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Cours du yiger au-dessous de Ségo et de

Sansanding , suivant les anciennes relations.

Les anciens récits nous rapportent ce qui suit sur le cours du Niger : la ville de Jenne(Dschenneh), qui est plus grande que Ségo , est située à deux journées de marche (1) de Sitlah ; à deux journées au-dessous de Jennc, le Niger s'élargit en un grand lac noir (Dibbir) si vaste, que les canots qui le traversent de l'ouest à l'est perdent de vue ses bords pendant toute une journée. A l'est, il détache plusieurs bras qui se réunissent eu un seul lit prés de Kabra . port et mouillage de Timbouctou, situé à une journée de marche au sud de la grande villeque les Arabes appellent Timbouctou, les Portugais Toungoubouto (3), et les Berbères ou Scbellouh. Timoucatouh.

L’Ile formée par les bras du fleuve s'appelle Jeune (Jennie , J inhala, Genna, Jannij, ou Connu dans de Barros); la distance entre Jenne et Tombouctou est de 13 journées de marche par terre. Les bords méridionaux du grand fleuve , dont les eaux fourmillent de crocodiles et d'hippopotames , sont couverts d'immenses forêts daus lesquelles on aperçoit des arbres de haute futaie. Les éléphans qui errent par troupes dans ces bois, sont d'une taille énorme et colossale (3).

En navigant de Kabra vers l'est, on arrive , après onze journées de marche, à la grande ville de lloussa , ou plutôt au port de cette ville, appelé Boutou. Toutes les personnes que Mungo-

(t) Procecdings , t. Il , p. 304. — Xungo-rark, Tra». , p. 213.

(3) fie Barros , Asie Dec. , Mb. 3 , c. 8 , fol. 33 , 33 , e. il , eic.

(3) Jackson, Account, p. 303.

Park avait interrogéesdans son premier voyage sur les contrées de l'est, paraissent n'en avoir aucune connaissance, et il lui fut alors impossible d'en apprendre davantage sur les lieux mêmes , car une nouvelle langue qu’il n’entendait pas, sans doute la langue berbère, commençait à être parlée immédiatement au-dessous de Ségo. On conçoit facilement que les marchands interrogés par Mungo-l’ark n'aient pu lui donner aucun éclaircissement sur le cours oriental du Niger , car leur commerce ne s'étendait que jusqu'à Timbouctou, et tout au plusjusqu’à Uoussa. Ils lui apprirent cependant que des marchands de l’est, parlant une langue tout à fait étrangère, se rendaient également à lloussa et à Timbouctou , mais qu’ils ne savaient rien non plus de la fin du fleuve; ils disaient seulement que le Niger coule jusqu'au bout du monde (1). Les naturels firent voir à Mungo-Park des arcs et des flèches d'une espèce toute particulière, venant, à ce qu’ils prétendaient, du royaume de bassina, le plus oriental qu'ils connussent.

Suivant une narration du shérif Ifagi Mohammed, la navigation du Niger est interrompue à l’est de lloussa par des cataractes (sans doute des bancs île rochers et des rapides), car le fleuve franchit en ce lieu une nouvelle chaîne de montagnes (2).

Nous apprenons par d'autres relations (3) que le Niger est encore très-impétueux à lloussa, ce qui fait que les barques se tiennent toujours sur ses bords. En d'autres endroits, son lit est si bourbeux que les embarcations ne peuvent tenir nulle part sur leur ancre; on se sert alors de grosses pierres pourarrêlerles barques. DeTimbouctou à Jinnie, distance que l'on parcourt en trente journées, le Niger fait une très-forte courbe au sud , qu'on appelle cl Kos bit, c’està-dire l'arc du Nil.

A quitizejournées (ErAellal)a peu près, à l’est de Timbouctou , se trouve une grande eau [Bahar-Soudan), sur laquelle naviguent des vaisseaux pontés, montés par 130 à 200 hommes et portant 40 tonneaux de marchandises. Les habitons des bords sont ici d'cxcellens rameurs.

Suivant les documens positifs de Mungo- Park, il est constaté que, pendant les premiers 140 milles géographiques, le Joliba (4) coule de

(1) Mungo-Park, Trav., p. 314.

(3) Proceeainfi,, II, p. 324.

