NIL, COURS SOYER. NUBIE
K 1/3 * l'oreille 3 1/2, le nez 2 pieds 8 pouces* «I l'œil 2 pied» 2 pouces 1/2 en longueur; ils ont IS pieds 1/2 des épaules au coude. L’épaule gau* «be de la première statue touche à l'épaule droite de l'autre, de sorte qu'à elles quatre elles couvrent toute la façade. Deux seulement sont à découvert. f.a troisième est encore enfouie sous le sable , et la quatrième est brisée. Le nez , la bouche , les lèvres, sont très-délicatement dessinés ; l'angle de la bouche est très-gracieux ; leurs formes sont belles; ils sont à demi nus, et lerestede leur corps est couvert d une robe irrégulièrement drapée.
La façade a 100 pieds, et la porte 22 pieds de hauteur ; la distance de la porte à l'architrave est de GG pieds. Au-dessus du portail, est sculptée en relief, dans une niche, une statue d'Osiris , de 20 pieds de hauteur. Il porte, d'une main, la clef du Nil, et, de l'autre , le fouet, symboles de sa bienfaisance et de sa colère. La corniche contient, dans l'entablement, une rangée de singes assis, de 8 pieds de haut, G pieds de largeur, qui se touchent l'un l'autre par les épaules ; leur nombre est trois fois sept.
Laporte, haute de 22 pieds, conduit dans f intérieur du temple, qui s’étend à 170 pieds sous la montagne. Il est divise en quatre grandes salles principales et en plusieurs autres plus petites , qui, en tout, forment 14 chambres taillées dans le roc. Les quatre salles qui se suivent sont le Pronaos , deux avant-temples (Sekos) et le sanctuaire ou Adyton.
Le Pronaos a 57 pieds de longueur sur 52 de largeur ; la vodte est soutenue par 8 piliers , qui ont 22 pieds de hauteur et 5 l/a carres (8 pieds, selon Stratou). A chaque pilier est jointe une statue colossale en forme de cariatide, dont la mitre atteint la voûte et la supporte également. Elles ont les bras croisés, attitude qui fut, de tout temps, le signe du repos et de la satisfaction intérieure; elles portent la clef du Ml et le fouet, symboles de la bonté et du droit de punir. Elles ressemblent à celles du temple de Médinat-flabou ; leur exécution est parfaite , et les hiéroglyphes qui les couvrent sont plus hardiment dessinés que ceux de l'Égypte. Elles sont nues jusqu'à la ceinture, et ensuite voilées jusqu’au genou. L'expression de leur physionomie est bienveillante, gracieuse, semblable à celle du Jupi ter- Ma nsuet us des Romains, selon Slraton. Elles ont la figure belle , l'arc superciliaire bien dessiné , l'œil grand , les paupières bien fendues, le menton gracieusement arrondi; leurs lèvres inférieures sont un peu saillantes, un aimable sourire entrouvre leur bouche; leur nez est légèrement arqué et se rapproche de la forme aquiline. La statue est couverte d une espèce de stuc richement coloré ; la paupière , par exemple, les sourcils, sont peints en noir, cl leur courbe est prolongée au delà de la longueur naturelle. Le plafond du Pronaos est peint en bleu
et en rouge , avec des bordures où planent des ailes épaudues , qui semblent être lo symbole de la prière. Les murs sont couverts de peintures dont le coloris a conservé toute sa fraîcheur. On y voit un héros, monté sur un char de bataille et prêt à décocher une flèche de son arc ; au-dessus de son casque , plane un génie ailé ; sa robe lui tombe jusqu'aux genoux ; il est paré de bracelets et de colliers ; des lapis précieux et des peaux de léopards couvrent le char, qui est peint en bleu, en rouge et en jaune. Les coursiers attelés au char ont les naseaux gonflés ; leur bouche ne porte point de mors ; ils ne sont retenus que par une tuuserole cl parés do riches caparaçons. Le héros ressemble à celui du temple de Msdinat-Habou , dans la Thébaïde (c’est à-dire la ville sainte du roi Habou , et non pas Médinal-Abou) (1). Trois petits chars le suivent. Il attaque, avec ses gens , une forteresse qui est prés de se rendre. Cette forteresse a deux étages : de l’étage supérieur se précipileut les ennemis percés de flèches, tandis que d'autres demandent merci ; au milieu , sont des vieillards , et, en haut , des femmes suppliantes; devant les murs de la forteresse , on voit tin habitant de la campagne qui prend la fuite, et, devant lui, cinq taureaux s'élancent épouvantés.
