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ROUTE DE L'ASIE MÉRIDIONALE ET ORIENTALE PAR L'ISTHME DE SUEZ

(Compagnie péninsulaire et orientale, — Messageries impériales.)

Bornes. Superficie, — L’Arabie est une large presqu'ile aux côtes abruptes et peu découpées, située entre 30° et 57° long. est, 12° et 30° 6° latitude nord, et bornée au nord par la Palestine, ie désert de Syrie et la vallée de l’Euphraie, à l’est par le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, au sud par la mer d’Oman, ‘à l’ouest par le détroit de Bab-el Mandeb, la mer Rouge et l’isthme de Suez. La superficie est d'environ 2,800,000 k. c. ; la population de dix à douze millions d'habitants qui se partagent entre la Porte Ottomane, souveraine de l'Hedjaz à l’ouest; les imans de Sana, de Mascate, etc... souverains de l’Yémen et de l’'Oman au sud et au sud-est ; et les farouches tribus des Bédouins et des Wahabites au centre et au nord,

Situation commerciale. — L'’Arabie doit son importance commerciale à sa position sur la mer Rouge et sur le golfe Persique, et à sa situation intermédiaire entre l'Afrique et l’Asie. Au moyen âge, les navigateurs arabes, profitant habilement de la périodicité des moussons et de la direction des courants, allaient chercher aux Indes et sur les côtes orientales de l’Afrique les marchandises qu'ils

rapportaient à Suez et à Bassora, et tout le commerce de l'Europe et de l’extrème Orient passait entre leurs mains. Le canal de Suez et le chemin de fer de l’Euphrate pourront faire renaitre ces destinées brillantes de l'Arabie ; et depuis trente ans le mouvement de la navigation dans la mer Rouge a déjà plus que décuplé.

Principaux ports et places de commerce. — Le centre de l’influence européenne en Arabie, le principal débouché du commerce de l’Yémen, la première station asiatique de la grande route des Indes, c’est Aden à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, le Gibraltar de la mer Rouge, et comme Gibraltar, possession anglaise, abondamment pourvue d’eau, possédant un excellent port, située à 6 jours de Suez, et peuplée de 35 à 40,000 habitants. Aden est redevenu port franc depuis l'occupation anglaise (1838). C’est l’entrepôt des marchandises européennes destinées à l'Arabie, la station des vapeurs des Messageries Impériales et de la Compagnie anglaise péninsulaire et orientale qui se dirigent vers les Indes, vers Suez, vers l'Océanie, le point de départ des correspondances anglaises et françaises pour Maurice et la Réunion. L'ouverture du canal de Suez fera de cette ville la plus importante station maritime, et l’un des premiers entrepôts du commerce de l'Orient, et donnera raison contre ellemême à la politique anglaise, qui tout en proclamant l’impossibilité du percement de l’isthme, a su occuper si à propos les deux clefs de la mer Rouge, Aden et l’ile de Perim, au milieu même du détroit, dont elle commande les deux rives. Deux autres ports de la mer Rouge entretiennent des relations directes avec l’Europe, Djeddah et Hodeïdah.

Djeddah, à moitié chemin de Suez et d’Aden, station des bateaux à vapeur anglais de la ligne des Indes, doit son importance au voisinage des deux villes saintes, la Wecque et Médine, dont elle est le port. Chaque année, 200,000 pèlerins partis de tous les points du monde musulman, de l’Inde et de Java, par les bâtiments anglais et hollandais, de l'Afrique et du littoral de l'Arabie et du golfe Per-

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sique, par les bateaux à vapeur de Suez et d’Aden ou par les barques arabes, de l'Égypte, de Damas, de Bagdad, par les caravanes. se donnent rendez-vous au temple de la Caaba et au tombeau de Mahomet. Les opérations commerciales se mêlent aux pratiques religieuses, et l’on évalue à plus de 130 millions les marchandises que les pèlerins apportent avec eux et qu'ils échangent avec 30 ou

.40 0/0 de bénéfices. L’Angleterre, la Suisse, la Hollande,

l'Autriche, les États-Unis, sont représentés à la Mecque par les produits de leur industrie, que les pèlerins y apportent de Constantinople ou des entrepôts de l'Orient. Grâce à cetie affluence, le commerce de Djeddah dépasse 35 millions, dont les deux tiers à l'importation. Ce port appartient comme la Mecque et Médine à la Porte-Ottomane.