(3) Jack, on, Account, p. 305.

(4) kcnneO, Appeniill, p. U>.

JUGER. JOLIBA.

l'ouest à l'est, ou plutôt du sud au nord, jusqu'à ce qu'il se précipite delà haute terrasse h travers le rapide supérieur de Bammacou, d'où il se dirige de l'ouest-sud-ouest à l'est-nord-est. Mungo- Park ne le vit d’abord que jusqu’à Sillah ; il en explora ensuite le cours sur une étendue de 80 railles géographiques (100 miles) , et plus tard jusqu’à Sans&nding et Boussa.

Les découvertes faites depuis un demi-siècle sont venues ajouter à nos connaissances plus ou moins fondées du Niger une foule de détails, de corrections et de nouvelles traditions qui se rapportent en partie au fleuve, en partie à la connaissance des villes, des royaumes et des peuples qui se trouvent sur ses bords. Nous en extrairons ce qui suit :

Remarques.

Relation des témoins oculaires sur le cours

moyen et inférieur du Niger, ses bords et

les é lais qu ‘ tes couvrent.

Avant lesdocumens positifs que Mungo-Park se procura , dans son premier voyage , nos connaissances du cours moyen et inférieur du Niger se bornaient aux récits incohérens de quelques enclaves nègres et de marchands arabes ou plutôt maures, venus du Niger aux marchés d’esclaves, ou qui, dans leurs expéditions commerciales à Timbouctou, avaient vu les bords du fleuve, ou du moins en avaient entendu parler. On compara ces données, ainsi que les renseignemensde Mungo- Patk, avec les anciennes relations des géographes arabes, et surtout d’Edrisi (l 1 50) et de Léo Africanus (l 5 00), avec les récits recueillis, à l'est et au nord-est, par Hornemann (1790), Broxvne (1792) et Bruce (1708). Après de longs et pénibles travaux, commencés et exécutés pour la plupart par le major J. Rennel, géographe distingué, doué d'une saine critique et d un rare talent de combinaison, on parvint enfln à dresser, en 1798, d’après les voyages de Mungo-Park , la carte de l’Afrique, dont une seconde édition, revue et corrigée. a paru en 1802. Celle carte a depuis servi de base à toutes les descriptions postérieures do l'Afrique centrale.

Eürisi ( I) était né probablement à Ceuta. Il fit ses études à CorJooc, en Espagne, et écrivit en Sicile son ouvrage sur l'Afrique; mais il u avait jamais voyagé lui-mémc daus 1’iutérieur de celte

(!) J.-*- Hartmann tdrlsl Africa, e«l. Aller, Got'lng., 1796, jn go- d'après un manuscrit complet : Shcrlf Mohammed Ai, of Africa In Annatsof Oriental Uteralure. Lond., F.-l, Juxi, 1820, p. 130 144.

partie du inonde. On ne peut donc pas considérer ses travaux comme une source authentique. Nous avons de lui nne excellente compilation de traditions arabes sur l'intérieur de l'Afrique, mais dont il ne faut cependant faire usage qu'avec beaucoup de prudence. Scs indications ont surtout servi de base au tracé des contrées du cours moyen du Niger.— Jean Léon , de Grenade, surnomme l'Africain, fit d'ituporlans voyages dans l'intérieur de l'Afrique; mais, pendant son séjour à la cour de Rome, où il écrivit son ouvrage, sous la protection de LéonX, Use laissa souvent entraîner, par l’autorité des cosmographes de son temps, à appuyer des erreurs dont il avait lui-même reconnu la fausseté. C'est ainsi qu'il prétendit que, du Timbouctou, le Niger coule, à l’ouest, vers Jinne(Ginea)(l), et cependant U avait tui-méme navigué sur co fleuve en cet endroit. Un grand nombre d'erreurs s’introduisireutde cette manière dans la géographie de l'Afrique; il fallait de nouvelles decouvertes, sur les lieux mômes, pour mettre de l’ordre dans la confusion qui en avait été le résultat. On ne tarda pas non plus à sentir le besoin d'études plus sérieuses, et surtout de la connaissance des langues, pour l'intelligence et la critique des relations de voyages. C’est pour faciliter l'emploi des documens et des principales sources, que nous ajouterons l’aperçu suivant, sur lequel nous reviendrons plus lard*

