Section transversale de la vallée du !\'il à Syout
La largeur totale de la vallée du Nil, à Syout, est de 10,000 mètres; le lit du fleuve en occupe environ le douzième, c’est-à-dire 800 mètres, et il coule à 3,000 mètres de la chaîne libyque et à 6,000 de la chaîne arabique. Des deux côtés se trouvent des canaux, dont le plus grand cstl’EI- Saouaqueh, qui a 160 mètres de largeur, et suit le pied de la chaîne libyque, où se trouvent les catacombes de Syout. Sur la rive orientale , à 600 mètresdu Nil, est situé un premier canal de ISO mètres de largeur, et plus loin, à une distance de 800 mètres, un second canal qui a 200 mètres de largeur. Un grand nombre de digues transversales coupent la plaine, et s'élèvent de 3 à 8 pieds (1 mètre, 1 mètre 1/2) au-dessus de sa surface horizontale. La plus importante de ces digues sur la rive gauche est destinée à soutenir les eaux du canal Kl-Saouaquch ; elle s’élève à 1 mètre 20 centimètres au-dessus de l'horizon de la plaine, et elle reste à sec dans les inondations les plus hautes. Au port de Syout, le courant avait une vitesse moyenne de 1 mètre 21 centimètres , et le volume d'eau dépensé en une seconde s’élevait, le 28 mars 1799, à 679 mètres cubes, correspondance remarquable avec le résultat trouvé à Monfalout au temps des basses eaux.
Il en est bien différent pendant le temps des hautes crues, où la vitesse est de 1 mètre 97 centimètres par seconde, et où le volume des eaux s'élève à 10,247 mètres cubes parseconde. Le volumedu fleuve présente donc de l'équinoxe du printemps à l'équinoxe d'automne une différence del à 15. Et encore le Nil a déjà fourni tant d’eau aux canaux de la ïbébalde.cntreSyoutelSyène, qu’on
(t) Girard, p. 208, pl., Sg 3.
peut direque le volume de ses eaux au maximum de sa crue est vingt fois plus grand que lorsqu'il commenceàcroltre(l). I.’Égypte se trouve ainsi, aux époques que nous venons d'indiquer, dans des rapports tout diffërens que les autres contrées du momie.
Les nivellemens de la plaine de Syout ont prouvé que son sol est presque entièrement horizontal . et qu'il s'élève de 27 pieds (9 mètres) au-dessus des plus basses eaux. Dans les canaux latéraux qui s'emplissent pendant le débordement, l'eau peut ainsi se conserver plus longtemps que dans le lit du fleuve, où elle s’écoule beaucoup plus rapidement. Dans le canal d'£7- Saouaqueh, par exemple, l'horizon de l'eau est, au mois de mai, 5 pieds plus bas que celui des terres cultivées voisines, tandisquel’horizon du Nil est 9 pieds plus bas. Afin de connaître la nature géologique et la formation du sol de la vallée, on pratiqua des puits et des sondages en treize endroits diffërens (2), dans toute la largeur de la vallée sur une étendue de 3,260 mètres. Ces expériences donnèrent le résultat suivant. Une couche épaisse de limon noir s’étend partout à la surface ; elle est composée des matières les plus légères np|>ortées par le Nil, et ce limon délayé par le fleuve donne à ses eaux une couleur rousse. Ce limon est superjwsé sur des couches de sable quartzeux gris, mêlé de parties de mica et de lamelles ferrugineuses attirables à l'aimant ; ce banc de sable contient les matières les plus pesantes apportées par le Nil. disposéesen handesd’épaisseurdifférente dansl'ordre de leurs pesanteurs s|iécifiques.
I.'eau n'a point surgi partout dans les puits à la même profondeur, preuve que ces eaux, plus élevées que celles du Nil, sont retenues dans la vallée plus longtemps qu'il n'en met à descendre. Les champs de la vallée peuvent donc être arrosés encore longtemps après que le Nil a baissé. Cette nappe d'eau souterraine (3) s’incline avec une certaine régularité à l'est, vers le milieu du lit du Nil, à partir du canal El- Saouaquch au pied de la chaîne lihyque; mais les eaux du Nil s’infiltrent aussi dans les terres par l'effet de leur pression sur les bords, et dérangent ainsi la régularité de cette pente (voy.
(1; Girard, obterv., p. 211.
(2) Girard, Ibid. , p. 211.
(3) Girard, »ur lagrlcullurc cl le tp-l'ic.
(2) Girard, Objcrv., p. 211.