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ML, COURS MOYEU. SUBIE

y csl aussi corrompue, aussi défigurée, dit Niebuhr, que le serait l’anglais, si un roi des Ashantis faisait écrire les aunales de sa famille par un esclave qui aurait appris son jargon aux Indes occidentales. Le titre de Basiliscos , petit roi , que se donne le souverain superbe de toute l'Ethiopie, prouve assez son ignorance de la langue étrangère : Aizanas du moins n’appelait reguiï, phylarchen que les gouverneurs des petites provinces qui lui étaient soumises et se réservait pour lui le titre de Basileus Basiléôn. Silcon semble se regarder aussi comme le fils du soleil , car il menace de consumer les autres rois de ses rayons et il fit graver cette inscription h Kalabshé, sur un temple consacré au soleil (Manduli deo) (1). L’inscription ptouve encore que ce Silcon était encore attaché & l'idolâtrie et qu’il donnait aux divinités antiques les nouveaux noms b la mode; la croix n’était pas encore plantée dans la Nubie; vers la fin du quatrième siècle seulement, l’empereur Théodose-le-f.rand ordonna de fermer les anciens temples païens en Égypte (cod, Tbéodos-, XII. 1. 112). C’est alors probablement que le christianisme pénétra en Nubie, où nous trouvons un empi re chrétien , lors des premières invasions des sectateurs de Mahomet, sans que nous puissions savoir quels ont été les apùlrrs des Nubiens.

3“ Dokcola. — Sous le califat d’Omar, au septième siècle, les Arabes conduits par Amrou ou mieux Amr-Ibn-el-Ras , conquérant de l’Égypte, remontèrent la vallée du Nil avec une armée de 20,000 hommes et commencèrent la guerre contre la Nubie. Les dix années suivantes ils pénétrèrent plus avant dans le pays , sous la conduite d’Ali-Sarb, l’an 31 de l’hégirc, 631 de notre ère. C’est alors que Uongola nous apparaît comme capitale de la Nubie et résidence du roi chrétien Kaleldozo (Lalidourot. Kalidourdad, Balidaroub, suivant les altérations que ce nom grec a subies dans les différons manuscrits). Ce roi ajoutait à son nom grec, comme tous les autres chefs postérieurs des Nouba , le titre Berber, kabyl, c’est-b-dire Kabyr, qui signifie le grand dans la langue des Shellouh (2). La ville de Dongola , sa résidence , fut assiégée ; les Arabes en démolirent les églises h l’aide de machines qui lançaient des projectiles , mais ils ne purent prendre la ville ; ils se contentèrent d’un tribut annuel de 360 esclaves , appelé backt (3),

(1) Hiebuhr, laser, aab , p. 10.

(2) Jackson'» Acc. of T imb., p. 380.

(3) Ibo $4Um, daos Durckbtrdl, àpp , p. 111.

Zô'S

que les rois de Nubie devraient envoyer aux califes. Les califes s'engagèrentdc leur côté h faire, tous les ans, aux Nubiens . un présent de blé et de vivres.

Ibn Sélim a raconté en détail l’histoire de ce backt ou tribut d’esclaves, parce qu’il fut l’occasion et la cause de toutes les guerres qui éclatèrent , pendant les cinq siècles suivons , entre les Égyptiens mahométans et les chrétiens de la Nubie. Il nous semble que ce transport annuel et régulier de 360 esclaves en Égypte, a donné lieu à l’exportation périodique des esclaves nègres qui s’est faite depuis par les caravanes annuelles de Sennaar, car nous n’en voyons pas de trace dans les temps qui ont précédé. Macrizi nous rapporte qu'un certain Malek-bcndnes (1) avait assuré que, dans ce traité du Bakt , il n'était plus permis d’acheter des esclaves en Nubie ; mais d’autres jurisconsultes égyptiens étaient d’avis contraire. On pouvait toutefois acheter les esclaves faits par le roi en Nubie, ou ceux qui étaient pris à la. guerre, mais il était défendu d’acheter les Nubiens enlevés pat les musulmans.

