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CHAPITRE IV

SAILLIE a. O. DE LA HALTE- AFRIQUE, LE HÂUT- SOt'DAN.

II nous reste encore à étudier la prolongation N. 0. du plateau africain; ce pays, que nous ne connaissons que depuis un demi-siècle, a conservé le type africain dans toute sa pureté; ayant gardé toujours sa virginité native, cette contrée n’a reçu de l'étranger ni mœurs, ni usages, ni arts; aussi loin que nos regards peuvent pénétrer dans le passé, la nature et l'homme quoique se transformant, se renouvelant sans cesse , semblent être restés ici dans une immobilité éternelle; sans monumens et sans histoire cette terre ne nous offre aucune trace d'une influence étrangère. La religion même, la plus forte de toutes les puissances, ncs'est introduite que dans les temps modernes dans ces pays lointains et chez ces peuples, dont la vie insliuctivc et pure ressemble à celle des idylles antiques.

C’est l'islamisme qui a été appelé h développer les idées religieuses chez ces peuples; toutes leurs autres institutions sont exclusivement le produit du sol naturel qui les nourrit et les porte.

L'intérieur du plateau nous est encore inconnu de ce côté; quelques accidcns isolés ont jeté cependant un peu de jour sur sa pente occidentale et septentrionale; en les comparant entre eux et avec des formes analogues que l'on rencontre dans d'autres pays, nous pourrons en tirer d'imporlans résultats qui valent bien la peine que nous examinions en détail le petit nombre de faits dont nous avons connaissance.

Âucuu géographe n'a encore failmention jusqu’aujourd'hui d’une haute terrasse ni d'un pays d'alpes , ni d’une avant-terrasse dans cette contrée. On nous parle de forêts, de cascades, de déserts, de nègres montagnards, de pays riches en or, d'états nègres, de défilés, etc., mais on ne donne pas la moindre idée des différens rapports qui existent entre ces individualités isolées. Peut-être que ce que nous avons dit déjà suffira pour nous faire entrevoir à travers cette immense variété , la grande unité qui caractérise la nature dans toutes ses formations.

Nous regardons comme la saillie N.-O. du plateau de la Haute-Afrique, le pays de montagnesd'où sortent les eaux du Mcsurado, du Rio- Nunncz, du Rio-Crande, de la Gambie, du Sé-

négal et du Niger; ces montagnes formant un demi-cercle de 6 à 10 degrés ou de ISO milles, dont la grande courbe s'étend vers le N.-O. et vers le N. sont situées pour la plupart entre le 8° et le 11* de lat. nord .

Les montagnes africaines, situées sous les tropiques et qui, comme l’on prétend, donnent naissance à des Heures aussi considérables que le Niger et le Sénégal, doivent nécessairement être très-élevées. Or, en Asie et en Afrique , les fleuves qui portent de grandes niasses d'eau dans les basses terres, ne descendent jamais d'une seule chaîne de montagnes; ils ont toujours pour berceau un plateau, sans lequel les sources ne pourraient pas se produire continuellement. Nous avons donc lieu de supposer que toute l'elendue de pays , en montant de la côte de Guinée vers le nord, est occupée par le plateau du Soudan ou des Noirs; cette supposition est d'autant plus vraisemblable que , sous tous les autres rapports, elle correspond parfaitement au caractère de la contrée.

Nous avons déjà vu ailleurs que les Aslianlis, les habitans de Degomba et leurs voisins du nord, habitent très-probablement la partie septentrionale de cette haute terrasse ou du moins la pente méridionale et septentrionale; les Foulahs paraissent occuper toute la pente septentrionale et les Mandingo celle du N. O. Jusqu'à présent nous ne savons encore rien de la haute terrasse elle-même, nous ne connaissons tout au plus que la première pente au nord et les terrasses moyennes siillantes, avec leurs appendices.

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