XllBIE.
une description trè»-brillsnte de ce pays qu'il appelle, à cause de «a beauté, Bakou (1), c’est- ’k-tWttmerveille , et qu'il divise en plusieurs districts. Le Nil, dit-il, coule ici de l’est % l'ouest, le pays a cinq journées de marche de largeur ; des Iles s’élèvent entre ses fertiles rivages couvertes de villes dont les maisons sont tris-belles et se suivent sans interruption. Dans le district de Sefdykal, on rencontre ainsi, sur une longueur de deux Journées de marche , 30 villes (8) bien béties contenant toutes des églises et des cloîtres. On y trouve des dattes, du vin , de grands jardins , des champs , des prairies où paissent des chameaux au poil roux et de noble race. Le roi de Dongola quitte souvent sa résidence pour aller se retirer dans cette délicieuse contrée.
Dans le pays qui s'étend au sud de Dongola , vers Aloa , continue Ibn Sélim , le nombre des villes, des villages, des Iles, du bétail , des palmiers , des champs , des vignobles doit être une fois plus grand que dans les paysdes musulmans, c’est à-dire au nord; cependant il y a aussi des déserts, le fleuve fait d’immenses sinuosités, et on y trouve des bêtes féroces , par exemple , des lions; il doit y avoir des mines dans un endroit où le Nil fait une grande courbe , près de Shenka.
La ville de Dongola, dite Abou-Selnh , est située sur le Nil ; elle a beaucoup de belles maisons, des rues larges et des églises. Le palais du roi est très-élevé , surmonté d'un grand nombre de dûmes et bâti en briquet rouges , comme les maisons d'Irak. Depuis la conquête de l'Égypte par des Arabes, jusqu'il l'époque où les chefs chrétiens de Dongola furent soumis aux mahométans, c’est-à-dire depuis le septième jusqu’il la fln du treizième siècle , cette ville est toujours citée par les historiens arabes comme la résidence florissante d’un très-puissant royaume dans lequel l'Église cbrétienne(3) domina jusqu'à la fln do treizième siècle. Cette ville sut opposer , pendant un demi-siècle, la résistance la plus vigoureuse aux Califes vainqueurs et à leurs tribus, jusqu'à ce qu’enfln ses princes succombèrent plutôt par les dissensions et les trahisons que par la force.
L'armée mahomélane envoyée d'Égypte en Nubie par le sultan Dhaber Rybar prit enfln d'assaut 1a ville de Dongola , l'an 674 de l'hégire
(1) Burckbirdt, Trav., App., 111, p. 496.
(2) IMd., p. 496.
(9) Ibn Sôllm, dans Burckbardt, p. 616.
et 1873 de jésus-Christ. Dongola fut détruite, et elle perdit probablement alors la splendeur qui l'avait si longtemps rendue fameuse comme capitale de la Nubie. Ibn Sélim (1) raconte que les généraux du sultan détruisirent surtout les églises de la ville et de la Nubie et qu'ils emportèrent avec eux tout ce qu’ils y trouvèrent. Aussi Burckhardt aperçut-il un grand nombre de ruines d’anciennes églises dans la vallée du Nil , au-dessous de Dongola jusqu'en Égypte; il remarqua en outre à plusieurs signes , images et inscriptions conservés sur ces ruines, que beaucoupd'anciens temples paiensavaient été convertis en églises chrétiennes. 17 Kpiscopats appartenaient alors à l’église de Nubie (8); ils étalent répartis en trois provinces principales : fl'iexartutis\ Atbadia, c'est-à-dire Aloa ; Murncou , c'est-à-dire Markorra; les évêchés d'Axuin, Xicxamitis, s'étendaient au nord jusqu'à la frontière de l’Égypte. Kfacrizi (3) nomme l'église principale de Dongola , Sous ( Ysous , c’est-à-dirc Jésus); elle avait été bâtie par les tnaliométans d'Aidab et d'Assouan , en Égypte, que les Nubiens avaient faits prisonniers. Les croix d’or pillées dans cette église par l'armée du sultan, en 1873, se montaient à une valeur de 4,340 dinares et les vases d’argent à une valeur de 8,660.
Nous ne savons pas quelle est l'époque de la fondation de Dongola-, elle semble ne s’être élevée que depuis la chute de Nalapa conquise par Pétronius, préfet de l’Égypte, sous le règne d’Auguste; car elle n’est citée nulle part auparavant. Napata est peut-être la X uabia des siècles postérieurs d'où Edrisi fait dériver le nom de Nubiens. Cette Nuabia devait avoir perdu toute son importance du temps de Sélim , car il ne la nomme pas une fois. Nous connaissons donc ainsi trois résidences des rois de Nubie qui se sont succédées dans l'ordre suivant :
1" MïhnÉ. — Celte antique cité fleurit avant Thcbes et dura jusqu'au temps de Ptolémée Philadelphe (4) , car Eralosthène , son contemporain, en parle encore beaucoup. Strabon ne fait que répéter les réciü d'Eratostbène; Méroé était déjà
(1) MUm, dans Burckhardt , p. 615.
(9) Wansiebrn, H lit. BccJtfl. Alexand. , p. 29, dam Qual réméré, 11 , p. 36.
(9) Nscrizt, H) st. d« Sultan .*g (Ki-s<louk) , dans Burckhardt, p. 640. — Quatremère, II, 98.
