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SYSTÈME D’EAU DU NIGER

11 y a plus de deux mille ans qu'Dérodote, dans son immortel ouvrage, nous donna les premiers renseignemens positifs sur ce grand fleuve de l'Afrique , qu'il fait couler de l'ouest à l'est, entre le 10 et le 20* lat. nord. Plus tard , on rejeta comme fausse l'opinion du grand historien jusqu'au moment où les eaux du Niger furent de nouveau découvertes. Ce n'est que depuis quelques années seulement que de nouveaux voyages ont permis d'en tracer le cours.

1" Éclaircissement.

Cours supérieur.

Jusqu'à présent nous ne savons encore rien de positif sur les sources du Niger. Suivant les informations que prit Mungo-Park, ce fleuve remarquable, que les'Mandingos n'appellent jamais que la Grande-Eau ou Joliba et d'autres nègres Gu/bi ( Ju/ibi ) (1) , prend son origine non loin de Sancari, au sud de la terrasse desMandingos, et comme le Nil, sous le 11° lat. nord. Après un cours de 30 milles géographiques (130 miles) au nord , il se précipite de la terrasse des Mandingos comme un torrent impétueux , et forme plusieurs rapides près des rochers de Bammakou (2). II est toutefois possible de les franchir avec des barques dans le temps des grandes eaux, en traînant ces barques avec des cordes et en longeant de près les rochers.

Lorsque les eaux sont basses , on passe le Niger à Hammakou. Mungo-Park pense que dans les hautes eaux, il serait impossible à une barque de le franchir.

Le Niger grossit très-rapidement à peu de distance de sa source; le volume de ses eaux est très-considérable, et dans les terres planes, près

(1) Joi/àa cl Gulb! ne sont probablement qu’un seul nom dans l'orifine. Voy. Valtr, dans Mil bridât e, lit, i„ p. 147.

(2) ■ut»80'Park,Tr.,p. 237. — kemu.ii, Appeudis, p. xx.

de Balaba, il a déjà la largeur d'un lac (I). Près de Bammakou, où Mungo-Park le quitta (à 30 miles de son origine) , le Niger était le plus grand fleuve que ce voyageur eût vu encore en Afrique, et pourtant la saison des pluie» ne faisait que commencer. L'abondance de ses eaux lui a fait donner par les Arabes le nom de JY il et k'abir, c'est-à-dire le grand Nil (2).

Suivant le rapport de Mungo l’ark , le Niger n'est alimenté par aucune rivière sur toute sa rive septentrionale depuis le Sahara; il reçoit donc probablement au sud un grand nombre d'affluens des montagnes de Cong et du Haut- Soudan (3). Mungo-Park voulait remonter le Niger sur sa rive méridionale, à partir de Silla; mais il apprit bientôt qu'il lui serait impossible de pousser plusavant, à cause du grand nombre de fleuves ou d'affluens et de marais qui barrent partout le passage (4).

Au-dessous de Jabbi , les montagnes et les hauteurs disparaissent soudain des deux côtés du fleuve , et l’on voit s’étendre , sur les deux rives, les immenses plaines de la Nigritie.

Dans son second voyage, Mungo-Park ajouta peu de documcns nouveaux aux connaissances que nous avions déjà du cours supérieur du Niger. Il ne nous apprend absolument rien de la source de ce fleuve. Mollien assure qu'elle se trouve dans les bois entre les monts Soliman et Couranco, à onze journées de marche au sudest des sources du Sénégal (3), qui, suivant ce voyageur, sont situées près de Tankan (au 10° lat. nord et 9° long, ouest de Paris, suivant Mungo-Park; au 10° 6' lat. nord et au 13° 36’ long, ouest de Paris, suivant la carte deMoliien). Il faudrait ainsi placer l'origine du Niger beaucoup plus à l’ouest, c'est-à-dire entre le 11 et le 12” de long, ouest de Paris, et non pas entre le 8 et le 9°, comme on l'a, fait jusqu'à présent , en s'en rapportant, avec Mungo-Park, aux récits faux et erronés des naturels du pays. Le Couranco (6), que nous venons de nommer , est , diton, une chaîne de montagnes qui borde au sud le royaume de Fouta-de-Jallon et le pays de montagnes qui donne naissance au Rio-Grande, à la Gambie et au Sénégal. 11 n’est pas très-éloigné

(t) «nnso-Pirk, tr.*., p. 230,— «ennell, Àpp., p. Kl.

(S) JtrKon, Account of Narncco, p. 305.

(3) Ibid.

(4) Mun;o Trrk, p. 813.