A. Relations du shérif Imhammed sur Bornou et Kaschna, situés sur te Niger (1790) (2).

Ces relations nons ont été transmises par Lucas, qui les recueillit à Mesurata, dans le royaume de Tripoli. Pendant les seize ans qu'il passa à Maroc. en qualité de vice-consul anglais, ce voyageur avait eu l’occasion d’étudier à fond les langues et les usages de l’Afrique septentrionale; il se préparait à entreprendre, pour le compte de la Société africaine, un voyage au Soudan, lorsqu'il fut arrête dans scs projets par les dissensions intérieures des Arabes. Il fut accompagné au Fezzan par Itnhamtncd, shérif distingué de ce royaume, qui lui-même avait fait des voyages au sud, dans le pays des nègres. Lucas lui exposa une carte de l’Afrique dont il se proposait de faire présent au sultan du Fezzan, et l'invita à la rectifier dans les endroits qu’il avait parcourus. Le shérif , se sentant flatté de cette proposition, se montra trésbicnvcillant envers Lucas, et il est à présumer qu'il rectifia exactement toutes les erreurs, puis-

(1) jMimlt Leoofv Africsnts, lof. Afrlcx Drscrlpt. , l.b. ix. Attiw., 1558, ln-8% lib. t,p. 3, • ; ed. Lugd. Bat., Eltevir.,

(2) Proeeedlogs gf Lbs Afric. Associât., I, p. 127-180.

qu'il devait lui-même présenter ce voyageur à son maître. Lucas rassembla ainsi tous les doc urne ns qu'il nous a comiuuuiquts dans les écrits de la Société africaine. Nous les citerons à l'avenir sous le nom de Shérif Imhammed,

B. Voyage de Salam Shabini, de Fez à Tim-

bouetou et de là a Moussa ( 1787).

Celte relation de voyage nous a été communiquée par J. Gray-Jackson (l), professeur de langue arabe, qui résida seize ans , en qualité d’envoyé anglais, dans la Barbarie occidentale, à Maroc et à Mogodore. Dans sa jeunesse, Shabini, natif de Tétuan, vint, avec son père, à Timbouctou et à Iloussa , où il demeura jusqu'à sa vingt-septième année; de là, Il s’en retourna à Téluau, et, voyageant plus lard comme marchand, il se rendit, par la Mecque , à Hambourg et en Angleterre, où il eut des relations avec plusieurs membres de la Société africaine.

De retour à Tétuan , il fut pendant quinze aus en rapport de commerce avec Gibraltar. C'est alors qu’il fit la connaissance de Gray -Jackson, qui put ajouter aux récits de Shabini une quantité de détails qu’il avait recueillis de la bouche d'autres Maroquins qui avaient également visité le Soudan. La connaissance profonde que Jackson avait acquise de l’arabe -magrebbin , langue générale de tout le nord de l'Afrique et du Soudan, rendirent le long séjour de cet auteur à Mogodore très-important pour la géographie de cette partie du moude (2). Nous citerons à l’avenir la relation du voy age dont il est ici question sous le nom de Sha tint, et les remarques de Jackson , pour les distinguer de sou premier ouvrage, sous le litre de : Jackson s Acc. of Timb.

C. Voyage de Sidi-Mamet, de JVcdinum à Timbouctou et à H' assenait (avant l’année 181 3).

Nous sommes redevables de cette relation de voyage à J. Riley, subrccargue du brick américain le Commerce. Son navire ayant fait uaufrage sur la rôle occidentale du Sahara, ce malheureux tomba entre les mains des Maures du désert, qui le firent esclave. Sidi-Hamet, que ses affaires conduisaient à travers ces déserts , acheta Riley (3), et le conduisit , avec quatre compagnons d'infortune ,

(1) Et-B*pe-Al»d-Salam-Sbab-*ny, Account of Timbnctrio, and Douta icrrltoric*, esc.; wlih notes cr.tical, i» wblcb Is • ided Letien, elej hy J. dray-Jaiksoo. t ond., 1820, ln-8\

(2) Jackson, Account of Naroccu,aml tbe districts ofSuse and TaQU'it, eu-, Lond., 2'dd., 1811, in-4\

\3) Lo»» of tbe Amci icau bnç Commerce wreckcd en tbe

à Mogodore, pour les rendre à la liberté moyennant une forte rançon. Sidi-Hamet avait fait trois fuis le voyage de Timbouctou , et , sans le secours de la boussole, parcourait, dans tous les sens, les déserts de l'Afrique septentrionale, sans attire guide que les étoiles. Arrivé à Mogodore, dans la maison du consul anglais, cet homme intelligent fit, au noble Will. Willshire et à Riley, le récit de ses voyages (l), que nous designous ici sous le nom de Sidi-Hamet.

