LA COTE DES CAFFRES
1" Éclaircissement. — Plateau des Bosjesmans.
D’après le rapport du dernier voyageur qui parcourut l'Afrique méridionale , deux chaînes de montagnes s'étendent du sud au nord , l’une parallèlement b la côte de l'ouest, l’autre parallèlement b la côte de l’est. Cette dernière cependant se dirige bientôt vers l'intérieur, avec plusieurs branches de montagnes parallèles b l'équateur; quelques ramifications seulement, s’en détachent dans la direction opposée , vers la côte Est (1).
Le voyageur dont nous parlons considère , comme la plus haute élévation de la chaîne orientale, les montagues de Neige situées au bord
(1) LicMeoitcln , I , pas 870.
tUUTÏ-AFmlQlB : II* 01VIS10Ü , 5 7.
méridional de la première terrasse; c'est de là , et notamment de la montagne de la Boussole (1), la plus haute cime des montagnes de Neige , que la chaîne orientale continue son cours vers le nord-est. I.a contrée forme ici une espèce de grand plateau (tueud de montagnes , Gibirgsknoten , comme l'appelle Lichtenstein), d’où la pente de la première terrasse se prolonge à l’ouest, etlcbordoriental de la seconde terrasse, au sud. La contrée n'olfre plus ici une série de montagnes , mais bien un vrai plateau (comme l’Arménie); absolument différent de toutes les montagnes de l’Afrique méridionale , il est composé de vastes plaines et de vallées spacieuses et ouvertes, sans ravins ni rochers; malgré sa grande élévation, des routes faciles et commodes y aboi lissent de toutes parts. 11 correspond de tous côtés , par des pentes douces et bien arrosées, avec les plaines inférieures; ses cimes, séjour nés Bosjesmans, ne présentent que des coupoles légèremrnt arrondies , uniformes et nues; elles sont couvertes en hiver d’une épaisse couche de neige, mais elles n’ont ni la majesté, ni la magnificence qui distinguent ordinairement les montagnes. Barrow et Jansscns (S), les seuls voyageurs qui nous aient donné quelques renseignemens sur ces contrées, nous rapportent que le plateau des Bosjesmans, se continue au nord-est , sous la forme d’une immense haute plaine (3). Au nord-ouest, il s'incline insensiblement versla haute terrasse du fleuve d’Oranje, au sud-est, vers l’océan des Indes; le grand fleuve des Poissons qui prend sa source sur les hauteurs formant le partage des eaux entre l'océan des Indes et l’océan Atlantique , suit la même direction (4).
Si les hauteurs de ce plateau sont glacées et sauvages, sa pente douce et presqu'insensiblc vers le nord-ouest, jusqu'audelà delà ligne tropique , offre un aspect tout opposé ; un peuple laborieux et industrieux, les Bectjuanes, habitent ce pays ; la pente opposée , celle du sud-est , est le séjour d’innombrables tribus de Cadres , qui parcourent, en hontes nomades, les riches et belles prairies de cette contrée, jusqu'au rivage de la mer (a). Ces Caffres, peuple à demi-civilisé, sont les ennemis déclarés des Bosjesmans qui
(t) Lichtenstein U, paf. 4.
(S) Lkbtesutein tl, l'M- 65.
(3) Barrow I , par. 345.
(4) Barrow, aeo. of Travels U, pas. 335.
;5) Paterson , Sarratlse tn 3 journée to Caüraria , p. 95-
habitent les contrées plus élevées. Jusqu'à la route de Madagascar, la côte des Cadres est entrecoupée de montagnes de granit (1) dont les pentes sont toutes abondamment arrosées, fertiles et peuplées d’hommes et d'animaux.
Non loin de la mer. cette côte de granit se précipite soudain en rochers escarpés; à l'intérieur au contraire , il parait qu'elle se prolonge, en hautes plaines très-elevées, mais peu rapides, jusqu’au il* de latitude S. Le colonel Gordon assura au naturaliste Labillardière , avoir pénétré jusque-là, dans ses voyages en Afrique (jusque vers le pays des Biri et Manika, au nordouest du cap Corrientes?). 11 était aussi monté sur la montagne de la Boussole et prétendait avoir poursuivi ses expériences barométriques jusqu'à 12° au nord du cap de Bonne-Espérance. 11 fut tout surpris, un jour, de se trouver à la hauteur de 6,000 pieds (deux kilomètres), aidessus du niveau de la mer (2), et cependant , depuis longtemps, il n'avait fait que parcourir de grandes et vastes plaines sans s'apercevoir le moins du monde qu’il montait. Barrow observe qu’à mesure qu’on s'élève sur les terrasses occidentales , vers l’intérieur , on trouve les animaux et les hommes plus robustes et plus beaux (3).
2* Éclaircissement.
Terrasse littorale.
Nous ne connaissons ce littoral que par les récits des races caffres qui l’habitent , jusqu’à (Juiloa (4) sur la côte de Zanguebar. Les Caffres sont aussi étrangers aux Hottentots, qu’aux Nègres et aux Maures ou Mahométans de la côte septentrionale, qui les ont refoulés de plus en plus dans l'intérieur du pays(5). Immédiatement après la race des Caffres, viennent les Koussa , puis les Tamboukis (6) ou Mathimbas, au delà du fleuve de Basseb, et les Mamboukis ou Jmmbos (llarabona); en pénétrant plus avant dans l'intérieur, on rencontre, aux deux côtés, des montagnes (au nord-ouest de la baie de Da Lagoa , vers le 23° de latitude S.), les Mac-
(1) Vorster , Bermerk. und Wabrbelten. pag, 31.— Barrow 1 , pag. 375 — Uchlenitcln I, pag. 468.
(3) L*billar«IJère , Voy. I , pag. 89.
(3) Barrow, Account ofTrav. Il, pag. 123.
(4) Lichtenstein i, pag 391.
(5) Kdrisl, Africa, cura Hartmann CWiu, pag. 95.
(6) Barrow I , pag. 20l.