(5) Mollien, V°r. Péril, 1820, ln-4”. I

(8) U>ld.

de la côte de Sicrra-Leona , ni de la colonie du même nom, qu'il avoisine à l'est. Mollien s'était proposé de visiter cette contrée en prenant pour point de départ Timbo et Bandeia; mais des bandes de brigands le forcèrent de s'en retourner à l'ouest (1). Il apprit cependant des nègres que les montagnes de Couranco forment le dernier anneau d'une chaîne située au sud-est , et trèsextiaussée. Les sommets de celte chaîne, disentils, sont continuellement rouverts d'un chapeau blanc , c’est-à-dire de neiges éternelles , et envoient des masses d'eau considérables dans l'Océan.

Au nord-est, celte chaîne s’appelle Soliman, d’un nom mahnmétan ; c'est d’ici que le X iger, sous le nom de Dialli-Ba, c’est-à-dire Joliba, qui signifie grand fleuve ( Ba veut dire fleuve), coule vers Ségo , pays où les nègres Foulahs de Timbo font un commerce très-considérable. Il parait que , dans la saison de la sécheresse , le fleuve n'est navigable qucjusq’h Marabout, au-dessous de Bammacou, où une chaîne de rochers en barre le passage. Mungo-Park vit, pour la seconde fois, le Niger près de Bammacou, le 19 août 1803; il était plus large que le Sénégal et la Gambie (9). Notre voyageur le trouva encore renfermé dans ses bords, quoique déjà gonflé par les eaux des pluies; il avait un mille anglais de largeur, et deux milles près des rapides. Les rapides, trèsnombreux en cet endroit , sont formés par une chaîne de montagnes qui s’étend dans la direction de l'est. Ils correspondent tous aux angles saiilans des montagnes , et forment trois grands tournans près desquels le fleuve roule à grand bruit ses flots impétueux. I.e canot qui portait Mungo-Park et les siens, les évita en prenant un bras latéral. Mungo-Park vit surunelle située au milieu des rapides un énorme éléphant et, à côté de cet animal , trois hippopotames qui faisaient jaillir l'eau comme des baleines. Le 93 août, seconde journée, le canot passa le troisième rapide , et prit terre près de Marrabou (3) , sous le 19' 48’ lat. nord ( Marabout , suivant Mollien). Mungo-Park s'arrêta en ce lieu jusqu'au 19 septembre; il y altcndit le retour de son guide Isaaco qu’il avait envoyé avec de riches présens à Hansong, roi de Bambarra , pour en obtenir la permission de poursuivre son voyage sur le Niger, permission quilui avait été refusée la pre-

(I) Sol lien, vor, Paris, 1820, ln-4®.

<2| Sunso-Park, Journal, p. 140.

ISM., p. 144.

mière fois. Mungo-Park promit à son interprète Mandingo de lui donner, s’il s'acquittait fidèlement de sa mission, toutes ses bêtes de somme, ses chevaux et ses ânes , dès qu’il se serait embarqué à Ségo. Il s’occupa, en attendant, à se procurer 90.000 cauris ou coquilles , seule monnaie que l’on connaisse dans ce pays.

tin ne trouve pas de bois dans la contrée de Marrabou; il fut donc impossible aux voyageurs d'y construire des barques. Les meilleures forêts de bois de construction sont situées près deCancari, au sud de Bammacou, sur un bras navigable du Niger; les Bambarras en tirent presque tous leurs canots, qui sont construits en bois d'acajou (1).

Le 19 septembre, M.-Park s'embarqua avec Boucari , chanteur et barde du roi de Sego , sur de magnifiques canots montés par trente-huit rameurs, et continua ainsi son voyage sur le vaste miroir des eaux du Niger. Il passa avec une rapidité extraordinaire , devant Coulicourrou , Dina et Yamina (13" 13’ lat. nord); le 16 septembre, les voyageurs arrivèrent à Sami, après avoir souvent fait 6 à 7 milles anglais à l’heure. Là ils furent questionnés minutieusement sur leurs intentions et sur les motifs qui les amenaient dans le pays. Après l'interrogatoire, ils reçurent enfin la permission de séjourner. Mungo-Park essaya de faire comprendre à l’envoyé du roi que son unique intention était d'ouvrir un nouveau débouché pour les marchandises anglaises, dont il avait envoyé au roi des échantillons en présent. Il ne tarda pas à recevoir la réponse la plus favorable (9) de Mansong qui promit de le protéger jusqu’au Timbouctou, de favoriser son retour à l'ouest ou la continuation de son voyage sur le Niger, vers le lever du soleil.

Mungo-Park résolut alors de s'établir à Sansanding, situé sur le Niger, au-dessous de Ségo, et d'y construire un bateau. Le 96 septembre, il passa devant les dunes de sable et les murs de Jabbi et de Ségo , où , pauvre et dénué de tout, il avait mendié son pain dix ans auparavant; le 97 , il arriva heureusement à Sansanding , qui appartient déjà au cours moyen du fleuve.

Cours moyen.