D. Relation d'Adams-, sa captivité à Timbouctou (1810;.

Le Charité , vaisseau américaia , échoua . an moi» d octobre 1810, sur )» cùle néhulcuso du cap Blanc; Adams, qui s'.» trouvait en qualité de matelot, tomba au pouvoir des Maures, qui cierceut sur toutes ces cèles le droit de varech. Ces Maures, ayant un jour entrepris une expédition à l'est, vers Soudenv (Toudcny), lieu le plus reculé du royaume de Bambarra, pour y prendre des esclaves, furent soudain attaqués et mis eu déroule par les nègres, qui les transportèrent comme esclaves à Timbuiictou, Adams eut I avantage de vivre pendant six mois dans la maison du roi (qui, sans doute, n'est qu'un simple chef), où il fui très-bien traité, it O jouit d une certaine liberté, jusqu'à ce qu ayant clé racheté avec scs maîtres maures, il fut de nouveau transporté, comme esclave, à la frontière du Maroc. Peu de temps après, il parvint à a échapper , il se sauva à Mogodore, où il regagna sa liberté. Pauvre et dénué de tout , il errait, en 1010, dans les rues de Londres, lorsque M. Dupuis, consul anglais à Mogodore , confirma la vérité de son aventureuse histoire. Ses récits furent accueillis par plusieurs membres de la Société africaine, qui les publièrent (j) tels qu’ils les avaient entendus de la bouche du voyageur. Mais les Indications d'un matelot sans éducation, et qni, dans l'esclavage, n'elail guère disposée observer, devaient nécessairement être mêlées d'inexactitudes, de traditions et Je fausses idées ; aussi , ou ne peut les comparer aux rapports d'hommes instruits et inli liigens, tels que ceux que nous avons cités auparavant. Cependant elles renferment beaucoup de vérités, et pourront aiusi servir à confirmer d'autres relations.

western coa*t of Africa In lhe moiith of Aug. 1815 , wlth an Account or Tnmbncloo, etc. ; by Jam. tllcy. London, in- 4», 1817, p. 114.

(1) lliey'i Los*, p. 347 3 VH).

(2) Eobert Adam', Narrative of Travela In IbC iutcrlor of

Africa. London, 1810, — Camp, la Quart erly Et vie w,

et H. Murray, Bislor. Acc., vol. I, ch 10, p. 408-480.

Mf.RR. J0L1BA.

E. Relation de Iladji- Mohammed sur te Timbouctou. communiquée à /’ Association africaine (1 )ipar M. Cahill de Rabat .

Hadji-Mohammed demeurait près du puits d’A- % %roan, l'une des principales stations du désert de Sahara, sur le chemin de Tiiubouctou, et au nordouest de cette ville. Ce Musulman vit Mungo-Park à Sansanding, s’offrit à 1 accompagner à Timbouctou, et confirma la dernière expédition du grand voyageur jusqu’à Kabra.

F. Relation de flù'dji-Talub sur le Timbouctou .

Le colonel Fitz-Clarence (2), auquel nous sommes redevable de cette relation , rencontra , en revenant de l'Inde , en 1010, le riche marchand Talub , natif du Fezzan , qui s’en retournait d’un pèlerinage à la Mecque, où il avait accompagné deux princes du Maroc; il lui donna plusieurs indications sur le Soudan, qu’il avait déjà visité trois fois. Les renseignemens (3) recueillis par ce voyageur musulman à Timbouctou , en 1007, seront cités, à l'avenir, sous le nom de Hadji-Talub .

G. Relation d'un voyage d'Alex . Scott sur le Bahar-Tieb ( lac de Dibbie) et à et tlezsch sur le bord méridional du ;V/ÿer(1811).

