‹ Geographie Generale CompareeChapitre 232 sur 293 · ATLAS · texte numérisé non relu

ATLAS

MÙmc quartier , appelé Byna ( de Boira, id est locus firrnut, selon Bochart). Il fut conquis le dernier. Là , a'éleraienl les hautes maisons de six otages : là étaient aussi le Forum et l’Areno. On voit encore, de nos jours, à l'extrémité septentrionale de la péniosnle, derrière Cothon , du côté de la Méditerranée, plusieurs collines , plus basses à la vérité, que les collines de Rome , mais cependant assez élevées pour avoir servi d’emplacement an fort, an temple d'Apollon, couvert de plaques d'or, au temple d'Esculape, où le sénat donnait audience aux ambassadeurs étrangers, et auquel on arrivait par un escalier de soixante marches. Les derniers 30,000 Carthaginois se défendirent sur ces collines, lorsque tout le reste de la ville était déjà en proie aux Oamincs , et c'est du temple d'Esculape que l’épouse d’Asdrubal se précipita dans les flammes avec ses enfans , et les 800 combattans qui s’v étaient réfugiés.

Cette extrémité septentrionale de la péninsule, si on v faisait des recherches exactes, offrirait sans doute comme remplacement de Jérusalem , des traces de l'ancienne ville universelle, malgré que les Romains aient employé ses ruines à bâtir la nouvelle Carthage , dont les décombres , à leur tour, ont servi à élever, non loin de là, la ville de Tunis. La ligne de l’aqueduc traverse , à ce qu'il parait, le milieu de l'isthme primitif.

7. Côte oriextale de Tuxis.— I.c territoire île Tunis s'étend au sud , depuis le cap Bon (37° 4’ 48” lat. nord, 28° 43' 48” long, est de l'Ile de Fer, selon le capit. W. JJ. Smith) (1) jusqu'à File de Jcrbi, au delà du golfe de Cabès ou de la petite Syrie , et présente partout un littoral riche et fertile, qui pourrait olfrird'iminenses ressources sous une domination moins tyrannique.

Les villes les plus remarquables (2) sont : Galipia , avec 4,000 habitans; llamamelt, ville commerciale, mais sans agriculture, avec 8,000 habitans; Sousa , située dans une déliciruse contrée, avec 8.000 habitans , ayant un excellent port et les plus riches plantations d'oliviers de toute la côte. A six milles de là , à l'ouest , près d’KI-Gcrame, se trouve un amphithéâtre colossal, très-bien conservé. La ville de Monastir , avec 12.000 habitans, est située 4 milles plus loin , dans la direction du sud-est ; elle a un très-bon port et fait un commerce considérable en tissus et autres marchandises. Sfax , arec 6,000 habi-

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(ans, est en relation fréquente avec Malte et la ville de Kairouan , dans l'intérieur.

Le golfe de Cabès , ou la petite Syrte ( Leptis - Parra), golfe presque inconnu cl généralement redouté de tous les marins, commence près des Iles de Kerkeni qui sont séparées île la côte par un profond canal (1). Un énorme banc, trèspoissonneux et dont les Iles de Malte et de Sicile pourraient tirer un profit immense par une pèche bien organisée , s’étend depuis ces Iles jusqu’à File de Lampcdouse , et forme tout près de Kerkeni une mer calme et paisible dans les plus violentes tempêtes ; le vaisseau d’Ali-Bey y trouva un refuge contre le naufrage (2). L'abordage est des plus difficiles , à cause des bas-fonds . et les Iles qui couvrent la surface de l'eau ne sont reconnaissables à une certaine distance, que par leurs groupes de palmiers. Elles sont habitées par six cents pécheurs qui vivent isolés, sous le commandement d'un cheikh, et paient à leur souverain leur tribut en poissons. L'ile de Jerbi , située sur la limite méridionale du golfe, a un très-lion ancrage. Elle compte 30,000 babilans. les plus laborieux du royaume de Tunis; ils ont changé leur Ile en un véritable jardin, et fournissent de leurs productions, Malte et beaucoup d'autres endroits ; leurs marchandises en laine , en lin et surtout leurs shawls sont répandus dans toute la Barbarie.

Dans l’intérieur de la Syrte est située la ville de Cabes (3); elle compte 30,000 habitans et fait un commerce très-important avec Kairouan et Tunis. Toute la province littorale à laquelle appartient Cabès, est gouvernée par un cheikh, en ctat d'équiper 20,000 cavaliers; les habitans des montagnes voisines , à l'ouest , passent surtout pour très-guerriers. Du reste toutes ces contrées sont encore plus ou moins des terres inconnues.

