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BOIS AUX CES T POETES

A. Aspect du pays.

la plaine de Thèbes (I), ou la Thébalde proprement dite, s'étend au nord d’Erment, h l'est et à l’ouest du Nil, jusqu'aux monts lointains qui la bornent. La chaîne de la Libye n'est accessible qu'en un très-petit nombre d’endroits, et elle présente presque partout des parois à pic ; celle de l'Arabie, au contraire, s’élève en monticules dont les pentes sont très-graduées. Le Nil fait ici un grand détour; immédiatement au-dessous d’Erment, il fait un coude à l'est qui se prolonge au nord, au-dessous de Denderah, puis se replie ensuite à l'ouest ; le fleuve traverse ainsi l'antique Thèbes du sud-ouest au nord-est. La chaîne de

(1) Jotlo;» cl Dcvllliers, Stic rlpllon centrale do Tb.-hei,

l. I, ch. la.

Libye qui s’élève au-dessus de Thèbes , assez loin du Nil, rejoint la rive occidentale, près de Gouma/i, au nord de la ville, et refoule le fleuve à l'est; là, se trouvent les dernières ruines de l'ancienne Thèbes. La chaîne arabique, au contraire, touche la rive orientale du Nil au sud de la ville, puis elle s'en éloigne près du village Kl- Naharych, s'étend beaucoup plus à l’est, de sorte que la vallée s'élargit en une grande plaine unie, et laisse un libre espace aux antiquités merveilleuses qui la couvrent; après avoir fait un grand arc au nord de la ville, les montagnes se rapprochent de nouveau du Nil, près du village Med-Amoud ; là aussi se trouvent les dernières ruines de l'ancienne ville.

Ces deux chaînes de montagnes forment donc ainsi deux grands arcs dont les extrémités rejoignent le Nil et laissent libre, à l'entrée de la plaine, un espace d'une largeurà peu près égale. Au delà de ces barrières élevées par la nature s’étendent les déserts habités seulement par des bordes de Bédouins. Le Nil se développe dans une étendue majestueuse et a environ 1,500 pieds de largeur près de Louxor ; au nord du village El-Bayadyeh, il se sépare en un grand nombre de bras, et forme quatre grandes lies qui sont en partie cultivées et où les crocodiles viennent chercher la chaleur du soleil.

La plaine s'abaisse en pente très-graduée vers le Nil, et les eaux la couvrent rarement tout entière ; les canaux sont en mauvais état, aussi la campagne est en grande partie inculte; mais les endroits où elle est arrosée présentent le plus bel aspect. Une foule de chemins la traversent et la coupent dans toutes les directions ; on aperçoit çà et là des champs cultivés, des plantations de cannes à sucre , des groupes de villages, quelques cabanes et un grand nombre de caravansérails élevés pour recevoir les voyageurs et entourés de groupes de palmiers; ces palmiers et les ruines majestueuses sont le seul ombrage où l'on puisse se mettre à l’abri des rayons ardens et perpendiculaires qui élèvent dans le sable la température à 54” de Réauraur.

La plaine renferme un grand nombre de villages |1) dont il faut bien connaître la position pour s'orienter au milieu des ruines de l'ancienne Thèbes. Sur la rive occidentale (2) sont situés : 1" El-Açalteh, à 200 pas du Nil et où le gou-

(t) Plan (énéral Se la poilUon de la vallée du Vil, uni comprend lea rulacs de Théliea, Antlq., Il, p. i.

,2) lollols, ocic., p. 3.

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