‹ Geographie Generale CompareeChapitre 255 sur 293 · OASIS , HABITA · texte numérisé non relu

OASIS , HABITA

et célèbre, par-dessus tout, par l’arome île se» dattes. Les habitans d'Augila se chargent des affaires des Fezzaniens au Caire ; ce qui fait qu'ils sont continuellement en voyage (1). Dès l'âge de treize b quatorze ans , ils vont b pied avec les caravanes , et s'habituent ainsi de bonne heure b toutes les fatigues et à toutes les privations du désert. Leur séjour se partage entre le Fezzan , Augila et le Caire, où les appellent successivement leurs affaires. La plupart d'entre eux sont établis dans chacun de ces trois endroits; souvent ils y ont même un ménage, une femme, ou bien ils contractent un mariage périodique pour le temps que la caravane y séjourne. Une conséquence nécessaire de ce genre de vie, c'est que chez eux tout est calculé sur l'intérêt : aussi l’égoïsme . la fourberie et un avilissement général se présentent au voyageur comme les traits les plus saillans de ce peuple.

Une partie des habitans d'Augila se vouent plus particulièrement b l'agriculture , et ceuxlà se distinguent des autres par leur probité. Tous sont généralement habiles, polis jusqu'à l’excès, et parlent la langue berbère, outre l'arabe, qui est communément répandu.

5. Habitant du Fezzan. — Les habitans du Fezzan sont, sinon belliqueux, du moins les plus audacieux marchands (2) de l'Afrique septentrionale , aucune autre colonie n'étant plus favorable au commerce que cette oasis. Elle est le centre entre l'El-Maghreb , l'ouest de l’Afrique , le Misr et le Caire ou l’est de l’Afrique , ainsi qu’entre le Soudan et le nord de l’Afrique, c’est-à-dire les états barbaresques.

Pourvus à peine des premiers besoins de la vie , et sans produits indigènes qui puissent faire l'objet d’un commerce universel , sans fabriques ni manufactures, les Fezzaniens n'expédient que des marchandises étrangères, et les habitans des oasis voisines sont leurs commis subalternes. La poudre d’or ( tibia r ), les esclaves, les plumes d'autruche, l’ivoire, le séné et les noix de gourou (3) sont, comme produits du riche et uniforme Soudan , leurs principaux articles de commerce. On pourrait encore y ajouter l'airain , les peaux de chèvres, les étoffes de coton bleu de Cashna et le trôna de Mendrah que les indigènes échangent contre des articles de luxe de

(I) Sorntflunn, Voy. , I, |>. 70.

(3) Bcnnell, Berod. Ceogr., djni Bredcw, p. 657.

(3) Lue**, Proceedlngi, !,p. 173, 178 el 183. — Comp. Lron, Vifrjl,, ch. IV, p, 153.

l'Orient , des armes en fer et autres marchandises de l’Occident.

Use tient, pendanttoute l’annee, dans chaque endroit du Fezzan (1), dans les villes, les villages et même dans les lieux inhabités, des marchés à jour fixe. Cet usage est également répandu dans toute l'Afrique septentrionale, dans le Dar- Four, comme dans le Habccli (2), le Tombouctou (3) et dans le pays des Mandingos , b Kamalia , où Mungo-Park séjourna pendant six mois.

C'est avec la saison tempérée, qui dure depuis le mois d’octobre jusqu’au mois de février, que commence, b Mourzouk, la grande foire (1) où se réunissent toutes les nombreuses caravanes du Caire, de Bcngasi, Tripoli, Gadamès. Touat et du Soudan. Les petites caravanes des Berbères, des nehadeh , des Touariks et des Tibbos qui font le commerce de blé, d’huile, de beurre, etc., s'y rendent aussi, mais n'y séjournent que peu de temps. A l'approche du printemps, toute cette foule se met de nouveau en mouvement ; car c'est alors la seule époqueoù les caravanes puissent reprendre leur route vers le sud , si elles veulent regagner, avec le moins de peine et de fatigue possible, leur but éloigné, le Niger.

La caravane de Burnou (3) atteint en 10 jours le territoire limitrophe du Burnou ; de là elle va en 18 jours aux montagnes deTibesty, et en 17 au lac salant de Doinbou , d’où elle met encore 13 jours, ou 37 jours en tout, pour arriver à la résidence du roi de Bornou.

Les caravanes qui. vont à Cashna (6) s'acheminent, pendant dix-neuf jours, vers le sud , jusqu'aux montagnes d’Eyrejdelà, elles arrivent en vingt-sept jours à Agadez, pays riche et agréable. La plupart des Fezzaniens ne vontque jusque-là ; ils confieut à leurs commis le soin de leurs affaires et la direction des caravanes pendant les vingt journées qu'il leur reste à faire jusqu'à Cashna. Le voyage est donc en tout de soixante-six journées démarché, sans compter les jours de repos.

Lorsque, pendant deux années consécutives ,

(1) Proceedlngs, I, p. 00.

(2) Browne, Tr**. , p. 240. — S*H, «Un* Vilentl* , Travels.

(3) Xarmol, Africa, III, p. 04.

(4) llornemaon, Voy., p. 114.

(0) Lucas, d'après le shérif Imhammr.l f dans les Proccttlin(i, 1, p. 120.

(fl) Ibid., P. 162.

AERIQUE, luns TERRES : I” DIVISION, § 56.

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