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Europe, entre le bourgeois et le paytan. Dens U première catégorie, sont leTnro, le Qoùl-Ougbly, le Juif, le Nègre, et le Meure dot claasificatiocs vulgaires; dens le seconder l'Arabe et le Berber.
Les premiers habitent les maisons des rilles et Tillages, ainsi que les haoutch ou maisons de campagne qui sont eux alentours ; ces ata i tous sont, eu général , construites sur un modèle uniforme : c’est ns rectangle, percé sur In rue d'une seule porte «t de quelques baies rares et grillées; ou entre d'abord dans nu vestibule uii parloir , qui est 1s pièce de réception des visites dit dehors; nu delà , est une conr, autour de laquelle règoe , à chaque étage une galerie supportée par de légers pilastres , et donnant entrée dans le» appariement; ceux-ci continent uniquement en une chambre oblongue sur chaque face du parallélogramme, avec une porte et deux ou trois fenêtres; A L’intérieur, une estrade, quelquefois esses haute , pincée à l’un des bouts, supporte U peau de mouton ou 1s natte de jonc sur laquelle dort le pauvre, aussi bien que les matelas qui forment le Ut du riche; en face de la porte, les coussins où 1rs f mmes s'asseoient pendant la journée, et, sur les côtés , des ar. moires-placards où elles serrent des friandises et les objets nécessaires à leur toilette; pour tout ameublement, un ou deux grands coffres de buis dont le plus ou moins de rirchease est en rapport avec le degré d’sissDoe du maitre; sur la face antérieure de in maison, i’esealier, arec une cuisine et une garde-robe fort propres à chaque étage : le toit est plat et forme terrasse.
L’habitant des campagnes s des demeures tout autres ; le Berber se construit, de roseaux et de brsncbagr s enduits d’un crépi de glaise mêlée de paille hachée dts cabanes rectangulaires , appelées jAor/y, couvertes de chaume et de roseaux, élevées de trois à quatre mètres, percées d'une petite porte basse, et de quelques trous servant de'fenêtresen certains endroits , 1rs pierres non taillées que fournit le sol sont employées A ln construction de ces cabanes , dont U réunion forme un daskerah, ou hameau dissémiué. L’Arabe feUûhhy c'est-à-dire cultivateur, se fait aussi des cabanes, mais rarement il les enduit de terre ; le Bédouin ou Nomade, ne vit que sous le khat/mu A, grande tente carrée, de quatre mètres do long, sur deux ou trois de large, formée d'une immense pièce d’étoffe de poil de chameau, relevée an milieu, par des piquets, en un faite longilndmsl; les tentes sont réunies en un camp circulaire qu on sppsiie douar. Chet le cultivateur, la pierre s moudre, ch ex le nomade, le métier A lisser, constituent le principal ameublement des toutes et des ghorbjs; une peau de mouton on use natte de jonc sufltl pour le coucher ; des vases de terre, des paniers déjoue ou «le palmier, quelques ustensiles de bronxe ctamé, servent A la conservation où à la préparation des aliment; des cave* sstex vastes, creusées sous terre, appelées matkmouruk , août destinées A tenfermer les provisions: les céréales s* jr gardent psrfaitemmt.
De même que les demeures , les costumes sont très-différens ; 1e midtny, ou citadin , porte le s/rourf/, ou large culotte froncée sur les hanches par une coulisse , al descendant jusqu'aux genoux ; une ou plusieurs vestes , ln plupart sans manches ; une large ceinture, où se placent le bourse, le poignard, l'érriloire ; aux pieds , des saabbath ou véritable» tavat'.es, que nous honorons du titre de ba-
bouches ; sur leur tète rasée, une calotte comme nos bonnets d’Odessa , et autour, la turban de toile , de soie , de cachemire ou d« mousseline, dont ln disposition , et surtout ln couleur, servent à distinguer ln condition sociale des individus : le verl , ptr exemple, étant réservé aux sckèryft ou nobles de la lignée de Mahomet , et le boit étant imposé aux Juifs. Le riche préféré des vêtemenx de couleurs fraîches et vives, ornés d'élégantes broderies; le Juif rat réduit aux couleurs sombres ; le pauvre n'a souvent ni lurbsa , ni ceinture, ni babouches ; mais l’économie générale du ruatume n’en demeure psa moins uniforme pour tous les babitans des villes. Dans les mauvais temps, on se couvre du lànyuh, sorte de veste de marinier, A manches et à capuchon; mais plus souvent du brrnoSy grand manteau garni aussi d’un capuchon pointu, et qui est commua A tous les Bsrbsresques. On ne quitte presque jamais le schobock on pipe, qui se tient à U main, comme la badine de nos fa&hionablet; 1s blague A tabac, plus ou moins ornée , est suspendue A un bouton de 1a veste.
Les femmes prennent fréquemment des bains, et s’épilent les parties sexuelles; elles se teignent les pieds et les mains de hhrnné, et les paupières de qohkol. Elles portent, dans leur intérieur, un négligé qui se borne A une chemise très-courte , et une sorte de jupon , formé d’an simple mouchoir ouvert par devant et noué A la ceinture ; dans leur costume paré , elles ont le séronll, ln veste et U ceinture magtmiquenteut brodés, et pour jupon un grand cbàle de soie noué par devant, laissant A découvert une des jambes, garnie sur le coude-pied d’un gros anneau d'or; des souliers de velours brodés d'or; sur la tête, le garmak, grand bonoet analogue A celui des nos Cauchoises, mais formé d’une mince lame d’or, d’argent, de cuivre et môme de fer, artistemeat découpée A jour; avec cela des colliers, des pendons d’oreilles, des bracelets, le tout aussi riche qu il leur est possible. Pour se montrer su dehors, elles s'enveloppent soigneusement, des pieds A lu tête, d’une grande pièce d’étoffe de laine blanche, appelée khayq, analogue à la mania des Espagnols, et qui ne laisse voir que leurs jeux.
