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EMPIRE DU JAPON

Bornes. Superficie. Population. — Le Japon, but extrême du commerce européen dans les mers de l'Orient est un archipel long d'environ 800 lieues, situé entre le 24° et le 43° degré lat. nord, le 121° et le 443° long. est et composé de quatre îles principales : Æieou-Siou Sikhof Niphon et Yeso. Sa superficie est d'environ 700,100 k. c., sa population de 40 à 45 millions d'habitants. La capitale vs w toto (Myako), dans l’ile de Niphon (1 million d’habiants).

Historique des relations avec le Japon.— ° sition insulaire du Japon, sur la route de SN Rae peu de distance des côtes de la Chine, de la Sibérie et de l'archipel Indien, ses richesses agricoles et minérales, sa population industrieuse et intelligente lui donnent parmi les nations asiatiques une importance exceptionnelle. Le Japon semble destiné à devenir l’Angleterre de l'extrême Orient. Jusqu'en 1853, un seul peuple européen, les Hol- | landais étaient admis à commercer avec les Japonais et leurs navires ne pouvaient entrer que dans le port de Nagasaki, Les États-Unis, en 1854, l'Angleterre, en 1855 forcèrent à leur tour les barrières qu'opposait à l'étranger la méfiance du gouvernement ; enfin, en 1858, la France et la Grande-Bretagne signaient à Yedo un traité bientôt étendu aux États-Unis, à la Russie, à la Hollande, et qui stipulait l'ouverture des poris de Hakodadi, Hiogo, Nagasaki, Yedo et Osaka. Depuis ce temps, malgré les résistances de la féodalité japonaise, la partie éclairée de la nation et le faicoun, mandataire du véritable souverain du Japon, le Mykado, ont essayé d’aplanir les difficultés qui s'élèvent encore à propos de l'exécution des traités, acceptés aujourd'hui par le chef de l’empire japonais. !

Des missions japonaises ont parcouru la France et l’An- GÉOGR. GÉNÉR. 15

gleterre, les relations se sont multipliées, et tout porte à croire qu’elles prendront de plus en plus un caractère de bienveillance réciproque.

Climat. Production naturelle et industrielle, — Le climat du Japon:est plus variable que ne le sont d’ordinaire les climats maritimes: les pluies y sont fréquentes, les hivers rigoureux @t kes:étés brûttants.

Le 401, montagneux, volcanique, souvent bouleversé pat des tremblements de terre, est aussi fertile et aussi bien etiltivé que ‘celui de la Chine, et les productions sont à peu près Tes mêmes : au midi, le riz, les épices, les froits, la canne à sucre, l'arbre à thé, l’indigo, le camphriet, les arbres à gomme, les bambous, le cotonnier; au nord, les ‘eéréales, la pomme de terre, les légumes, les plantes textiles, oléagineuses et médicinales, le tabae, les bois:de consttimctiôn,. |

Le moutôn et le port sont presque inconias au Japon; les bœufs ‘et les chevaux ÿ sont rares; mais l'éducation des vers 4'soie y est plus répandue et plus avancée que danstoute autre contrée, et le Japon a seul échappé à l'épidémie qui depuis dix ans'a diminué d’un tiers la production de la soie'en Aste‘et en Europe.

Ses ‘mines sont inépüisables : l'or, l'argent, le cuivre, la houille, les marbres, la terre à porcelaïne se rencontrent en abondance ;'on‘exploite également le soufre, le mercure ete fer, Enfin, les pécherïes d’Yeso fournissent à la consommation de tout l'ernpire.

L'industrie japonaïse est sas contredit la plus avancée de l'Asie : la porcelaïne et la laque surpassent celles de Chine ; les soieries égalent ‘celles de France et d'Italie, la fonte des métaux, le tissage du coton, la fabrication des ärrnes, du papier, de l’encre, les bronzes , la bijouterie, la teinturerie, la verrerie pourraient soutenir la comparaison avec les produits européens; enfin, les Japonais ont entrepris de construire des instruments dé précision, des machines à vapeur, des appareils électriques, ‘et ils ont réussi.