Hodeïidah (28,000 h.), et les ports moins considérables de Aonfouda et de Loheia, situés sur la côte de l’Yémen, et soumis à la suzeraineté de la Porte, doivent leur prospérité à la décadence de Moka, ruinée par la concurrence d’Aden, et sont devenus les entrepôts du commerce des cafés, que Moka centralisait autrefois.

La mer d'Oman n'offre aucun port considérable, non plus que le golfe Persique; maïs à l’entrée du détroit d'Ormuz s'élève la ville de Maseate (60,000 h.) que la sûreté de son mouillage, ses eaux limpides et abondantes, ses bois de chauffage et de construction désignent comme un port d’escale et de ravitaillement, en même temps que sa position en fait l’entrepôt des produits de la côte orientale d'Afrique, du golfe Persique, de la mer Rouge qu’elle échange contre ceux de l’Inde ou de l’extrème Orient. Résidence d’un iman qui domine sur la côte de Zanguebar et sur le sud-est de l'Arabie, ouverte à la navigation européenne, visitée par des navires anglais, hollandais, américains et français, Mascate a une marine nationale qui pousse ses courses jusqu’à Batavia, Calcutta, Maurice, et Hodeïdah, et qui fait à elle seule la moitié du commerce du golfe Persique.

Climat. Productions. — Les ports de l’Arabie sont seuls accessibles aux Européens ; à peine quelques hardis

voyageurs ont-ils osé se risquer dans l’intérieur, au milieu de populations fanatiques, sur ces routes de caravanes qui sont les seules voies de communication, et que la sécheresse, les tempêtes du désert, les hordes de pillards, sèment de dangers sans nombre.

Dévorée par un soleil brûlant, sauf dans les fraîches vallées de l’Yémen; sans cours d’eau considérable, coupée par des chaines de montagnes sur lesquelles s'appuient les plateaux intérieurs, tantôt sablonneux et semés d'oasis comme le Sahara, tantôt couverts de longues herbes comme les steppes de l'Asie, tantôt même cultivés, et parsemés de quelques villes aux maisons de briques, comme le pays des Wahabites, l'Arabie possède toutes les plantes des terres tropicales, produit assez de maïs et de froment pour la consommation de ses habitants, assez de fourrages pour la nourriture des moutons, des bœufs, des chameaux, des ânes et surtout des chevaux, qui font presque toute la richesse des populations de l’intérieur.

Objets d’échanges. — Elle exporte les fruits, dattes, figues, oranges, amandes, les plantes médicinales, aloès, ricin, séné ; quelques indigos ou autres plantestinctoriales; les, aromates tels qu: l’encens, le benjoin, etc., les gommes du baumier, de l’acecia, etc., si estimées dans tout l'Orient; et surtout ces cafés de l’'Yémen, aux fèves irrégulières, au parfum pénétrant, à la couleur d’un jaune verdâlre, si célèbres sous le nom de Mokas, bien qu'ils s’exportent par Hodeïdah et Aden; produit spécial et indigène de l'Arabie, que les Européens ont répandu sur toute la surface du globe, mais qui n’a conservé nulle part sans altération le parfum du sol natal, On évalue la production moyenne de Moka à 2 millions et demi de kilog. représentant une valeur approximative de 8 millions de francs, sur le marché d’Aden.