(4) PUebuhr, laser, nub.tomm., p. 14.
tombé de son temps ; le roi Ergamenès (1) , contemporain de Plolémée Philadelphe, avait fait périr les prêtres et avait changé l’ancienne république théocratique en une monarchie militaire; ce nouvel état, au rapport de Diodore, ne subsista pas longtemps. Sous le régne de Néron tout était détruit, tout avait disparu; Méroé était devenu un désert ; il ne restait plus de traces de son ancienne splendeur, excepté quelques ruines à Dermes (où près de Derreira dans rite Aloa ). — jibou-Selah (ï) en fait une description semblable à celle d’un ancien temple de la Thébaïde , et Heeren les place , avec Bruce, entre Gherri et Shendy, sur la rive occidentale du Nil.
2” N af at a. — Pétrone, préfet d'Égypte, sous Auguste, nous fait connaître Napata comme la résidence de Candace , reine de Nubie : nous avons indiqué plus haut sa situation ; dans le même temps, s’éleva aussi un nouvel empire, h l’est de Méroé , près de la mer Bouge, l'empire d’Axum qui était de même précédemment inconnu : il semblerait que ces deux royaumes nubiens plus récens, situés au nord et à l’est, duraient été fondés avec les résidences de Napata (Nuabia) et d’Axum (Niexamitis, Oxum, Acachum) sur les ruines de l'ancien empire de Méroé qui n’apparatt plus nulle part dans la suite. Les édifices d'Axum confirment cette supposition , comme l’a justement observé Niebuhr ; ils rappellent le style égyptien et annoncent en même temps une époque plus jeune , car ils n'ont pas d'hiéroglyphes.
Nous ne savons pas combien de temps fleurit Napata; après l’expédition de Pétrone, cet empire conserva encore son indépendance (3), car bientôt une armée de Candace attaque la garnison romaine de Prémis, et la reine envoie une ambassade à l’empereur Auguste; le nom du peuple napatéen est encore cité par Étienne de Bysancc (4), en B00 (Narirau). Plus tard il fut changé en celui de Nubiens; h la chute de l'empire romain , la résidence et la dynastie disparaissent de l'histoire et se perdent dans l’oubli.
Ce superbe Silcon que nous a fait connaître l'inscription du temple de la grande Kalabshé, communiquée par Niebuhr (B), doit être un roi
(1) aiod. sic., 1, 178; lit , c. 7.
12) QttstrcmCre. b*m., II. P. 34.
(3) »irabon, XVii, p. 610, éd. Tzteii., I. VI. /4) Slenb. By» , «d. Berkcl, fol. 681.
(5j Niebuhr, (oser. nub.Comnj. , p. 21.
îles Napaléens , des premiers siècles de notre ère. Ce prince se donne lui-même, dans celte inscription , le titre de Basiliscos des Nubiens et de tous les Ethiopiens (SiXxo BxviAipiuv Ncufi utuy) ; il vainquit deux fois les Blemmyes rebelles entre Priiuis (lbrim) et Tamis; il les poursuivit jusqu’à Taphis (maintenant Tafa) et réduisit à la raison les peuples situés au-dessus des Nubiens, parce qu'ils avaient osé se soulever contre lui. « Lui , Silcon , puissant Basiliscos , ne le cède à aucun autre prince du monde, et il anéantira celui qui ne l'appellera pas Arès, le dieu des combats ; car il a la partie supérieure du corps d’Arès, et la partie inférieure d'un lion (ce serait ainsi un androsphinx ) ! Il ne laisse pas reposer à l'ombre les princes des peuples qui vont se comparer à lui, mais il les consume aux rayons de son soleil ! »
Cette inscription , que les recherches de Niebuhr rapportent au règne de Justinien ou plus probablement à celui de Constantin , est un document très-important pour l’histoire des rois de Nubie, non convertis encore au christianisme et dont la résidence n'était ni l'antique Méroé, ni la moderne (1) Dongola , mais probablement cette Napata. Quoi qu'il en soit, il resuite toujours de cette inscription , comme l'a remarqué Niebuhr, que ce Basiliscos de Nubie avait la même éducation , les mêmes idées que le roi Aizanasd'Axum ; en effet ce dernier se donne aussi, dans son inscription grecque , le titre de roi des rois et de fils d'Arès ; ces deux princes , dont les empires doivent naissance à celui de Méroé , ont même culte, même orgueil, même cérémonial, et lousdeux, contre l’antique coutume des Égyptiens , ils se célèbrent dansune langue étrangère, en grec, sur les monumeus, trophées de leurs victoires. Depuis , qu’après Alexandre , les Ptolémées gouvernaient l’Egypte , les rois de Méroé s'occupaient aussi de littérature grecque (2), comme Diodore l'assure du roi Ergamenès et l'auteur du Peripl. Mar. Erythrtei, Zoscalès, empereur d'Axum. Celte inscription grecque de Kalabshé nous prouve encore que la languegrecque pénétra en Nubie avant qu'elle n'y eût été portée par les Grecs chrétiens qui durent seulement en rendre l'usage plus général. Sous le rapport des caractères et de la syntaxe , cette iuscription est plus barbare et plus mal faite que celle d'Axum, citée plus haut. La langue grecque
(t) Tb. Youds, Ob«rv. on. fragment. I c., p. 157. (2) aiebuiir, fuser. nub., p. 10.