Dans les daskerahs et lr-s dooàrx, le costume est beaucoup plus simple : le Berber n’a souvent qu'une simple tunique de laine blanche ; en général, cependant, il porte en outre le khayq drapé autour du corps , et attaché sur 1a tête par quelques tours d’uu gros cordon de loin :
brune.
L'arabe porte de même le AAriyq, mais tans tonique; tous oui le bentot pour les temps froids. Leurs femmes, vêtues de ls simple tunique de laine blanche , circulent librement A visage découvert.
La nourriture est , comme on doit le penser, plus soignée s ls ville, plus grossière dans ls cabane et sous la tente : ici , du mouton , de ln volaille , du koakoa ou semoule A gros grains, des légumes , des pommes de terre, des pimens , de tomates, cuits saes beaucoup d’apprét avec de l'huile ou du beurre fondu et des herbes aromatiques, constituent , avec des fruits , du miel , du lait , et un pain compact mêlé de cumin , la nourriture dit Berber comme de l’ Arabe ; ils ne boivent ni Vue ni l’autre da vin de raisins , mais ils ne »c refusent point le vin de palme ,
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qu'lia nomment ekmy. lut cuisine du citadin e»t plut recherchée que la leur : avec lea mémetélénv na, il compose dea meta pioa varié* , el les pâtisseries (rites jouent un grand rôle sur aa table ; mais, sauf de rares exception» que l'influence de notre exemple ne peut marquer de multiplier, on mange partout sans cuillers ni foiirclettea. Le via et lea liqueurs , que le Juif seul te permettait naguère, ont acquis de nombreux partisans depuis l'occupation française. A la ville comme à la campagne, le café est d’un usage général ; lea lieux où on le prend ne désemplis* sent pas, et il s'en trouve de disséminés sur tous iea chemins , comme cher nous des cabarets et des buucboni.
L'orgueil, la cruauté , la perfidie, l’avarioe , forment les traits les plus saillaos du carat ter e de tous cea peuples. Cbex le grossier habitant des campagnes, 1a cruauté, surtout parmi les femmes , est poussée jusqu'à la plua horrible atrocité ; on lui trouva pourtant quelques vertus, il a l'amour de la patrie el de la piété filiale. Ces qualités sont effacées sous la corruption dans lea bsbtlans des villes, non moins cruels, mais plus lâches, aussi perfides, aussi sordidement avares, et croupissant en outre dans la plus honteuse débauche ; le Juif eat entre eux le moins dissolu ; mais il l'emporte en cupidité sur tous les autres*. Les filles publiques sont en grand nombre, et les femme*, rn général, s'abandonnent asset facilement aux désirsdeceux qui learourtisenl. Les maladies vénériennes vont trèa communes, et en quelque sorte endémiques : le mouvement des malades traités au dispensaire d’Alger est de quinze A quarante-cinq par mois. Les mariages se font de bonne heure : à quatorze ou quinze ans pour les garçons , dix ou douze , quelquefois moins encore pour les filles ; ce sont de véritables marchés entre le geudre et le beau-père, qui cède *a fille en échangé d'une dot convenue ; le Musulman peut épouaer uinsi quatre femmes, et posséder en outre de nombreuses esclave* ; le Juif ne peut avoir qu'une épouse; el c'est elle qui apporte une dot. Les tombeaux sont un ohjrt de grande vénération de la part de tout le monde , surtout ceux des marubnulbs , construits en forme de petite chapelle, autour de laquelle s'étendent les cimetières, soit au voisinage des villes, soit dans le* bois ou en d'autres lieux isoléa,* portée des douàia et des daikerahs ; les tumbeaux de quelques rabbins célèbres jouissent , parmi les Juifs , de la même considération que ceux des marabouths parmi les Musulmans.
Ce sont 1rs Arabes surtout qui cultivent les céréales el 1rs plantes potagères servant à la consommation des villes, la pomme de terre , le tabac et quelque peu de lin pour leur propre usage; lea Berbers s’adonnent plutôt à la culture de l'olivier, dont ils retirent une huile de mauvaise qualité, à relie des fruits , des légumes , du tabac, et d’une quantité de lin proportionnée h leurs besoins; les uns el les autres élèvent du bétail, et des chevaux , ânes et mulets; le nomade aeul élève le chameau.
L’industrie du Brrber s’applique à l’exploitation des minet , dont il retire du plomb pour fondre des balles ; du fer, dont il sait façonner des couteaux , des ustensile* divers, même des canons de fusil; du cuivre , dont il fabrique divers ornemeos , et trop souvent de 1a fausse monnaie: peut-être enfin l’argent dont il revêt celle-ci. Il file el tisse la laine de ses troupeaux, le lin de sa récolte; il amalgame son huile grossière avec la cendre des Tarées en
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un savon noirâtre ; de aee niches de liège , il retire, outre le miel, une cire qu'il épure pour en former ce* ch indelles qui , du pjemier port où motre commerce les a trouvées , ont reçu le nom de bougie*. Il fait la chasse aux bêles féroce* de l’Atias pour vendre leur peau.
