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SU, COL'RS SOYER. BASSE-KITBIE

core au nord d'Ibrim, les seuls sépulcres antiques qu'on trouve dans la Nubie jusqu'à Assouan. En Égypte, au contraire, leur nombre devient prodigieux : cette différence entre les deux pays est vraiment remarquable. On se demande : Où les Nubiens enterraient-ils donc leurs morts?

Burckhardt aperçut jusqu'à la Wady-Bostan ces rangées pyramidales et tronquées de rochers' degrés qu’on prendrait, à la régularité de leur forme , pour l'œuvre des hommes.

Brbn, Ibrim (['remis de Pétrone , dans Strabon; la Premis parra, infrà cataracten dans Ptolémée , dont la Premis magna suprà JVapata nous est inconnue; le Primi de l’inscription de Silcon(lff — De ce lieu dépend un grand district qui s'étend de Tosko jusqu'à une demilieue au sud de Derr. Cette contrée produisait beaucoup de dattes; ce fruit précieux était pour elle une source de richesses et donnait lieu à un commerce important avec l’Égypte. Mais les me- . meloucks ravagèrent tout ce district dans leur retraite désastreuse ; une partie des habitons fut entraînée en esclavage et l'autre prit la fuite : tous les palmiers de la vallée furent abattus. Th, Legh trouva le pays dans cet état de dévastation , et il se vit forcé de retourner sur ses pas.

Ibrim est situé sur la rive orientale du Nil, à l'extrémité méridionale d'une chaîne de montagnes qui s'élève, près du Nit,commeune muraille jterpemliculaire d'une lieue de longueur, line citadelle est bâtie sur la montagne; on voit encore autour de la viltè des débris de murailles de briques ; les maisons sont bâties en grès , les montagnes voisines offrent une complète solitude , la citadelle est en ruines. Light prétend avoir souvent remarqué la croix de Malle (2) sur les débris.

Ibrim fut détruit sous le règne du sultan Saladin; llacrizi et Abou-Schamah nous racontent ainsi ce fait, dans leur histoire : Dès le commencement de l'occupation de l'Egypte par les Arabes, on avait placé une garnison à Assouan, pour protéger Sais, c'est-à-dire la Haute-Égypte, contre les Nubiens et les noirs. Après la révolution qui renversa les Eatimites, on négligea ce soin important , et aussitôt recommencèrent

(1) J it bu tir In»crii>t. nubiens. Comment., p. 21. — Th. Lcgb, narrai., p. 76, 79. — Burckhardt, Trasr., p. 33. — Uftlit, Tra»., p. 83. — Bclzonl, Vo f.t I p. 124.

. (2; Quatrcmère, II, p. 8ü.

les invasions des Nubiens en Égypte. A l’occasion d’une de ces invasions des rois nubiens à Assouan, l'an 568 de l’hégire, 1172 de notre ère , le sultan Saladin envoya son frère Se/wrfts ed-Dou/a/i avec une armée pour attaquer Ibrim. La ville fut prise après trois jours de siège. Le frère du sultan s’empara aussi de la citadelle, située sur la montagne , où se trouvait une trèsbelle église consacrée à la vierge et surmontée d'un dôme et d'une croix. On mit le feu au dôme ; l’évèque , tous les habitans de la ville et de la campagne furent emmenés en esclavage , hommes et femmes. Les historiens musulmans, qui exagèrent toujours, parlent de 700,000 hommes chassés de leurs foyers. Ibrahim, prince Kourde, fut placé à Ibrim comme gouverneur, et fit, de là, un grand nombre d'invasions en Nubie , mais il ne semble pas avoir régné longtemps. Depuis ce temps. Ibrim, où le préfet Pétronius avait fait bâtir un castrum romain , n'est plus qu'un monceau de ruines.

Les maîtres actuels d'Ibrim sont tout à fait de couleur claire, et on pourrait les appeler blancs, si on les compare aux Nubiens. Ils descendent de la garnison bosnienne que le sultan Sélim y avait envoyée. Ils sont fiers de cette origine et en dissensions continuelles avec les Nouba. Cependant Burckhardt remarqua la plus grande sécurité dans cette vallée; les monceaux de dourrah restent jourel nuit dans les champs, et les troupeaux paissent sans gardien sur les bords du Nil. Lors du voyage de Belzoni , les plantations de dattes étaient rétablies , mais elles ne s’étendaient pas encore à plus de 100 toises du rivage.

