AÇORES. MADÈRE. CANARTES. ILES DU CAP VERT
La première étape de la route des côtes occidentales d'Afrique pour les navires d'Europe, est l’Archipel des Açores, ou celui de Wadère, regardés tous les deux comme partie intégrante du territoire portugais, et dont nous avons indiqué les principaux traits dans la description géographiqu: du Portugai.
La seconde est le groupe espagnol des Canaries
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SÉNÉGAMBIE. 261
(200,000 h.), Ténériffe avec son pic volcanique, et son port de Santa-Cruz, qui exporte les vins, les tabacs, les produits des abondantes pêcheries de l’île; Grande Canarie, avec son excellent mouillage de Las Palmes, le premier marché d'approvisionnement et la relâche la plus fréquentée de tout l'archipel; Lancerote, Palma, l'ile de Fer, etc...
La troisième est le groupe des Zles du Cap Vert (60,000 h.) qui appartient au Portugal et qui exporte du sel et de l’orseille, du café, du sucre, quelques cuirs salés, mais qui doit surtout son importance au dépôt de charbon et à la relâche de Saint-Vincent, station des bateaux à vapeur pour l'Amérique du Sud, et point de départ des correspondances des Messageries Impériales pour le Sénégal.
SÉNÉGAMBIE
La Sénégambie qui s'étend sur la côte de l'Atlantique depuis le 18° jusqu’au 10° latitude nord, n’est qu'un prolongement du Sahara, terre de sable et d'argile, aride et brûlée pendant la saison sèche, mais fécondée par les pluies régulières des tropiques et par les eaux de quelques fleuves considérables, le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Rio Grande. Sur les bords de l’Atlantique, des plages basses, inondées, malsaines, couvertes de palétuviers, bordées de récifs volcaniques tels que Gorée et l’archipel portugais des îles Bissagos, et dont l’uniformité n’est rompue que par les hauteurs du Cap Vert: dans l’intérieur des plaines de sable, des savanes desséchées, des plateaux qui semblent les derniers rameaux des chaînes de Guinée, et que couronne une admirable végétation.
La Sénégambie comprend quatre divisions principales :
1 les Etablissements Français, Anglais, Portugais, et les
États indigènes indépendants.
SÉNÉGAMBIE
Établissements français. — Saint-Louis et Gorée (voir la Géographie commerciale et industrielle de la France et de ses colonies, pages 149, 150 et 1514),
Établissements anglais. — Le chef-lieu des établissements anglais est Bathurst, à l'embouchure de la Gambie, en communication avec Liverpool par les steamers de la Compagnie Africaine, et qui forme avec ses dépendances A/bréda et Georgestown sur la Gambie, un gouvernement spécial, La valeur des échanges varie entre six et huit millions : l’exportation des arachides et l’importation des tissus et du sel forment la base de ce trafic qui a pour débouchés Marseille, Londres, le Havre et New-York, et qui entraîne un mouvement de près de 500 navires.
Établissements portugais. — Les établissements portugais de Cacheo, de Bissao et des îles Bissagos, ont perdu toute importance depuis l’abolition de la traite, et ne vivent que par le commerce des bois, et des arachides.
États indigènes. — Parmi les États indigènes qui ont échappé à la domination européenne, et qu’habitent ou des nègres cultivateurs, ou des Foulahs pasteurs et commerçants, les uns dépendent des Maures Trarzas, les autres de l’État soudanien du Bambarra; mais leurs relations commerciales avec les comptoirs anglais et français, les traités signés avec leurs chefs ne peuvent manquer de les absorber tôt ou tard, dans le mouvement de la colonisation européenne qui s’avance pas à pas vers l'intérieur de l’Afrique.
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La Guinée s’étend sur les côtes du 4° au 14° latitude
nord, du cap Lopez à la pointe de Sierra-Leone, sur un développement de 3,500 kilomètres, et se prolonge à l’intérieur jusqu'aux dernières terrasses des monts de Kong qui la séparent de la région soudanienne. La côte creusée par les golfes de Benin etde Biafra, n’est qu’une plage basse, presque sans ports, bordée de lagunes et battue par un ressac violent, qui rend le débarquement toujours dangereux et souvent impossible. Des plaines sablonneuses, des marécages et des lagunes couvrent le littoral, mais dans l’intérieur, le sol calcaire ou granitique arrosé par de nombreuses rivières, le Mesurado, l’Assinie, le Rio Volta, le Niger, le Gabon, l'Ogoway, est propre à la culture de toutes les plantes tropicales, et même sur les premières pentes des monts de Kong, à celle des plantes et des arbres de l’Europe.
Les sables aurifères, les mines d’or, de fer et de cuivre abondent dans l’intérieur; tous les animaux domestiques d'Europe y vivent et s’y multiplient : mais ce riche tableau n’est pas sans ombres : un climat mortel pour les Européens, des ouragans terribles, des chaleurs accablantes, des pluies torrentielles, qui durent du mois de juin à la mi-octobre; des populations appartenant à la race nègre, dégradées par le fétichisme, l'esclavage et le despotisme; des communications difficiles sur la côte, presque impossibles dans l’intérieur où tous les transports se font à dos d'hommes par des routes qui ne sont même pas des sentiers, tels sont les obstacles que rencontrent le commerce et le progrès.