La grande route des caravanes, qui conduit,

(1) Mungo-Park, Journal, p. 146.

(3) IMd.,p. 164.

MGE».

par Kaarta et Bambarra , de l'occident , c’est-bdire du Sénégal, b l'est, rencontre le Niger prés de Jabbi. C'est là que, dans son premier voyage, Mungo-Park , b peine échappé aux dangers sans nombre qu’il avait courus, et, conduisant par la bride son cheval épuisé de fatigue, fut tout b coup tiré de son abattement par le cri de joie des nègres qui raccompagnaient : Geo affWi! voilà l'eau (1). Nous rapporterons ici les paroles de notre grand voyageur. «En regardant devant moi , je vis avec ravissement le grand objet de mon expédition : c’était le majestueux Niger, si longtemps cherché b travers tant de dangers; ses eaux étincelaient aux premiers feux du soleil; il était large comme la Tamise près de Westminster, et roulait ses dots paisibles vers le levant. Je me précipitai sur ses bords, je bus de ses eaux et envoyai mes actions de grâces b la Providence éternelle , la remerciant de ce qu’elle avait couronné de succès mes efforts ! »

bientôt Jlungo-Park aperçut sur ses bords fertiles et cultivés, Ségo (2), résidence du roi de Bambarra , entourée de hautes murailles de terre. Les toits de cette ville étaient très-élevés, ses rues larges; elle avait plusieurs mosquées, et comptait au moins 30,000 habitans. Les bacs qui transportent b l’autre rive les voyageurs avec leurs chevaux sont formés de longues barques creuses, liées ensemble deux à deux.

La foule des passagers était si grande , que le pauvre blanc fut obligé d'attendre deux heures avant que son tour ne vint. Il était absorbé dans la contemplation du nouveau momie qui l'entourait; il admirait la grande ville, le commerce actif, la quantité de canots qui couvraient le fleuve, la foule qui se pressaitdans lesavenues, et les champs cultivésqui s’étendaient tout autour; tout indiquait un degréde civilisation et de bienêtre qu'on n’a pas l’habitude de se représenter aurueurdc l’Afrique. Le voyageur anglais croyait plutôt revoir sur les bords du Nigerune des contrées de sa patrie, qu’une terre africaine (3).

Depuis Ségo, les villes et les villages se succèdent sans interruption sur le Niger; Sansanding (4}, ville de 8 b 10,000 habitans, est située b trois journées de Ségo ; la navigation y était très-active ; Mungo-Park y trouva une vingtaine de canots charges de marchandises. Plus bas, il

(I ) Jliinro -Park, Tra»., p. 104.

(2) Ibid.

(3) IbM., p. 202.

(4) Ibid., P.203.

JOL1BA . jjj

rencontra la grande ville de IS'iara cl le superbe village de Hadibouh (1), situé sur le bord du fleuve. La vue est ici des plus pittoresques; on aperçoit le cours du Niger à plusieurs lieues de distance et à l’est et b l'ouest. Le fleuve, large et majestueux en cet endroit, est couvert de petites Iles verdoyantes qu’habitent les paisibles Foulahs avec leurs tronpeaux, et où ils sont b l’abri des grands lions au poil roux , si nombreux et si dangereux sur ces bords. Mungo-Park y jouit d'un coup d'œil magnifique sur le fleuve , qui est partout très-poissonneux. En partantdeMadibouh , il se dirigea sur Sillah, mais, arrivé en face de cette ville , il se vit forcé de rebrousser chemin à l’époque où le soleil, entrant dans le tropique , indiquait le commencement de la saison des pluies (2). Ce n’est que comme par miracle qu'il réussit b se soustraire aux poursuites des naturels et des terribles lions qui guettent sans cesse leur proie sur lesdeux rires du fleuve, et qu'il parvint b passer les marais et les amas d’eau, qui, pendant les pluies, croissent de jour en jour. Ce fut le terme du premier voyage de Mungo-Park. Voici maintenant ce que nous apprend le second voyage.

Mungo-Park jeta l'ancre près de Sansanding, le 27 septembre; de tout es parts la foule se pressait autour de lui. Ce voyageur donne b cette ville 11,000 habitans; elle a deux mosquées, et est assez élégamment bâtie ; le marché (3) ( bazar) contenait une grande quantité de marchandises divisées en plusieurs magasins {sla//), qui tous étaient garantis contre l'ardeur du soleil , par des nattes. Mungo-Park y remarqua entre autres de l’indigo en ballots, des cendres de bois en tas, des verroteries , des étoffes de Haussa et d'I unie, tout un magasin d'antimoine en petits paquets , des boutiques remplies d’anneaux de cuivre, d'anneaux d'argent , et de soufre. Chaque sorte de marchandises était distribuée dans des loges particulières. Dans la première rangée de maisons du marché on vendait de l'écarlate, de l'ambre, des étoffes de soie de Maroc, du tabac qui paraissait avoir été cultivé dans le levant et qui arrivait par Timbouclou, Le marché de sel occupait un coin de la place; une seule tablette de sel (a slab) s’y vendait 8.000 cauris (4); les boucheries étaient aussi propres et aussi bien dis-

(1) Kungo-Park, Trar,, p. 208.

