ML. HALTE-ÉGYPTE. THEBES
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verneur «lu pays a un château; 2° Naga-Abou- Hairoud, plus loin, près du désert de Libye ; les maisons en sont bâties en terre au milieu de groupes de palmiers ; 3° Kodm-el-Bayrat sur les ruines «le l’ancienne Thèbes ; 4“ Medyhet- Abov, tout près des monts libyens , sous le 30° 17’ 32" long, est du méridien de Paris et le 23” 42' 38” lat. nord, village nouveau et déjà presque abandonné, sur les ruines de l'ancienne Thèbes ; 3° Goutta au à l'extrémité septentrionale de la plaine, habité encore aujourd'hui par des Troglodytes qui se retirent dans les caves sépulcrales, lorsqu'ils ont à payer le myri ( tribut ) ; il est impossible de les atteindre dans cet asile , car, s'ils sont poursuivis, ils s'enfuient dans le désert de Libye par les issues des catacombes percées sur le versant opposé des montagnes.
Sur la rive orientale sont situés : 6° Luxor, tout près «lu Nil, village composé de huttes trèsbasses, couvert de colombiers, autour desquels voltigent des bandes innombrables de pigeons. Ce lieu est assez impartant, et compte deux à trois mille habilans; il s'y tient un marché à des jours fixes, et on y voit un grand nombre de fours destinés à faire couver des œufs. 7° Kash, 8° Kahkac confinent à ce lieu, au nord : ces deux villages s’élèvent au milieu de groupes de palmiers, et le petit nombre de huttes dont ils se composent est entouré «l’une masse prodigieuse de ruines. 9° Med- a-Moud, plus au nord, au pied de la chaîne des montagnes de l'Arabie.
Tel est aujourd'hui l'aspect de cette plaine, couverte autrefois d'une ville immense doul aucune autre cité du monde n’égala jamais les monuments. L’espace qui sépare les villages 3 et 3 est toutcouvert de débris. Entre les 4° et U* il ne se trouve pas «1e huttes d'Arabes ; la tradition antique appelle cette contrée le Memnonium. Sur la rive orientale , du 6' au 8° village, tout est couvert de ruines magnifiques; et, près du 9”, on voit encore quchpies colonnes isolées , avant-postes de la cité des merveilles. L'ancienne Thèbes s'étendait, des deux côtésdu fleuve, jusqu’aux chaînes de montagnes, et couvrait de ses monumens tout l'espace qu'elles laissent libre. Le vcrsantdela chaîne de Libyc.au nord-ouest, est rempli d’hypogées ou de grottes, peut-être le séjour des anciens Troglodytes et servant encore aujourd'hui d'asile aux habitants de la Thébatde. Ici était V Hécatompytos d’Homère, la ville aux cent portes; ici s'élevait la statue d'Osyenandias , le plus grand colosse que l'É-
gypte ait créé, selon Hecatæus ; ici se trouvait le zodiaque d’or, haut d’une coudée et de 363 de pourtour, sur lequel on voyait le lever et le coucher du soleil et les astres de la nuit ; ici est étendue la ISo- Amman des Hébreux, la Dimpolis des Grecs, la cité aux temples gigantesques, aux merveilleux palais, la ville des rois; ici était debout la statue «le Nemnon qui saluait l’aurore d'un son harmonieux, et dont tant d'hommes de l’antiquité, par exemple, Strabon et.Eliusf.allus, ont entendu la voix ! Mais le peuple qui bâtissait pour l’éternité a disparu; on ne le retrouve plus au milieu des antiques murailles de cette ville qui , selon Belzoni, semble avoir été plutôt la cité desgéans que l’habitation des hommes. L'intérieur de la ville présente un spectacle étrange, mais grandiose : temples, colonnailes, obélisques, pylônes , colonnes, catacombes, murailles, sculptures, peintures, merveilles des arts; tout cela glt renversé pêle-mêle dans un sauvage, mais sublime chaos, ou se tient encore majestueusement, par son propre poids, sur sa base éternelle. Les siècles nouveaux viendront y user longtemps leur admiration et leur science ; car il faut un très-long séjour parmi ces débris du passé avant de pouvoir s’y reconnaître, avant de s'orienter un peu au milieu de ce monde des ruines.
