‹ Geographie Generale CompareeChapitre 60 sur 293 · PH · texte numérisé non relu

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(*) Bruce, Trav., t. VI. pas. 255, 343, et I. V. p. 318.

(3) Browoe, PH- 472.

(4) Bruce, Trar.,i. III, pat. 324, et Murray, Dtsaertailoo I. Vit, p»<. 393.

(3) B. J. BenmKlex la Purchaa Pllg.; 1004 . 1825, p. 11, tel lit».

séparer de l’alliage par la fonte. Les Portugais se sont convaincus eux-mêmes de ce fait dans une expédition qu’ils entreprirent hors du royaume de l’Abyssinie.

Partout, disent les habitans (1), où le sol est rouge il y a de l’or , et où la terre n’est pas rouge on ne trouve jamais d’or.

Remarque.

Forma de terrasee analogue.

Tels sont les faibles documeos que nous possédons sur ce pays qui n'a pas encore été visité par les Européens. Les mahométans de Bcrgou , Bornou, Darfour, Cordofan et Sennaar ont seuls pénétré dans ces contrées pour y faire le commerce de l'or et y chasser aux esclaves. La chasse aux esclaves appelée selatea s’est répandue dans toute l'Afrique orientale, c'est sans doute du mot telalea que vient le nom do tous les marchands d'esclaves slali [1). C'est à eux que noos devons le peu de connaissance que nous possédons sur ces contrées.

Mais comparons le peu que nous savons avec ce qui précède. Nous verrons que, très-probablement, la forme du plateau africain se continue sur la rive gauche du Nil à l'ouest dans le centre de l'Afrique et est entièrement analogue à celle que nous avons vue sur la rive droite sous la même latitude.

C'est encore ici le grand plateau éthiopique, où, suivant les récits des esclaves nègres, il tombe souvent de la neige et sur lequel le Nil-Blanc, le Bahrel-Abiad , prend sa source.

Ici est une seconde terrasse riche en mines d'or et en mines de cuivre qui s'abaisse aussi vers le nord, nouveau pays d'Alpes habité par des tribus idolâtres de Noubas (Sbangalla ou Foungl) et probablement coupé dans tous les sens par les innombrables affluens du Nil-Blanc (3).

Comme à l'est, le pied septentrional de ia terrasse est borné par une région boisée , large de trois à quatre jours de marche et couverte de tamarins; 4 partir de cette zone, s'étendent au loin les déserts de sable de Darfour, Cordofan et Sennaar d‘où s'élèvent parfois des lies de verdure, de fertiles Oasis.

Celte zone marécageuse et boisée où se précipitent d'innombrables torrent, où , à partir du mois d’avril , tombent pendant huit mois des pluies con-

tt) Bruce, Trar., I. VII, dans l'Appendlz et Murray, psj. 95.

(2) w. Youni dans les rreceedlnga of Afrlcan, ctc.,1. Il, par. 361.

(3) Seczeo, Im. h. Corrcap. 1300, Raera.

tlnnelles, où régnent les maladies et les fièvres, est habitée . comme à l'est par d'innombrables troupes d'élépbans, de rhinocéros, de sangliers et par une immense quantité de gibier ; on y trouve aussi les civettes en très-grand nombre et les habitans se nourrissent de leur chair(l}.

4* Éclaircissement.

Dar-Foungaro , pays des Foungi.

Ce pays d’Alpes occidental mérite d’autant plus d’attirer notre attention, qu'il est la patrie d'un peuple nègre conquérant, les Foungi; ce mot Foungi (2) lui-même signifie en arabe vainqueur ou maître; Bruce s’est trompé en disant qu’il avait aussi le sens iî esclave. Fin ISO! , ce peuple descendit de ses montagnes avec une flotte innombrable de canots sur le Nil blanc , soumit par les armes le pays qui s’étend sur ses bords, et prit possession de l'immense plaine de Sennaar. Dans les premières années il établit sa capitale b Sennaar, et fonda un état nègre , indépendant et fort.

Leur ancien nom de Nouba est encore usité (3) dans le pays d'Alpes , où ils sont restés idolâtres. Peut-être est-ce le même peuple qui , déjà avant les invasions des Arabes, avait fondé sa puissance à Dongola , et donné anciennement son nom b toute la Nubie.

On trouve encore des traces (4) de ce peuple nouba dans l’intérieur des montagnes de Lcbeit et llarraza, situées dans le désert de Cordofan. Aujourd'hui le siège principal du peuple nouba idolâtre est dans les montagnes de Deir et Touggala , ou dans le pays d’or de la terrasse de Fazouglo jusqu’à Dar-F'oungaro. Dans la langue cophlc , Nob (3) veut dire or , et c’est peut-être de ce mot que le peuple tient son nom.

Les Foungi vainqueurs devinrent mahométa ns, et ils ont cela de commun avec beaucoup dépeuplés conquérons , par exemple , avec les nations germaniques qui, victorieuses, fondèrent des étatschréliens. Une tribu de ce peuple qui, débarquant de ses canots, s’empara des bords du Bahrel-Abiad, s’est établie b Shitlouk (6) et a con-

tl) Bruce, Tnv., ippemllx,«I.ns Xurr.y, f. VU, P. 07-

(2) Tycbicn, Anm. iu Bruce R. Th. 6, pag. 355. Valera Mlibrtdatea, 3r Th. craie Abtb., pag. 237.

(3) Bruce, Tnv., t. Vil , dans I AppendU, pag. 08.

(4) Rrowue, Trav., pag. 472.

(6) Vater, Mlihridate* 3* Tb., craie Abtb., pag. 102.

(8) Browne, Trav., pag. 453.

serré ce nom. Une autre qui porte le nom ancien du pays que nous avons déjà cité d’après Bermudez, h'ous/i, ou Coustii selon Browne, nous rappelle les anciennes traditions du pays de* Couc/iites. Bermudcz qui connut cette tribu dans le pays même, était dans le Habech du temps de Christophe de (lama, environ l’an 1320.

Ainsi, cette race noire connue sous les noms de Kousni, Nouba, Foungi. Shitlouk. Shangalla, Troglodytes, forme au pied du plateau élhiopique depuis les côtes du golfe Arabique jusqu’à Dar-Foungaro , une immense ceinture de peuples, dont on peut poursuivre l’ezistencc jusque dans la plus haute antiquité.

N'est-il pas étonnant, d'ailleurs, que l'émrgralion de ce peuple montagnard dans ses canots sur le fleuve Blanc, coïncide avec l'époque des invasions des hordes Cal la? c’est la première trace de cette grande émigration de peuples qui, drpuis 1304 , pendant tout un siècle , caractérise d'unemanièresi frappante l'intérieur del’Afrique.

Est-ce une inondation , un déluge , qui força les peuples b quitter leur antique séjour? Nous ne trouvons la tradition d’un déluge (1) que chez les mahométans de Bornou , qui se donnent tous les efforts possibles pour prouver par l’étymologie que leur pays appelé proprement Ucr-lîoa (montagne de Noé), est celui sur lequel l’arche de Noé s’arrêta après le déluge. Pourquoi les babitans de la vallée du Bahr-el-Abiad émigrèrentils les premiers sur un si grand nombre de canots?

La conformation physique touteparticulièrede cette race nègre, ses rapports politiques, sa constitution, les traces primitives qui n’ont pas etc effacées par son mélange avec les tribus arabes et par le commerce, offrent une merveilleuse ressemblance avec les usages et les mœurs de l’intérieur de la Haute-Afrique (2).

BOItD OCCIDENTAL DE LA HAUTE- AFRIQUE.

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