Lorsque les rois chrétiens de la Nubie se croyaient assez puissans , ils refusaient souvent le tribut d’esclaves, et ce refus étaittoujoursl’occasion de nouvelles guerres. D’un autre côté, ils prenaient le plus vif intérêt au sort des chrétiens d’Égypte et h celui du patriarche d’Alexandrie, leur chef spirituel; c'est pourquoi ils étaient toujours disposés h marcher contre les Arabes ennemis de leur Dieu et de leur foi. Dès la vingtième année de l'hégire (640 de notre ère), les Nouba et les Bedja étaient accourus, arec une armée, au secours des chrétiens grecs d'Oxyrhynchu * (la Bahnosa des Arabes), pour les aider b repousser la première invasion des infidèles. Ces chrétiens étaient commandes par Batlos, et les descriptions exagérées des annalistes arabes font monter l'armée de leurs alliés b 30,000 hommes et b 1 ,300 éléphans armés en guerre. Quoiqu’ils payèrent souvent, dans la suite , le tribut d’esclaves aux califes d'Égypte , ils ne demeurèrent jamais indifférons pour leurs coreligionnaires qui gémissaient en Égypte, sous le joug des infidèles. Nous savons qu’ils tentèrent plusieurs invasions pour les secourir; en 339(2) de l’hégire, par exemple, ils attaquèrent les

(1) Macrlxl, dani Quatretnère, ni, p. 48.

(2) Récapitulation of tbe chronologie* I date*, dans Burckbardt, A|»p. , JH, p. 640.

oasis ; on 344 et 331 , ils s'avancèrent jusqu'à Assouan (930 , 933 , 969 île notre ère). Celte dernière année, lbn Sélim, notre historien, reçut de l’émir de l'Égypte la mission d’aller à Dongola , près du roi Cyriacus , pour le convertir à l'islamisme (1). Hais tous ses efforts furent inutiles, comme on le voit par le récit de l’entretien remarquable que Sélim eut avec lui. Le roi lui accorda que l'Egypte était plus Boriasante et plus riche que son royaume de Nubie, mais il ajouta que son empire était plus peuplé et pouvait mettre sur pied plus d'hommes que l'Égypte ; que rien par conséquent ne pourrait le fbrcerà changer de religion. La conduite de Cyriacus, dans cette affaire, est pleine de dignité et de tolérance, et il résulte clairement de cette circonstance que l’islamisme ne s'était pas encore répandu alors en Nubie.

Cyriacus ( Kiriko , A 'irky, cher les Arabes) appartenait à une famille illustre , indigène de la Nubie. L'héritage se transmettait en ligne féminine, au Bis de la soeur, comme chez les Berber, les Bedja, les Malabares et les Asbanlis. Les provinces étaient gouvernées par treize vice-rois ; tous, dit Jbou-Selali (9), étaient prêtres et disaient eux-mèmesla meste, tant qu'ils avaient conservé leurs mains pures de sang ; mais un meurtre leur faisait perdre cette prérogative. Le roi ôtait sa couronne en présence du corps du Christ et demeurait tête nue pendant la cérémonie, jusqu’à ce que tous les assislans eussent reçu la communion. Les prêtres se servaient de l'écriture syriaque, cophle, grecque et avaient en outre leurs caractères propres , selon l'assertion de Kitab-al-Fehre»t.

L'époque des grands désastrea commença pour la Nubie avec le onzième siècle. Sous le règne d'un roi appelé Basilius (1060, selon Renaudot) (3), les émirs égyptiens menacèrent les évêques de faire elcver des mosquées. Le sultan Saladin envoya une armée qui ravagea, dans trois expéditions répétées, de 1179 à 1174, la contrée qui avoisine Assouan et Éléphantine, à l’entrée de la Nubie, où s'était établie une petite puissance nubienneetchrétienne, appelée Kenzet-Dowla. En 1973 (4), la ville de Dongola fut prise comme nous l'avons vu plus haut , par le

(1) Qualrcinère, 11, (i. 83.

(2) Ibid, II, p. 38.

(3) Mcttubr, laser, aub. Cornai., |>. 20.