(2) Jackson, Account, p. 304.

(3j Mungo-Park, Journal, p. 158.

(4) Ce tout uni doute de cc» muette» s<oi deux fout

AFRIQUE, SYSTÈMES D'EAU : II* DIVISION, J 2t.

posées qu’en Angleterre. Il y avait souvent, sur le marché à la bière, 80 à 1 00 calebasses , contenant deux gallons chacune. Cette bière, qui, comme chez les Foulahs île Timbo (1), se brasse avec <lu maïs , est réputée meilleure que le If'/iitbreaii anglais. Son loin île là était le marché au cuir ; on y vendait du cuir de couleur rouge et jaune. Outre ce bazar journalier, il se tient encore tous les jeudis un marché parliculierhSansandingjl’affluenceest tellement grande, que ces jours-là on y consomme toujours 10 à 20 Incufs.

Mungo-Park attendait b Sansandingles canots que lui avait promis le roi de Ségo; mais , voyant qu'ils ne lui arrivaient pas. il résolutd’en acheter. Pour se procurer des cauris, seule monnaie du pays, il mit en vente les marchandises qu’il avait apportées d’Europe.

Ses affaires allèrent très-bien du 8 au 16 octobre; il débita en un seul jour pour 23,733 cauris de marchandises, et surtoutdcsmusqHrts, des carabines (que les naturels appelenl barra - /ou/o), des pierres à fusil, de la poudre, des sabres . de l’ambre, des coraux , desagates , des étoffes indiennes, de l'écarlate etdesdolars d’argent. Mungo-Park apprit b connaître ainsi le prix des marchandises dans les bazars du Soudan , ce qui est de la dernière importance pour les spéculations commerciales.

I.es communications actives de ces peuples africains entre eux . leurs bazars, leurs marchés, leurs boutiques bien garnies, la division des articles entre des marchands spéciaux, la répartition générale des travaux, leur commerce avec le Levant, avec le Maroc et d’autres pays lointains, toutes ces circonstances confirmèrent dans l’esprit de l'illustre voyageur l'idée qu'il avait déjà exprimée auparavant, que plus on pénètre dans l'intérieur de l’Afrique, plus la civilisation y est développée.

Maislecommerceque faisait Mungo-Park excita bientAU’en vie des indigènes ; les marchands maures et ceux d'Innie s’adressèrent au roi Mansong, lui promettant des présens beaucoup plus précieux que ceux de Mungo-Park , s'il voulait lui enlever ses bagages et le renvoyer de Uambarra ou le faire tuer. C’est du moins ce que Mungo- Park apprit, parla suite de Modibinnie, ministre

une charge de chameau. >oy. Kmcgartcn, Comment, «le Ho • haniitiede Ehn. B-Uuta, etc. Jenae, 1818, 4. p. $0.

(1) lungo-part, Journal, Addenda , p. n.— Wintcrbotlum , Areouat, p. 72.

de Ségo. Ces perfides marchands voulaient faire croire au roi que les blancs n'étaient venus que pour jeter surluiunsort. Deux tiers des hahitans de Ségo firent au roi la même demande, et tous ceux de Sansanding y joignirent leur requête. Mungo-Park leur causait en effet un dommage considérable en vendant ses marchandises b si bas prix. Mais Mansong, roi des nègres, resta fidèleb sa paroleet protégea Mungo-Parkcomme auparavant, bien qu’il se montrât très-froid envers lui et ne demandât pas même b le voir. I.'alné de ses fils fit présent d'un canot au voyageur; mais, comme les trois autres que lui envoya enfin le roi , il était b moitié pourri et hors d’étatde servir; il mit alors lui-même la main b l’œuvre, et, avec l'aide d'un soldat, le seul qui lui était resté, il parvint après dix-huit jours de fatigues et d'efforts . b construire un canot de 40 pieds de long et 0 pieds de large : c’est la première embarcation européenne qui ertl encore paru sur ce fleuve ; il était fait en forme de barque, de sorte que, fortement chargé , il ne lirait qu’un pied d'eau. Mungo-Park l'apprla le Johba ( His Majcsty's Schooner-Joliba ) (1 ). Pour se garantir contre les lanceselles flèches des Snurka et des Mahinga, tribus des Poules , habitant entre Innie et Tombouctou et qui. dit-on, Vendent très-dangereuse la rive septentrionale du Niger, Mungo-Park acheta des peaux de bœuf dont il couvrit son canot. |!n temps précieux s’était ainsi passé en préparatifs et en travaux; le 28 octobre, Alex. Anderson ,le meilleur ami de Parket son parent, mourut entre ses bras; lui-même se vit une seconde fois menacé de la mort, au milieu de ce monde inconnu ; sa troupe était alors réduite b quatre Européens en partie malades ou épuisés parla fatigue (2). la- 8 octobre, les eaux du Niger étaient baissées de quatre pouces ; on était b la mi-novembre ,et il était grand temps de commencer le voyage. L’intrépide voyageuravait encore l'espoir d'atteindre l'Océan dans l’espace de trois mois (3< . comme nous le voyons par la dernière lettre qu’il écrivit de Sansanding b Jos. Bank le 10 novembre 1803, et dans laquelle il dit à son amique son intention étaitde tirer autantdeparti que possible du courant et des vents, en naviguant au milieu du Niger; que bientôt il découvrirait le terme du fleuve mystérieux, ou qu’il mourrait dans ses eaux. Mungo-Park avait pris