L'ile ketté est située au nord de la ville d'Ibrim, et encore dans son district, entre des rochers perpendiculaires et à pic dans lesquels sont creusés des souterrains qui ont jusqu'à 10 et 50 pieds de hauteur. Burckhardt les compare à ceux que l'on trouve dans la Wady-Mousa (dans l’Arabie-Pétrée). Une petite lieue à l'ouest du Nil, se trouve, dans une montagne de grès, un de ces tombeaux creusés dans la roche et si rares en Nubie. Burckhardt (I) le visita et le trouva large de 7 pas, long de 3 et haut de 5 pas et 1/2. Au milieuétaitun caveau profond ; près de là une petite chambre qui semblait destinée à conserver des momies. Les parois étaient couvertes de bonnes peintures , semblables à celles des tombeaux de la Tbébatde, mais moins bien

(t) B ricXbarJt, Tnv., p. 93.

AFRIQUE, SYSTÈMES D'EAU : III* DIVISION, J i».

conservé*-*. On y voyait représentés des sacrifices offerts à Osiris et au dieu Apis. D'un côté , on remarque un cynocéphale qui embaume une momie, une autre figure semblable portant une balance, et, devant elle, un sphinx. Dans la petite chambre sont représentés les attributs de l'agriculture , la charrue , la semence , etc. La rareté de ces caveaux de momies dans la Nubie , nous parait un fait très-remarquable.

I)err, Derri (1), Deir. — Ce lieu situé à cinq lieues , par terre , au nord d'ibrim , est la principale ville de la Nubie, entre l'Égypte et Rongola. fille est la résidence d'un des caschefs de Nubie, dont la maison (i) est la plus belle habitation que Ligbt eût vue depuis le Caire. Cette ville contient aussi une mosquée , la seule que les voyageurs aient remarquée dans la liasse- Nubie, jusqu'il Philæ. Aussi les Nubiens sont très-peu attachés au Coran et h ses préceptes. F. Norden (5) était déjà venu jusqu'à cette ville; mais il n’échappa qu’avec peine à la tyrannie et à la cupidité du gouverneur ; tous les autres voyageurs eurent le même sort, à l'exception de lîelzoni qui reçut un accueil bienveillant et à son aller et à son retour. Th. Legh arriva à l'époque où le caschef célébrait la fête de son mariage. Cette solennité fut appelée fantasia et dura 10 jours. Le caschef était adonné à l’ivrognerie; il avait 300 esclaves nègres qui lui servaient de gardes du corps et 300 cavaliers sous ses ordres (Burckhardt ne lui en donne que la moitié). C'était le plus grand marchand d'esclaves de son pays, ses troupes étaient sa propriété et il les achetait à Dongola , Sennaar et dans le Soudan, biles levaient, pour lui, les tributs dans le pays et gardaient son harem. Legh fut reçu avec la même dureté, la même inhospitalité que .Norden y avait trouvée, 73 ans auparavant. Dans l'audience qui lui fut accordée, l'Anglais offrit au caschef une montre que celui-ci refusa avec dédain : alors Legh suspendit son propre sabre au côté du musulman ; tout à coup les regards du Nubien s'adoucirent, la satisfaction anima ses traits, car ce présent flattait plus son orgueil. 11 voulut même lui faire présent d'une de

(l) Th. flairai., p. 69. — BtirckhariU. Tnv., p.18 cl 30 — U|U, Triv., p. 74, »vec pUnche*. — Belz»n!, Voj., I, P 348.

(3) Voj. F .-T. Gau Ncuenldecktc DcnkmAicr voit Nubien. Tubinccn, 1821 — HcR. l,Ub. 10. Vignette, Wobnnug de» k atrbef zii Derri.