Depuis une trentaine d'années , les ruines de Thèbes, auparavant peu connues, sont devenues pour la science une source inépuisable de découvertes, et ont fourni d'inappréciables «lociimcns à l'histoire de l'antiquité, à celle des civilisations primitives, et surtout à cellede l'Égypte. Nous possédons toute une série «l'excellons ouvrages (1) consacrés à ces recherches; mais nous n'exposerons ici que dans leurs résullats et leurs rapports généraux les recherches «pii ontavancéla connaissance topographique et géographique, et seulement en tant qu'elles peuvent jeter plus de jour sur la nature du pays et du peuple égyptien, ainsi que sur l'histoire générale de la civilisation humaine.
B. Monumens qui s'élèvent sur la surface de ta terre.
En jetant un coup d'œil sur les ruines de Thèbes, on voit celles de la rive occiileniale se «li-
(1) ionien, Voyage. — FococLc; Ripauii; Dcnoo; la Description de I tgypte ; Uarail'.onJ /Bgyptiaca ; Bei/.onf, rte.
«FRIQl'E, SYSTEMES d’eAD : IIIe DIVISION, § 26.
viser en sept grands groupes, et celles de la rwc orientale en cinq. Outre ces mines, les hypogées ou les monumens souterrains ne sont ni moins nombreux ni moins remarquables que les édifices qui s'élèvent sur la terre (1).
1 . L’hippodrôiie. — En sortant du village Et.- Aqaltku , on aperçoit une enceinte immrnse de 2.000 mètres de longueur et de 1.000 mètres de largeur (2) ; elle enfermait autrefois ('hippodrome des Égyptiens , où avaient lieu les courses de chevaux et de chars. On y voit encore aujourd'hui un grand nombre de portes , et il était entouré de palais, lin canal qui le traverse aujourd'hui et y conduit l'eau dans les crues l'a changé en champs cultives , comme le Cirrus mari mus de Rome. Au sud de cette enceinte sont situés un petit temple et une grande porte en ruines; c’était peut-être l'ancienne porte de Thèbes, du côté du sud. Cette enceinte louche, h l'ouest , aux monumens de roche calcaire de Ja chaîne de Libye.
S. Medyset-Abou (3). — Au nord de l’hippodrôme s'étendent les ruines de M edynet-Abou, c'est-à-dire la ville A'Abou . entource d’une enceinte de pierres et de murs de briques rouges ; elle s'élève majestueusement sur une terrasse, au pied de laquelle est situé un petit temple. Leur magnificence et leur grandeur les font reconnaître aussitôt pour la résidence des rois, et ce sont les seules ruines de cette espèce que l'on trouve dans toute l’Égypte. Rclzoni croit que toute cette ville immense a été rebâtie trois ou quatre fois, et toujours avec les ruines des monumens antérieurs. Le palais se compose de deuxetages, l’étage supérieur est garni d'ouvertures semblables aux créneaux d'une muraille. Tout près , au nord , s’élèvent les propylées d’un temple dont le style, plein de sévérité et de grandeur . atteste évidemment la haute antiquité. Les édifices se détachent ici , puissants et gigantesques , sur la rive occidentale , vers la chaîne de Libye. Un pylône colossal, à la forme pyramidale' bien connue, conduit dans une cour quadrangulaire entourée de colonnes; au nord et au sud de cette cour, de gros colosses s'élèvent devant les piliers et les colonnes, espèce de cariatides, pleins de majesté, qui commandaient le silence et le calme au milieu
(I) DeicrlpUoo de rfcftypte. Anlïq. de Tbtbr*. Pèse. , I , sccUon l Jtieqii'* x, p. 81 -305. PUn gémir al de TbSbcs.
(21 ielloli, Dp'C-, p. 6.