L'industrie de l'Arebe nomade consiste principalement à fabriquer des ustensiles de bois et de vannerie , à filer cl tisser la laine , le poil de chameau, le lin , l’agate. Comme le Berber, il se livre à la chasse des télés ferooes , et, sur les confins du désert , A celle de l'autruche.
L'habitant des villes exerce tons les métiers qui sont nécessaires aux besoins de la eilé; mais il faut «vouer que lea arta mécaniques , aussi bien que lea aria libéraux, sont chet lui dans les langes de l'enfance, et qu’ils sont exercés avec une nonchalance et une lenteur que l’Européen a peine à concevoir ; le Juif eat le moins paresseux de tous ; les métiers qui lui sont plus particulièrement dévolue sont ceux de tailleur, vitrier, ferblantier, bijoutier, horloger, distillateur, mais surtout colporteur, brocanteur, revendeur, entremetteur inévitable de tous les marchés. Le nègre est souvent boucher, maçon, artificier; le Berber du Ouàdj-Blaxib et le Beskery du Zéh viennent fournir aux villes de la côte des dumealique», des porteurs d’eau , des portefaix ; l'Arabe médény (eiudin) eat forgeron , maréchal, chaudronnier, charpentier, menuisier, tonnelier, confier, tisserand , tanneur, sellier, cordonnier, teinturier, fruitier, rôtisseur, friturisr, marchand de comestibles, de tabac, maître de café. Lo Ture, avant son expulsion, ne tenait qu'un petit nombre de boutiques ; le Qoul -Oughly, généralement assex riche pour ne rien faire, uae complètement du fur nietU* qui lui est permis. Depuis la conquête française, l’Europe a fourni aax villes algériennes des ouvriers plus habiles , de toutes professions.
Le commerce intérieur de 1s régence se borne aax produits du sol et de l'industrie des campagnard* , appariés à la ville pour j être vendus; lea retours se font en menus objets de parure pour les femmes , quelques ustensiles, tirs armes, mais surtout de l'argent monnoyé, qui eat (apporté au douàr ou audaskerah pour être enfoui dans le khayosah ou le gborby.
Les monnaies ajant cours dans la régence étaient frappées dans la Qassbab au nom du Grand-Seigneur; elles portent à la face la légende : Soit km el-berryn oua kh'-qân el-bahhryn 9s so'thàn Mahhmoud-Khdn , a'ss nassr hu! (le sultan des deux continent, maître des deux mera , le sultan Mabbmoud-Kliàn ; son secourt soit puissant! ) et sur le revers: Dhorib fy Gcziyr (frappé à Alger., avec le millésime de l'hégire. L'unité de coaiple est la mazounuh , effective a Marok (mi elle est d’argent), et valant 0 fr.,0775 (sept centimes trois quarts). Les monnaies courantes sont : en argent , le ryàlboudjou , de 24 moiounahs, et rj Al derhêtn ou paUque -chique , de 8 motounahs ; en or, le solthûny ou sequm d’Alger, de 108 muzounaba, et le muhhboub ou sequin du Caire, de 72 inozounahs; en billon eu cuivre blanchi, la kharoubuh ou demi-mutounah ; en enivre, le darhem-jtsrghûr ou sspre -chique , de 29 à la mozuunsh ; et avec cela les subdivisions et les multiples.
La plupart des poids ont pour base Vouyyah ou once, équivalant à 34 grammes, 13, et se rubdivisanl en 8 de-
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rûkem ou gros ; le roihl a'thâry oa livre marchaude est de 16 once*, le roihl khadhàry de 18 once*, le rothl kèbyr de 24 onces; le qanthàr rat de 100 livre* dana chaque catégorie, et il y a en outre de* qanthér* conventionnels de 110, de 156, de 200 livres marchandes; le rothl fedhy, destiné à peser l'argent, vaut 497 gramme», 435; le msffÿ */, qui sert pour l'or, est égal à 4 grammes, 669 , et le qyràtk , employé pour les diamaus, pèse 207 milligrammes.
Le* mesure* de longueur sont le daerâ 1 atorkyo u coudée turc, et le daerâ ’ a’ral/y ou coudée arabe, le premier de 640 millimètres , le second de 480.
Le* mesures de capacité sont le kalieh pour le* liquides, et le st-j'a pour les matières sèches ; le premier équivaut à 16 litres, 66, l'autre à 48 litres.
Quant au commerce extérieur , il consiste principalement en cuira verts ou secs , tannés ou non tannés , maroquins, plumes d'autruebe, huile, résine, cire , kermès, sangsues, et quelqnes autres objets en quantités médiocres, le tout formant une valeur exportée d'environ 600,000 fr., dont plus des trois quarts pour la France. Le corail doit être classé à part , ayant toujours fait l'objet d'nne pèche exclusivement dévolue au commerce français, été laquelle l'étranger n'est admis que moyennant redevance. Les importations, autrefois évaluées à 4 millions de francs , dépassent aujourd’hui 6 millions , dont prés de deux tiers fournis par la métropole. Il est superflu de dire que toutes les opérations de commerce extérieur sont entre les mains des raédénys cl surtout des Juifs.
