PRODUCTIONS. ÉTAT SOCIAL
Au nord et à l’est, la race blanche, Gallas en Abyssinie et dans l'Afrique centrale, £'fhiopiens en Abyssinie, en Nubie et en Égypte, Arabes sur tout le littoral de la Méditerranée, Berbères dans l’Atlas et dans le Sahara, Poëles ou Fellatuhs au Sénégal et dans le Soudan :
A l’ouest, au centre et au sud, la race noire avec ses innombrables variétés, dans ie Soudan, la Sénégambie, la Guinée, le Congo, et les régions presque inconnues du plateau central et des grands lacs :
A l’est, la race cafre qui domine dans une partie de l’Afrique australe,
Diverses de caractères, de langues, de religions comme de couleurs, les races africaines ont malheureusement un trait commun, la barbarie moins profonde ou mieux dissimulée chez les Berbères et chez les Arabes, plus naïve et plus franchement brutale chez les populations nègres, et qui, chez tous les peuples indigènes de l'Afrique, se trahit par trois signes distinctifs : la polygamie, l’esclavage reconnu ou toléré, et le despotisme, sous une forme plus ou moins patriarcale.
Les seuls représentants de la civilisation en Afrique, ce sont les peuples européens, qui l’entourent d’une ceinture de colonies.
Les Français en Algérie, au Sénégal, à Assinie, à Grand-Bassam, au Gabon, en Guinée ; à la Réunion, à Sainte-Marie de Madagascar, aux Comores, à Mayotte, à Oboch en Abyssinie:
Les Anglais à Bathurst, à Sierra-Leone , à Cap-Coast, à l’Ascension, à Sainte-Hélène, au Cap, dans la Cafrerie britannique, à Natal, à Maurice, aux Seychelles :
Les Portugais aux Açores, à Madère, aux îles du Cap Vert, aux îles du Prince et de Saint-Thomas, au Congo, à Mozambique :
Les £'spagnols à Ceuta et Melilla (Maroc), aux Canaries, à Annobon :
Les Hollandais à Elmina : enfin les boers d’origine hollandaise dans le Transvahal et l’Orange, et les nègres émancipés d'Amérique à Liberia et à Maryland (Guinée).
À ces possessions européennes, il faut ajouter l’£'yypte, envahie de tous côtés par la civilisation, et par qui les idées et le commerce de l’Europe pénètrent, sans qu’elle y songe peut-être, jusqu’au cœur du Soudan, et jusqu'aux hautes régions du Nil. L'Afrique équatoriale reste seule fermée et inconnue. Partout les côtes sont explorées et accessibles sans autres dangers que ceux du climat ; et, même dans l’intérieur, les négociants, les voyageurs, les missionnaires pénètrent de toutes parts, et tracent, souvent au prix de leur vie, les routes futures du commerce et les sillons où doivent germer les idées de progrès et
d'humanité.