(1) H'inço-fark, Journal, p. 103.

(21 Ibid ( p. 150.

(3) Hungo Pfik » Lifo, p. LSITin.

niGER. J0L1UA.

pour guide, jusqu'au Kaschna , Amadi Fatouma deKassoii, voyageur fameux qui avait visité presque tousles pays de l'intérieur. UapprilàMungo- Park qu'il leur faudrait deux mois pour aller de Sansanding h Kaschna et qu'ils ne toucheraient le pays des Maures qu’en un seul endroit, prés de Tinibouctou. Suivant ce guide , tout le boni septentrional du fleuve est habité par une race d'hommes qui ressemblent par la couleur aux Maures; ce sont les Sourka, les Mahingo , les Touarick; ils portent ainsi dilferens noms, suivant les états auxquels ils appartiennent ; au delà de Kaschna, disait-il, le Niger tourne à main droite et coûte au sud; mais personne n’a encore vu sa fln, car il ne se termine nia Kaschna, ni au Bornou.

Mungo-Park écrivit en outre sur les contrées du Niger, dans le voisinage et au-dessus de Sansanding, les notices suivantes, qu’il lient sans doute en grande partie deson nouvel interprète; suivant une lettre de l’ark à Jos. Bank, cet individu avait visité au sud les royaumes des Miniana ,Cong, Baedou, Gotto e t lecap l'oastl'ast/c, et avait pénétré h l’esta travers Tinibouctou, Houssa, Nylfé, Kaschna, Jusqu’au Bornou.

Mungo-Park découvrit un affluent méridional du Niger, le Ba-Nimma(\) , qui jusqu’alors nous ytait absolument inconnu ; il prend sa source dans les montagnes de Kong, au sud de Marrabou, et ne coule qu’à une journée de marche au sud de Ségo. Le Ba-Nimma reçoit les eaux d’une rivière latérale venant du pays de Miniana , an sud , et va se mêler au Niger dans le lac de Dibbie , au-dessous de Sansanding. Le Ba-Nimma n’est pas de moitié aussi considérable que le Niger. En voyageant de Ségo dans le pays montagneux de Miniana au sud , et dans les montagnes de Kong, on arrive, après une journée de marche, au Nimma , que l'on traverse en bac au sud de Ségo; de là la route conduit, pendant sept journées de marche et à travers des lieux inconnus , jusqu'à Miniana. Les habitans de ce pays se nourrissent de viande de cheval ; ils mangent aussi, à ce que l’on prétend, la chair de leurs ennemis et des étrangers qui meurent chez eux. La vache est pour eux un animal sacré, ils n'en tuent jamais , et ne les mangent que quand elles sont mortes. On cultive dans le pays montagneux de Miniana les mêmes céréales que dans le Jianibarra.

Il) ■o»s» P*rk, p 166,

Mungo-Park place le pays de Baedou, avec la ville du même nom et le royaume de Gotto, beaucoup plus au sud que dans son premier voyage; on pourrait peut-être élever quelques doutes sur l’exactituilede ses derniers rapports (1). Ces deux pays sont situés sur la rive droitedu Niger, sans doute non loin de la rivière de Miniana et du Degomba. On y rencontre, ainsi que dans le Bambarra, plusieursvillesdeJouli, comme Teng- Gera, Jondou, N'Kannou. CesJouli (i),dont nous avonsdéjà parlé à l’occasion ducours supérieur de la Gambie, s’appellent à Baedou Kirko- Bimba. Us entendent les langues de Baedou et de Miniana, et les trafiquons de sel les emploient comme interprètes dans leurs voyages. Au sud de Baedou, une route d’un mois de marche conduit, dit-on, à travers le royaume de Gotto (peutêtre Bovvdich entend-il par là les montagnes da Kong, que Park ne mentionne pas), chez desebré • tiens, qui ont leurs habitations sur les bords du Ba-Sea/ina , lac plus considérable que le Dibbie, et qui tantôt coule d’un côté et tantôt de l’autre. Nous traiterons ailleurs plus amplement de ce lac sur lequel nous ne pouvons toutefois donner jusqu'à présent que des suppositions ( Comp. Botodic/i Mission, p. 184, et Jackson Account, p. 443.) Mungo-Park ne nous donne ici aucun detail sur les Ashantis,ce qui, après ce que nous avons vu plus haut, pourrait nous étonner si ses relations ne se composaient pas que defragmeus détachés.