L'organisation politique subit elle-même l'influence de la séparation de la population en deux catégories aussi fortement tranchée# ; tous les habitans des villes sont immédiatement soumit à l'autorité du gouvernement; mais! sauf quelques .tribus de la banlieue, qui reconnaissent notre domination comme elle# reconnaissaient celle du dey, tous les Bédouins affectent, aujourd'hui comme naguère, une indépendance totale, n'obéiaaant qu'à leurs tcheykk » (ou sieurs amouqrdn, comme les sppellent les Brrbersj, et, dans leur humeur turbulente et pillarde, sc faisant souvent la guerre de tribu à tribu. Dans les villes, les Turcs élaieot des maîtres absolus, terribles, redoutés: noua les avons remplacés dans leurs droits, mais non dans leur tyrannie et leur système de gouvernement par 1s crainte : avons-nous bien fait d’abandonner cette dernière voie? les résultats semblent nous accuser d'imprudence, puisque non* ne pouvons , avec trente mille hommes d'excellentes troupes , en imposer à un pays qui tremblait devant trois mille janissaires dont le courage a fléchi au seul aspect de noa baïonnettes. Tous le reste de la population était opprimé, pressuré, rançonné par cea dominateurs despotes , qui ne relevaient que du dey et de leur aghi, véritable caborte prétorienne faisant et défaisant les chefs à son caprice. Les Qoul-Oughlya , rapprochés des janissaires par les liens du sang, étaient plut souvent épargnés; le» Juifs étaient les plus maltraités : aujourd'hui, les Juifs ont cessé de craindre, et, après avoir bassement rampé devant noa soldats , ils lèvent la tête jusqu’à l’insolence. Nous leur avons Isisaé leurs rabbins et leur moqaddem, magistrat exerçant sur eux une sorte de police arbitraire ; aux Musulmans arabes, nègres et qoul-
ôugblys, nous avons laiasé lenrs moftys et leurs qadhys, toit màlékytes , soit bhsnyfytes, avec leurs a'iemàs on docteurs; aux Mosibjs, aux Bcskerya, à toutes les corporations en général leurs am/vis ou syndics ; aux Nègres , leur gajrd-elroueisfàn , chef analogue au moqaddrni des Juifs. Nous avons confirmé aux rabbins , ainsi qu'aux quadhys et moftya la juridiction civile et correctionnelle qu’il» avaient déjà respectivement sur leurs co-rsligionnaires ; nous y avons ajouté la juridiction criminelle qui appartenait précédemment au dey, sauf, dans tous les cas, la faculté d’appel devant les tribunaux françaia , seuls compétens chaque fois qu’un Européen se trouve en cause, à quelque titre qoe ce soit.
La régence d’Alger, partagée en un nombre de provinces qui a éprouvé de successives variations , contenait en dernier lieu trois beyliks , sous les noms de Otuaaxa (Oran), de Tytssry et de Qosahtbyiian (Conslantine). La ville d’Ax.oan, avec sa banlieue , formée de la plaine de JUêirdjah, entre le Bouberak et le Mà-ez-Za’frên, constituait un territoire séparé, août l'administration immédiats du dey, et divisé en sept arrondissement, à chacun desquels commandait un qéyd : noua occupons ce territoire d'Alger. Nous avons réduit les beys d’Oran et deTylbery ; celui de Conslantine, dont la capitale eat enfoncée à trois journées dans les terres, seul ae maintient eucorr, paree que nous n’avons pas essayé d’arriver jusqu’à lui ; mais dans cette province nous tenons, sur la côte, Bone, avec Bougie, la capitale du pays alors qu’il formait un royaume ; i l’ouest, nous avons Oran, avec Arxèou et Mostaghinem ; la division en trois provinces ae trouve donc correspondre à merveille à la distribution de nos garnisons entre trois commandemeos militaires ayant leur siège à Alger, à Oran et à Bone , et auxquels ae rattachent respectivement les fractions correspondantes d’une organisation civile et judiciaire tripartite : un commandant en chef, résidant à Alger , centralise en sa main toute l*Éction gouvernementale , et deux officiers-généraux tous aea ordres dirigent à leur tour l’ensemble de tous les services à Oran cl à Bone ; un intendant civil à Alger, et un sous-intendant dans chacune des deux autres provinces , y sont chargé* de l’administration proprement dite; quant à l'ordre judiciaire, il existe à Alger un tribunal de paix, un tribunal correctionnel, une cour de justice, et une cour criminelle ; à Oran , ainsi qu’à Bone, un seul juge royal, qui ne peut agir en matière criminelle que comme juge d’instruction , et dont le* sentences civiles et correctionnelle* peuvent être déférées par voie d’appel à la cour de justice du cbef-licu.
La province d’Alger, formée du territoire particulier de cette capitale et du beylik de Tythery, ne comprend qu’un très-petit nombre de villes; mais parmi elles est Alger, siège à la fois de l'administration de 1a province et du gouvernement général de la régence.
