‹ Geographie Generale CompareeChapitre 198 sur 293 · SI · texte numérisé non relu

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rins qui vont à la Mecque. C’est de ce point que le général Belliard entreprit son expédition contre Kosseyr, b laquelle nous sommes redevables de tous les renseignemens précédens, et que les savans français découvrirent surla rive occidentale les ruines merveilleuses qui appartiennent aux plus beaux chefs-d’œuvre de l’architecture égyptienne.

Le village de Benderah s’élève au milieu de groupes de dattiers et de palmiers-doum, végétaux qu’on ne rencontre plus au nord ; il est situé b un quart de lieue du Nil, et b 9, 000 pieds, b l’ouest, se trouvent les ruines de l'ancienne Tentyris (Tiyrvfa) (j), sous le 30» 80’ 42” long, orient, du méridien de Paris , et le 26° 8’ 38" lat. nord, d’après les observations de Nouet <26° 10’ d’après Ptolémée). On y voyait encore un temple important sous le règne de l’empereur Adrien. Lenomantique dece lieu nous aété conservé dans l’appellation cophte Ni-Tcnthori (2). Les ruines de Tentyra occupent un espace de 3, 100 pieds ( 1 , 700 mètres) dans leur plus grande longueur, de 2, 400 pieds (800 mètres) en largeur et de 12, 000 pieds (4, 000 mèlresde circuit) (3). KUes sont bornées au sud et b l’ouest par la chaîne libyque; au nord, s'élèvent des buttes cultivées où l'on trouve souvent des tes. sons, des vases, des lampes, des amulettes et des médailles.

C’est là que le voyageur, qui remonte le Nil, aperçoit les premières ruines importantes «le l’antique Égypte ; au-dessous de la butte s’élève une pente majestueuse qui produit, avec le temple situé derrière, un effètprod igieux, et réveille l'admiration et l’étonnement du voy ageur même qui vient de visiter la Thébatde ; il se trouve ici en présence d'un monumen t dont la construction atteste l’époque la plus brillante de l’architecture égyptienne. Le grand temple est enfoui daus des décombres jusqu’à la frise et entouré de huttes d’Arabes, ce pendant la face occidentale en est moins cou verte. Près «le là gltun temple plus petit presque entièrement enfoui; c'est le Typbonium. On Toit une seconde porte semblable b la première , entourée d'une enceinte et de débris de murailles. Les catacombes étaient probablement placées derrière ces ruines, dans la chaîne libyque. Le temple, situé au nord, res-

(1) SU-ibon, U, ch. XVII, p. 691.

(2) alngarcUI, f « coUic. rellq., dus ctumpulfiou , I, p. 234

(3) Julio!», etc., P. 3.

semble, par sa construction, au temple oriental île l’hilæ ; la porte septentrionale s'élève seule, isolée, sans pylône, offrant une pureté ilans les proportions, une perfection dans le travail qui surpassent tout ce que nous montre la Haute- Égypte ; elle est recouverte des plus riches ornemens , dans lesquels des masques d'Isis et tous les attributs d'Osiris et d'Isis occupent la première place. I.e Typhonium est un périptère semblable h celui d'Edfou ; les paremens extérieurs sont nus et sansornement ; mais ceux de l’intérieur présentent des sculptures importantes relatives h Apis, et représentent dans une série de tableaux toute l'histoire de la naissance et de l’éducation d’Harpocrale et d'Horus. Les sculptures de ce Typhonium ont la plus grande analogie avec celles d'IIermonthis.

Le portique et le pronaos du grand temple dont on a restauré la façade en gravure produisent l’effet le plus solennel et le plus profond par leur simplicité, leur majesté austère et leur perfection. On remarque les chapiteaux qui se composent de quatre masques d’Isis disposés aux quatre coins, chaque chapiteau porte un dé h la forme d'un petit temple. L’ensemble et les détails demandent la plus exacte attention , l'étude la plus profonde. L'intérieur est décoré, comme l’extérieur, avec une magnificence et une perfection extraordinaires ; vingt-quatre colonnes soutiennent le portique intérieur dont le plafond et l’architrave présentent la décoration la plus riche; ils sont peints en bleu , parsemés d’étoiles d’or et contiennent ces peintures ( I ) astronomiques devenues si fameuses. Des deux côtésdu plafond est le célèbre zodiaque, dont les temps modernes ont donné des explications si différentes. On y retrouve la grande figure de femme qui s'allonge comme un cadre autour de la voûte céleste; la lignesinueuse, symbole de l'eau (3), ctdes fleurs de lotus composent son vêtement; devant sa bouche est un globe h ailes d’épervier, et le scarabée sacré, symbole de la génération , forme l'agrafe de sa robe; c’est assurément Isis représentée ici comme mère de l’univers. Près de là, sont les barques avec les images des Dieux, puis commence immédiatement le zodiaque (5) par la constellation du lion.

