HOTE
rité inue de l’union de cea Turc* avec le* femmea de la claaae mauresque n’entre point dan* la ca*te turque ; elle constitue une division à part, désignée par le nom de K oulouglisou Colon*, prononciations vulgaires de la dénomination turque de Qoul- Oughiy, qni signifie littéralement fils de soldat.
Toilà quelle est la classification communément faite de la population de l’état d'Alger ; on ne peut manquer d’étre frappé de ce qu’elle a de faux et d’incohérent sous le point de vue ethnographique, puisque des race* homogènes s’y trouvent distribuées entre plusieurs division* séparées, tandis que les élément les plus divers sont, au contraire, réunit dans une même catégorie. Nous distinguons les races suivante* dana la régence : d'abord , la race berbère, soit pure , soit mélangée d’ Arabes qabbtbanyles , de Kana'uéeas, de familles germaniques, et d’autres élémens hétérogènes ; mais que réunit aujourd’hui en un seul groupe un langage uniforme. Nous croyons devoir signaler ici l’hétérogénéité des Aj l-Erou&gbah de Teqort et de Ouerqclah , qui parlent le berber, mais dont le teint noir, les cheveux lisses, les traita du visage et les habitudes morales révèlent l’origine kouschy te ; les géographe* d’Europe les confondent trop souvent avec les MoiAbys, leurs voisins, dont le caractère est ansai fort doux, mais dont le teiut est blanc ; le Bitkery, à teint olivâtre et traita heurtés, est rattaché par l'hiatoire et lea généalogies à la race berbère, quoique son langage aoit aujourd’hui l’arabe. En second lien viennent les race* arabes des trois familles successives, lesKouscbytes, avec les rameaux kaua’néenset amaléqyles; laa Qâbhtbànylcs , avec leurs frères ixraylytea, et les Ismaylyles ou Nabatbéens. Les premiers se sont, en général, efface* dans l’agglomération berbère; les seconds, aggrégés en partie à la même misse , en partie stigmatisé* par le culte hébraïque, qu'ils ont conservé, se sont, d’une autre part, réunis à la grande confédération musulmane, où dominent les troisièmes Arabes. Il faut compter ensuite les races européennes , distribuées anssi en diverses familles, dont la première, celle des Vandales, s’est fondue dans les Qobâyls berbères, reconnaissable pourtsut encore A son teint blanc, scs yeux bleus et ses cheveux blonds, ayant avec elle peut-être quelques Coths, peut-être aussi quelques Suèves, dont on s'imagine retrouver la postérité dans les Zouâouah (que nous appelons Zouaves) , malgré lea généalogies qui rattachent cette tribu aux Quabhlbânitee de Ketàmab , sans parler des bypotbèsea au moyen desquelles on croit découvrir même des Huoa dans les Aoulèd-Houn, dont le cantonnement est plus oriental. Une autre famille est celle que composait l’Oudjak turque avec lea Qoul-Ougbly* qui en sont issus, famille, comme nous l’avons déjà dit, fort peu homogène. Une troisième, qni ne l’est pas davaatage , est formée de la réunion de tous lea colon* fournis à la régence par lea natious de l'Europe chrétienne . Enfin, la race nègre doit son origine eux esclaves noirs , successivement amenés par les caravanes dea divers pays de l’Afrique intérieure.
La langue arabe est la plua généralement répandue ; c’eat celle de tous les Arabes, soit Musulmans, soit Juifs, bien que l’on prétende qu’il existe à Teqort certains Joifa convertis à l’islamisme (les Mcgêharys) qni auraient conservé, dans leurs relations intérieures , l’usage de l’idiome hé-
braïque ; elle est aussi généralement parlée par les Nègres. La langue berbère, appelée tchaovyah par l’Anglais Shaw et l’Américain Shalcr, est parlée dans toutes le* Qobâyj berbères, tantôt seule, tantôt concurremment avec l’arabe, sauf chex lea Biskerys , où l’arabe parait avoir complètement prévalu. Le turc n’éteit usité que dane l'Oudjak , et pour les actes officiels. La iingua-fruHca , patois roman analogue au catalan , au provençal , au sicilien, et formé de leur mélange avec quelque peu d’arabe corrompu , est employé sur tout le littoral algérien, ausai bien que dans le reste de la Méditerranée, pour lea communications mutuelles des indigènes et des Européens. Depuis la conquête, la langue française a naturellement pria domicile réel dans la régence.
La religion dominante est le mahométisme , qui n’est , an général, professé qu’avec tiédeur ; la majorité eet «onnyte ou orthodoxe , observant respectivement, savoir, les Turcs et Qoul-Ougblys, la tradition khanrfyti, les Arabes et Berbers, la tradition mâfekyit^ et faisant, avec plus on moins d'exactitude, le* cinq prières légales; cependant une partie de ces derniers est véritablement tchrayt o ou schismatique, notamment les Bény-Moxàb , liés de croyance^ avec les Ouakhabytes d’Arabie, et ne faisautque trois prières ; tons sont fort superstitieux, et accordent beaucoup de coofiaoce anx amulettes et aux maraboutbs (plus exactement mord beths) , espèces d’ermites qui exploitent leur crédulité, et se livrent impunément aux actes les plus inouis, k tel point qu’un de ces hommes osa violer publiquement, il y a quelques années, la fille d’un consul européen, et celui-ci ne put obtenir justiee de cetaitentst! Le judaïsme, comme tous lea culte* opprimés, est exactement pratiqué par sea sectateurs. Le paganisme originel dea Nègres s’est perpétué dans quelques pratiques superstitieuses, dont la plus remarquable, appelée g$fep, est une aorte de danse frénétique, pendant laquelle le danseur, homme ou femme, ne craint paa de ae frapper de coups de poignard qui demeurent sans effet. Enfin, le christianisme , jadis ai florissant dans toute l’Afrique septentrionale, est revenu , avec les armées françaises , planter sa bannière au milieu d’Alger, et quelques mosquées ont été transformées en église*.
Lire le Qorân ou la Bible, tel eat le principal enseignement que reçoivent les babitans delà régence; on y ajoute presque toujours l'écriture et les plus simples notions du calcul ; les Nègres seuls paraissent étrangers à cette étude. Les écoles sont fort nombreuses, et très-suivies : l’instruction est poussée plus loin dan* celles des Jnifs, parce que la Bible est un livra d'histoire encore plus que de dogme, tandis que leQoràa est surtout dogmatique. Quelques musulmans envoient leurs enfans étudier en Europe, a l’exemple des Juifs, qui pressent plua souvent ce parti ; mais c’est, pour les uus et lea autres, une mesure exceptionnelle, et qui n’est à la portée que des plus riehes.
Dans le pays d’Alger, comme dans tous les pays, la différence la plus tranchée qui se fasse reuisrqurr dans le degré d'instruction, le costume, les mœurs, les habitude* extérieures, la condition sociale des divers groupes de population , est celle qui résulte de l’agglomération des una dan* les villes , et de la dissémination des autres dans les rampagnes, rrllequi existe, pour parler le langage de noirs