Bâtie sur le versant oriental d’un coteau rapide, cette cité, que les indigènes appellent El-Qèatiyr ou Ica lies, s’élève par étages depuis le bord de la mer jusqu'à 1 18 mètres d’altitude au seuil de la porte de la Qassboh ou Cita, delle ; ses maisons, blanchies à la cbaux, se d’ 'ouvrent de loin, brillant aux rayons du soleil ; deux ilôts, réunis pour n’en former qu'un seul, lié ensuite lui-même à la
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▼ille par une jetée, et qn'on appelle vulgairement la Marine, abritent, au sud , un petit port factice, à la suite duquel est la rade ; un phare e’ëlève au bout de la jetée; des batteries formidables forment une ceinture continue autour de la place, avec quelque* forts détachés peu éloignés, le tout présentant un ensemble de deux mille pièces de canon. Elle a une église catholique, quatre grandes mosquée* et une trentaine de petites; deux grandes synagogues et douie petite*; de nombreux édifices domaniaux consacrés en majeure partie à des services militaires; 75 fontaine* publiques, 124 cafés, et une population d'environ 24,000 habitans, ainsi distribués : 5,000 Européens, 9,000 Arabes, 8,000 Juifs, 1,500 Nègres, et 500 Berbers de Ouàdy-MotAb et de Beskerah.
Les autres villes de la province sont Beljdah , et Mehd/ah, la plus reculée vers le sud, et jusqu’à laquelle nous avons porté nos armes ; on y peut joindre les bourgs de Qnle’ysh et quelques postes fortifiés. Dans la juridiction nominale du bey de Tythery rentraient les daakerah* du and, jusqu’à ceux du Ouidy-Moiàb inclusivement.
La province d’Oran, beaucoup plus étendue, surtout le long de la côte, renferme un nombre considérable de villes dont nous n’avons à citer que les plus remarquables. La première est Oran (ou plutôt Ouahrân , d’après la prononciation on l’orthographe des Arabes), capitale acturlle de la province, dont le cbef-lien a successivement été établi à Telemsén , ancienne capitale d’un royaume, à Ma'akarah (1), et à MostaghAnem; elle est, comme Alger, bitie sur le versant oriental d’une colline, et séparée en deux parties, d’Age inégal, par un ravin : elle a une qasabab et quatre forts détaebéa pour sa défense. Sa population ne s’élève qu’à 2,500 personnes, dont 2,000 Juif», 300 Européens, le reste Arabes et Moxibys. Artéou , MézéyHrut i, Ténia , Schersckel, sur la côte ; tfedromuh, Masounah , Mèl/ânah , sur une xone moyenne; Ferendah , El-Na thour , Schilélah , à l’intérieur le plus reculé, complètent notre catalogue. Le nom historique de Tahdrt n'a point laissé de traces.
La province de Bone, 1a plus considérable des trois et la plus riche, eat oelie aussi qui renferme le plus grand nombre de villes. Bone, la capitale actuelle, appelée par les indigènes liounah, et par eux surnommée liâled et A’neb (la tille aux Jujube s), située près de l’embouchure delà rivière Seybous, n’est plus qu’une petite ville ruinée, dont la population, bien décrue, a été enlevée enfin par le bey de Constantine, et forcée d’interner; la ville, entourée de mura que nous avons relevés, eat protégée par un château ou qissbah dont la coaatruetion est due à Charles-Quint. Bougie a pareillement des mura à réparer, une qasabah et deux forts détachés pour sa défense, auprès de l'embouchure du Ouèd el-Kébyr. 7 'édité, Gjgel, El - Qol , Slora , sont les sutres villes notables de la côte ; à l'intérieur, eat Qotanth/nah (Constantine), bâtie sur une montagne autour de laquelle coule le Ouéd-el-Raml, forte de aa position naturelle autant que des murailles romaines
(1 ) Cette ville a été détruite, au mois de Novembre 1835, dans l'expédition {alto par les troupes françaises contre Abd-el-Kader, bey de «a’skarsh.
dont elle est enceinte, et contenant une population qu’on estime de 15 à 20 mille âmes. Te/fasch , Tebsah, sera l’est; ver* l’ouest, Séth/f , Qala'h; vers le sud, El - Afesrlak, Nekâoue, Beskerah, sont ensuite les villes les plus remarquables ; plus loin encore , les limites de l’autorité nominale des deys atteignent Teqort et Ouerqelah, chef-lieux de deux ouàdys contigus, habités par les Erouàghah.
On a quelque peine à retrouver, dans cette région, qui noua est si impsrfaitement connue, la concordance précise des indications de la géographie historique aveo celles de la géographie moderne ; d’Anville lui-méme a’y eat mépris : non dans les grands traita qui font correspondre exactement la régence d’Alger à ce qu’on appela d’abord simplement Numidie, puis Aumù/teà Test, et Mauritanie césarienne à l’ouest, et ensuite successivement d’eat en ouest, A umidie, Mauritanie sitifienneei Mauritanie cieurienne ; non pas même dans les correspondances spéciales que l’analogie de nomenclature révèle encore à l’oreille, telles que, dans l’ouest, celle du fleuve Malua aveo le Molooyah, et, dans l’est, celle de Tabraca aveo Thabarqab, A'Hippone avec les ruines voisines de Bone, de Cultu avec Qol, à'igilgüù avec Gygel ; mais entre Gygel et le Malouyah, la concordance n'est plus assurée. A l’intérieur, on sait bien que Cirta rebâtie au quatrième siècle tous le nom de Constantisia, n’est autre quels Qosauthynah des modernes ; Teyfàsch et Tipasa, et Tebsah Theteete, bien que Sbaw ait transposé ces correspondances; des inscriptions locales, recueillies par Peyaaonnel, constatent que Lambata occupait la place où sont les ruines appelées Texout, et Diana celle on est aujourd'hui Zaynah ; Thobnah, Sélkyf , conservent presque intacts les anciens noms de Thubuna et de Sitifi ; mais de là au Molouyan l’incert .ue est grande : cependant il existe dans cct intervalle un point de repère qui , pour avoir été perdu de vue par d’Anville et tousaes successeurs, n’en eat pa» moins fondamental ; c’est celui du Bordj-Hbamxah, où sont les ruines appelées Sour-Ghoxlàn ou Murailles des Gaxelles, parmi lesquelles plusieurs inscriptions démontrent que là était l'emplacement de l’ancienne A usia; et cette circonstance, combinée avec les distances itinéraires, justifie pleinement Shaw d’avoir fixé à Schersckel la position tant controversée de 7o/, appelée ensuite Céearée , capitale de la Numidie de Sypbax ou Mauritanie de Juba.