R EMABQl'E.

Fin de Mungo-Park, Arrirée de Dorchard tur te Niger.

Les dernières relations de Mungo-Park contiennent en somme ce que nous venons de rapporter : l'indication du prix des marchandises au marché de Sansanding, et les lettres d'adieo qu’il écrivit à sa famille. Ces documens nous ont été transmis, avec son Journal, par l'interprète Isaaco, qu’il envoya, au milieu du mois de novembre 180S, sur ta Gambie. Depuis lors, ce grand voyageur a disparu, sans que nous sachions ce qo’il est devenu. Nous croyons cependant devoir rapporter en peu de mots les récits qui nous sont parvenus sur sa fin, et ce qu’on a appris en Afrique de l’apparition d’un Européen sur te Niger. Ces récits, bien qu’exagérés, comme la plupart des histoires arabes , oui cependant un certain degré de vraisemblance . et

fl) Sowdicb, Asbsntee Union, p. 18-1.

Xongo-Park, Journal, p. 44, 169.

AFRIQUE , SYSTÈMES D'EAU .* IIe DIVISION , $ 21.

surtout le récit d'Amadl-Fatuma , que le gouverneur Maxwell parvint à se procurer en envoyant Isaaco à Sansanding, au mois d'octobre 1010. Il a été traduit, au Sénégal, de l'arabe en anglais t et contient à peu près ce qui suit ( 1 ) :

Le navire des blancs était assez grand pour contenir cent vingt hommes , mai» neuf hommes seulement le montaient : quatre blancs, au nombre desquelsdtait le lieutenant Marlyn, Park lui même, trois esclaves nègres et Amadi l'interprète. Il était richement approvisionne de munitions de tout genre, et contcuait surtout en abondance de la viande, fraîche et salée. Il partit de Sansanding probablement le 9 novembre 1805, arriva en deux jours à Jinne, et de là au lac de Dibbie (Sibbie) , où il fut attaqué par trois barques armées de piques et de lances. Mungo-Park parvint cependant à les repousser. Prés de Cabra (Rakbara), ancrage de Timbouctou, il en rencontra trois autres, qu'il repoussa également, et, près de la capitale, il eut encore à combattre d'autres ennemis. Les naturels perdirent chaque fois beaucoup de monde. Près de Gouroumo. le navire européen fut assailli par sept canots, qu’il mil en fuite; les blancs ne perdirent qu un seul homme ; ceux qui restaient avaient chacun quinze mousquets chargés. Les naturels les attaquèrent encore, près de la résidence du rot Go toijège, avec soixante canots, qui tous furent mis en déroulé, après avoir perdu beaucoup de monde. Une armée considérable de Poule» était rassemblée sur le bord du fleuve, au delà de la résidence; les blancs passèrent tranquillement devant eux, sans avoir à livrer de combat. Ils jetèrent l'ancre à Caffo, où ils se reposèrent un jour. Cette narration continue ainsi , sans donner aucuns details sur la contrée ni sur le fleuve, jusqu’à la frontière du royaume de Iloussa, où Amadi devait rebrousser chemin , ainsi qu il en élail convenu avec Mungo- Park. Mungo-Park prit terre à Yaour, pays habité far des Marabouts, et envoya, par son interprète, des présens au chef de l'endroit, qui lui donna en échange une charge de riz, trois jattes de miel , mi mouton et une génisse. Mungo Park envoya ensuite au roi, qui demeurait à quelques cents pas du rivage, par le chef de l'endroit, cinq anneaux d argent, un peu de poudre et des pierres à feu, le priant d accepter ces présens en souvenir des blancs. Le chef demanda alors à Mungo-Park s il reviendrait dans leur pars; le voyageur répondit qu tl lui serait impossible de jamais revenir. Celle réponse fut la véritable cause de sa mort ; cas le cbi f, se voyant sürde n'étre pas accusé, garda pour lui les présens. Amadi Fatouina resta à Yaour; Park continua sa route. Le roi , irrité de ce que I étranger était parti sans lui envoyer de présens,

(1) AnwHii-ralauma's Jcurna', dans le Journal de Mungo- E-rk,p. 206-216.

