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SIL, COUBS MOYEN. SUBIE

aurait existé assurément si le Nil avait été aussi navigable en cet endroit que le Rhin dans son Batn-el-Hailjar, moins sauvage et plus peuplé, c'est-à-dire dans cette partie de son cours où il est resserré par des gorges de montagnes , entre Bingen et Bonn.

Lorsqu'on voulait prendre le chemin le plus court , ou choisissait probablement la route de terre, à travers le désert de Lybie; en effet, la route de Berber à Derr , au-dessou s d'Ebsambal, parDongola , le long de la vallée du Nil, demande vingt-cinq jours de marche; mais les caravanes d’esclaves qui traversent directement le pays montagneux de la Nubie arrivent au même point en huit jours et rejoignent la vallée du Nil vis-àvis d'Ebsambal. La seconde station se trouvait probablement à Ebsamba! , sur le Nil. Les voyageurs qui avaient échappé heureusement aux dangers du désert ou aux difficultés de la navigation à travers les cataractes , sentaient alors le besoin de rendre grâces à leurs dieux protecteurs. Ici commençaient de nouveaux échanges; car les caravanes de la Thébaïde, du Delta, de l'oasis d’Ammonse rencontraient en ce lieu situé à moitié chemin du voyage. Les marchands offraient en commun des sacrifices, célébraient des fêtes, car la paix les unissait, la paix leur donnait le bien-être et le bonheur. Les souverains d'alors ne dominaient pas sur leurs ennemis de l'est eide l'ouest par la guerre, mais par l’idée de la religion et le culte des prêtres , comme nous envoyons aujourd'hui un faible reflet dans les fakirs de Damer. (Voyez plus haut.) Il nous est impossible de déterminer jusqu'à présent l’époque où furent bâtis ces temples d’Ebsambal , dans le sanctuaire de la Nubie; mais la situation du lieu Jointe aux faitsque nous offre l’histoire delà civilisation des peuples placés sur les grands cours d'eaux qui unissent les hautes-terres aux basses-terres , assurent à cette station une prospérité plus ancienne et plus florissante que celle des grands marchés et des temples voisins.

La puissance qu'il fallut pour convertir une montagne entière en temple souterrain; ces rochers taillés en colosses, fils des premiers jours , l'oeuvre de la religion et non d'un vain orgueil, debout à l'entrée comme les esclaves de la Divinité, les gardiens delà maison sainte; ces parois des rochers, couvertes d’hicroglyphes inventés par Méroé , et qui , si le monument appartenait à l’époque des l’tolémécs auraient dù céder aux inscriptions grecques ; tout cela réuni nous fait supposer que nous avons ici sous lcsyrux un monument antérieur aux Ptolémées,

contemporain des travaux les plus anciens de la Thébatde , ou peut-être plus ancien encore , en remontant à l’époque de l’empire de Méroé. Mystérieux , solennel et grandiose , il reste une énigme pour les siècles suirans qui ne comprennent ni son but , ni la manière dont il a été exécuté, ni les caractèrcsqu’il porte sur scs statues et ses murs. Semblable à tous les monumens du passé , on ne savait pas même le nom de celui qui l'a détruit , loin de savoir quelle main l'a élevé! Cependantil porte le nom d'un prince postérieur qui peut-être l’a restauré , celui de Psammétiquc ; Belzoni, Mangles et Irbv nous assurent qu'on y lit (1), écrite en caractères grecs, l'inscription: rtSAMMATIXM. Ce Psammétique , qui vivait en 636 avant Jésus-Christ, avait appris l’alphabet grec à Naucratis , des marchands ioniens et cariens. Ces Grecs ayant remonté le Nil donnèrent, en l'honneur de leur protecteur , le nom d’Ebsambal(Psammapolis)a cet emporium; l'appellation étrangère est ainsi parvenue jusqu'à nous, tandis que le nom antique fut perdu à jamais pour la postérité.

I'r Remarque.

Temples d' lits et d'Osiris taillés dans le roc. Colosses d’Ebsambal (Psam-Polisj.

Un jour et demi de marche au-dessous de Wady - Haïfa, à l'endroit où le Nil coule entre des roches degrés, dans la direction du sud-ouest au nord-est, s’étend à l’ouest, une vallée dont les deui parois latérales se composent do deux rochers. Chacun de ces rochers a été taillé en forme de façade qui conduit daus un temple creusé sous la montagne. La montagne couvre ainsi de ses ténèbres les salles des temples taillés dans son sein. Ces temples portent le nom d'Ebsambal ou Epsainbol (Vpsambol) (peut-être sont-ils ainsi nommés de riea/i-lhXie , ville de Psammétique); l'un deux était encore, en 1810, couvert aux deux tiers par les sables du désert ; l'autre est entièrement à découvert, et il fut décrit, pour la première fois, par Burckhardt. Nous l’appellerons, avec ce voyageur, le temple d’Isis, pour le distinguer du temple d'Osiris. La description de ce monument fera voir pourquoi on lui a donné ce nom.

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