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BORD OCCIDENTAL, TERRASSE DE T! UEO

même jusqu’à la mer , près du Cap où il forme le pays de la colonie et près du défiléde Tarcma où il forme l'avant-terrasse du Baharnagach. La terrasse de Timbo, dont il est ici queslion et que nous ne connaissons que depuis 1794, par les royages de Watt et de Winterbottom (1), est situee à l’O. vers l’intérieur du pays.

tne ligne tirée de la Sierra-Leona, du sud au nord, rencontre, sous le 12° 40’ de lat. nord, le fleure de la Gambie, à l’endroit où il reçoit sur la rire droite les eaux du Nérico (2). Cette ligne marque la direction d’une chaîne de montagnes qui sépare du plateau situé à l’Est, la contrée plane de la terrasse littorale à l’O. ; la plus grande élération de cette chaine se trouve 'a 40 lieues de la côte, dans l’intérieur du pays.

La prolongation septentrionale de cette ligne forme, près de Barraconda où elle traTerse la Gambie, le rapide le plus occidental de ce système d’eau; le fleure franchit un immense banc de rochers, qui empêcha les Européens d’avancer plus loin avec leurs navires (3) et les força d’établir leurs factoreries à Barraconda. La Gambie , avant de franchir les rangs parallèles de la chaine de montagnes, forme encore à l’E. un nombre infini de cataractes, dont quelques-unes sont très-remarquables.

Le Rio-Grande, qui prend sa source sur la terrasse de Timbo où il s’appelle Dounso (4) , traverse également cette cbaine de montagnes à un mille géog. au nord de la route que suivirent Watt et Wiuterboltom et forme ici une cataracte de dix pieds de haut ; les voyageurs en entendirent le bruissement ’a une très-grande distance; le fleuve, qui a 120 pieds de large en cet endroit, roule une grande quantité d’eau et forme encore très-probablement plusieurs autres sauts; il sort de la chaîne qui borde la terrasse sur la même ligne que la Gambie et entre dans le littoral plane des Biafars, de même que la Gambie entre, audessous de Barraconda , dans les vastes plaines de Pisania. Si ces deux fleuves coulent au nord dans l’intérieur de la terrasse, ils doivent nécessairement changer de direction , à leur sortie de la chaîne limitrophe et se courber à angle aigu vers l’ouest.

(I) wadvlnrm, x.aay on colonisation, Lond., 1705, I. II, p. 109- coiberry, p. 327.

12) «ungo Park Tr»»., p. 35.

(3) Labat, nouvelle relation de l'Afrique occidentale, 1. 1, p. 306.

(4) sautlcal «ap Iniended for Ike nte et colonial oudertaku.gi U Slerra-leona, by C. Vf, Wadalroun, 1794.

On connaît encore 3 autres fleuves navigables au sud du Rio-Grande jusqu’à Sierra-Leona (1), qui tous coulent de l’E. à l’O. ; ce sont : le Hioyunez , le Pongo,\e Tafali , le Samos ou Barrriro, le Cassores et le Logo; mais ils sont peu importans, parce qu'ils ne prennent leur source que sur la pente occidentale de la chaîne limitrophe et non sur la haute terrasse de Timbo.

La chaîne limitrophe dont il est ici question , et la haute terrasse située à TE., n'ont été visitées et ne nous sont connues qu'en trois endroits.

A. Chemin montant, conduisant de la terrasse littorale des Biafars près de Ca-

coundy, à Labey et Timbo (2).

Sur le Rio-Nunez inferieur, à 14 milles 'géog. (70 milles angl.) de Cacoundy, dans l’intérieur du pays, se trouve un grand défilé qui conduit, . dans la direction del’E., à la terrasse de Timbo; il est très-fréquenté par les caravanes de Foulahs et passe pour le plus commode de la contrée ; on n’y rencontre aucune espèce de bêles de somme; les Foulahs sont obligés de transporter eux-mêmes leurs marchandises; ils portent sur la tète des balles du poids d’un quintal et demi et font souvent, ainsi chargés, 2 milles à 2 milles et demi par jour; ils servent de cette manière de communication commerciale entre la haute terrasse de Timbo et les terres planes (3) , comme les porteurs de fardeaux de Cachemire et deBoutan , dans la Haute-Asie. Cacoundy est, en Afrique , comme Bembour , Jombo et Bottrd en Asie, le principal marché pour l'échange des produits de la terrasse contre du sel et des munitions de guerre.

Les voyageurs qui ont traversé ces contrées, ne pouvaient marcher qu'à petites journées (ils mirent 16 jours pour faire 40 millesgéogr. jusqu’à Labay ou Laby ) ; sur une étendue de 23 à 30 milles ils eurent à traverser des rangées successives de chaînes de montagnes plus ou moins parallèles qui s’étendaient toutes du sud au nord, ainsi qu’il leur était facile de s’en apercevoir aux huit fleuves et aux onze rivières qu’ils rencontrèrent sur leur passage ; on leur rapporta que plusieurs de ces montagnes étaient très-élevées et très-difficiles à franchir. Pendant une partie

(1) Durand, Voyage au Sénégal, L I, p. 243.