fil jeter l'interprète dans les fers, cl donna l’ordre à son armée de poursuivre le blanc et de le tuer. Près de Boussa, où de hauts rochers rétrécissent le lit du fleuve et en rendent lo passage tres-dangereux, les ualurels attaquèrent soudain le uavire «les blancs, et le couvrirent d'une grêle de pierres, de flèches et de piques. Deux esclaves placés à l'avant du canot tombèrent, cl, après un long et pénible combal, Mungo-Park, voyant perdu tout espoir de salut, se précipita, avec le dernier des blancs, dans le fleuve. Un seul esclave survécut au combal ; il fut conduit devant le roi, et c'est là qu’Araadi apprit la fin tragique de l’héroïque voyageur. Des qu'il fut rendu à la liberté, il s'empressa d'en faire part à Isaaco.

La nouvelle delà mort de Mungo-Park parvint, dès 1806, à la colonie anglaise de la Gambie.

Suivant une lettre arabe, écrite de Tira bou clou par Sidi l’Abès Buhellal-Fasi , esclave de Mungo- Park, mais né libre, ce voyageur aurait en effet passé près de Timbouctou. Celte lettre arriva, au mois de mars 1806, à Mogodor (l), où elle fut traduite par Jackson. Voici à peu près ce qu elle contenait. « Une barque venant de l’ouest aborda, il y a quelques jours , à Kabra; elle avait à bord deux ou trois chrétiens. L'un d eux, homme d'une haute taille, se tenait au milieu de la barque, un pavillon blanc à la main; mais les habilans de Kabra , qui ne comprenaient pas ce signe , ne s'approchèrent pas de la barque, bien qu'elle restât toute la journée à l’ancre. Le lendemain matin, elle avait disparu.» En 1817, Bowdicb, quf était alors à Couinassie, capitale des Ashantis, reçut du shérif Ibrahim, témoin oculaire, des renseignemens un peu différées sur la mort de Mungo- Park. La lettre arabe (2) que le shérif écrivit à cet envoyé est déposée dans le Mutée anglais. En voici le contenu (3) , d après la traduction do Jackson, qui est Lieu plus exacte que celle que lo mémo auteur publia dans son ouvrage sur les

Asbanlis: « Celte funeste nouvelle nous arriva

de la province de Housa, qui est appelée Eeaurie ou Yeaurie (4). Nous n'avons pas vu le fleuve appelé Koude (S) ; mais nous entendîmes des voix d'enfans, cl vîmes un navire tel que nous n’en avions pas encore vu auparavant. Le roi de Yeaurie y envoya des provisions en quantité. Deux hommes , une femme et deux esclaves tiraient le navire, dans lequel étaient deux blancs. Le sultan les appela à haute voix, mais ils no vinrent pas.

(1 ) Jackson. Account of Tirobuctoo. Lond. , 1820, VIII ,

t. 3io.

(2) Bowdlch, Mission to Ashanlcc, p. 61.

(3) Jackson, Account of Tlmbuctoo. Lond., 1820, p. 400.

(4) La même que nous avons appelée plus haut le yaour. {&) C’est A dire le nigcr.

NIGER. JOLIBA.

Ils se dirigèrent vers le pars de Bousa, qui est plus grand que Yeauric , et soudain ils furent arrêtes parie tournant qui csUur la limite du Koudo. Lcnavirenc put passer à côté des rochers. L'homme qui était dans le navire tua sa femme, et jeta tout dans l’eau. Effrayés, ils se précipitèrent ensuite dans le fleuve. » Cette narration, comme on voit, s'accorde, quant au fait principal, avec la relation d'Amadi ; une autre, d' Hadji-Taloub , pèlerin de la Mecque (l), et gouverneur de deux priuces do Maroc, en diffère un peu plus. Ce mahométan avait appris, à Timbouctou, qu’en 1807, deux blancs (Park et Martyn) avaient été accueillis très-amicalement dans cette ville, mais qu'ils étaient morts des suites de l'insalubrité du climat. Cette narration nous a été transmise par le colonel Filz-Clareoce (3) ; il se pourrait qu’elle se rapportât à d'autres Européens, peut-être à des compagnons de Mungo-Park (3).

La Ûn tragique de Mungo-Park excita partout le plus vif intérêt ; ce qoi nous étonne, c'est la rapidité avec laquelle cette nouvelle se répandit depuis le Maroc jusqu’à la Mecque, du Sénégal jusqu'aux Ashautis , surtout si nous songeous que l'Afrique a été regardée de tous les temps comme impénétrable. Celle célérité avec laquelle les différens peuples communiquent entre eux nous fait espérer que bientôt le Niger, ce fleuve mystérieux, n'aura plus rien de caché pour nous.