(3) U>ld., p. 0.— Belaonl, Voy., 1, p, 195.
du tumulte de la vie des peuples antiques. Un second pylône termine cette cour , et conduit à un second péristyle, dont les galeries latérales se composent d’une double colonnade et de piliers accompagnés de cariatides. Dans cet espace sont rassemblées des constructions de tous les siècles ; on y voit même une église construite avec d’anciennes colonnes monolithes, et dont les parois sont recouvertes d’images de saints , peintes par-dessus les hiéroglyphes ; celte église fut ensuite elle-même cunvertie en mosquée î malgré sa grandeur et sa beauté, cet édifice est écrasé par la simplicité et la majesté de l’antique architecture égyptienne. Un mur, d’une grosseur prodigieuse, qui s'élève entre les débris sans nombre des temples et des palais disparus , fait pressentir au voyageur quelles constructions gigantesques devaient s'élever en ce lieu. Au-dessus de ces masses grises, solennelles et tristes, s’élèvent, dans l’azur du ciel, les parois brillantes de la chaîne libyenne ; on y voit les ouvertures ténébreuses des hypogées, sur le fond obscur desquelles se détachent d’une manière très-pittoresque les monuments à la teinte claire et jaunâtre. Denon, Hamilton et les savants de l’expédition française ont décrit et dessiné avec soin tous ces édifices.
3. Les débris de colosses. — A partir de Medynet-Abou, sur la route qui s’étend, au nord, le long du désert, gisent, des deux côtés , une quantité prodigieuse de débris de statues, de colonnes , etc. A gauche est une enceinte carrée, bâtie en briques et remplie de débris de culosses et de très-belles sculptures hiéroglyphiques. Tout est détruit, renversé; car ces ouvrages étaient construits en pierre calcaire, dont on a fait de la chaux.
4. Le Memroxiijm de Strabor (Strah., I. XVII, p. 3119, éd. Ezsch.)— A droite de ce chemin , s’étend un charmant bosquet d'acacias (acac. nilotica), dont la verdure forme un délicieux contraste avec l'aridité de toute la contrée après la moisson, alors que tout le sol environnant est brûlé par le soleil. Dans ce bosquet, le pied heurte, h chaque pas, des fragments' de statues antiques , des bras, des torses qui, tous, appartenaient h des colosses et des monolithes de grès, de marbre et de granit rouge : leur nombre est si prodigieux qu’ils auraient suffi pour décorer toutes les places d’une grande capitale. Quelques fragmens de colonnes, appartenant à un temple ébranlé , se tiennent encore debout au milieu de ces ruines; c'est là le Mem-
MIL. lut'TK-MiïPTE. TUEUE9.
nonium de Slrabon (1). A l’est Je ce pclit bois, s’élèvent les Jeux colosses de Mvmnon, les stables assises, appelées Tùmn et Vhàma (2) par les Arabes; on les aperçoit de quatre lieues, s’élevant dans le lointain , au milieu de la plaine, semblables à des rochers isolés (ils ont 61 pieds, âOmèlres, de hauteur). S’ils sont muetsaujourd’hui au lever du soleil, le voyageur les voit encore arec étonnement projeter.au matin, leur ombre de grans sur le versant des monts de la Libye. Comment ces monolithes monstrueux, taillés dans une seule roche de granit h Syène (5), ont-ils été transportés en ce lieu ? Quelle base devait supporter de tels blocs, dont chacun pèse plusieurs millions de livres, et présente une masse plus grande que la colonne de Pompée à Alexandrie? Au-dessous de ce Memnonium sont situés les portiques de son temple que les inondations du Nil atteignent aujourd’hui. Il n’en était assurément pas ainsi autrefois, et le sol du lit du Nil s’est visiblement exhaussé. C’est en ce lieu que Beizoni (4) trouva un fragment de colosse de granit, la tète d’un jeune Memnon d’une beauté extraordinaire, et appelé ici Caphaney : ce morceau pesait 12 tonneaux; il le lit transporter jusqu'au Nil avec beaucoup d’adresse, et lui Ht descendre le fleuve, au grand étonnement des Arabes. Secondé ensuitede Sait et de Burckhardt, il réussit à le faire parvenir en Angleterre, où il l’offrit au musée britannique; c’est là , entre le Memnonium et Mcdynct-Âbou, que Sait découvrit':)), dans les dernières années, un grand temple, dont trente colonnes étaient encore debout. Beizoni donna ici un coup de sa baguette magique, et trouva, dès le second jour, une des plus belles statues colossales de l'Egypte, représentant un Memnon assis : ce colosse de granit gris, parsemé de paillettes brillantes de mica, est très-bien conservé ; le menton seul et la bouche sont brisés ; tout autour gisaient des fragmens de colosses. Beizoni veut que les deux statues assises gardaientl’entrée d'une cour dans laquelle étaient deux autres colosses de Memnon dont on voitencore les débris dans la ligne des premières statues. Tous ces monumens se dirigent vers les bases des trente colonnes, plus élevées que cellesdes colosses. Beizoni pense qu’elles appar-
tl) Slrabon, XVII. ed. Tl*h , p, 890.
