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BORD MÉRIDIONAL, LA CÔTP

profond et escarpé, qui souvent n'a que de tO a 100 pieds de largeur. On aperçoit déjà au pied de la montagne d'innombrables blocs de granit détachés qui encombrent également le côté oriental et le côté occidental de la Tête de Lion. Il parait qu'ils ne se sont détachés que plus tard, puisque d'après l’observation de Hess (I), ils sont e (fleuris et dentelés de tous côtés, et même à leur base , tout comme les plus hautes cimes des rochers. Un peu plus haut, on trouve des traces évidentes de cette masse , que nous avons appelée jusqu'à présent argile schisteuse. Mais des voyageurs anglais, par exemple Davy(î), l'ayant comparée au killas de Cornouailles, nous l'appellerons grauwaeke schisteuse. Les couches y sont ou perpendiculaires ou fortement inclinées. On entre ensuite dans la région du granit et l’on aperçoit ici très-distinctement le contact des deux différentes roches, à un grand nombre de liions de granit (3) de six pieds jusqu'à quelques pouces et même quelques lignes d'épaisseur. S’étendant eu innombrables ramifications , ces filons traversent et entrecoupent en tous sens les couches de grauwaeke. Beaucoup de massesde grauwaeke isolées, sont supportées par des filons de granit , surtout dans la proximité de la ligne générale de contact, où les couches de grauwaeke paraissent partout brisées, irrégulières et déplacées.

Ces filons de granit épars s'accumulent en masses plus considérables vers la hauteur; à 900 pieds du contact , la Table ne présente que des masses solides de granit, également partagées partout. Si l'on monte encore 900 pieds, le granit disparaît soudainement; il est recouvert immédiatement par les couches horizontales de grès qui, uniformes partout et sans aucun signe de bouleversement, semblent avoir été étendues dans un profond repos , par-dessus l'horrible cahos des masses primitives. Jusqu'à la hauteur de 200 pieds , le grès est rouge , puis il devient blanc et toujours plus dur , à mesure qu'il approche du sommet; on y trouve aussi du quartz hyalin roulé, de la grosseur d’un pois jusqu'à la grosseur d'un œuf. L'alliage du grès s’effleurit bien

(1) r. ücw. Ann. «tt C. 1. Ulr&be, TaroiicS Muer lïefuebreite nacb sua-Afrlci (1816-10). Halle 1820, p. 160,

(2) J, tiavy, dans Gilbert , Annales, 1820, H. 10, p. 129. f3) capt. Basil Hall , Account or Ibo structure or the tabio

Mountain and other parla of the Prntnsula or the Cape. In Edlnborj. Tranaact. oribe Roy. Soc. 1815, lom. vil, p. il, p. 273, arec des dessins de Pions de granit. Tab. XIV.

plus facilement que les masses qu'il unit, de là vient que sa surface est toujours recouverte de cailloux. C'est de même la couche horizontale, qui donne à la Table sa forme plate ; la surface de cette montagne est tapissée des plus belles bruyères australes (erreo), de tous les genres et de toutes les espèces. De ce point de vue magnifique, où le regard se perd sur l'océan immense, un coup d'œil jeté vers le milieu du demi-cercle amphithéâtral, suffit pour nous convaincre que , malgré les interruptions, la ligne liorizontalc des couches de grès s'étend uniformément dans toutes les directions, ce qui nous fait supposer que la force qui a formé toutes ces masses, a agi partout de la même manière.

La construction de la montagne du Lion (1) ne diffère pas de celle de la Table ; le sommet en est de grès , vient ensuite le granit qui surgit de la grauwaeke; toute la masse de granit est en outre traversée par un filon de liasalle.

La même formation se manifeste aussi plus ou moins visiblement dans les autres montagnes, et s'étend en général dans toute la presqu’île du Cap (2); tout le rivage du côté de la False-haie se compose également de granit qui cependant ne dépasse pas la hauteur de 20 pieds au-dessus du niveau de la mer , par la raison qu’ici les couches de grès s'inclinent davantage , quoiqu'elles aient la même épaisseur que sur les hauteurs de la Table. Celte élévation moindre , s’accorde très-bien avec l’abaissement général des couches vers le sud-est , abaissement qui se manifeste dans toute l'Afrique méridionale; on aperçoit aussi des filons de basalte à l'entrée de la petite Simonxbay (baie de Simon) , dans le rocher qu'on appelle arche de Ifod; B. Hall en vit deux d'un pied d’épaisseur , qui traversent le rocher de granit de bas en haut.

Playfair considère ces faits remarquables (5) comme une confirmation très-importante de la théorie de Hutton, sur la formation postérieure des masses de granit , qui surgissent de la profondeur. Les filons de granit n’ont pas seulement pénétré à travers la grauwaeke , mais ils ont encore enlevé à cette masse des parties qui s'élèvent , comme des lies , au-dessus du granit. Or, cette organisation est une preuve évidente que lescouches de grauwaeke existaient déjà, lorsque

(I ) Clarke Abel, I»arratlrc of * Jotirney, etc. In the Inlerior of China. London , 1 Si 8 , 4° , cbap. XI , pag. 285.

(2) Basil Bail , Account , pag. 270.

(3) 'P.ayfair , dans Basil Bail , Account . pag. 277.

HAVTE-AFRIQCE : I" DIVISION, J 6.

le granit s'élevant tic la profondeur, vint la traverser comme une lave souterraine ( sublerra neous /ara). Cette grande révolution de la nature a dû nécessairement s’opérer sous la surface des eaux ; car le grès qui couvre le granit jusqu’il la hauteur de 1,300 pieds, n'eSt autre chose qu’un dépôt de la nier. En conséquence, toutes ces masses n’ont pu s’élever , qu’après que ce dépôt se fût formé, et au milieu d'un repos et d’une régularité parfaits. Il résulte tic cesystème, que le granit est postérieur dans sa formation , h la grauwaeke qu’il traverse et sur laquelle il s'étend en masses très-considérables; mais il est antérieur au grès qui le recouvre. Il est rare de trouver un semblable exemple, où le double rapport de masses déposées et de masses soulevées, avec des niasses déjà existantes antérieurement, soit exprimé si clairement qu’ici. I.a similitude de ces rapports sur toute la presqu’île et même plus au nord, par exemple, au Jungerhook , à 8 milles de là , ainsi que la grande extension des masses de grès, nous autorisent h croire que ces formations sont, en petit, l’image «le celles que nous supposons répandues dans toute celte partie du monde.

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