À ces produits agricoles il faut ajouter comme objets d'exportation quelques laines, les plumes d’autruche, les perles et le corail des îles Bahrein et de la côte de Mascate : on ignore s’il reste encore quelques traces des richesses minérales de l’Arabie si vantée pour ,ses mines

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d’or et ses pierres précieuses; mais le sel gemme est aujourd’hui la seule exploitation importante. En échange de ces objets, l'Arabie reçoit de l’Europe, et surtout de l’Angleterre, par Suez, les métaux, la quincaillerie, les tissus, la verrerie, le savon, la houille, destinée aux dépôts de charbon de Djeddah et d’Aden : de l’Ægypte les céréales et le sucre : de l’A/frique vrientale les plumes, l’ivoire, les esclaves amenés par les commerçants de Mascate: de la Syrie, les soies et les tissus mélangés: de l’/nde, les mousselines, les cotonnades légères, les ceintures de soie, les épices et surtout le riz : de la Perse, les châles, les tapis, les pierres précieuses dont Mascate est l’entrepôt.

Les foires de la Mecque, les marchés d’Aden et de

* Mascaie, sont les principaux centres de ce commerce dont

il est impossible d'évaluer exactement le mouvement.

Etat social et politique. Traités de commerce, — L'état social et politique de l’Arahie n’a pas changé depuis Mahomet : c'est toujours la même vie patriarcale, la même imagination enthousiaste, le même fanatisme, les mêmes habitudes de brigandage, de bravoure chevaleresque, d'hospitalité, de vengeances implacables. Le commerce européen ne peut fréquenter que les ports, l’intérieur est inabordable, et même, sur la côte, l'Européen doit respecter avec soin les préjugés de la population, s’il ne veut s’exposer à de sanglantes représailles, Des consuls européens résident à Djeddah, et la partie de la côte soumise à la suzeraineté de la Porte est comprise dans les traités conclus avec l'Égypte et la Turquie. À Mascate, le commerce européen trouve une bienveillante protection, et l’Iman a signé avec les États-Unis, l'Angleterre et la France, des traités qui stipulent l’entière liberté du commerce, suppriment les prohibitions et les droits de sortie, et remplacent toutes les taxes par un droit d'importation de 5 0/0 de la valeur.

Monnaies. Poids et mesures. — Il n'existe en Arabie aucun système régulier de poids et mesures : chaque peuple emploie les siens : il en est de même des monnaies: les plus estimées sont la piastre d’Espagne, la piastre au-

trichienne ou talari à l'effigie de Marie-Thérèse, et la couronne anglaise : les monnaies d’or n'ont pas cours.

La Perse, située entre 42° et 58° longit. est, 25° et 39° latit. nord, est bornée au nord par le Turkestan, la mer Caspienne et la Russie transcaucasienne, à l’ouest par la Turquie d’Asie, au sud par le golfe Persique, à l’est par le Béloutchistan et l'Afghanistan.

La superficie est d'environ 4,047,000 k. c., la population de 42 millions d'habitants. La ‘capitale est Téhéran.

Le golfe Persique. Principaux perts. — La\Perse est baignée par deux mers, le golfe Persique et la Caspienne.

Le meilleur port du golfe Persique est Bender-Abasi, sous un ciel brûlant et sur une côte malsaine, à 24 heures de Mascate, à cinq jours de Bombay, à six jours d’Aden. Cependant son antique prospérité a passé depuis le commencement du siècle à Mohammeria, près de l’embouchure du Chat-el-Arab, et à Bushir (25,000 h.), ville insalubre et mauvais port, qui est aujourd’hui le centre des relations maritimes de la Perse avec la Turquie d’Asie et les Indes anglaises, et dont le commerce s'élevait déjà en 1830 à 68 millions. Ces deux villes sont rattachées à Bombay et à Mascate par un service de vapeurs anglais.

La mer Caspienne, — La Perse, qui touche aux Indes et à l’Arabie par le golfe Persique, est à quelques jours de l'embouchure du Volga par la mer Caspienne ; Asérabad, le principal port persan, sur cette côte dangereuse et escarpée, est desservi par les vapeurs de la Compagnie russe du Volga, qui accomplissent en neuf jours le trajet d’Astrakan par Petrowsk et Bakou.

Du reste, les Persans sont des navigateurs peu entreprenants, leur marine ne se compose que de barques de pêcheurs, et leur véritable débouché maritime n’est ni à

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Bushir, ni à Astrabad; il est à 7rébizonde sur la mer Noire, dans la Turquie d’Asie où vient aboutir tout le trafic international entre l'Europe et la Perse.