Sur la seconde paroi , on yoit le mémo héros marcher sur les cadavres de ses ennemis immolés, et en égorger d'autres ; un mulâtre chasse devant lui une troupe de prisonniers, parmi lesquels sont 4 blancs, 4 de couleur foncée et 4 noirs ; tous ont la physionomie d'un caractère différent , et l’on voit que le héros a porté ses conquêtes dans des climats et des contrées divers. Le héros a la taille colossale ; le général des ennemis et ses soldats sont plus petits , mais cependant robustes et grands; les prisonniers, au contraire, ont la taille de pygmées. Une autre peinture représente le héros offraut des sacriûccs à Isis, en reconnaissance de la victoire. Celle Isis est noire. C'est la première statue de cette espèce qu’ou rencontre en remontant le Nil , et c’est la seule différence qu’on observe entre la mythologie de la Nubie et celle do l’Égypte. Le héros brûle de l’encens à une Isis dont la télé est surmontée du croissant. Autour, se déroulent les pompes d'uoe procession. On reconnaît partout lo portrait du héros, mais son costume varie, et ü apparaît tantôt revêtu de l’habit de guerre , tantôt avec la robe de cérémonie et la mitre.
Sur la troisième paroi, on remarque un combat de sept chars de guerre; plus loin, est représentée l'apothéose du héros et sa réception parmi les dieux. Au jugement de Straton , la sculpture, lo dessin et les couleurs peuvent se comparer aux ouvrages de Praxitèle, d'Appelles, de Canova. Le
(I) Burckbar Jt , Trav., p. tixvi.
coloris est plein de fraîcheur et de goût dans les peintures; le dessin est parfait, quanta la vérité, à I eiactilnde anatomique et à l'expression ; mais la perspective, l'art de disposer les groupes , la composition , étaient absolument inconnus dans ce temps. >
Voici quelles sont les proportions des arriérerhambres taillées dans le roc : le premier Sekot qui soit immédiatement la salle d'avant, a 37 pieds de largeur, 25 de longeur, 22 de hauteur, et il est soutenu par 4 piliers de 4 pieds earrés ; ses pa* rois sont seules rouvertes d'hiéroglyphes. Le second Sekot est moins long , mais il a aussi 37 pieds de largeur. On entre, de cette salle, dans le sanctuaire , qui est long de 23 pieds et large de 12. On voit , contre la paroi du fond , sur un piédestal , 4 statues colossales, dont les têtes sont parfaitement conservées. Des issues, pratiquées dans la muraille de droite, conduisent de l'avantsalle , dans deux chambres isolées , taillées dans le rocher; la première a 33 pieds 1 0 pouces de long et 1 1 pieds ( pouces de large ; la seconde, 48 pieds 7 pouces de longueur cl 1 3 pieds de largeur. Les parois en sont couvertes d'hiéroglyphes inachevés. Dans la paroi du fond de l’avant-salle , sont percées symétriquement deux portes , dont chacune conduit dans une antichambre d’où l'on pénétre dans deux chambres qui se prolongent sous la montagne, t'hacune a 43 pieds de long sur 10 pieds 1 1 pouces de largeur; tout autour sont pratiqués des sièges taillés dans le roc. L’intérieur de la montagne avait été ainsi creusé et un grand nombre de salles destinées à recevoir de nombreuses assemblées.
Des recherches plus profondes nous apprendront, dans l’avenir, la destination et le sens de toutes ces peintures, de ces salles cl de ces souterrains. Aujourd'hui , ces temples servent, ativ habitans des environs, do retraite et d’asile contra les invasions des Maghrebi et des Bédouins de l'ouest , qui répètent , chaque année , leurs brigandages , et viennent, comme à une moisson, ravager périodiquement les bords du Nil. Ces peuples appartiennent aux hordes nomades qui font paître leurs troupeaux entre la grande oasis elSiool sur le Nil. Dans leurs expéditions, ils ravagent d'abord l'tle d'Argo , puis le pays de Mahass et Sukkot , et poussent leurs brigandages jusqu'à Wady llalfa , Dcrr et Dakka. Ils remontent ensuite chargés do butin , des rivages du Nil dans le désert , et ils se retirent versSiout aussi promptement qu'ilsélaient venus. Leurs forces se composent ordinairement de 150 cavaliers et d'autant d'hommes montés sur des chameaux. Personne n'ose s'opposer à leurs attaques, et les chefs de villages font souvent à ces brigands des visites et des présens. Les invasions de ces barbares dévastent la rive occidentale du Nil , dans lonl le Batn-el-IIadjar , comme les Arabes Sbcygya dévastent la Tivc orientale, et ces excursions annuelles sont la cause principale qui
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font, de ce littoral , une contrée sauvage et dépeuplée.
4” Éclaircissement.
QunMcme gradin du court moyen depuis Ebsambat jusqu'à . lssouan , Basse-JYubic, pays des temples.