(4) JUcrtzt, dans Burckhanlt, J». 615. — <ju*lrcinvrr, II, p. 98.

sultan Dhahcr-hybar qui en expulsa le roi Daoud { David ). Des dissensions intérieures avaient facilité cette conquête aux musulmans, et Kl-Shekendy fils de Daoub, s'élança, avec le secours des étrangers, sur le trône de 1a Nubie. 11 promit de payer un fort tribut à l’Égypte et d'y ajouter encore 3 giraffes, 3 chameaux femelles et lOOaulres chameaux de pure race, 400 vaches , etc. Les revenus de la Nubie devaient être divisés en deux parts , la moitié devait appartenir au sultan de l'Égypte et l'autre moitié servir à entretenir 1a garnison musulmane. Le sultan garda pour lui, eu toute propriété, le territoire qui s'étend autour des cataractes de Syène et qui formait le quart du royaume de Nubie. A ces impôts étaient encore Ajoutés des dattes, des étoffes de coton et d'autres redevances. D'après le traité, cet étal de choses durerait tant que les Nubiens resteraient chrétiens. Le nouveau roi s'engagea par un serment, à l'exécution de ce traité, et les musulmans gardèrent 90 Nubiens en ôtage. Le nombre d'esclaves que les infidèles firent en Nubie doit être immense, puisqu’un esclave ne se payait alors que trois dirhem; l'armée amena en outre 10,000 Nubiens en Égypte. Le roi Daoud s’étant retiré, avec ses partisans , dans la llaule-Nubie ayant bientôt reconquis sa puissance, le sultan Seyfedditt-Kt laoun (1) marcha contre lui , avec de puissantes armées, dans les années 1983, 1989 et 1990 (684, 688 et 689 de l’Hégire), Sa flotte, composée de 300 vaisseaux, ne put passer les cataractes du Nil , et fut ainsi forcée de rester en arrière; Daoud se retira plus au sud ; la ville de Dongola était entièrement abandonnée; les vieillards et les fi nîmes seuls y étaient restés. Le roi Daoud s'était avaucé près de la grande lie Aloa, 13 jours de marche au sud de Dongola ; et , comme l’armée des vainqueurs le poursuivait toujours, il passa épouvanté les frontières de son royaume et s'enfuit trois journées de marche plu» loin , à Aboab , première ville d'AJoa. Les débris de l'armée nubienne se soumirent alors à la puissance des musulmans; les officiers et les prêtres demandèrent un sauf-conduit pour aller à Dongola et consentirent de nouveau à payer des tributs énormes à leurs ennemis; ils Dirent même forcés de donner un festin dans l’église principale de Dongola. On s'engagea par serment à payer le bakl; un neveu de Daoud fut placé sur le trône, puis l'armée mabométaue reprit la route du Caire,

(t) uuiltcmerr, il, lus.

ML, oouas M0YE5. MJBIE.

chargée d’un immense butin. Cette victoire est la plus grande, dit Macrizi, qui eût été remportée dans le pays des noirs, depuis Doulkarnein, c'est-à-dire Alexandre, et uu grand triomphe fut célébré en Égypte en mémoire de ces conquêtes.

Quoique les rois de Subie fussent profondément découragés ethumiliéspar tant de défaites, quoiqu'un grand nombre deSuhiens eussentdéjà embrassé l’islamisme , bientôt la puissance des chrétiens se releva menaçante contre les infidèles, et les rois de Dongola, selon le récit d'El- Macin , se crurent bientôt assez forts pour défendre de nouveau les chrétiens d'Égypte et le patriarche d'Alexandrie, Avec le quatorzième siècleavaitcommencé en Égypteune époque d'oppression et de deuil pour les chrétiens qui y étaient restés, et c’est alors que les musulmans exigèrent des moines jacobites le premier impôt personnel. Anno 703 Heg : a singulis seuil um aureum algue hoc primum tributum est quod penderunt monachi (1). Pour les reconnaître, on leur imprimait, avœ un fer rouge, l'image d'un lion sur la main, et l’on coupait les deux mains à tous ceux que l'on rencontrait sans ce signe. Ces horribles cruautés éveillèrent enfin un défenseur et un vengeur. Au milieu de ce siècle , un Cyriacvs de Nubie , c'est-à-dire un roi , car les annalistes arabes ont fait de ce nom un titre comrnunà tous les rois de Nubie, entreprit une carupague en Égypte et mit sur pied une armée de cent mille hommes de cavalerie (1745 de l'hég. 1341 de notre ère); à la tête de ces forces, il s'avança contre ses ennemis, et ses menaces allégèrent un peu le sort des patriarches et des chrétiens d'Égypte , sous le nouveau sultan Abdoulmalek. A propos de cette circonstance, Saidben-Batrik nous dit que tous les évêques de Nubie étaient jacobites et recevaient l'ordination d'Alexandrie.