La puissance qui domine sur la côte de Guinée, où elle
1 a détrôné le commerce du Portugal et celui de la Hollande, à est l’Angleterre qui possède depuis la pointe de Sierra-
Leone jusqu’à larivière du Gabon, une ligne de comptoirs rattachés à la métropole par les steamers de la Compagnie africaine de Liverpool (37 jours du Gabon à Liverpool).
Celenies anglaïses. Les principalesstations anglaises sont Freetown, capitale de la colonie britannique de Sierra-Leone (44,000 h.), fréquentée par les navires français, anglais, américains et portugais, qui viennent y chercher l'huile de palme, les arachides, le coton, l'ivoire, la gomme, l’indigo, etc.
Cap Coast-Castle (cap Corse), chef-lieu du gouvernement britannique du golfe de Guinée, dont la domination s'étend sur environ 480,000 sujets de race nègre; débouché du commerce de la poudre d’or, de l’ivoire et de l'huile de palme, et marché où viennent s’approvisionner de marchandises européennes, les peuples indépendants et à demi sauvages de l’intérieur, et surtout les Achantis, presque toujours en lutte avec les Anglais : Acra et Lagos, débouchés du commerce avec le Dahomey, le plus puissant des États indigènes dont la domination s'étend depuis la côte des Esclaves jusqu'aux monts de Kong, sur une superficie de cinq à six cent mille lieues carrées, et dont la capitale, Abomey, n’a pas moins de 30,000 habitants :
Porto-Novo, Nun, Brass, comptoirs échelonnés dans le vaste delta du Niger, sur le goife de Benin, et qui servent ainsi que Bonny, Camerovns et Vieux Calabar, sur le golfe de Biafra, de débouché aux huiles de palme, aux arachides, aux riz, de l’État indigène de Benin, qui s’étend sur tout le delta du Niger, et qui pourra devenir un jour l’entrepôt du commerce de ce fleuve, la grande route du Soudan.
Celonies françaises. Za France possède en Guinée quelques comptoirs peu importants : Grand Bassam sur la côte d'Ivoire, Assinie sur la côte d’Or, marchés du commerce avec les Achantis; Whydah, au Dahomey ; le Gabon et quelques villages sur le golfe de Biafra, à l'embouchure de l’Ogoway, grand fleuve qui deviendra peut-être une des routes de l’Afrique équatoriale.
Cemptoirs hellandais. La Hollande possède encore à Axim, etc., quelques comptoirs dont le chef-lieu est
E'lmina, l'un des ports de la côte d'Or.
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Le Portugal et l'Espagne se partagent les îles du golfe de Biafra, Fernando-Po, et Annobon, colonies espagnoles, les meilleurs mouillages de la côte de Guinée, Saint- Thomas et l'ile du Prince, colonies portugaises, fertiles et assez bien peuplées.
Enfin, entre la colonie anglaise de Sierra-Leone, et le cap Palmas, s'étendent les deux républiques de Ziberia (cap. Monrovia) et de Maryland, fondées, grâce à l’appui des États-Unis, par des nègres libérés, et dont l'influence est aujourd'hui reconnue par près de 500,000 de leurs compatriotes.
Cemmerce. Les principaux objets de l’exportation sur la côte de Guinée sont les huiles de palme dont le commerce occupe chaque année près de 300 navires anglais ou américains, de 300 à 400 tonneaux ; les arachides, les bois de construction, de teinture et d’ébénisterie, les noix de coco, l’ivoire, la poudre d’or, les nattes grossières, la cire jaune, etc... Les marchandises qu'apportent en échange les Européens sont les cotonnades et surtout les toiles de l’Inde dites guinées, les armes et les munitions de guerre, les vins, eaux-de-vie et liqueurs, les métaux bruts ou travaillés, la verrerie, le tabac, le sucre raffiné, le sel, et ces mille objets qui flattent les goûts étranges des peuples enfants de l'Afrique, vètements, bijouterie grossière, meubles, étoffes aux couleurs brillantes, etc.
Le commerce de la France sur les côtes de Guinée s’élevait en 1863 à vingt-quatre millions dont six seulement pour les objets exportés en France : celui de l'Angleterre et des Etats-Unis est beaucoup plus considérable.
La difficulté des transports, l’insalubrité du climat, la barbarie des populations nègres, les caprices à la fois puérils et cruels des despotes, petits et grands, qui règnent sur ces peuples d'esclaves, et qui cherchent à remplacer les bénéfices de la traite abolie en rançonnant leurs sujets et les étrangers, rendent le trafic incertain et parfois dangereux dans l’intérieur, hors de la portée du canon des vaisseaux ou des forts européens : cependant des conventions assez respectées règlent les relations commerciales GÉOGR. GÉNÉR. 12
des Européens avec les indigènes ; et quelques présents offerts aux chefs, suffisent d'ordinaire pour acheter leur protection et une liberté assez large de transactions, bien que la concurrence les ait rendus plus exigeants, et moins crédules qu'ils ne l’étaient autrefois.
Les principales monnaies de compte usitées dans le trafic avec les indigènes, sont la barre, monnaie idéale, d’une valeur de 6 à 7 francs, la gourde d'Espagne, qui représente environ 4 fr. 30 c., et le cauris, monnaie courante qu’on évalue en moyenne à 1 fr. 80 c. le kilogramme.