(3) Norden, Voj. d'tgjpic et de Nubie, 1, fol. £27.

ses femmes ; Legh lui fit comprendre alors qu’il n'avait pas rencontré de harem au-dessous des cataractes du Nil , et le caschef s’en montra trèsétonné. Hassan appelle aussitôt un jeune esclave nègre, âgé de dix ans, lui adresse quelques mots et lui donne sa main à baiser. L'enfant s'approche de Legh , tout ému , baise sa main et la porte à son front. Cette cérémonie indiquait que l'enfant avait changé de maître. Depuis ce temps , cet esclave favori de la mère du caschef resta toujours près de son nouveau maître et alla avec lui en Angleterre, La lame de Damas qui avait produit cet effet sur le barbare valait 300 piastres. Hassan accorda sur-le-champ la permission des’avancer jusqu'à Ibrim et donna au voyageur des chameaux et fft-s chevaux. Belzoni n'obtint de même l’autorisation de poursuivre son voyage qu'en faisant cadeau d’un miroir qui n'avait que 13 pouces de hauteur sur 10 de largeur; mais c'était le plus grand et le premier de ce genre qu'on eût vu en Nubie ; de là le merveilleux effet qu'il produisit.

Les tracasseries qui empêchèrent Norden ds poursuivre son voyage ne lui permirent pas de rien observer. Legh ne découvrit qu’un seul monument en ce lieu (1), c'était une grotte taillée dans la roche et dont le pylône était soutenu par quatre colonnes; l'avant-salle contenaitdeux rangs de piliers de 4 pieds carrés. De là on pénétrait dans le Sckos à côté duquel se trouvaient deux chambres dont une contenait un seul sarcophage. Light et surtout l'architecte Gau donnèrent de ce monument d'excellens dessins (3); Rurckhardt aussi le décrivit, et en donna une esquisse. Belzoni le trouva très-délabré , et il le regarde comme un temple d'Osiris.

Burckhardt place ce monument derrière le village , sur la pente des rochers. Il est d’une trèshaute antiquité et fut bâti longtemps avant les temples de Carnac et Gourné qui cependant appartiennent aux monument les plus anciens de l’Égypte. La vue de ce temple caverneux , élevé au-dessus des tombeaux de Derr, remplit tout à coup d’une mystérieuse horreur. Il est entièrerement creusé dans le roc et divisé comme les autres, en Pronaos, Sekos, Cella et Idyton. Après avoir traversé le majestueux portique qui conduit au Pronaos, on entre aussitôt dans l'obscurité solennelle du temple souterrain. Les chapiteaux du Pronaos ont 1 1 pieds de hauteur, et

(1) i.ceb, narrai , n. 8t,

(3) eau Seucntdecktc DcnkiuSlcr von Sublen. Tmb. 60.

K1L, COI HS MOYEN. BASSE-HUEIE.

devant eux sont assis des colosses couronnés de la mitre, comme à Gourné et à Thèbes. Os piliers appartiennent encore à l'enfance de l'architecture ; plusieurs bas-reliefs les entourent et les statues sont peintes. Dans la paroi intérieure de la Cella est pratiquée une porte sur laquelle est représenté un globe ailé, ou l'œuf du monde. Cette porte conduit dans le sanctuaire ou Adyton : on y voit quatre figures assises , taillées dans la roche , et dont le dos est adhérent au rocher; ce phénomène caractérise la plupart des temples caverneux delà Nubie. 11 semble qu'on a pratiqué des tombeaux des deux côtés, et Ligbt a copié quelques inscriptions chrétiennes sur ces sépulcres postérieurement établis. L'intérieur du temple est couvert de bas-reliefs. Sur l’un d'eux est représenté un héros monté sur un char poursuivant ses ennemis qui se retirent dans une contrée marécageuse et couverte de forêts. (Ne seraient-ce pas les Éthiopiens se réfugiant dans la Colla?) Ne pouvant les atteindre, le héros entraîne avec lui les blessés. Les prisonniers sont amenés devant unOsiris à la têted'épervier; on y voit encore un groupe qui se trouve dans un grand nombre de temples égyptiens : le monstre Briarée va être immolé , Osiris tend le bras et retient ainsi le coup qui doit le frapper. (Peut-être cette allégorie indique-t-elle une victoire inachevée?) Briarée, l’ennemi implacable, peut-être le Typhon des Égyptiens, n’a ici que deux têtes, et quatre bras; en Égypte, au contraire, on le représente avec un nombre beaucoup plus graml de têtes et île bras , et cette addition trahit évidemment une époque plus jeune qui voulut ajouter h ce que lui légua l'antiquité. l)err, eapitale actuelle de la Nubie, n'a que 200 maisons , et encore la plupart ne sontelles que de misérables huttes; le village est entouré d'un bois de dattiers , et le commerce des dattes est le principal trafic des habitans. Beaucoup de bateaux chargés de dattes se rendent de là jusqu'en Égypte. Un y transporte de même de jeunes palmiers, parce que ceux qu’on obtient par la semence sont ordinairement dégénérés. 1-3 plupart des habitans de la ville sont Turcs d'origine; ceux de la campagne sont de purs Nou bas qui parlent nubien et arabe. Ils u'ont pas la physionomie nègre; leur peau cependant est très-foncée, leur chevelure épaisse, mai» non laineuse; ils ont l'habitude de s'enduire de graisse

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pour se préserver de la vermine cl se conserver (a tète dans un état de fraîcheur.