(2) JolloU, Dcsc., p. 9.
(3) Beizoni, Vojr,, I, p. 61.
(4) Ibid. y vojr.. 1, p. 3», 79, 211.
(5) Ibkl., Yoy., Il,p VA.
tenaient au Memnonium proprement dit des anciens.
5. Tombeau d’Ostmakdias.— Au nord de ce bois d'acacias , encombré de fragmens de colosses, se trouvent les monceaux de ruines qui portent aussi le nom de Memnonium ; ce sont des pyldnes d'une hauteur prodigieuse, des colonnes géantes , des piliers énormes accompagnés de cariatides qui représentent des dieux, des salles dont les plafonds sont parsemés d’étoiles d’or sur un fond d'azur, des statues de granit rose, etc., et tout cela gU confus, renversé et couvert des sables du désert. Les tableaux des murailles représentent des scènes guerrières, des combats, des passages de fleuves , des chasses, etc. Celte masse de ruines est le tombeau d 'Osymandias, le héros du soleil, l'harmonieux Memnon Ismandet ( Usmandi , ’8«i/mvJwh, ’lipiadm } ( 1), le grand conquérant qui, par ces constructions gigantesques, voulut surpasser tous les monumens de la terre. Un rocher gigantesque de granit, étendu à terre (2), nous indique au loin que là git renversée la statue colossale d’Osynumdias, quoi qu’en dise l’inscription fastueuse que ce Pharaon plaça sur son mausolée.
6. Temple n'ists, la syriuge et l'allée nu sein > x (3).— Au nord-ouest de ce lieu, dans un enfoncement de la chaîne libyque, s'élève au milieu il’unc enceinte très-bien conservée, un petit édifice isolé, probablement consacré autrefois à Isis, et dont l’élégance et la délicatesse contrastent avec les colosses qui l'avoisinent : léger, agréableà la vue, ce monumentest décoré de frises magnifiques, de corniches gracieuses; les sculptures sont distribuées et exécutées avec goût, et les peintures, dont le coloris est plein d’éclat et de fraîcheur, recouvrent les murailles. Plus au nord , au delà de plusieurs buttes de ruines, s'élève un monticule isolé de la chaîne libyque, dans lequel est pratiqué le labyrinthe appelé la Syringe , œuvre vraiment dédaiique, composée de 28 salles souterraines de KO à ISO pieds de longueur, de galeries et corridors qui s'étendent jusqu'à 80 pieds sous la montagne. Le voyageur ne doit s’engager qu’avec beaucoup de précaution dans cc labyrinthe de galeries horizontales, d’ouvertures et de puits perpendiculaires, de chambres et de salles : tout est plongé
(1) olodorc d. Sicile, I, 47.— Ouapelltm, I, p. 260.— < .renier, Symbol., I, p. 281.
(2) Llghl, Tnv., Tab , p. ni.
(3) Joiloii, «le., Dcsc , p. 10.
dans l'obscurité la plus profonde, et ces souterrains, quoique délabrés aujourd'hui , indiquent assez, par leur ensemble, qu’on y célébra autrefois les anciens mystères de l’Égypte. Sur le versant septentrional de ce monticule, une longue suite de débris, dans lesquels on reconnaît une avenue de sphinx, conduit à un édifice bâti tout prés des rochers de la chaîne libyque, ou l’on voit que l’art de voûter ne futqu’imparlailement connu aux architectes égyptiens.