8. Côte de Tripoli.— La domination tripolitainc s’étend tout le long de la côte, depuis l'ile de Jerbi jusqu'au cap llazalin et au port de Bomba ( 32° 17’ lat. nord , 23° 20’ long, est de Greenw., selon Blaquière) (4). Son étendue dans l'intérieur est très-inégale ; à l’est elle est trèsbornée, au sud de Tripoli elle se prolonge jusqu'à l'oasis de Fczzan. Nous n'avons à nous occuper ici que de cette partie qui s'étend jusqu'au

” - * (I) Bliqtilèrr, I citera, I, p. 184.

(2) Ali-Bry, Voyage , l, p. 228.

(1) Ucb, f.orrcip. aatron., 1819, p. 06. (3) Diaquitrc. Le|ler«; I, p. 18».

(2) Blarjuitrc. I citera, I, p. 180. (4) ililrf., p. 2.

delà du cap Mesurai! et jusqu’au golfe de Sydre ou la grande Syrte ( Le/ttis- Magna ), car c’est là que se termine la bordure littorale du plateau de l’Atlas ; au sud du golfe de Sydre on ne rencontre plus qu'un immense pays plan très-bas , dont il sera parlé plus tard. Bien que de tout temps la contrée de Tripoli ait été, de toutes les côtes barbaresqnes, la plus fréquentée parles Européens , notre connaissance géographique n’eu est encore que très-imparfaite. J,e littoral qui s’étend depuis le golfe de Cabès , à l’extrémité du royaume , jusqu'à la capitale dé Tripoli, nous est entièrement inconnu ; Blaquière déplore également le manque complet de caries marines (1) entre Tripoli et Alexandrie. 1. es Français, selon lui, ont fait le plus d’observations dans ces parages; nous omettons à dessein tous les récits vagues qu'on a répandus sur la domination de Tripoli , attendu qu’ils ne sont d'aucunavantage pour la géographie.

Nous devons à l’expédition scientifique du capitaine anglais W. B. Smith sur ces côtes , la première topographie exacte de Tripoli , qu’il place au Si” 51’ 15’’ lat. nord et au 50” 50' 50” long, est de l'ile de Fer (3); il en résulte donc que La Pie a mal placé la côte , sur sa carte de ta Méditerranée. La ville de Tripoli n'a que 35,000 habitans ; elle est située sur une langue de terre dans une contrée extraordinairement fertile. Son port, quoique n'étant pas très-spacieux, est pendant toute l’année très-sûr et assez grand pour recevoir des vaisseaux marchands très-forts et même de petites frégates. La contrée fournit en abondance tout ce que produit le sol de Tunis; mais à quelque distance delà ville commence le désert, et de là jusqu’à la frontière de Tunis , à l’ouest , on ne rencontre que des hordes de Bédouins. La navigation de la côte (5) n’est pas aussi dangereuse que la représente ordinairement l'ignorance des marins ; cependant des bas-fonds s'étendent presque tout le long du rivage , et le courant continuel vers le sud-est, ainsi que les vents du nord et du nord-ouest qui prédominent en automne, en hiver et au printemps, deviennent souvent fu-

it) Blaquière, I, p. 33-127. — Alch. Tully, narrative of a les yean Résidence al tripoli, london, 1817 ,2e edlt., ln-4”. — .Paul Lucaa, In ProceeUing* of Ibc AuocUlfon for promollnj, etc. london, 1810, II, p. 47-8S.— All-Bcr, Vorajr, i, p. 233-244.

(2) lacis, correip. astrnnom,. 1810, V, p 08.

(3) Biatiuierr, Lcllcrs, l, p. 28.

nestes aux marins, lorsqu'ils n'ontpas une connaissance exacte de la côte. Le danger augmente visiblement à mesure que l’on s’avance à l'est , du côté du golfe de la grande Syrte , et il devient ainsi un obstacle à la prospérité de ce littoral qui, du côté de ce continent, est soumis à un despotisme avilissant, et exposé sans cesse à de nouvelles dévastations.

On compte 50 milles de Tripoli jusqu'au cap île Mrsurata (1) ; cet espace est le plus fréquenté de la côte ; au-dessous de Mesurata est un trèsbon port , et le village qui l'avoisine est le siège d’un gouverneur très-considéré. La route passe par Lebida (Ixptig-Magna) , où Lucas trouva ifes ruines très-intéressantes (3) , éparses, suivant Blaquière, sur une étendue de 5 milles anglais de longueur et 3 de largeur.

Les caravanes allant de Tripoli à Fezzan, passent par Mesurala; elles font ce détour afin d’éviter les montagnes de Ghouriano qui forment l'extrémité orientale (5) du plateau de l’Atlas, enmême tem)>s qu’elles se dégradent dans les basses terres du Sahara (voy. plus haut, p. 485).

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