‹ Geographie Generale CompareeChapitre 32 sur 293 · COLONIE DC CAP. G · texte numérisé non relu

COLONIE DC CAP. G

Le grand courant qui vient de l'Océan Indien, longe d'abord la côte de Natal ; de là il vient baigner le bord extérieur du banc des Aiguilles, et c'est , sur la côte de ce banc , que la mer a la plus grande profondeur. La sonde tombe tout à coup de 130 et 80 à 100 et même à 200 brasses , c’est-à-dire qu'elle descend soudainement à une profondeur de 1,200 pieds. Au bord du banc, sa surface est de sable fin et blanc; près de la côte du continent, au contraire, de rocher et de fragmrns de grès (1). Clarke (2) y trouva outre le sable, jusqu'à une profondeur considérable, des débris de coquilles et un grand nombre de tuyaux calcaires et cylindriques , semblables à des os d'animaux blanchis. Ces tuyaux se ramifient à l'infini et semblent être des incrustations de zestères , que les courans et les vents du sud-ouest y accumulent en masses. Ils ressemblent , quant à leur forme et aux parties chimiques dont ils se composent (de carbonate de chaux , de silice et de substances végétales), aux agglomérations que Piron et Flindcr ont observées aux dunes de Bald-Head, près de la côte méridionale de la Nouvelle-Hollande. Tout le long des côtes qui touchent à ce banc de sable , les brisans sont très-violens ; ils rendent la navigation sur les côtes et l’abordage très-dangereux , et ont été, de tout temps , un obstacle insurmontableà la culture de ce littoral si riebrmen t doté par la nature (3).

4* Éclaircissement.

La colonie du Cap.

La tei rasse littorale de l'extrém ité méridionale de l'Afrique contient la colonie du Cap. D’abord fondée par les Hollandais , elle n’est tombée au pouvoir des Anglais que depuis le commencement de notre siècle. Les Portugais qui les premiers doublèrent le Cap en 1488, ne s'y établirent pas ; les Hollandais n'y abordèrent dans leurs voyages aux Indes, quedepuislG01,pour y rafraîchir. La position favorable de ce point situé à moitié chemin du voyage, engagea la compagnie des Indes à eu prendre possession ; l’an 1SG2, quelques fortifications furent élevées à l’endroit où est maintenant située la ville du Cap. Depuis lors des Hollandais , des AUc-

(l ) B Arrow , Tr. Il , p>g- 65.

(2) Abel clarkc, !farr., par. 308.

1,3) VichienMctn, 1, par. 287.

n ACTE- AFRIQUE : 1" DIVISION , § 6.

mands et des Français s’y sont établis et ont cultiTé et peuplé un district considérable qu'on appelle le pays du Cap ou le pays de la colonie ; les colons , qui d'abord n’étaient que quelques centaines , sont à présent au nombre de 27,000, tous Européens ; ils ont b leur service 20,000 esclaves ou serfs. En 1703, les Anglais devinrent maîtres de la ville, ils la rendirent aux Hollandais en 1801 ; mais cette cession ne fut pas de longue durée, car en 1806, la colonie fut de nouveau reconquise; depuis, elle est restée au pouvoir des Anglais, Les fondateurs de la colonie en avaient de tout temps regardé la possession comme très-importante. Les Anglais surent aussi apprécier, depuis, tous les avantages qu’elle oflre b leur vaste système de domination. En effet, cette colonie océanique est d’une importance capitale , d’abord comme lieu de rafraîchissement et de réparation pour les vaisseaux de la compagnie des Indes, comme station pour les flottes de guerre qui dominent l’entrée de la mer des Indes , et comme point d’observation contre les colonies françaises de l’ile Bourbon et de Plie de France ; enfin c'est un point de départ commode pour les voyages de long cours, dans toutes les parties du monde. Cette possession n’est pas moins précieuse sous le rapport du climat (1); c'est une grande maison de santé pour les troupes anglaises qu’on destine au climat brûlant de l’Inde, ainsi que pour celles qui reviennent de ces contrées insalubres. Les invalides et les malades s'y rétablissent facilement ; les soldats européens s’y acclimatent sans peine et se préparent aux dangers qui les attendent dans la zone torride. Le climat du Cap est aussi très-salutaire pour les marins; il est également favorable aux plantés de l'Europe et de l’Inde, et aux hommes de ces contrées si opposées, comme le prouve l'état sanitaire de 8,000 hommes qui forment la garnison anglaise du Cap.

Ces avantages résultant de la position de cette côte du sud , vis-h-vis des océans, sont encore rehaussés par la grande facilité avec laquelle on peut atteindre de 1b, comme d'un centre commun, et par des routes commodes, b toutes les contrées du monde les plus éloignées des côtes de l'Europe.

Un vaisseau de guerre bon voilier fait en cinquante jours (2), b peu-près , le trajet du Cap b Spilhead; le vaisseau de lord Amherst, \'Al-

(1) Barrow , Tr. t. II, pag. 102.

(2) ïatrobe, Journal, pas. 318.

ces/e, alla de Rio-Janeiro b la baie de la Table, en dix-huit jours (1). Labillardière (2) mit soixante-quatre jours pour arriver du cap de Bonne-Espérance au cap Van Iliemen, dans les Iles australes; ce trajet se fait même ordinairement en cinquante ou cinquante-quatre jours. Les expéditions (3) dans les Indes orientales et occidentales, dans l’Amérique méridionale, et en Egypte au port de Suez, ne sont pas trèslongues; on met ordinairement un mois pour atteindre les côtes du Brésil ; il faut pour arriver b l’He de Madagascar , dix b douze jours , aux Iles de France et de Bourbon , moins d'un mois , b la mer Rouge , cinq b six semaines , aux ports des Indes, sept b huit semaines selou la saison. Celte colonie est encore de la première importance pour le commerce de la Chine, des Indes orientales et de l’Amérique méridionale, ainsi que pour la pêche de la baleine, si lucrative dans les mers du sud ; elle est la véritable clef de l’océan des Indes, le point capital pour la domination des mers. Par la suite et après avoir acquis plus d'indépendance , cette colonie deviendra infailliblement legrand bazar du monde (4), tant pour le commerce européen que pour celui de la Chine, des Indes et des lies australes. Aujourd'hui même elle est déjb d'un haut intérêt pour l’Afrique; c’est le seul état chrétien de celte partie du monde , d’où l’Évangile se propage dans l’intérieur du pays.

Le gouvernement britannique ne néglige rien pour rendre lecapde Bonne-Espérance aussi florissant que possible, soit en accordant des secours particuliers pour étendre les limites de la colonie, soit en favorisant l’émigration. En 1818 et 1819, on publia, au Cap et en Angleterre, une quantité de brochures (S), pour engager les Européens b émigrer au Cap. C’est b la nièmeépoque que fut terminée (le 11 octobre 1819), la dangereuse et pénible guerre contre les Caffrcs; le gouvernement conquit alors une étendue considérable de pays, b la frontière orientale de la colonie (G); les Européens qui s’y rendent, trouvent un sol fertile et un séjour agréable.

Une nouvelle colonie anglaise s'étant ainsi

(l) Abel Clarke, narrative , pas. 24.

^2) Cablilantiére , Vojr. A la recherche de la Peyrousc , T. I. pag 118.

(3) Barrow , Trav. tl , pag. 243.

(4) Browne , Trav. , pag. 280.

(6) Quarterly Kevlew, fl. XLItl, 1819. flov. , art. X, pag. 200.

(6) Hess, Ànhang III ; ru Lalrobe, pag. 378.

Page 1