‹ Geographie Generale CompareeChapitre 256 sur 293 · SS · texte numérisé non relu

SS

les mêmes caravanes arrivent heumis< ment, chargées «le richesses «lu Soudan , à la grande foire du Frzzan, cette oasis se trouve tout à coup inondée de marchandises de toute espèce, dont les indigènes tirent un profil immense. Les principaux revenus du sultan consistent dans l'impôt qu’il fait prélever aux trois portes de Mourzouk.

Le defaut de mets délicats et recherchés dans ce pays et la difficulté d'en transporter des pays étrangers fait qu'il règne parmi les Fezzaniens la plus grande modération ( 1 ). Ils ne mangent que des dattes et de la bouillie , rarement de la viande; les sauterelhs grillées et le jus de «lattes, lougihi, sont leurs plus grandes friandises. La grande facilité avic laquelle on importe toute espèce de marchandises dans le Fezzan fait que l'industrie y est très-négligée; les habitations sont de misérables huttes; les cordonniers et tes maréchaux sont seuls indispensables, et le maréchal qui ferre le cheval du sultan rst souvent l'artiste qui fabrique aussi les boucles d'oreilles en or de la sultane.

la» tisserands en laine ne connaissent pas encore la navette; leurs étoffes sont lourdes et grossières : aussi les Fezzaniens s'habillent-ils en étoffés de Tripoli et du Caire, qu'ils recouvrent d’une draperie légère et blanche fabriquée dans le Soudan.

Le luxe étranger introduisit peu h peu les mœurs et les usages étrangers dans le Fezzan : la passion «le la danse et des plaisirs ainsi que céllc de la parure chez les femmes y sont poussées h l’extrême; avec les esclaves nègres, on transporte encore dans le Fezzan les kadankas du Soudan destinées aux plaisirs des hommes; elles sont très-adroites et exercées dans la danse, la musi«|oe et les chants du Soudan, à peu près comme les A'imch (femmes savantes) du Caire. On assure qu’aucun endroit «le la terre n'est plus rempli de courtisanes que le Fezzan , ce grand port où abondent tous les voyageurs de l’océan de sable.

Les habitans du Fezzan (2). avec leurs formes originairement belles, ne sont pas robustes. llornemann et d'autres voyageurs les décrivent comme un peuple sans énergie dans la physionomie et l'allure, indolent d'esprit et de corps, mais entreprenant lorsqu'il s'agit de gain.

fl) HoriKtfMMij Voy. , I, p. 104-133.

(>; Lucai, tn Prochains®, i# p. 0". — nornrmann, v®*., I, i», 124.

Les données du capitaine Lyon . comme noua venons de le voir, s'accordent parfaitement avec le récit de Hornemann.

4* Éclaircissement.

La cararant de la Mecque.

Tout le monde sait que les musulmans n'ont pas seulement le visage tourné vers le lever do soleil lorsqu'ils récitent leurs prières du matin; toute leur vie est pour ainsi dire dirigée vers la Kaaba du prophète , surtout en Afrique. De lh, l’origine des pélrriuagessauctifiansqui, maintenant, par leur périodicité régulière , ressemblent plutôt h des phénomènes naturels , qu'ils ne sont le résultat d'un besoin ou de la volonté de l’individu. Le gain terrestre réuni !> l'espoir d'un gain céleste conduisent, chaque année, des milliers d'hommes, par des routes et à des époques déterminées . dans l'Orient. La caravane du Fezzan (1) rst connue pour la mieux organisée, la plus régulière et la plus sûre. Partout elle apporte la joie, les fêtes et les richesses; elle fait naître et cultive, dans ceux qui la suivent, les devoirs de l’islamisme, les vertus de l'hospitalité, de l'humilité, de la bravoure, de l’abnégation, etc., et agit d'une manière très-bienfaisante sur la nature intellectuelle de ces peuples dont la description offre le plus haut intérêt (2).

Si, maintenant, avant de terminer, nous jetons encore un coup d'œil sur les vastes espaces du Sahara oriental, nous découvrirons un accord et une analogie remarquables dans la nature, et dans tous les rapports des deux chaînes d'oasis que nous venons de décrire. Également importantes par leur étendue, elles partent toutes deux du cen. tre des principales parties des basses terres africaines que nous considérons ici dans le sens hislori«|ue et non pas seulement dans le sent mathématique ou purement géographique, c'està-dire du Soudan et du Magreb , et se rencontrent à Misr, principal foyer de la civilisation de l’Afrique du côté de l'Orient.

Ces deux voies commerciales, depuis leur extrémité dans la Basse-Égypte, s’élargissent, dans une égale progression , vers leur base, le Dar- Four et le Fezzan , et deviennent h mesure

(1) Brtwnt, Tmt,, p. 240-253. — iick«on'i Account , P. 280.

(2) Browne , îrav. , p. 18. — lomrtninn, Voy- s M, Unglèa, I, p. 27, 68, 00, 107.

Page 1