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TUNISIE

l'indigo, le henné, la garance ; ses vastes pâturages, et ses pècheries de corail, ont assuré de tout temps une haute importance commerciale à ce pays, qui vit s'élever la plus grande puissance maritime de l’antiquité, Carthage, et qui, par sa proximité de l'Algérie, attire aujourd'hui d’une manière toute sp'siale l’attention de la France.

Le commerce maritime de la Tunisie se concentre dans trois ports : À

Tants (80,000 h. ), sur une lagune qui communique avec la mer par le canal de la Goulette, desservi par les Messageries Impériales et deux autres compagnies marseillaises, les bateaux-poste génois et les correspondances anglaises de Malte, centre des relations avec l’Europe, et de l'industrie indigène qui exporte dans tout le Levant ses armes, ses peaux préparées, ses tapis, ses fez, ses burnous, ses objets de sellerie et de parfumerie :

Hammamet, sur un large golfe au sud de Tunis, et Sfax, sur le golfe de Gabès (20,000 h.), centre du commerce

avec Tripoli et Malte. à

Le commerce de terre communique avec la Tripolitaine, t le Sahara et le Soudan par des routes de caravanes, dont d Kairouan est le centre (60,000 h.), et qui se dirigent ñ au sud vers l’oasis de Ghadamès, par Cafsa et Rabès, à 3 l’ouest, vers l’oasis de Touat, par le Beled-el-Djerid Algé- | rien et la ville de Ouargla. ’

La Tunisie communique avec l’Algérie par la triple r’ route de Tunis à Bône par le littoral, de Tunis à Guelma w par Kef, et de Kairouan à Tebessa par Kasryn. vi

La France occupe le premier rang dans le commerce de 2 Tunis, qui ne dépasse pas 30 millions; l'Italie le second, ” l'Angleterre le troisième. Les exportations consistent, pour ; ps l’Europe, en produits naturels, huiles, céréales, bestiaux,

laines, dattes, etc., et en tissus, cuirs ouvrés, bonnets de laine pour l’Algérie, la Tripolitaine et le Soudan ; les importations en draps, cotonnades, soieries de France, armes, quincaillerie, métaux bruts, bois de construction, sucres, cafés, épices et boissons, de Gènes, de Malte et de Marséille,

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La civilisation de la Tunisie est dans l’enfance, comme celle de tous les pays Barbaresques ; cependant, grâce à l'influence française, de sérieux progrès ont été accomplis, des lignes télégraphiques fonctionnent entre Alger et Tunis, Tunis et la Sicile ; les routes s’améliorent, les Européens trouvent accueil et protection : l'abolition de l’esclavage, la liberté des cultes, celle du commerce, une constitution presque libérale, témoignent de l’action salutaire des idées européennes, qui finiront sans doute par triompher du fanatisme musulman et de la barbarie arabe.

La monnaie la plus usitée est le bourial — 65 à 75 centimes. L'unité de poids est le rofol — 1/2 kilogramme.

Le Maroc situé entre 4° 40’ et 12° 17’ longitude ouest, 25° 50’ et 35° 40’ latitude nord, est borné à l'ouest par le Sahara et l’Algérie, au nord par la Méditerranée et le détroit de Gibraltar, à l’est par l’Atlantique. Sa superficie est de 600,000 kil. car. environ, sa population de 8 à 40 millions d'habitants, dont 4 millions de Berbères et 340,000 Israélites, le reste Maures et Arabes.

Le Maroc est une des régions les plus favorisées de l'Afrique. Jouissant d’un climat plus tempéré que celui de l'Algérie, grâce aux vents de l’Atlantique ; arrosé par de nombreuses rivières qui descendent du massif de l’Atlas; riche en bestiaux, :à cire, en miel, en kermès; produisant en abondance les céréales, les légumes, l’ulivier, le dattier; propre à toutes les cultures qui réussissent en Algérie, coton, lin, tabac, vigne, müriers, plantes tinctoriales, possédant des mines d’argent, d’or, de cuivre, de fer, d’étain, de plomb, de sel gemme, pour la plupart inexploitées ; maître des routes du Sahara occidental, touchant à l'Atlantique et à la Méditerranée, le Maroc n'aurait pas de rival en Afrique, si le despotisme de ses sultans, le fanatisme des populations, la haine du nom chrétien,

l’anarchie et le brigandage qui désolent l'empire, ne paralysaient les ressources du pays.