Ces contrées furent le théâtre de nombreuses révolutions politiques avant que l’invasion arabe vint lenr attribuer des dénominations nouvelles, et faire disparaitre jusqu’aux derniers vestiges des deux cent quatre-vingt-treize égliaea épiscopales que la persécution dea Vandales avait déjà frappées à mort dans les seules limites du territoire algérien. Des dynasties arabes et berbères surgirent sur divers points de cea nouvelles possessions des khalyfes d’Orient. Toute la partie orientale du pays d'Alger , et cette ville elle-même, étaient comprises dans le royaume des Aosititru d’Afryqyah , tandis que , dans sa partie occidentale, les Hostau vtk* avaient fondé une autre monarchie à Tihart; ces deux puissances croulèrent devant celle des 0*baydytes ou Fatu£jitts*; mais lorsque les défections vinrent de nouveau morceler le Maghreb entre diverses dynasties, Les Ovaxbxdttis établirent, dans l’ouest, le
NOTE
royaume de Télemsên , les Hhoiaoyti'* , «Un» l’est, celui de Bougie, tandis qu’entre les deux les Zbtrytcs conservaient celui d'Aschyr, comprenant la ville d'Alger, Ces trois monarchies disparurent à leur tour, non dans le flot Almorsvidc (qui n'atteignit point le Maghreb iousatb , comme l’admet trop légèrement l'opinion vulgaire) , mais dans les conquêtes des ALManann} encore la domination passagère de ces derniers fut-elle promptement remplacée par celle des Zyahyts* de Télemsên et des Hkavmytm de Bougie, maîtres alternatifs d’Alger, suivant que la guerre en décidait, et qui prolongèrent leur existence jusque dans la seconde moitié du seitième siècle.
Cependant, la côte barbaretqne, devenue le refuge des Maures expulsés de l'Andalousie, armait de nombreux corsaires qui allaient harceler le littoral espagnol : Ferdiuandle-Caiholique , pour couper court à ces déprédations, expédia, en 1504, une flotte qui alla s'emparer de Mersàycl-Kéhyr ; une expédition plus considérable , commandée par le comte Pierre de Navarre , opéra , en 1509 , la conquête d'Oran, puis celle de Bougie} et diverses autres places flrenl leur soumission, entre antres Alger, en face de laquelle les Espagnols élevèrent un fort, sur l’ile aujourd'hui appelée la Marine. Mais bientôt les Algériens, voulant secouer le joug, appelèrent à leura secours le scheykh Salem cbn Temy , le plus renommé d’entre les chefs arabes des tribus voisines} et celui- ci, afin de rendre plus efficaces «es attaques par terre, invita le fameux corsaire A'roudj ù opérer en même Umpa ses attaques par mer. A'roudj était le troisième des quatre enfans d'un renégat sicilien, nommé Ya’qoub , établi à Mételin , et corsaire lui-même} il exerçait la piraterie avec une audace qui avait rendu son nom formidable à loua les armateurs delà Méditerranée } il avait perdu nn bras en tentant un coup de main contre Bougie ; mais, de concert avec son frère cadet Kbayr cd-Dyn Barhrrouase, plus célèbre encore que lui , il venait de s'emparer de Gygcl. 11 courut à l’appel du scheykh arabe, se défit au plus tôt de lui, et resta aeul maître de la ville. Lé fils de Salem vînt, fugitif, demander vengeance aux Espagnols, qui lui accordèrent une Botte et une armée , sous le commandement de Diégo de Ycra ; mai* l'expédition échoua par l’effet d'ttne tempête dont elle fut assaillie, le 30 aeptembre 1616. Après avoir poussé ses conquêtes jusqu’à Ténès, A'roudj fit , avec Kbsvr-ed-Dyn, le partage de leura possessions; celui-ci garda la partie orientale, et établit le siège de son royaume à Tedlis ; A’roudj , qui , après s’êlre attribué l'occident , avait fixé «a résidence à Alger, appela son frère à l’y remplacer, et marcha lui-même vers Télemtên, dont il s'empara; mais il fut tué, en 1518, dans une rencontre aveo les Espagnols d'Orau.
Khatr-xd-dïm lui sucoéda, et vit une flotte espagnole se présenter la même année devant Alger, sous les ordres du comte de Moncada; mais elle éeboua encore par auile d'une tempête qui la dispersa (le 24 aoùtj. Ne pouvant se «lisaimulcr la haine cruiseantc des Arabes, et l'affaiblissement graduel de son armée, il eut rerours (en 1520) su sultan Séiim 1er, de qui il obtint , eu échange d’un acte (oimel de soumission, le titre de bey d'Alger, et nn secours de deux mille janissaires, tvec de l’srtillerie et de l’argent. Kbayr-ed-Dyn , grâce à ce renfort et à ceux qu'il reçut encore de Constantinople, consolida sa puissance, te
rendit maître do fort espagnol bâti sur l'île d'Alger , et fit construire par les esclaves chrétien* la jetée qui réunit cette île à la terre ferme.