Routes de caravanes. — Les routes de caravanes sont donc la principale voie du commerce extérieur et le seul moyen de communication intérieure, car la Perse n’a pas de cours d’eau navigables.

De Téhéran qui tend de plus en plus à devenir l’entrepôt du commerce de l’Empire, comme elle en est. la capitale, rayonnent sept voies principales qui viennent aboutir à toutes les frontières,

4° De Téhéran à Trébizonde par Cazbin et ‘Fauris (140,000 h.), entrepôt du commerce persan avec l’Europe, siége de comptoirs français, allemands, suisses et grecs, l’une des villes les plus commerçantes de l’Asie. Le trajet de Tauris à Trébizonde par Erzeroum, est de vingt-cinq à trente-cinq jours, et 3,000 conducteurs, 46,000. bêtes de somme circulent continuellement sur cette route que le gouvernement turc s'occupe enfin d'améliorer.

20 De Téhéran à Tiflis et aux défilés du Caucase par Tauris et Érivan: le gouvernement russe admet en franchise par cette frontière les produits de la Perse; mais malgré cet avantage il n’a pu réussir à détourner le courant qui les porte vers Trébizonde.

3° De Téhéran à Bagdad par Hamadan, Kirmanschäh, et le pays des Kurdes dont les tribus insoumises arrêtent souvent les caravanes.

4 De Téhéran à Bushir par Æaschan, Mspahan (80,000 h.), l’un des centres commerciaux de la Perse, et Schtraz, entrepôt du trafic de Bender-Abasi et de Bushir.

8° De Téhéran à Candahar et à Hayderabad par Yezd, un des centres de l’industrie persane, sur la limite du grand désert de Kerman.

6° De Téhéran à Hérat, à Caboul et à Lahore par Mesched (40,000 h.), capitale du Khorassan.

7° De Téhéran à Khiva et Boukhara par le littoral de la Caspienne qu’infestent les tribus des Turkomans, ou par Mesched et le Khorassan.

Chemins de fer. Télégraphes,— Le gouvernement persan a concédé à une compagnie russe la construction d’un réseau de chemins de fer dont la principale ligne, partant de Tauris, aboutirait à Bushir par Téhéran et Ispahan.

Des lignes télégraphiques partant de Téhéran se ratta-

chent à l’Europe par Trébizonde et les lignes russes du Caucase, et au télégraphe anglo-indien par Bushir et par Bagdad.

Climat, Productions.— Le territoire de la Perse se compose d’une suite de plateaux qui descendent en amphithéâtre vers le golfe Persique, mais qui plongent brusquement dans la Caspienne, par de hautes falaises calcaires. Brülant et malsain sur les côtes méridionales, le climat est tempéré dans les vallées du nord et du centre, et presque rigoureux sur les plateaux de l'Arménie persane. À l’est, s'étendent de vastes déserls couverts d'efflorescences salines, au centre des plateaux arides, fertilisés à grand’peine par les canaux d'irrigation : mais au sud et au nord, dans le Farsistan, dans le Khorassan s’étagent sur la pente des montagnes, des terres bien arrosées et d’une merveilleuse fécondité. Bien que la vingtième partie du sol tout au plus soit en culture, les céréales, le riz, les fruits suffisent à la consommation intérieure, les vins de Schiraz sont célèbres; l’indigo, le coton, l’opium, la noix de galle, les plantes médicinales, le tombeki (tabac) d’Ispahan, le lin, la gomme, s’exportent en Asie:et en Europe : la culture du fourrage et l’éducation du cheval, du chameau, des bêtes à laine et du gros bétail sont très-répandues ; mais la principale richesse de la Perse est la soie qui se récolte à Kaschan, à Yezd, à Mesched, à Cazbin et surtout à Rescht sur les bords de la Caspienne, dont la production s'élevait, en 1863, à 206,000 kilogrammes.