II. Renseignemens recueillis (m 1817 (1) par Bowdich et II u le /tison à Commassie , dans te pays des As/tan lis, de la bouche des Mullahs, dont il a déjà été question plus haut (vol. I, p. 438, 2° remarque).

Ces documents, les seuls qui nous soient parvenus du sud sur le cours du Niger, varient, sous plusieurs rapports, de tous les autres renseigoemeulsqoe nous possédons jusqu’aujourd'hui.

I. Relation de Mohammed , martre d'école à Tripoli , sur Timbouctou, Wang ara et Tissa ou le fleure du IS'iger (1819), recueillie a Tripoli par Ritchtc .

Mohammed , né à Timbouctou, de parens mahoroétans, avait fait deux fois le voyage de Tiinbouctou à Tripoli, par Gha. James et Tuât. Les observations de ce témoin oculaire, sur sa patrie, offrent un très-grand intérêt ; elles ont été trouvées dans les manuscrits de Ritchie (2), et nous les citerons à l'avenir sous le litre de Mohammed, dans Ritchie.

J. Relation de Hadjèïl omet sur Bornou, dam • barou , Kaschna et W angora , situés sur le Tschadi et le Kulbi (1819).

Celte relation fut recueillie, à Liverpool, par Will. Lawson cl Stewart Traill, de la bouche du voyageur lui-tnéme (4).

Alex. Scott, matelot, échoua avec son vaisseau sur la côte africaine, entre le cap Noun et le cap Bojador. Jeté aussitôt dans l'esclavage, il parcourut avec ses maîtres, pendant six ans, le désert du Sahara, et arriva, au delà du territoire de Bambarra, à un grand lac d’eau douce [Bahar-Tieb) , qui n’est autre choie que le Dibbie, que Mungo- Park traversa à l’est de Jinnie. Scott le passa également, se dirigeant , au sud, vers le lien saint de Sidna- Mohammed, où ses maîtres et un grand nombre d'autres voyageurs mahométans se rassemblaient comme à un lieu de pèlerinage. De retour à la côte du Sabarah, Scott parvint à se soustraire à la tyrannie de ses maîtres , et arriva heureusement, en 1 8 1 G, à Mogodore. Nous invitons à comparer à ce sujet les remarques de Kennell.

(1) II. lurray, Acc. of Dlscoverles and Trav. In Africa, Edinb., 1817, p. 435.

(2) Colon, rili-r.iarencc, Journal of a roule acrots India tbrou&b Eeypte to Engeland. Lond., 1819, ln-4°.

(8) Ceographiacbc Epbtn>cridrn, Vil, l. 1, p. 133 138.

(4) Account of the captivlly of Alexander Scott, among the wamJerinp Araba,etc., fl yeara. Wilb «eogr. Re marks by maj. lenneil. in Edinb. pbiloaophical Jours., 1831 , Jan , o* vm, P 38-63, et n“ vui, p. 236 340.

Ritchie (s) recueillit, à Mourzouk, capital du Fezzan, de la bouche de lladji-IIamet , natif du Bornou, le récit d'un pèleriuage que celui-ci avait fait à la Mecque, cinq ans auparavant. Cette relation intéressante sera citée à l'avenir sous le nom de Hadji-Hamct, dans Ritchie.

L. Voyage de Sidi-Mousa, de Waday , par le Bagherme , le Bornou , etc. , au Fezzan (1819).

Sidi-Monsa, marchand tripolitain, rencontra Ritchie (4) à Mourzouk, et, après avoir fait sa connaissance, il lui raconta ses voyages tels qu’ils nous sont rapportés dans le journal anglais.

Les trois dernieres relations sont, sans contredit, les plus importantes de tontes celles que nous avons citées jusqu'ici. Elles ont principalement servi de base à la carte conjecturale du système de fleuves de l’Afrique centrale (3).

C’est au zèle et à la persévérance de M. Ritchie, vice-consul à Mourzouk, que la géographie doit toutes ces intéressantes relations , ainsi que bien

(11 Bowdlcb, Minton to Avbantce, p. (I, p. 181-204.

(2) Quartcrly Bcvicw, Lond., 1820, May, p. 230-231.

(3) Quartcrly Revic-w, p. 431-233.

(4) Quartcrly Bcvicw, p. 233.