Mais bientôt , au rapport d'Ebn-Batuta , qui se trouvait à Dongola environ dix ans plus lard, s’opéra dans ce royaume un grand et imposant changement. Ebn-Batuta , dans le voyage qu'il fit en descendant le Nil, appelle la Nubie le pays des chrétiens, en 1394 de notre ère ; il cite Dongola comme la plus grande cité des Nouba. Son chef qui, dit-il, se nomme maintenant Ibn-Kenz- Eddyu (il était donc de la tribu des Keuz ou Kenous) s'est fait mahométan sous le califat d'Et-

(1) EI-SKin, Hitt, SAlaccn. Tb. Erptull. Lsgti. Bal., 1625,

iv, p. si, sa, #o.

MeWc-Ennasser Mohatnmed-ben-Kakucoun (El-Nazzar, selon Qualremère.)

Nous ne savons rien autre chose de la conversion des Nubiens à l'islamisme. I/antique dynastie des rois chrétiens de Dongola doit s'èlre éteinte environ dans ce temps. Macrizi nous rapporte que les dissensions civiles et les luttes de partis se rallumèrent alors avec uue plus grande fureur, et que plusieurs rois avaient porté euxmêmes les tributs au Caire, pour demander du secoursaux émirs contre leurs sujets rebelles ou contre leurs rivaux. Vers la fin du quatorzième siècle , continue-t-il , la Haute-Égypte et la Nubie tombèrent en pleine décadence, et les Beni- Kensy (Kenz , Kenous) , race qui habite auj ourd’hui près des cataractes d'Assouan, s’emparèrent de toute la Nubie. Vers 1566 , commença, sous le sultan Sélim, la domination des mamelouckg en Égypte; ils avancèrent leurs garnisons du côté de la Nubie, jusqu'à Suakim, Say, Ibrim et Assouan.

Les Nubiens, après être restés mille ans fidèles au christianisme, après avoir combattu cinq cents ans contre les mahométans, sépares de toute communication avec les autres peuples chrétiens, sans écoles, sans prêtres, retournèrent alors aux antiques superstitions et devinrent musulmans. Dans le même temps fut fermée aux Abyssiniens, qui vénéraient aussi Alexandrie comme leur metrople, la seule voie par laquelle ils pussent obtenir de nouveaux pasteurs. Aboulfeda , au quatorzième siècle, et Bakui au quinzième, parlent encore des Nubiens comme chrétiens : Wansleben, qui était au Caire en 1673, dit que les églises sont encore debout en Nubie, mais qu’elles sont fermées, parce qu’il n’y a pas de prêtres. Burckhardt, dans ces derniers temps, n’a plus trouvé de chrétiens qu’à la frontière de l’Égypte.

Depuis pénétrèrent encore à Dongola, que ses habitons eux-mêmes honorent du titre de Üottgola-vl- Adjouze, c’est-à-dire l’antique Dongola ou Tongol (1), un grand nombre de tribus de ■tabométans nomades qui se mêlèrent aux pasteurscbrétiens.anciennes tribus du pays, et surtout aux Ababdés, à l'est, et aux Coubabish, à l’ouest. Ces derniers en sortaient souvent pour aller chasser aux esclaves dans le-Dar-Four.

Selon le récit des Arabes, deux familles doivent avoir régné sur la Nubie jusqu'à ce que les Arabes Scheygya sc fussent élevés à la prédominance dans ce pays. Ce sont les Zebeyr, au

(1) Ifurckbardl, Tnt., p. 07.

nord, et les Founnye (1) au sud; les Scheygya furent repoussés à leur tour par les mameloucks qui y fondèrent rapidement leur domination passagère. Depuis 181 2 les gouverneurs turcs avaient attaqué les mameloucks par la violence et la ruse; décimés par ces massacres souvent répétés, ils se trouvaient réduits, de 4,000 hommes qu'ils étaient d'abord , h quelques centaines de guerriers. Pour échapper h une destruction entière, ils se réfugièrent dans les montagnes de la Haute- Égypte , cher les Abalxlés. Reçus d’abord avec hospitalité, ils trahirent bientôt leurs bienfaiteurs ; mais leur barbarie fut punie par l'expulsion et la défaite. Ils prirent alors la résolution désespérée d'aller h travers le désert , conquérir, par le sabre , un nouvel empire. Cette bande de farouches dévastateurs pritsa route par la Basse- Nubie (2) qu'elle ravagea sur son passage. Trois cents mameloucks blancs réunirent leurs débris près des cataractes d'Assouan; ils choisirent pour chef lbrahim-Bey , l’un des partisans du fameux Mourad-Bey pendant l’expédition française , et , avec ces faibles forces , ils tirent la conquête de l'ancien royaume de Dongola.