Depuis l’expédition du duc de Bourbon contre Tunis, en 1390, quelques Français s'étaieot établis dans la partie orientale de la côte dcConstantine ; ces établissement s'ôtaient consolides en 1450 par des conventions privées avec lea tribus dn littoral, et des forts avaient été élevés sur divers points ; le sultan Séiim avait reconnu , dans un traité de 1518, notre possession comme très ancienne. Malgré celte reconnaissance, Kbayr-ed-Dyn s'empara du Bastion de France, et en conduisit à Alger les habitans captif»; mais nn ordre exprès de Solymin lui enjoint de les relâcher, et il leur restitua le Bastion de France avec les forts qui en dépendaient et le privilège de la pèche du corail.
En 1533, il fut rappelé à Constantinople, où le sultan Solymin lui conféra la dignité de qaptbia-pàacbà , et le commandement d'Alger resta , à titre de lieutenant du pàschi,à l’eunuque Et-IJhatan aghà, renégat sarde qui s’était rendu fameux par ses courses de piraterie; il continua ses déprédations avec une telle audace , que le pape Paul lll sollicita les prinees de la chrétienté d'armer contre ce brigand ; Cbarîes-Quint, déjà maître de Tunis, répondit à cet appel ; il vint débarquer à deux lieues dans l’est d'Alger. le 22 octobre 1541 : on sait quelle fut la fnnesie isane de cette espédition, dont nn orage détermina la dérouta et consomma la ruine. ti-Hbasan rendit le roi de Têleoisêa tributaire d'Alger , et mourut en septembre 1543. La milice turque élut aussitôt pour chef un de «es officiers nommé f/hâggy, qui conserva le commandement jusqu’au mois de juillet 1544, époque de l’arrivée à Alger du nouveau pàschà Ei-Huuii, fila de Kbayr-ed-üyn , qui desservi auprès du Grand- Seigneur, s'embarqua en aeptembre 1551 pour Constantinople, laissant le commandement intérimaire au qàyd Stafar.
Au commencement do xvn* siècle, l'oodjak, mécontente des pàscbàs, qui la payaient mal, envoya à Constantinople une dépiitatiojf'cbargée d’esposnr se< griefs à la Porte, et de solliciter la faculté de se choisir un déy ou patron qui résiderait constamment à Alger, aurait l’administration de l’état , paierait exactement la milice, et enverrait des tributs réguliers au Grand-Seigneur an lieu de recevoir de lui la solde des janissaires algériens. Le pàscbâ nomme par la Porte conserverait loua ses honneurs et émolument, mais n’opinerait au diwan que lorsqu'on lui demanderait son avis , ou que la Porte serait intéressée en la délibération. La requête, appuyée de riches présent, fut favorablement accueillie, et Alger eut désormais à la fois un pàschà et un dêy , cherchant tans cesse à empiéter mutuellement sur leurs attributions respectives. Nous remarquons d'abord une époque de préJominance persistante des pàscbàs, puis une époque intermédiaire de décroisscmeut de l’antoritè de* pàscbàs vis-à-vis de l’importance croissante des dêy s; enfin une dernière époque où la prépondérance de ceux-ci demeure évidente.
En 1670, les déprédations des Algériens sur les côtes de Languedoc et de Province déterminèrent Louis XlY à envoyer bombarder leur capitale par nne flotte sou* le* ordres de Duquesne, qui exécuta vigoureusement cette mu-
NOTE
•ion en 1682 et 1683. Mais pendant le cour* de I» môme année, le nouveau déy El-Uuaayn, surnommé Mcuo-nvorlo, rompit par un assassinat le* négociations de aon prédécesseur avec Duquesne, fit attacher le consul de France à la bouehe d'un oanon , massacrer tous Ica captifs français, et n'échappa que par la fuite à l'exaspération de la population d’Alger.
Pour apaiser Louis XlV , sou successeur, Ibrahim, envoya demander solennellement i ce monarque le plus humble pardon ; et pourtant il fallut que d’Estrées et Toorvillc allassent de nouveau, dès 1688, jeter dix mille bombes dans ce nid de pirate* incorrigibles.
En 1710, le déy A’Iy réussit, par sa ténacité et son énergie, â réunir en sa personne les deux dignités rivales de déy et de pàscbà. Une faction puissante s’étant organisée contre lui, il ne reculs point devant des exécutions qui firent tomber dix-sepl cents têtes dès le premier mois de son avènement ; celte cruelle juatiee suscita de nouveaux complota, qu’il déjoua; le pàvchà turc rn était le principal fauteur : A’iy le fit arrêter et embarquer pour Constantinople ; et il dépêcha en même temps vert le sultan Ahhmcd 1 1 1 nne ambassade chargée de riches présent, avec mission d’exposer au Grand-Seigneur I inconvénient grave qni résultait pour le gouvernement d’Alger de la coexistence de deux chefs. L'uudjsk haïssait les pischâs , et la dignité de la Porte était intéressée à ne plo> envoyer d’officiers en ls personne desquels l'autorité du souverain risquait d’être méconnue. En conséquence les trois queues lui furent envoyées , et les déys régnèrent désormais sans partage.