7. I’alaisdeGodrkahet galeries taillées dans le roc.— Plus au nord, au delà des débris de deux statues de granit noir, on voit, près de Gournah, un palais antique, dont le portique est supporté par une colonnade semblable aux colonnades grecques, et qui semble n'avoir pas été achevée. La hauteur et la largeur de la salle, la lumière descendant du haut par des ouvertures pratiquées au plafond, ces particularités et d'autres encore font que ce monument diffère des autres édifices égyptiens. Près de cette demeure royale, s'élèvent des buttes qui, à en juger par les décombres qui les couvrent , |Kirtèrenl autrefois des habitations. A l'est de ce monument, s’élève, au milieu des décombres, un bois de palmiers qui borne la plaine de la Thébalde au nord, et s'étend, à l'est, jusqu'au rivage du Nil. Au nord de ce lieu, reste encore â visiter un monument curieux, situé à 400 toises au-dessous de Gournah, au pied du versant des monts libyques. Une cour carrée, à ciel découvert, est taillée dans le Hanc de la montagne, cl sur ses parois se trouvent un grand nombre de portes qui conduisent dans les caveaux creusés sous la montagne. Des galeries séparées en deux ou trois branches, des puits aboutissent aux caveaux des momies, qui servent maintenant d'asile aux Troglodytes de Gournah. C’est devant ce lieu que le général Desaix battit les Mameloucks et les chassa de la campagne : par celte victoire , l'armée française ouvrit cette plaine si féconde aux sciences et aux arts de l'Europe.
Tous ces monumens ne couvrent que la rive occidentale de la plaine, et celle de l'est offre à son tour un champ aussi curieux à explorer.
8. Luxor (1). — La contrée baigneeici par le Nil, présente un aspect délicieux ; des lies verdoyantes et cultivées s'élèvent au milieu du grand Meuve, que sillonnent fréquemment des barques à voiles et qu’explorent les filets des f ellahs. Sur
(1) Joiioii, «te., «lit,, |*. II.
les rives s’élèvent, solennelles et graves, les masses colossales des uionumens qui présentent à midi les effets de lumière et d'ombre les plus pittoresques et les plus variés. Aux roonumçns antiques s’adossent les petites huttes des Aralies, entourées de groupes de palmiers, et derrière la cime ondoyante de ces palmiers se dessinent , à l’horizon bleu , les contours des monts de la chaîne arabique. Avant d’arriver aux monumens , il faut traverser les ruesétroiles et encombrées du village , et le dédale des misérables buttes des Arabes. Deux magnifiques obélisques , de 7i et de 7 fi pieds de hauteur (1) , c hacun d'un seul bloc de granit, s'élancent dans les airs , comme symbole de la flamme et des rayons du soleil; derrière sont assis deux colosses de granit, chacun de 41 pieds de hauteur; viennent ensuite les énormes pylônes , hauts de ISO pieds, et enfin , après avoir traversé un péristyle immense . on arrive aux grandes ruineâ du temple. Tontes ces masses ne sont ni parallèles ni symétriques entre elles ; chacune observée en elle-même excite l'admiration ; mais toutes ensemble, elles troublent par leur confusion l'œil qui les contemple. Les obélisques sont couverts d'hiéroglyphes, bien taillés et polis comme des pierres précieuses; leur forme solennelle et pure commande la gravité et le recueillement. Sur les parements des pylônes sont représentées des scènes de guerre, des combats, des chariots, des Uitailles , des passages de fleuves, des attaques de forts, et, dans toutes ces luttes, on voit toujours le même héros vainqueur (Sésostris). Plus on pénètre dans l'intérieur du monument, plus il grandit et s'étend aux regards: un seul coup d’œil jeté dans le péristyle découvre tout à coup plus de <00 colonnes, dont la plupart sont encore debout et dont les plus colossales ont 3 mètres 1/3 de diamètre' (10 pieds). Toutes ces constructions sont entourées de décombres qui s'élèvent bien au-dessus’ du niveau général de la plaine. Une demi-lieu au sud-est de Luxor est siluee, parallèlement au village El-Bayadyeh , une enceinte immense qui ressemble beaucoup à celle de l'hippodrôme que l'on voit sur la rive oc cidentalc du Nil.