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C. Aperçu hydrographique

J/uniformité surprenante qui règne dans la constitution de ce pays, nous en explique en quelque façon l’irrigation et la culture qui coïncident étroitement avec sa structure.

Partout où la base de granit perce les masses de grès , et s’élève au-dessus d’elles , le sol est riche en sources et très-propre à l'agriculture, comme sur tous les terrains primitifs (1). l)e là, la fertilité des environs de la Table, la surabondance et la richesse de la végétation sur toute la terrasse littorale du sud. A l'extrémité orientale tle cette terrasse , sont situées les superbes futaies de la colonie du Cap, qui commencent à la Mosselbay et s'étendent à l'est jusqu'à Sitsikamma (i) ; elles sont encore en particulier favorisées par les vents humides du sud-est.

Il y a , au contraire , disette d'eau partout où des masses de grès couvrent la surface du pays; l'eau des sources, des fleuves et de l'atmosphère filtre à travers le sable, jusqu’aux couches de schiste , ou jusqu’à ce qu’elle arrive à la base de granit, d'où elle jaillit d'autant plus abondante,

(1 ) Rirrow, Tr. il , pag. 60 cl 74.

(2) Pileiao , s., p. 35.

en tous les endroits où elle est à découvert. Ceci nous explique la grande disette d’eau de la première et de la seconde terrasse ainsi que de la côte occidentale, couverte de décombres de sable. Non-seulemeut on n'y trouve que très-peu de sources, mais ce qui est encore un des grands maux de ces contrées, et ce qui fait échouer mainte colonie, c’est quedes sources, après avoir coulé pendant plusieurs années, tarissent soudainement; ces exemples sont encore assez fréqu.ns; il est naturel que dès le moment, toute végétation soit détruite (1). Les fleuves mêmes qui enflent dans la saison pluvieuse, perdent la plus grande partir de leurs eaux, qui s’intlltredans les niasses de sable et disparait sans rentrer dans un autre lit de la surface.

Les fleuves disparaissent ainsi sur toute la côte, depuis la baie de Saldanha (2) ( subterra neous streams ). Il en est de même de toutes les eaux des karrous et de la plupart des fleuves de ces contrées. Le Sackrivier, affluent gauche du fleuve d’Oranje, était absolument desséché lorsque LichLnstein le visita (3); il y avait six ans qu'il u’avait pas eu d’eau; le fleuve d'Oranje, le plus grand de l’Afrique méridionale, n'atteint pas la mer, mais disparaît vers la côte, et comme nous l'avons dit ailleurs, plus des trois quarts de tous les fleuves de l'Afrique méridionale, sont absolument privés d'eau, dans la saison brûlante.

Souvent on voit dans les lits de fleuves desséchés , du gibier, des gazelles , des Hottentots , des Européens , tourmentés par la soif, creuser des trous dans le sable , où quelquefois ils trouvent encore un peu d'eau bourbeuse qui les préserve de la mort.

Ou ne rencontre des marais que dans les ravins étroits , comme à Hoodezand et à Langekloof. Ils produisent quelques végétaux , enlr’autres du riz , des bambous et autres plantes , qui ne croissent que dans les terres humides.

Cette constitution remarquable delà nature, dans ce pays, nous explique divers phénomènes très-importans. Elle nous indique d'abord quelle peut être la cause de cette plus grande abondance d'eau que nous remarquons sur toute la côte S. et S. E. , voisine de la Caffrerie ; pourquoi toutes les hauteurs sont si dénuées d'eau , quoique pendant deux tiers de l’année (4), elles soient

(1) Lichtenstein , R. Il , paç. 31.

(2) bjitow , Tr. I , pag. 365.

(3) Lichtenstein , K. Il , pag 331 et pag. 67.

(4) Barrow, Tr. Il , pag63.

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