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BOKO MÉRIDIONAL , COLORIE DU CAP

le suivit jusqu'à la baie d'Algoa et fut échelonné, comme ligne d'occupation, tout le long du fleuve des Poissons, afin de maintenir la paix avec les races caffres voisines. Après mille obstacles divers. on atteignit enfin le but que l’on s'était proposé ; depuis lors on y a élevé des églises et fondé des écoles; un grand marché (1) qui s'y tient tous les ans au mois d'août, promet d’ètre très-fréquenté ; les colons , les Hottentots et les Caffres viennent de tous côtés y échanger leurs productions. Pour améliorer l'administration de la justice, les grands départemens furent divisés en plusieurs petits districts ; ainsi nous avons vu se former dans la province Graaf-Reynett, les nouveaux baillages d’Uitenhragen , Tulbagh, Caledon, Clan William Cradock et lieaufort, témoignage évident du plus heureux progrès. Les paroisses dont l'agrandissement n'est pas moins désirable, augmentent dans la même proportion que les baillages (3). 11 existe actuellement au Cap, onze paroisses reformées; leur étendue est souvent si considérable, que pour visiter toutes ses ouailles, le pasteur est obligé de voyager plusieurs mois. Ce que le gouvernement n’a pu faire jusqu'aujourd'hui, a été exécuté par le dévouement de pieux particuliers, il existe déjà pour les indigènes , pour les Hottentots et pour les hommes libres d'origine holtentote, plusieurs asiles, où commencent à se former des paroisses considérables, dont les membres peuvent habiter ensembledes villages construits dans ce but. Trois de ces asilrs ont été fondés et sont entretenus parles / lerrn/iuter, à Gnadenthal (auparavant Ravianskloof) à Grœnekloof, et à Enon. Les autres asiles doivent leur existence aux sociétés dei missions de Londres : Zurebrak, près de Zwellendam; Pacaltsdorp, près de George, et Beihelsdorp, près d'Uitenhagen. La garnison , la commune et le gouvernement anglais n’ont pas encore d'église particulière, à la ville du Cap; cependant les Anglais ont déjà beaucoup contribué à l'embellissement de la ville ; ils ont bâti un grand aqueduc qui y conduit l’eau pure de la Table; ils y ont aussi élevé un hôpital, une bourse, etc.

Campbell et Latrobe (5) nous ont tous deux

(1) nets. Itachtr. , f»g. 385.

(3) leu , |ug. 38S.

(3) C. J. Litrohd , Journal or» vint to Soutti Africa in 1815 and 1816 wtlh tome locounl or tue mlaiioij.ry seulement» or Uae United BreatUom , near Ibe Cape oT cood H ope. Lood. 1818, 4*.

donné des renseignemens importans, l’un sur les colonies de la société des missions de Londres et leurs progrès dans l'intérieur du pays (voy. le système d'eaux du fleuve d’Oranje), l'autre sur l’état des sociétés des frères , dans l'Afrique méridionale. Grœnekloof (1), situé à 10 lieues au nord de la Tafelbay , avait, en 1815 , 500 habitans Hottentots, qui tous se distinguaient par leur moralité, leur religion et leur travail. La seconde grande colonie, Gnadenthal (3)], obtint en 1793 , après plusieurs refus , la permission de bâtir une église. En 1817, elle comptait 361 maisons et 1,377 habitans ; la même année, elle avait reçu dans son sein 103 Hottentots ; on y voit maintenant des édifices publics, des écoles, des jardins; l'agriculture y fait tous les jours des progrès, et occupe un grand nombre d'hommes, sur une étendue qui auparavant n’était que la propriété inculte d'un seul individu. Beihelsdorp (3), chef-lieu de la société des missions, dans le voisinage de la baie d'Algoa, à l'est du Cap, fut fondé par le missionnaire Van der Kemp, dans une contrée aride et sur un sol des plus déserts, où il ne croit ni arbres, ni aucune espèce de plantes. Comme tant d'autres, cet homme , aveuglé par une fausse humilité et un mépris coupable de la nature, crut rendre service à Dieu en jetant ses nouveaux disciples dans la misère et la pauvreté , idée stupide, qui n'a eu que trop souvent les sut tes les plus funestes.

Les rapports de la colonie du Cap, avec ses voisins de l'est, les Caffres, peuple libre, paisible et de belle stature, ont beaucoup changé depuis peu. Les districts de Graaf-Reynett et d'iiitenliagen confinent maintenant au pays des Caffres ; auparavant, on regardait le grand fleuve des Poissons comme la limite entre les deux pays. Le roi des Caffres , Galka (4), témoigna toujours une vive sympathie pour les Européens ; les Anglais, après leur première occupation du Cap, et plus tard aussi les Hollandais , recherchèrent l’amitié de ce prince; Barrow ainsi que le générai hollandais Janssens, lui ont rendu les témoignages les plus flatteurs. Ses amis européens ne manquèrent pas de lui prêter secours dans ses querelles avec ses voisins, peuples de race différente. Ils faisaient avec lui des excursions sur le territoire de ses ennemis, dont ils dis-

(1) Latrobe , pas. 37.

(3) Latrobe , Ibid. — Quartrrl. 1er. , pas. 338.

(3) Latrobe, Ibid.