Le major Grey (4) essaya bientôt de suivre les traces de Mungo-Park, en se dirigeant du Sénégal, par Galam et Foutadou, vers le Niger; mais il rebroussa chemin dès l'année 1819. Le major Peddie l'avait déjà précédé sur celte route, au printemps do l'année 1810 ; U commandait un petit détachement de troupes anglaises ; mais, sc sentant prés de mourir, il remit le commandement de 6on expédition au lieutenant Campbell. Celui-ci, accompagné d'un uaturaüste allemand, M . Ruminer, s'avança jusqu'aux sources de Rio-Nunnez (S); il se trouvait encore , le lSjauvier 1817, dans le camp de Robagga , près de Cacoundi, lorsque Ruminer y mourut. Campbell avait résolu de se diriger de là vers Bammacou, sur le Niger; malheureusement, il n’atteignit pas son but ; le chirurgien Dorchard et quelques-uns de ses compagnons furent les seuls qoi virent le fleuve ; ils s'avancèrent, sans rencontrer d’obstacles, jusqu’à Yaroina (c), dans le voisinage de Jabbi, où ils devaient attendre du roideSégola permission de poursuivre leur vo}age.

(1) Jackson, Account, fi. 415.

(2) Ceograph Epbcmrriden, VII , I, P. 134.

(3) Voy . pote PMMiènr, S la fin du volume.

(4) Quarlerly Revl*w, 1820, may, p. 24t.

(6) Suivant une lettre du IC décembre 1818 , adrettle A ton fr*re, i Berlin.

(8) Quart erly Review, !. c

Après avoir attendu en vain pendant six mois, Dorchard remonta le fleuve jusqu'à Bammacou. C'est de là qu'il écrivit ses dernières lettres, datées du mois de mai 1819. Il n’avait pas encore renoncé alors à l'espoir de poursuivre son voyage. Le roi deS.;go était, à celte époque, en guerre aveo ses voisins de l’est, sans doute lesFelleta ; ses deux premiers ministres étaient morts; le chef de Bammacou mourut aussi à l'arrivée de Dorchard. Ces événement ne firent que donner plus de crédit aux superstitions des nègres, qui croyaient à l’influence funeste des blancs. Dans le Barnbouc, comme sur le Niger, une terreur superstitieuse s'emparait d’eux , lorsqu'ils voyaient, pour la première fois, des blancs. Ils se rappelaient qncMunsong, Moudibinni, et d'autres chefs, qui avaient été eu rapport avec Mungo-Park, étaient morts l'année mémo de l'arrivée du blanc. Cependant Dorchard fut accueilli avec hospitalité à Yaroina et à Bammacou. Selon ce voyageur, le séjour des étrangers et des ambassadeurs, dans les villes limitrophes, est prolongé par l’étiquette. On les retient le plus longtemps possible pour montrer l'importance du souverain du pays, et pour faire voir que le monarque ne s’empresse pas à se défaire de ses hôtes, mais qu'il veut les gardersous sa protection et sa faveur. Dorchard assure que, dans la saison de la sécheresse, le Niger est navigable depuis Marrabou. Ce voyageur espérait qu'une fois embarqué, il atteindrait sûrement le terme du fleuve. Comme à Sansanding, il se tient un marché à Yamina deux fois par semaine ; les marchandises européennes de toute espèce y trouvent un granddébil.On y voyait beaucoup d'étoffes de Manchester, amenées de Maroc par les caravancsde Timbouctou. Celte roule a été de tout temps la plus sûre.

Nous avons suivi jusqu'à présent, dans la description du Niger et de son domaine, les relations exactes et authentiques du seul témoin oculaire, Mungo-Park. Ce guide fidèle nous abandonne maintenant, et nous sommes forcés de nous en rapporter aux traditions, aux suppositions et aux hypothèses de tous les temps , de toutes les contrées et de toutes les nations. Si nous les comparons entre elles, avec soin, elles ne seront pas saus importance pour la connaissance de l’intérieur de l'Afrique ; quelquefois ces données si nombreuses semblent se contredire , mais plus souvent elles s'expliquent et s'appuient réciproquement; et, si plusieurs questions importantes sur le développement du système du Niger nous restent encore à résoudre, ces relations ne nous en feront pas moins connaître, en partie, le développement de la vie des peuples, dans ce colossal système de fleuve; les rapports des marchands indigènes qui par-

courent ces terres inconnues, ouvrent à nos regards le tableau animé des peuplades africaines qui jusqu'à présent ne se présentent encore que comme une masse indéfinie aux yeux du spectateur; cependant plusieurs groupes se détachent déjà de la confusion de l'ensemble , et commencent peu à peu à se dessincrdanslcur individualité. Nous rapporterons en peu de mots les anciennes traditions, et nous y ajouterons en détail les relations nouvelles , afin qu'on puisse saisir d'un coup d'œil l’ensemble de ces récits et la marche de leur développement.

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