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CHAPITRE III

Bornes. Superficie. Divisions pellitiques. — L'Empire anglais des Indes s’étend aujourd’hui du 2° au 34° parallèle nord ; du 68° au 1092 degré de longitude orientale. Il est borné à l’ouest par l'Afghanistan, le Béloutchistan, et la mer d’Oman, au sud par la mer des Indes, le golfe du Bengale, le golfe de Martaban et le détroit de Ma-

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laka, à l'est par les empires de Siam et des Birmans, au nord par l'Himalaya qui le sépare du Thibet.

Il comprend l'Hindoustan proprement dit, la presqu'ile du Dékan, les îles Ceylan, Laquedives et Maldives dans la mer des Indes, Nicobar et Andaman dans le golfe du Bengale, et le littoral de l’Indo-Chine depuis les bouches de l'Iraouaddy jusqu’à l’île de Singapour. |

Sur cette vaste superficie de plus de 3,550,000 kil. c. où vivent 1490 millions d'hommes, tout est sujet ou vassal de la Grande-Bretagne, sauf les colonies françaises de Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Karikal et Yanaon, avec leur population de 260,000 h., et leur superficie de 490 kil. c., les colonies portugaises de Diu, Damao et Goa (440 kil. c. et 164,000 h.), et quelques petits États indigènes, le Cachemire et le Ladak protégés de l'Angleterre, et le Boutan déjà envahi et sur le point d’être conquis.

Les possessions anglaises se divisent en possessions immédiates gouvernées et administrées directement par l’Angleterre, et quiforment les trois grandes présidencesdu Bengale, chef-lieu Calcutta, de Bombay et de Madras; et possessions médlates telles que le Népaul, le Guzerat, le Dékan, le Maïssour, gouvernées en apparence par des rajahs indigènes, mais en réalité par des résidents anglais, soumises à un tribut et surveillées par des garnisons britanniques.

Climat. Productions. — Le climat de l’Inde, comme celui de toutes les régions tropicales, n’a que deux saisons, celle des pluies pendant la mousson du sud-ouest, d'avril à octobre, et celle de la sécheresse pendant la mousson du nord-est, d'octobre à avril; mais il varie suivant l’exposition et l'altitude, brûlant et malsain, sur presque tout le littoral, dans le delta fangeux du Gange et dans les vastes plaines du Bengale; frais et salubre sur les plateaux du Dékan, dans le Pendjaub et dans les riantes vallées de l'Himalaya. L'aspect du sol n’offre pas moins de variété : au nord, la chaine granitique de l'Himalaya, avec ses pics de 9,000 mètres et ses neiges éternelles; au centre, dans le bassin du Gange et de l’Indus, des plaines d’une merveil-

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leuse fertilité, coupées de forêts, de jungles impénétrables et de déserts sablonneux : au sud, dans la presqu'ile du Dékan, dont les contours sont tracés par les escarpements de la double chaine des Ghates, un sol tourmenté, de fraîches vallées, des plateaux tour à tour âpres ou fertiles. La richesse de cette terre, échauffée par le soleil des tropiques, est inépuisable; toutes les productions du globe semblent s’y être donné rendez-vous. Les céréales donnent chaque année deux récoltes, et les blés du Guzerat, les avoines du Scinde et du Pendjaub le disputent aux plus belles qualités d'Europe. Le r2z abonde dans l’Indo-Chine anglaise, dans le Bengale, dans la province de Madras. Les légumes et les fruits de toute espèce, l’oranger, le figuier, le palmier, le éabac, le bétel, prospèrent dans toutes les provinces ; l’île de Ceylan récolte seule plus de 48 millions de kilogrammes de cafés sans compter la production du Mälabar, de Maïssour et de Malaka : le hé du Bengale, du Pendjaub et de Ceylan entre pour près d’un tiers dans la consommation anglaise, et le dispute à celui de la Chine : les épices, poivre du Malabar, de Ceylan, et de Singapour, cannelle, gingembre, badiane de Geylan, rivalisent avec les produits des Indes néerlandaises : la culture de la canne à sucre s'étend chaque jour : les plantes médicinales, ricin, campbrier, aloës, jalap, etc., croissent spontanément; l’opium, ce fléau de l’Orient, fait la richesse du Bengale. Les plantesutilesà l’industrienesont pas moinsnombreuses : les cotons deSurateet de Madras ont un moment remplacé ceux del’Amérique, etcette cullurerestera désormais, malgrédes spéculations insensées et des espérances exagérées,une des richesses de l'Inde, dont la production a décuplé de 1861 à 1864 : parmi les plantes tinctoriales, safran, nerprun, etc. l'indigo tient le premier rang; et cette culture n’a cessé de s'étendre à Madras, dans le Bengale, dans l’Oude, malgré le peu de profit qu’en tire d'ordinaire le cultivateur indigène : la jute, le chanvre, le lin, les graines et les plantes oléagineuses, les arbres à gomme, les immenses forêts de bambous, de sapins, de chènes; les bois de construction sans rivaux dans lé monde, tels que le tek de Cey-

lan, les bois précieux, sandal, ébène, etc... complètent ce tableau des richesses de l’Inde, Malgré le préjugé religieux qui interdit aux brahmanistes l'usage de la viande de bœuf, de nombreux troupeaux paissent dans les riches prairies du Gange et de l’Indus : la laine des moutons du Sindhy rivalise avec celle de l'Australie; la race des chèvres du Thibet est acclimatée dans les hautes vallées de l'Himalaya : le cheval, le chameau, l'éléphant sont répandus dans toute la péninsule : enfin la culture du mürier et l'éducation des vers à soie a fait d'immenses progrès au Bengale, où la production dépasse 700,000 kilog.

L'Inde possède tous les minéraux comme toutes les productions végélales : la houtlle dans la vallée du Gange (province de Benarès), et dans celle de la Nerbuddah (province de Bombay); le fer dans presque toutes les provinces; le cuivre dans le district d’Agrah, le plomb et l'étain dans le Pendjaub, le zinc dans toute la péninsule, l'or et l'argent, au Bengale, et à Golconde, les diamants et les pierres précieuses à Ceylan, et dans les cantons d'Orissa, de Golconde et de Visapour; les marbres et l’albätre dans la chaîne des monts Ghates et des monts Windhya, le graphite à Ceylan; le salpétre à Ceylan, dans le Pendjaub et surtout au Bengale (Tirhut), le pétrole dans l’Indo-Chine anglaise et au Pendjaub, le se/ dans les lacs du Guzerat et du Sindhy. La pêche des perles dans le détroit de Manaar sur les côtes de Ceylan, celle des cauris, coquillage qui sert de monnaie aux Indes, en Afrique et en Cochinchine, et qui se trouve surtout aux îles Maldives, occupent une partie de la population des côtes et sont l’objet d’un commerce considérable avec l’Asie, l'Afrique et même l’Europe, |

Production industrielle, — L'industrie autrefois si florissante des Indes, n’a plus de débouchés que dans les contrées asiatiques : les cotonnades de Madras, de Calicut, de Madapolam, les mousselines de Dakka et de Surate, la joaillerie de Benarès et de Delhi, les aciers et les soieries du Bengale, ont depuis longtemps cédé le pas aux produits de l’industrie européenne, qui entrent de plus en plus

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