(4) Barrow , Account, p. 231. — ne»». Itachtr., p. 389.

HAUTE-AFRIQUE

pers, lient les troupeaux qui sont leur unique ressource.

l.es colons, b leur tour, furent aussi inquiétés sur les bords du fleuve des Poissons, par les Calfres qui menaçaient de les en déloger. Les attaques réitérées de ces bandes de sauvages mirent en mouvement les troupes du Cap, et, peu de temps après, le grand fleuve des Poissons fut de nouveau fixé comme limite entre les deux peuples. Afin d'éviter toute querelle b l'avenir, il fut stipulé qu’aucun Caffre ne dépasserait les limites de la colonie , ni aucun colon celles de la Caffrerie. Les Calfres cependant alléguèrent bientôt que de bons amis devaient nécessairement se visiter de temps en temps ; les Anglais échelonnèrent alors tout le régiment du Cap en délachemens , le long de la frontière, et fixèrent, sur les limites, un marché commun. I.c cordon d'occupation ayant été diminué après 1813, les chefs obstinés des Caffres , T’Sambie, Lynx et Congo, décidèrent de nouveau la gurrre et exigèrent du roi Gaïka, dont le territoire touche immédiatement b celui de la colonie, qu’il attaquât, de concert avec eux, le pays du Cap. Gaïka , préférant l'amitié des Européens, abandonna son pays aux ennemis, et s'enfuit à la ville du Cap pour y demander du secours. I.cs Caffres firent une invasion dans la colonie et détruisirent, au mois de février 1819, la communion des frères d'F.non, située sur le fleuve Blanc. Les frères toutefois furent épargnes, les Caffres s'étant contentés d’enlever les troupeaux : quelques Hottentots seuls perdirent la vie dans cette affaire.

Au mois de juillet 1819, le colonel Willshire (I) fut envoyé, avec des troupes anglaises, au secours de Galka. Il s'avança à la tète de trois corps, qui tous furent victorieux ; les Caffres se retirèrent derrière le fleuve des Buffles, furent battus à plusieurs reprises, et perdirent une première fois deux mille, une seconde trois mille, et la troisième, enfin treize mille bestiaux, dans la bataille livrée près du fleuve Kieskama , h l’est du grand fleuve des Poissons; c'est là que commence la frontière du pays des frères llinza et Booclio, deux paisibles chefs de Caffres, qui ne tardèrent pas b passer du côté des Anglais ; les Caffres ennemis furent poursuivis , battus et faits prisonniers. Le gouverneur, lord Sommerselt , aborda avre une chaloupe de guerre dans la baie d'Algoa. Le 14 octobre 1819, tous les

(t) Heu. Sacbtr. pas* 302.

i" division, $ 6.

chefs se réunirent sur les bords du Gvvanga , dans la Caffrerie (40 milles anglais de Grahatnstown), pour y conclure la paix; Gaïka fut rétabli dans ses états , et lui seul et llinza furent reconnus comme souverains légitimes des Caffres. Ils furent en outre déclarés amis de la colonie, et tous ceux qui s'opposeraient b eux, ennemisdes Anglais. Pourassurer la tranquillité de la colonie, les Caffres durent céder toutes les forêts qui avoisinent le grand fleure des Poissons; la frontière de la colonie fut reculée jusqu'aux fleuves de Choumie, à gauche jusqu’au confluent du grand Poisson et du Kieskama, et de 1b jusqu'à l’embouchure de ce dernier dans la mer. Vers l’intérieur, les montagnes de Choumie et du Katrivier (rivière des Chats), forment la limite. Les Anglais, pour maintenir l’ordre, élèvent maintenant des forts entre le Kieskama et le grand fleuve des Poissons.

La colonie du Cap conquit ainsi une nouvelle étendue de pays sur la frontière de la Caffrerie, entre les deux fleuves que nous venons de noiçmer (du 38° au 33° de latitude S. et du 43° au 46° de longitude E. de Plie de Fer), b la même époque où le gouvernement anglais avait résolu de fonder une nouvelle colonie. Une foule d’émigrés arrivent de toutes parts dans ces contrées fertiles. A l’invitation du roi Galka, des missionnaires de la communion des frères de Gnadenthal, ont déjà été envoyés, comme apôtres de la doctrine chrétienne , dans les contrées les plus lointaines de la Caffrerie.

Le gouvernement anglais, persuade que le meilleur moyen de s’assurer la possession d’ua pays est de le peupler dans le moindre délai possible, fit des offres très-avantageuses aux nouveaux colons. Les personnes aisées déposent en Angleterre 10 livres sterlings, pour le transport d’une famille et son entretien pendant la route; tout chef de société reçoit cent acres de terrain, pour chacun des membres de la famille qu’il conduit; 30,000 livres sterlings sont décernées b ceux qui conduisent b la colonie dix individus aisés, âgés de plus de dix-huit ans. Le tiers du cautionnement est rendu aux colons, dès qu’ils abordent en Afrique, un autre tiers lorsqu'ils s’établissent , et le reste trois mois après. Pendant les dix premières années, les terres des colons sont franches de toute contribution : après ce laps de temps, elles ne paient pas au delà de deux livres sterlings. Dans le cas où des colons abandonnent leurs terres, les cent acres qu’ils possédaient, reviennent au gouvernement. Pour

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