La houille se rencontre sur les bords du golfe Persique;

le pétrole dans presque toute la Perse, et les montagnes à renferment des mines de fer, de cuivre, quelques gisements aurifères, et des pierres précieuses,

vernement L'industrie persane n’est pas sans importance : les toiles onstruction imprimées et les cotonnades d'/spahan et de Borondzird, ipale ligne, les châles et les feutres de Æerman, les soieries d'Yezd, Téhéran et de Rescht et de Aaschan, les cartonnages d'Ispahan, les mosaïques de Schiraz, les armes de Mesched et de Cazbin, an se ratta- les poteries et les tanneries de Hamadan, soutiennent >8 russes du encore leur antique réputation, et depuis quelques années ushir et par des essais heureux ont été faits ponr introduire la raffinerie du sucre.

la Perse se Cemmerce extérieur, — Nous manquons de doculent en am- ments pour apprécier le commerce intérieur, de. la ongent brus- Perse et l'importance de ses relations avec Boukhara, falaises cal- Hérat, Candahar, Bagdad et l'Arabie; quant à son comridionales, le merce avec l'Europe ou les possessions européennes il se nord et du concentre sur deux points, Tauris et Bushir, de l'Arménie Expertation et impertaiion par Tauris, — En ls couverts 1863 on évaluait à 40 millions l'exportation persane par teaux arides, Tauris : elle consistait en soies gréges, graines de vers à gation : mais soie, noix de galle, cire jaune, plantes médicinales, tomle Khorassan beki, matières linctoriales, cuirs, fruits secs, etc. , terres bien L'importation européenne s’élevait à plus de 70 millions Bien que la et consistait en étoffes anglaises, allemandes et françaises,

culture, les en articles de Paris, cristaux, porcelaines, horlogerie ommation in- suisse, armes et métaux fournis surtout par la Russie, Les indigo, le co- vins et les soieries de France, et nos sucres raffinés trouédicinales, le veraient sur le marché de Tauris un débouché avantae, s’exportent geux, et feraient aisément concurrence aux produits indiage et l’éduca- genes, ine et du gros M Cemmerce par Bushir. — Les exportations par le richesse de Bushir consistent en soies, laines de Kerman, châles, an, à Vezd, à tapis, soieries de Yezd, chevaux, fruits secs; les ‘mportales bords de tions en indigo, sucre et épices de l'Inde, étain de Banca, t, en 4863, à | café d'Arabie, mousselines des Indes, cotonnades, cou- 2 tellerie et aciers anglais, Le mouvement de ce commerce, dont l'Angleterre a le monopole, s'élève à plus de 70 millions, | Etat social. Traités de commerce, ete,— Le Persan, brave, spirituel, aimant le luxe et le plaisir, doué de

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nl in ll fl i | il

l'instinct du négoce, et d’une finesse qui va jusqu'à la ruse, est une des races les moins abâtardies de l'Asie. Le gouvernement, bien que despotique, semble animé d’un désir sincère de progrès. Réformes administratives, création d'écoles spéciales, organisation des troupes à l’européenne, concessions de télégraphes et de chemins de fer, mesures énergiques contre les pillards Kurdes et Turkomans, traités de commerce avec l'Angleterre, la Russie, la France, la Turquie, le Zollverein, et la Suisse, se succèdent depuis quelques années avec rapidité et développent les ressources d’une riche contrée à qui il ne manque que des voies de communication moins lentes et plus sûres. Pressée entre la Russie, au nord, et l'Angleterre au sud et à l’est, la Perse semble disposée, pour échapper à l’étreinte de ces deux puissantes voisines, à s'appuyer sur la France; et le commerce français pourrait profiter de cet intérêt politique pour s'ouvrir en Perse des débouchés dont l'importance grandit à mesure que les communicstions deviennent plus faciles.

Mesures et monnaies. — Les principales monnaies usitées en Perse sont le kraus, 4 fr. 20 c. et le foman, 45 fr. 95 c. Le poids le plus employé est le batman, 3 kilogrammes. Les droits de douane sont de 4 0/0 de la valeur.

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