Ibrahim-Pacha , gouverneur de la Haute- Égypte, les poursuivit dans leur retraite b travers la Basse-Nubie, et les deux armées marquèrent leur passage dans la vallée du Nil jusqu'à Ibrim, par le pillage, la dévastation et le meurtre. Ibrim fut attaquée à plusieurs reprises , et , après bien des défaites, elle demeura la proie des mameloucks. Après avoir pillé cette ville habitée par un grand nombre de mameloucks et très-riche, les aventuriers , dont le nombre se grossissait toujours, s'avancèrent plus avant dans la Nubie, avec une ardeur exaltée par le succès. La dévastation et l’horreur marchaient sur leurs pas ; un tiers de la population périt, et à ces ravages succéda bientôt une épouvantable famine qui empêcha leurs ennemis de les poursuivre. Les rnameioucks atteignirent aussi l'Ile lioscho et le pays des Arabes Scheygya ; selon leur coutume, ils payèrent leurs hôtes par la trahison et le meurtre et devinrent ainsi les maîtres de Dongola. Tous les membres dispersés de leur bande les y joignirent bientôt, et, selon la relation de Light (3), leur troupe s’éleva bientôt à 1,100 hommes ; ils avaient en outre sous leurs ordres un corps de 000 esclaves nègres qu'ils avaient

(1) Burckbardt, Tnv, , p. 71.

(2) Ibid., p. 11.

(S) 1 Ijht, Tnv., p. 74.

enlevés par force ou qui s’étaient réfugiés près d’eux; huit déserteurs anglais et dix français se joignirent à eux et leur firent des armes.

Le pacha d’Égypte, pensant que leur plan était de s’avancer en Abyssinie b travers le Sennaar et de renouveler ensuite la guerre contre les Turcs, près de la mer Rouge, envoya une ambassade (1) à Gondar pour prier l’empereur d’Abyssinie de s’unir avec lui contre les mameloucks ; mais le Ras-H'elteta-Selassii empêcha les ambassadeurs de pénétrer jusqu'à Gondar, comme il avait déjà empêché Sait de le faire quelques années auparavant.

Les mameloucks ne continuèrent pas leur retraite par le llabesch, comme le pensait aussi Burckhardt , mais ils restèrent quelque temps à Dongola où ils trouvèrent dans les Scheygya, les plus implacables ennemis. Ne se recrutant plus d’esclaves de la Géorgie , dont se compose seulement cette soldatesque, sans moyens de s’approvisionner d’armes à feu, de poudre et d’autres armes que le commerce seul avec les Européens pouvait leur procurer par Massoua ou tout autre port de la mer Rouge, plongés dans tous les vices d'une milice turque, à la fois vils comme des esclaves et cruels comme des tyrans, ils furent, pour Dongola et pour toute la Nubie, un horrible fiéau , mais qui ne pouvait pas durer longtemps. Leur seul moyen de salut était de s'emparer d'un port de la Nubie (2), de Suakim, par exemple, afin de pouvoir, selon leur coutume, tirer du Caucase de nouveaux renforts. L’Égypte leur était à jamais fermée; le climat de Dongola, auquel ils n'etaient pas habitués, était très-contraire à des hommes venus du Caucase et vêtus d’épaisses étoffes de laine; aussi les fièvres putrides en enlevèrent-elles un grand nombre.

Nous sommes ensuite pendant plusieurs années sans rien apprendre du sort des mameloucks ; plus tard on rapporte qu’ils furent taillés en pièces avec leurs alliés, près de Dongola, parles troupes de Mohammed- Ali, pacha d’Égy pte. Leurs débris se réfugièrent dans une oasis située à trois journées de marche de Dongola, pour se rendre de là, à travers les déserts delà Lybie, b Tripoli ouà Maroc ; le désespoir seul pouvait enfanter une semblable résolution.

Le Français Caillcaud arriva à Dongola (3) vers

\l) BurcXlurdt, Tnv., p. 303.

(S) Ibid., p. 72.

(3) Cvlllcaud, p. 127.

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