(.ftjADg., Geoge. Epbcmcrldcn, 1830, VII n* 4.

«'•titrer rteherrhe» que la QuarterOj fleefnr» comparées arec les indications de Burckhartll. Rilchie fil sou entrée à Mourzook, capitale du Fezzan, au mois de Mars IB 19. Cet intrépide voyageur nourrissait depuis longtemps l'espoir de découvrir l'intérieur du Soudan, et, le premier, il arbora le drapeau anglais au centre de l'Afrique.

Il s'élait proposé de faire, l'année suivante, aree lladji-Ilamcl, gendre du srheikh de Kanem , un voyage à Kashna, de remonter ensuite le Niger, et d aller à Nyffi, sur le Babr-cl-Soudan, où Ilorncmann, dit-on, mourut marabout ( il vivait encore, en 1803, à Kashan (1)). De là, il devait traverser le continent africain, au sud du Niger, et s'en retourner par Digomba cl le pays des Ashantis; niais il mourut à Muurzouk, en 1819.

NI . Ik/n/inn de J.- C. Burckhardt sur /es pays du Soudan à l'ouest de Darfour (1817).

Ces renseignements, recueillis par le savant et infatigable voyageur de la bouche des pèlerins qu'il rencontra au Caire, sur le Nil, nous ont été communiqués par lui-méme, comme appendice à ses voyages en Nubie (l); ils confirment et cipliquenl d'une manière admirable toutes les donnéis que nous possédons, sur les contrées orientales du système d'eau, entre le Niger du Houssa et l'Abiad du NU.

N. Voyage en Afrique de Mohammed E/m Ba-

tula. l'an TUdef Hégire ou tanXZiiapres

la naissance de Jésus-Christ.

Nous croyons devoir ajouter aux documenta nouveaux sur la géographie de l'Afrique centrale, documents qui nulle part encore n'ont été employés dans tonte leur étendue, les voyages do cet ancien géographe arabe attendu qu on ne les connaît que depuis peu de temps, et qu'ils sont l'une des meilleures sources que le moyen âge ait léguées à la g ographie. L'ouvrage d'Ebn Itatuta est le récit d'un témoin oculaire qui parcourut, pendant trente ans (depuis 1334 jusqu'à 1334), l’Asie et l'Afrique, et trouva partout, en sa qualité de Musulman et de croyant, un accueil hospitalier. De retour à Taogier (Tingitana, Tandji), sa ville natale, située en Barbarie, il se reposa de ses fatigues, et écrivit l'histoire de ses aventures. Son dernier voyage est celui du Soudan. Il se dirigea d'abord, par Segelmeua et le désert de Sabara, vers le Niger (AVI), à Ségo (ïorsiecAou) et à Tirubouctou. De là, il alla à Mali, et, revenant à Timbouctou, il continua son voyage vers Koukou, Sa gherme

(1) 8. «urrsr, Bistor. Scconnl ofO'scov., vol. !,p. 432.

(2) 4—1, Burckhardt , Trsvels In subis Lond., 1819, ln-4*. Appelons , u* II, p. 484-492.

(Bourdsma)et TVictMo. Ses réélis confirment, d'une manière admirable, les renseignements que nous out donnes Rilchie et Burckhardt. Malheureusement, nous ne les possédons qu'en extraits, et, jusqu'à présent, l'original, qui doit être très-rare, nous est encore inconnu. Burrkardt lui-méme ne pnt se le procurer au Caire. Les deux éditions différentes des extraits ont été découvertes en mémo temps, par Burckardt (l), au Caire (en 1818 et 1 8 1 7, an mois de janvier), et par Kosegarten, en 1818(3), dans la bibliothèque de Gotha, ou s'en trouvent trois manuscrits. Ces deux éditions no varient que dans les noms propres. Nous les désignerons, dans la suite, d'après les différentes éditions, par les noms de B. et de K. La (Juarterly Kevieie (3) a essayéde les collationner toutes deux avec les noms connus déjà auparavant.

Lagrandevariétédes sources que nous venons d'indiquer rend, à la vérité, leur emploi difficile sur uu terrain aussi vaste que celui où nous nous trouvons ici placés; cependant leur connaissance est indispensable, surtout pour nous donner une juste idée des progrès que la géograpltie a faits dans ces derniers temps.

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