On passe le Nil en bac II Derr; le fleuve change ici entièrement de direction pendant quelques lieues, et coule b l'est; mais bientôt, près de Korosko, il reprend sa direction normale vers le nord. Ce bac n'existait pas h l'époque du voyage de Norden (1); on ne voyait pas un seul bateau sur le fleuve ; le Nil était alors si peu profond que les chameaux le traversaient tout chargés , et que le bateau du voyageur touchait souvent le fond (c’était au mois de janvier).

D’ibrim il Korosko, s’étend presque sans interruption une forêt de palmiers, la véritable patrie du caméléon. Tous les cinq ou six cents pas, on rencontre quelques groupes île maisons; placés vis-à-vis l'un de l’autre sur les deux rives du Nil, ils portent le nom commun de Ouady; mais on les distingue en y ajoutant les mots gharb ou shark (c’est-à-dire ouest et est) (1) , suivant qu'ils sont situés sur la rive lybienne ou arabique du fleuve. La vallée du Nil est mieux cultivée dans cet espace que dans toutes 1rs autres parties de la Nubie et même qu'en Égypte.

Quelques lieues au nord de Derr , sont situées près A'llassaya(Aamada dans Norden et Lrgh, Amadou dans Gau), les ruines d'un petit temple dont Burckhardt, le premier, a esquissé une image, et dont Gau a donné le plan et les proportions. Norden l'avait déjà vu. Il est situé sur la rive gauche du Nil et à moitié enfoui dans le sable. Cependant l’édifice ressort agréablement à l'ceil avec ses formes simples, ses proportions gracieuses , ci sa couleur plus claire se détaché, d'une manière pittoresque, du fond des sables d'un blanc jaunâtre. Son avant-salle et la Cella indiquèrent aussitôt quelle avait été autrefois sa destination ; une coupole qui s'élève au milieu annonce que le temple païen fut autrefois converti en église. La façade du temple est tournée vers le Nil ; les débris de la porte se trouvent entre deux murs en forme de tour (propylon) qui formaient l'entrée, selon le style égyptien. Vient ensuite le I'ronaos qui a 16 pas de longueur. On y voit quatre rangs de piliers quadrangulaires , et , dans les derniers rangs , l'intervalle qui sépare les piliers est muré. Le rang de piliers , placé devant l’entrée de la Cella, contient quatre colonnes, semblables à des colonnes doriennes , et qui semblent y avoir été placées pos-

ed by CjOO^Ic

(t ) sorden, Vor., I, P. ïï*.

(I ) ftever, de éclat moderne de l’Êgjple, 1 , P- tOfl.

lérieureinent. Une porte arec un fort linteau, pratiquée au milieu du mur, conduit du Pronaos dans un vestibule obscur où donnent trois entrées qui mènent b trois chambres différentes. Dans celle du milieu, qui est la plus grande, tous les hiéroglyphes sont encore couverts d’une couche de terre sur laquelle on a peint des images de saints grecs. Les piliers delà rangée du milieu sont couverts d'hiéroglyphes en relief et les deux rangées latérales d'hiéroglyphes en creux. Le vestibule n'était éclairé que par l’ouverture de la porte; la chambre du milieu, ou le sanctuaire, lirait le jour d'une ouverture pratiquée en haut, sur le toit, et les quatre chambres latérales étaient éclairées de la même manière. L'ancien édifice porte 78 pieds 3 pouces de longueur et 29 pieds de largeur. II est donc au nombre des monumens les plus petits. Plusieurs murs plus récens, bâtis en brique crue, s’élèvent tout autour, et forment des chambres voûtées , autrefois habitées par les prêtres chrétiens; elles sont aujourd'hui remplies de sable. Devant le temple est située une terrasse du cftté du fleuve. Cette disposition caractéristique se retrouve près d’un grand nombre de temples nubiens et égyptiens. Elle servait, sans doute, de lieu de réunion aux marins et aux visiteurs pendant la saison des grandes eaux. Le temple est d'ailleurs très-bien conservé; mai» le sable s’est amoncelé h 6 pieds de hauteur sur ses flancs , tout autour sont bâties les misérables buttes «lu village.

