PRODUCTION NATIONALE DE LA GRANDE-BRETAGNE
Climat et Nature du Sel. — Aux avantages de sa situation géographique et de sa configuration, la Grande- Bretagne joint ceux d’une immense production qu’elle doit en partie à la nature, en partie à l’industrie de ses habitants. Située, moitié dans la zône tempérée, moitié dans la zône froide septentrionale, son climat est humide et brumeux, son territoire naturellement peu fertile. Le granit domine en Ecosse, en Irlande et dans l’ouest de l’Angleterre : le bassin de la Manche et de la mer du Nord est composé en partie de terrains calcaires, en partie de terres argileuses, de sables ou de vastes étendues marécageuses qui rappellent les plaines basses et humides de la Hol-
lande. Cependant le génie de l'homme a triomphé de la nature et a fait du sol anglais un des plus productifs du monde parce qu’il est un des mieux cultivés.
Production agricele. — Près de la moitié de la superficie de l’Ecosse, le tiers de celle de l'Irlande, un septième de celle de l’Angleterre sont occupés par des landes, des marais ou des montagnes ; la production des céréales s’élève cependant à 464 millions d’hectolitres environ (blé,
orge, avoine, menus grains) dont il faut déduire un.
sixième pour la semence. La consommation totale pour la nourriture des hommes et des animaux et pour la distillation s’élevant au moins à 460 millions d’hectolitres, la Grande-Bretagne est forcée de demander à l’étranger 20 à 25 millions d'hectolitres chaque année. La culture de la pomme de terre occupe environ 4 million 500 mille hectares, surtout en Irlande et en Ecosse (terrains granitiques).
La production du beublon est de 260,000 quintaux métriques, et dépasse de beaucoup les besoins dela consommation.
Parmi les plantes textiles le lin est la seule qui soit cultivée sur une grande échelle, surtout en Irlande; mais la production est très-inférieure à laconsommation : il en est de mème des graines oléagineuses.
Les jardins et vergers bien qu ’admirablement cultivés ne suffisent pas à la consommation de la Grande-Bretagne : le produit des forêts est insignifiant.
Quant aux fourrages, la Grande-Bretagne ne les exporte pas, elle n’en doit pas moins à ses prairies naturelles ou artificielles une partie de sa richesse agricole : ce sont elles qui nourrissent le bétail et qui par le bétail lui fournissent les engrais.
Depuis longtemps l'élève du bétail est une des sources de la prospérité agricole de la Grande-Bretagne : ses pâturages nourrissent environ 45 millions de bêtes à cornes, 3 millions de chevaux, et 40 millions de moutons qui fournissent en moyenne 39 millions de kilog. de laines fines ou communes. |
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et Lincoin pour les chevaux, celles d'Æssex, de New-Leicester, du Berkshire pour la race porcine, et de Dishley pour les moutons, présentent les types les plus perfectionnés, et ceux que l'étranger a surtout cherché à imiter.
La richesse minérale del’Angleterre, une des principales sources de sa prospérité industrielle et commerciale, est sans rivale dans le monde.
Les houillères qui donnaient, en 1801, 143 millions de tonnes, en fournissent aujourd’hui 92 millions, représentant une valeur de 650 millions de francs, et dont 80 millions environ sont absorbés par la consommation britannique.
Les principaux bassins houillers sont ceux de Glasgow et d'£dimbourg en Ecosse; ceux du Northumberland (Newcastle), du Cumberland (Whitehaven), du ZLancashire (Liverpool, Manchester), du Staffordshire, et du pays de Galles (Clamorganshire, Cardiff, Swansea), en Angleterre,
Les mines de fer, qui en 1836 produisaient environ 3 millions de tonnes de minerai brut, en livrent aujourd’hui à l'industrie près de 45 millions. Les principales exploitations sont celles du Pays de Galles, du Staffordshire, du Yorkshire, et de l’Fcosse.
Les mines de cuivre, les plus riches du monde, fournissaient autrefois près des deux tiers du cuivre consommé dans les deux continents. Le Pays de Galles, le Devonshire, le Cornouailles, l’île d'Anglesea et l’Zrlande sont les principaux centres d'exploitation, et Swansea est le marché le plus important pour les cuivres indigènes. On évalue la production moyenne des dix dernières années à 500,000 tonnes de minerai représentant 26,500 tonnes de cuivre métallique et une valeur de 42 millions de francs.
Les mines d’étain de Cornouailles et de Devon produisent annuellement de 22,000 à 23,000 tonnes; cependant, comme celles de cuivre, ces mines commencent aujourd’hui à s’épuiser. Le Pays de Galles, le C'umberland, les
comtés de Derby et d' York, l’Ecosse et l'Irlande possèdent des mines de plomb argentifère qui produisent annuellement plus de cent mille tonnes de minerai, d’une valeur totale de près de 40 millions.
Les mines de zinc, de nickel, de cobalt, etc., sont moins importantes.
Les salines dont les plus riches sont celle de Northavich (Chester) donnent lieu à une exportation de près d’un million de tonnes : le commerce en est entièrement libre.
Les granits d'Æcosse et de Cornouailles, les pierres de taille, les schistes écossais, le graphite du C'umberland, les ardoisières du Wesémoreland et du Pays de Galles, le kaolin de Cornouailles, les argiles de toute espèce, les tourbes et les marnes donnent lieu à une exploitation qu'on ne saurait évaluer à moins de 80 millions.
Le revenu minéral anglais estimé en 4860 à 850 millions dépasse aujourd’hui 4 milliard.