(2) Eitracl of Br*. Walt and Wluterbouom, luWadslrtrai'a Euay, 1. 11, p. 110.

(3) PS. Ecaver, Afrlcan Xcmoranda aol., p. 342.

du chemin, la bordure extérieure de la terrasse était absolument aride; mais arrivés à Cacoundy, ils rencontrèrent des plantations de coton (1) et un climat très-favorable à la culture du cafétier, dont deux espèces croissent naturellement en ces lieux. Au delà de Cacoundy le pays était souvent très-fertile et partout bien cultivé ; à Laby, capitale de cette contrée , l'agriculture paraissait dans un état très-florissant ; partout il y avait abondance de riz, de mats, d'ignames et d'oranges. Le lait et le beurre formaient dans toute cette contrée la principale nourriture des naturels.

Laby avec 9,000 habitans, et Timbo, à 7 journées de marche à l'E. de Laby (au sud, selon la eartedupays), avec 7,000 habitans, passent pour les deux principales villes de la contrée ; elles sont toutes deux situées sur de hautes plaines unies; le matin et le soir, l'air y est assez frais et souvent les nuits y sont aussi froides qu'à Peschaver, Kaboul, Kandahar et que dans la Haute- Perse surtout quand régnent les vents d'E. (2). Le 21 février, à midi, le thermomètre marquait à Laby 00* de Fahrenheit (23° 3/4 de Réaumur), tandis qu'à 4 heures et 1/2 du matin, il n’indiquait que 81° de Falirenh. (8° et 1,2 de Réaumur). Le 11 et le 12 mars de la même année, par un temps d'orage et de pluie, le thermomètre tomba soudain à 11° de Fahrenheit, et une autre fois à 9* de Fahr. (3° et 4° de Réaumur). lin tel abaissement de température , sous le 10° lat. nord , prouve suffisamment que Walt et Winterboltom s'y étaient élevés à une hauteur très-considérable, qui équivaut bien à celle du pays d'alpes abyssinien. Le climat , quoique très-variable, et ne ressemblant en rien à l’uniformité de celui de la côte, est néanmoins trcs-salubre.

B. Chemin montant, conduisant de la terrasse littorale des Sousis (Soozces) , ou du rivage situé au nord de Sierra Leona ,par Bareira, Tambacouriact Dyambiliah , à la terrasse de Timbo (2).

C’est par là que nos voyageurs descendirent pour s’en retourner; ils nous représentent cette route comme plus pénible et plus dangereuse que la précédente , parce que depuis longtemps les nègres montagnards en défendaient l'entrée

aux nègres de la côte. Ils trouvèrent , comme dans l'autre , des chaînes de montagnes à franchir, des vallées à traverser, qui toutes s’étendent du sud au nord ; la haute chaîne de montagnes à l'E., près de Nyingia , comprend , à ce qu'il parait, toute la largeur de la pente montueusedu pays de montagnes limitrophe; or cette pente ne se compose pas d'une seule chaîne de montagnes ; elle se compose de l'ensemble de tout un système de chaînes parallèles, sur une largeur de 23 à 30 milles géographiques.

Ce défilé conduisant à la terrasse de Timbo est sans doute celui qui offre aux Européens la communication la plus facile avec le plateau du Soudan ou avec l'intérieur de la Haute-Afrique. Grâce à leurs efforts, les deux voyageurs sont parvenus à effectuer un traité d’alliance entre les Souzis et les Foulahs ; une voie libre est ouverte ainsi au commerce, et il n'a plus rien à craindre de ce côté. Nous espérons que les entreprises de la Compagnie de Sierra-Leona ne seront pas non plus sans résultat pour la science.

Remabqoe.

Sousou (l).

Le nom de Sousou que portent aussi les Sousi, parait être une appellation commune à plusieurs peuples; le major Houghton appela Sousu le pays des Handingoa que Banville nomme aussi Sousos.

2° Éclaircissement.

Plateau de Timbo (Teembo, Timbou.)

Jusqu'à présent nous ne possédons que peu de renseignemens sur ce remarquable pays d'alpes , habité par les nègres ; les voyageurs qui y ont pénétré y trouvèrent une population nombreuse et un accueil hospitalier (2). Le sol est presque partout rocheux et aride , un tiers seulement est bien cultivé ; mais on y rencontre de magnifiques pâturages alpins , et des troupeaux de hèles à cornes; les riches s’occupent à élever des chevaux, ce qui est absolument inconnu dans la région des côtes. Les mulets, les ânes, les troupeaux démoulons et de chèvres s'y trouvent en abondance. Les deux tiers de l'espace qu’occupe le pays sont couverts de collines.

Les habitans de ce pays d'alpes , les Foulahs

(t) Procedlnj», t. I, l*. 975.

(2) Wodatrœm, Saur oü colonisation, t. U, p. lit.

Digitiz

(1) rt». Bcaver, Afrlcan Memoranda *ot., p. 379.

(2) Wadsirccai, Eiu; on colonisation, t. Il, p. 110*

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