La France ayant eu, en 1793, un pressant besoin de suppléer, ponr l’approvisionnement de ses armées , au défaut de récoltes de céréales dans nos département méridionaux, El-flhasan autorisa des exportations de blés dont la fourniture fut opérée par les maisons juives de Bacri et Busnach ; cette fourniture, conliuuée pendant plusieurs années , s’éleva à des valeurs très -considérables , dont la liquidation et le paiement ont occasionné nos dernières querelles avec Alger , et par suite notre conquête. Ce fut avec El-Hbasan que les Etats-Unis conclurent, le 5 septembre 1796, lenr premier traité avec la régence.
L’expédition française d’Egypte ayant momentanément rompu nos liaisons politiques a vec la Porte, le sultan manda au dey d’Alger qu’il eut à déclarer la guerre à la Hèpiiblique , ce qu’il fil à contre-coeur à la fin de 179S, eu expulsant les Français de leurs comptoirs de Bone et de la Calle, mais sms aucun acte de violence. Le consul général , Dubois Thaiiiville, fui emprisonné, et par représailles Abun- Kaya, envoyé d’Alger à Paris, fut enfermé au Temple. Mais le 20 juillet 1800 , un armistice fut conclu avec le déy MaSTAran, et un traité de paix signe le 17 décembre 1801 ; et le kbodjah Ssalehh vint à Paris en qualité il’ambassadeur. Deux consuls anglais ayant clé successivement chassés pur MosUfah, qui ae plaignait de leur insolence et de leurs intrigues, Nelson fut envoyé avec une Hotte devant Alger; mais ses sommations trouvèrent le déy inflexible , et l'Angleterre céda. Napoléon avait exigé que non-seulement la France, mais Ions les étals réunis sons son sceptre ou compris dans son alliance fussent respectés par tes corsaires.
Cependant, dés que l’épée de Napoléon ne pesa plus daus la balance eu faveur de ses alliés, Alger recommença tes courses contre eux, ei ils durent acheter la paix par d'humiliantes redevances.
L’Angleterre avait été chargée par le congrès de Vienne de poursuivre l’abolition de l’esclavage des chrétiens dans les régions liarbaresques; elle envoya d’abord lurd Lxmonth avec des instructions étroite* et mesquines, d'aprea lesquelles des traités particuliers de rachat furent passés nu nom de la cour de Sardaigne et de celle de Naples ; puis elle eut honte de ce rôle, et chargea le même amiral de notifier des conditions plus généreuses et plus larges, de stipuler, en un mot, la mise eu liberté des captifs chrétirus, •ans indemnité , et l’abolition perpétuelle de l'esclavage des blancs. Le déy O’mar, indigné d’un retour si prompt sur des traités tout récens, en appela aux armer. Exmnuth reparut devant Alger le 27 août 1816, et bombarda la ville ; des marins anglais vinrent dans le port incendier la flotte algérienne, et O'mar ne refusa plus les conditions proposées. Mais Alger travailla aussitôt et sans relâche à réparer ses pertes, avec l’aide des autres étals musulmans ; de nouvelles fortifications furent ajoutées aux anciennes , et il eut bientôt repris son ancienne insolence.
L’ex-déy actuel, El-IIuosayn ebn-el-Hbasan, arriva au trône en 1818, sans élection, sans opposition, par le seul effet de sa volonté. Il reçut, au moi* de septembre 1819, la sommation que, par suite des conférences d’Aix-la-Chapelle, le contre-amiral Jurien et le commodore Frcemanllc lui firent au nom de la France et de l’Angleterre, de mettre désormais un terme aux actes de piraterie que les corsaires algériens exerçaient contre le commerce paisible des autres nations. El Hhosayn protesta, et l’affaire n’eut pas d'autre suite.
Le- consul français, M. Dcval, avait traité avec le déy du rétabliaaemenl de nus postes de Bone et de la Calle; El- Hhosayn avait verbalement stipulé qu’il n’y aorait ni fortifications ni enceinte : le consul , sans invoquer hautement le droit que nous donnaient les traités, parut céder ; mais les fortifications furent relevées et armées.
Kl-llhosayn était personnellement intéressé dans U fourniture de blés faite par Bacri et Buanach, dont noua avons déjà parlé ; la créance ne fut liquidée qu’en 1819, et un crédit de sept millions fut alloué, en 1820, pour l'acquitter; le paiement fut effectué, sauf 2,500,000 francs qui furent déposées à la Caisse des Consignations, au profit des créanciers français des fournisseurs algériens. Le déy éleva à ce sujet de vives réclamations; et comme U réponse du gouvernement français n'arrivait point asser. tôt an gré de ■on impatience, il a’oubtia , dans un moment d’emportement, jusqu'à invectiver et frapper au visage, de aon chassemouches, le consul français, qui se présentait à lui dans une occasion solennelle le 30 avril 1827.
La France exigea aussitôt une réparation éclatante de cette grossière insulte, et tous lea Français qui se trouvaient à Alger quittèrent cette ville. El-Hhoaayn fit aussitôt détruire de fond en comble dos éUblisscmens de Bone et de la Calle, et réduire en esclavage tous les Français qui pouvaient être restes dans la régence.
C’était nne déclaration de guerre : la France l’accepta, et mit devant Alger un blocus rigoureux ; ce furent , pen-
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