Arcygya (1) n’est situé qu"a deux lieues et demie plus loin en descendant le fleuve; les rives sont toutes couvertes de sable ; sous ces sables est un terrain d'alluvion très-fertile dont le niveau est maintenant au-dessus des plus fortes inondations du Nil. Burckhardl a remarqué le même phénomène en plusieurs endroits de la Nubie. Les déborde mens du ft'il s'élevaient donc autrefois beaucoup plus haut qu'au- . ourd'hui, car ce soi fertile fut assurément autrefois inondé.

Wadï-Sebola , ou la Vallée des Lions (2) (Sebua dans Norden, Sibhoi dans Legh.Seboo dans I.ighl). — Cette wady est située un peu audessous du précédent village; elle s’étend des «leux côtés du Nil , au milieu d’une contrée trèscultivée qui n’est pas habitée par des Nubiens,

(I) BurckbJrdl , Trjv , p. 07.

(*) NuiUvo, Vojr,, I, fui. 210 Lfgh, Sarril, p. 85. —

Sun klurtll, Ira»., P. 17.— Hskt, Trat., p. 87, planclie.— Bvlioni, Vojr., I, p. IIS.

mais par une colonie arabe descendue des liedjus dont on trouve encore des tribus sur le mont Sinat. Ils se nomment Aleykat , et se disent frères des précédens ; aussi ils ne parlent pas nubien , mais seulement arabe. Ce sont des marchands très-actifs, et ils sont en relation de commerce surtout avec le pays de lierber sur l’Atbara , éloigné d’eux de sept ou huit jours de marche (en prenant la route de terre par Mograt). Quatre chameaux chargés de marchandises arrivent, chaque semaine, de Berber à Seboua. Le chargement se compose principalement d’esclaves, d’ivoire , de gomme, «1e plumes d'au- Iruches; on y amène aussi des chameaux pour être vendus de lb aux marchés de la Haute- Égypte. Ces Arabes avancent ordinairement aux pauvres Nubiens de petits capitaux avec lesquels ceux-ci font le commerce b Berber; ils partagent ensuite les bénéfices avec les Arabes. Les marchands «1e Seboua envoient, chaque hiver, une caravane de 30 b 40 chameaux jusqu’au Caire. Le voyageur qui navigue sur le Nil aperçoit ici des ruines remar«|uablcs ; elles sont situées visb-vis du village, sur la pente d’une montagne qui n'est séparée des eaux du fleuve q ue par une plaine étroite. Un double rang de sphinx accroupis conduit du Nil, b travers cette plaine, jusqu'au propyton du temple en ruine. Ce sont des corps de lions avec des têtes de jeune homme «jui ont au menton une barbe légère. Les sphinx ont 11 pieds du nez b la queue. Ils forment une espèce de colonnade de 51 pictls de largeur, et sont placés b 18 pieds de distance l'un de l’autre. Leur nombre doit être très-grand, puisqu'ils s’étendent jusqu’à 80 pas du temple antique; mais cinq ou six seulement sont entièrement b découvert; les autres sontenfouissouslles sables, et deux seulement surgissent encore b une hauteur de 1 1 pieds. A l’entrée et b la fin de cette avenue de sphinx , se trouvaient des statues colossales, deux du côté du Nil et deux devant le propyton ; elles avaient 1 4 pied» de hauteur; mais on n’en voit aujourd'hui que les débris. Tous ces monumens sont de grès, et ils semblent appartenir b l’antiquité la plus reculée. Burckhardt crut remarquer que les monumens semblables de la Haute-Égypte n’en sont qu’une imitation. Le propyton «lu temple, aujourd'hui tout en ruines, semble avoir servi de modèle au propylon beaucoup plus parfait du temple de Corné dans la Thébatde. Il a 28 pas «le longueur, et, au milieu , s'élèvent deux ailes en forme de tour, mais pyramidales ; entre ces deux ailes se trouve la porte conduisant au Pronans «pii est aux deux

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