Dans l’intérieur de ce temple magnifique est une salle très-remarquable dont le plafond repré-

(1) AU. aol., *ol. IV, ub. 18.

(2) Vortulle Europ. volltcrgesch, p, 101. (2) Joliolr, de., Deser., p. 23.32

sente une sphère céleste qui contient toutes les constellations zodiacales ; d'un côté, sont celles du septentrion; de l’autre, celles du midi (I ). Une chambre tout entière est remplie de sculptures astronomiques ; peut-être était-ce l’habitation d’un grand-prêtre qui se livrait h l’étude de l’astronomie, ou bien devons-nous voir en ce lieu un des nombreux tombeaux d’Osiris que l'on trouve dans un si grand nombre de temples en Egypte ? Les sculptures extérieures sont en grande partie altérées ou brisées.

La fraîcheur de l'édifice et des peintures, la perfection des sculptures, la pureté et l'élégance du dessin nous font supposer que ce monument a été élevé dans un temps moins reculé que ceux delà Thébaïdc, h l’époque où l’art égyptien avait atteint son plus haut développement (3). Une preuve géologique vient à l'appui de cette opinion. Les terrasses des temples de la Thébalde qui, autrefois, s'élevaient assurément audessus des eaux du Nil, sont aujourd'hui h son niveau ; la base du grand temple de Denderab, au contraire, est encore à 4 mètres 37 centimètres, environ 14 pieds au-dessus du sol qui l’entoure. Il a donc été bâti dans un temps de beaucoup postérieur b ceux de la Thébalde; mais cependant il ne descend pas jusqu’à l’époque des Grecs et des Romains , comme le prétendent Viscontiet liclzoni (3) après lui. Jollois assure (4) que le temple de Denderah est encore antérieur aux Ptolémées, à Alexandre-le-Grandet même h l’invasion des Perses, et qu’il a été probablement élevé sous le règne du Pharaon Nécho on Amasis, à une époque où l’art égyptien avait atteint sa plus haute période, comme nous le prouve le tombeau du roi Psammis et tant de merveilles, tant de villes nouvelles et de canaux construits par ces Pharaons il qui Memphis doit sa magnificence et sa gloire.

G. Aby dos , El-Behbi.

Au-dessous de Denderah, le Nil, après avoir coulé au nord depuis Syène, sur une étendue de deux degrés de latitude , change subitement sa direction à l’ouest pendant 9 milles, jusqu’il ce que, arivé il la hauteur d’Abydos (S), quelques

(1) Jolioit, Dcscr., p. 32-44.

(2) Jollois, îbid. , p. 56, $ x.

(3) Bclzonl, Vo y., 1, p. 52.

(4) Jollois, D«slt., p. 62.

(3) K. Jouiard, Description des antiquités d'Ahydos, duos la Dose, de l’f-gypte, il, AnlJq., t h. ix, p. 1 .

SU. HAL’TE-ÉCtPEE. ABYDOS.

lieues au-dessous de lloû, il rentre dans sa direction normale, et continue sou cours au nordnord-ouest.

Strabon (1) place dans cette situation remarquable Abydos , la plus grande ville autrefois après Thèbes, mais qui n’était déjà plus, de son temps, qu’un pauvre village; là, s'élevait un palais île l'antique roi Memnon flamandes ou Osymandias) et un grand nombre d’au très choses curieuses que Strabon cite encore. Ce lieu doit assurément sa haute importance à sa position dans ce coude formé par la vallée et à la largeur que le fleuve et la vallée ont en ce lieu. Cette ville, à l'emplacement de laquelle les Arabes ont donné le nom d’El-Birba (2), et dont le nom ancien est entièrement perdu, n'était pas située, comme les autres, sur la rive du Nil, mais dans l'intérieur des terres, sur la limite des terres cultivées, près de la chaîne libyque : leshabilans, toujours exposés à voir leursol couvert parlessablcs, étaient forcés d’opposer à l’action du désert, le plus de résistance et d'obstacle, et des édifices pouvaient seuls arrêter sa marche toujours incessante. Abydos était arrosé par un bras du Nil qui n'est plus praticable aujourd'hui, et dont on voit encore le lit desséché sur la rive occidentale du fleuve. Depuis Abydos jusqu’au lac Marvutix, il a servi à former un grand nombre de canaux qui portent différons noms. Il commence dans la Ilaute-Thébatde, et, beaucoup plus bas, le ttahr-Yousef ou canal de Joseph vient se confondre avec lui.

Abydos fut assurément fondée en ce lieu à cause de ce canal, et c’est à la même occasion que la IJiospoHs-Parva, c'est-à-dire la petite Thèbes, s’élève plus tard à l’endroit où est situé aujourd'hui le village Hoù.