Les principaux débouchés maritimes du Maroe sont, sur la Méditerranée, le port de Tétouan (25 à 30,000 h.), en relstions directes avec Gibraltar, l'Espagne et l’Alrérie : sur le détroit de Gibraltar, Zanger (4£ 5 15,000 h.), résidence des consuls européens : sur l'Océan Atlantique, Larache (i à 8,000 h.), Rabat et Salé {60,000 li.), au: ne forment qu'un seul centre commercis!, et qui entretiennent avec l’Angleterre par Gibraltar, l'Espagne par Cadix, la France par Marseille, des relations actives € régulières ; Casablanca (Darbeïda), un des centres de l’exportation des laines; Mogador (16,090 h.), la ‘ "incipale place maritime du Maroc, l’un des débouchés du commere du Soudan, fréquenté par les navires de Gibraltar, de Londres, de Marseille, de Livourne et d'Anvers, et dont le nouvement s'élève à plus de 300 bâtiments et 35,000 tonneaux.

Les Présides espagnols de Ceuta, de Melilla, de Penon de Velez, et d’Alhucema, n’ont de valeur que comme positions militaires, et sont insignifiants au point de vue commercial, malgré leur situation maritime. Leur population ne dépasse pas 6,000 habitants.

Le mouvement maritime du Maroc s’éiève à 2,000 navires, dont 600 étrangers (100,000 tonneaux).

Dans l’intérieur de l’Empire, la principale place de commerce est Fez, la ville sainte, une des trois capitales (100,000 h.), centre de l’industrie des tissus de soie et de laine, des tapis, des armes blanches, et surtout de la préparation des peaux, si célèbres sous le nom de maroquins; point de départ des caravanes de la Mecque; entrepôt du commerce maritime de Tétouan, de Tanger, de Rabat; des relations avec l'Algérie par Tlemcen, avec le Soudan par Tafilet.

Mequinez (40,000 h.) et Maroc (45,00: ñ.), les deux autres capitai?s, avec leurs débouché: m iritimes de Rabat et de Mogad:;', centralisent le commerce du sud ei du centre de l’Empire, comme Fez, celui du ard et de l’est.

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Enfin Zafilet, sur la lisière du Sahara, est le point de départ des caravanes qui se rendent à Ghadamès par le pays des Touaregs, à Tombouctou par l’oasis de Touat, à Arguin et dans le Sahara occidental par l’Oued-Noun.

Le Maroc, qui n’a que des routes de caravanes, a déjà inauguré la télégraphie électrique par la ligne de Fez à Tétouan.

Le commerce extérieur s'élève à environ 50 millions:

les exportations consistent en céréales, laines, cire, dattes, huiles d'olive, peaux brutes, tapis, maroquins, gommes, plumes d’autruches et autres produits du Soudan : les 2mportations en tissus, fers, sucres, cafés, soies gréges, armes de guerre, quincaillerie et numéraire. L'Angleterre importe à elle seule plus des deux tiers de ces marchandises; la France l’emporte pour les exportations, puis viennent l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Belgique. Une partie des marchandises européennes, et surtout les produits anglais entreposés à Gibrallar, s’écoulent par Fez, Maroc et Tafilet dans le Soudan, que les caravanes marocaines approvisionnent de tissus, d'armes, de métaux anglais, tandis que la France, maîtresse de l’Algérie, entretient à peine par Géryville et Ouargla quelques relations avec les Soudaniens. Le Maroc a signé avec l'Angleterre, l'Espagne et la France, des traités qui stipulent la liberté de commerce, un tarif uniforme de 40 p. °/, sur les marchandises importées, l’abolition d’une partie des monopoies et prohibitions, la réduction des droits de sortie, et la résidence de consuls à Fez. La seule monnaie d'argent est l’once, = 0 fr. 25 : la monnaie française est admise au pair, le douro espagnol pour 5 fr. 50. L'unité de poids est la livre— 540 grammes; l’unité de mesure pour les grains, la Fanègue — 56 litres 39.

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