SIBÉRIE
Baïkhal, d'où sort l’Angara, le plus grand affluent. de l'Iénissei. On aurait ainsi une ligne de navigation non interrompue de plus de 4,500 kil., qui se prolongerait jusqu'aux frontières de la Russie d'Europe par l'Obi et l'Irtych, où circulent déjà des bateaux à vapeur, et jusqu’à Jakhoutsk (3,000 h.), entrepôt du ecommerce de l'ivoire fossile et des fourrures, dans la Sibérie orientale, par le cours de la Léna, dont la source touche au lac Baïkhal.
Routes de terre. Caravanes. — En attendant l’ouverture de cette ligne immense, qui produirait une révolution dans le commerce de la Sibérie, des routes de trainea:: et de caravanes, oùs’échelonnent de nombreuxrelais, protégés par des postes de cosaques, rattachent déjà la frontière européenne à la Chine et à l'Océan Pacifique. è
4° La plus méridionale part d’Orenbourg, détache au sud un ‘embranchement vers le Turkestan, et se prolonge jusqu’à Æhouldja sur la frontière chinoise de Dzoungarie par la steppe des Khirghiz et Semipalatinsk, entrepôt du commerce russe avec la Chine occidentale, et principal marché des peaux et des laines qu’exportent les nomades Khirghiz.
2° La grande route de la Chine et du Pacifique part d'Ekatherinbourg, traverse Kourgan, Omsk (8,000 h.) sur l'irtych, les steppes marécageuses de la Baraba, Zomsk (22,000 h.) le centre du commerce des métaux, Ærasnoiarsk sur l’Iénisseï, et aboutit à Irkhoustsk (26,000 h.) sur l’Angara, où viennent converger la route de Pékin par Kiachta, celle du Pacifique par la vallée de l'Amour, et de la Sibérie septentrionale par Iakhoutsk et la vallée de la Léna.
3° Une troisième route plus septentrionale part d’/rbifé, ville située au delà de l’Oural, mais qui appartient administrativement à la Russie d'Europe et dont les foires oc-
S cupent le premier rang après celles de Nijni-Novogorod.
Cette route rejoint la précédente par Zobolsk (20,000 h.), ville aujourd’hui déchue, ancienne capitale de la Sibérie.
Télégraphes. — La Sibérie est rattachée à l'Europe par une ligne télégraphique de 5.964 kil. qui aboutit à Kiachta par Tiumen, Omsk et Zrkhoutsk, et qui doit se prolonger jusqu'en Amérique par le détroit de Behring, et jusqu’en Chine et au Japon par la vallée de l'Amour.
Climat. Productions. — On aurait tort de se seprésenter la Sihérie comme un pays stérile et glacé. Si les hivers sont partout longs et rigoureux, si le nord est couvert detourbières, de forêts, et de fondrièresimpraticables : si, au sud, les terrains fertiles sont coupés de steppes et de marécages, la région supérieure des bassins de l’Obi et de l’Iénisseï, et toute la vallée de l'Amour, au pied des plateaux tourmentés de l’Altaï et des monts Sayansk, offrent une végétation d’une richesse incomparable, malgré les neiges d’un hiver de 6 mois. Lescéréales réussissent jusqu’au 60° parallèle ; le chanvre et le lin au-dessous du 56°, la pomme de terre jusqu’au 63°; les plantes médicinales croissent en foule sur les pentes de l’Altaï et des monts de Daourie ; enfin, d'immenses forêts de chênes, de peupliers, de sapins s'étendent jusque dans les régions polaires.
Les nomades élèvent un grand nombre d’animaux domestiques, des rennes dans le nord, des chevaux, des À bœufs et des moutons dans le sud, et les animaux sau- À vages, les ours, les renards, les zibelinesfournissent d’ad- À mirables fourrures qui sont une des richesses de la Sibérie, Onaditquela Sibérie étaitle Pérou des Russes, et ses mines, dont une partie est encore inconnue, sont en effet les plus richesde l'Asie. Les lavages et les mines d'or de l'Oural et de l’Altaï donnent en moyenne 23,000 kilogrammes par an, les mines d'argent de l’Altaï, celles de Nertchinsk, etf de l'Oural, 17,000 à 18,000 kilog. La production du cuivre dépasse 3 millions de kilogrammes: le fer, le plomb, le platine, le graphite, les pierres précieuses, les cristaux, l’alun se rencontrent en abondance, et la houille, que l’on exploite à peine, couvre un vaste bassin qui s’étend depuis les monts Altaï et la vallée du lac Baïkhal jusqu’au centre de la Sibérie.
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