Lorsque les l’tolémées donnèrent à cette contrée un nouvel élan, les villes antiques Viospotù- Parra et Abydos cédèrent l'influence et la primauté à Ptolémaïs, ville plus récente, que Strabon compare à Memphis.

La ville de Gtryek, située àuncégaledistance de Ptolémaïs et d'Ahydos (environ 4 lieues 1, fut élevée sur les débris d’une cité chrétienne et reçut son nom du couvent de Saint-Georges , situé à peu de distance d’Ahydos, au nord. Au moyenâge. elle devint, sous la domination des Arabes, la capitale du Saïd, et elle a conservé ce titre jusqu'à nos jours. Au milieu de tous leschangc-

(t) strabon, XVII, p. «87, ed. Tzicb.

(2) champollloii, I, p. 240.

mens politiques, le même emplacement fut toujours la contrée des capitales, preuve frappante de l'influence qu’exerce la configuration du terrain sur les rapports politiques d'un peuple.

Nullcposition géographique n'a été aussi favorable à la fondation de villes importantes , que cet emplacement sur le Nil : le fleuve et ses rives forment ici toute la contrée, le reste est occupé par des rochers et des déserts de sable, qui offrent des obstacles insurmontables, et toutes les routes, tous les chemins, sont forcés de suivre le cours du fleuve. Denderah et Abydos durent ainsi leur fondation (1) aux mêmes causes physiques. Abydos a encore l'avantage d’être située sur la même latitude que la grande oasis Kl-Wab, et à la distance la plus rapprochée de ce point important. Les Français découvrirent, pendant l’expédition en Égypte, l’emplacement de l’antique Abydos, à El-Birbé. Là s’élèvent aujourd’hui les misérables huttes des villages EI-K/ierbeh et Haraba, que de rares groupes de palmiers protègent contre les sables dont l'action est si destructive que, malgré toutes les précautions de ses anciens habilans, Abydos en est toute recouverte aujourd'hui.

Un ravin qui s’ouvre, en ce lieu, à l'ouest, ade tout temps livré un libre accès aux masse* de sable apportées parles vents d’ouest; mais les anciens Égyptiens savaient se défendre contre eet ennemi, ce Typhon destructeur, par des plantations, des murs et des canaux. Les Égyptiens élevaient souvent des murailles de briques (2) h l’ouverture des vallées, pour arrêter les sables parces constructions. C'est pourquoi on rencontre, en tant d'endroits, à l'entrée des sables de Libye, de grandes murailles qui s’élèvent même avant dans le désert, comme par exemple dans toute l’Ueptanomide, où ils sont appelés généralement Hayt-ei-Agouz , c’est-à-dire les antiques murailles. Elles sont ordinairement très-fortes et très-épaisses; l'enceinte d'Ombos, par exemple, construite sur la rive droite du fleuve, semble n’avoir été bâtie que pour servir de barrière aux sables chassés ici par le vent d’est.

De telles murailles s'élèvent encore au sud d'Abydos, et si elles avaient été construites plus au nord , elles auraient empêché l'ancien palais de Memnon d'être complètement enfoui par les sables.

(1) JomaxU, Description, «tc-,p. 2.

(2) Junisrd, IblJ., p. 4,

On aperçoit les premières ruines (1) près du village El-Kherbeh , où l'on trouve, entre les groupes de palmiers, des débris de murailles, des buttes de décombres, jusqu'au village Harabo; on y voit aussi des portes de granit, les débris d'un colosse de granit, des murs, les ruines d'un palais et d’un cloître appelé Veyr-îïcusarah. Les ruinesde cette ancienne résidence n’ont pas moins de 1 ,000 mètres de tour, 3,800 mètres delongueurdu nord-ouest ausud-est, et 900 mètres de largeur.

Au sud des ruines se trouve le palais qui ne tardera pas à être complètement enseveli par les sables; il est bâti en partie avec des roches calcaires, en partie avec des blocs de grès (3). L'extérieur est presque entièrement enfoui, mais l'intérieur est intact, elles sculptures et peintures sont très-bien conservées. 11 présente dans sa construction, la forme voûtée, qu'on n'a rencontrée qu’à Thèbes et en ce lieu, dans toute l’Égypte. Le palais de Memnon, à Abydos, avec ses salles immenses, scs décorations merveilleuses, peut être comparé aux (magnifiques édifices de Thèbes , et la Diospolis-Parva , cité du royal Memnon, forme encore aujourd'hui un pendant digne de la grande Thèbes. Jomard suppose (5) qu' Abydos fut fondée par une dynastie élhiopiquequi régna autrefois sur l’Égypte, et il prétend qu’elle servit autrefois d’entrepôt et de baxar pour le commerce des esclaves, comme aujourd'hui Syouti mais rien ne nous prouve l'existence de ce commerce dans l’antiquité.

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