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méridional des ports ouverts aux étrangers est celui do Nagasaki, dans l’ile de Kieou-Siou, au centre d’un district fertile, et célèbre par ses soieries et ses porcelaines. Les Hollandais et les Chinois dominent encore dans le mouvement commercial de Nagasaki, amoindri du reste par le traité de 4858, et-par les communications dinectes établies avec l'ile de Niphon. Aujourd’hui Jes deux principaux centres du commerce européen.et américain avec le Japon sont Osaka, et Yedo. Osaka, située sur une baie large mais peu profonde, au sud de l’île de Niphon, sur la route d’'Yedo, à peu de distance de Myako, capitale del’Empire, dont les foires célèbres sont désormais accessibles aux Européens, est une ville de 800,000 âmes, siége de l’administration générale des postes, à deux jours d'Yedo et à quatre jours de Shang-Haï par la navigation à vapeur; destinée à devenir un des principaux marchésdes mers de l'Orient, Yedo,lasecondecapitaledel’Empire(2,600,000h.), est.située au fond d’un large golfe sur les bords duquel s'élèvent les villes maritimes de Sünoda, de Yoko-Hama, el de Kanagawa qui lui servent d’avant-ports. Bien bâtie, ornée de boutiques élégantes, centre de nombreuses industries, Yedo est déjà fréquentée par .de nombreux bâtiments anglais etaméricains, et par quelques navires russes, hollandais et français qui viennent y échanger les marchandises européennes .cuntre les soies, les thés, les cotons et les métaux du Japon. Plusieurs maisons européennes y ont établi des comptoirs, et le développement rapide de ses +elations la désigne comme la première place de commerce de l'empire japonais, La Compagnie péninsulaire et orientale et les Messageries impériales desservent le port d’Yedo, l’une depuis 4863, les autres depuis 4865. ZZakodadi, non loin de Matsmai, capitale de l'ile d’Yeso, dont elle est le principal débouché, est surtout visitée par les bâtiments russes et américains et par les jonques japonaises, qui viennent y charger les bois de construction, les poissons secs et les pelleteries; les pavillons anglais et hollandais y font-quelques rares apparitions.

Commerce extérieur, — Les documents nous man:

quent pour apprécier le commerce du Japon avec la Chine et la Corée. Quant aux échanges avec l’Europe et les États- Unis, le thé, la soie, les graines de vers à soie forment la presque totalité des exportations japonaises. Les marchandises les mieux accueillies sont les draps, les serges, les cotonnades, les armes, les spiritueux, les bois de teinture, les livres, les instruments d'optique et de chirurgie, et même les articles de Paris.

L’Angleterre, suivie de près par les États-Unis, occupe le premier rang dans le mouvement des échanges, puis viennent la Hollande et la Russie, enfin la France, les villes hanséatiques, la Prusse, qui vont surtout y chercher la soie et les œufs de vers à soie, mais dont les importations se réduisent encore à un chiffre insignifiant.

Caractère national. — Le Japonais est fier, brave, loyal, intelligent, curieux des sciences européennes, qu'il connaît et qu’il sait appliquer, mais attaché à ses coutumes, facile à blesser et prompt à se venger quand il se croit insulté. Aussi ne saurait-on trop recommander aux Européens de se mettre au courant des usages, et d’observer scrupuleusement les règlements de commerce et de police publiés par les consuls. Du reste, les relations ne peuvent que s’améiiorer en se multipliant; le gouvernement semble disposé à observer les traités, et la résistance des daïmios ou grands feudataires, découragée par une répression énergique, commence à se lasser,

Traités de commerce. — Les priviléges accordés aux étrangers par les traités de 1858 et de 1864, au bénéfice desquels participent la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie, la Hollande, la Prusse, la Suisse et l'Italie, sont la liberté de commerce, de résidence et de culte dans tous les ports ouverts, l’introduction en franchise des métaux précieux, la réduction à 5 °/, des droits sur les céréales, animaux vivants, soies écrues, plomb, zinc, élain, machines à vapeur, étoffes de coton et de laine, houille, bois de construction ; à 35 °/, des droits sur les liqueurs enivrantes ; à 25 °/, de ceux que supportent toutes les autres marchandises, sauf l’opium, qui est

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prohibé ; l’abaissement à 5°/, du tarif douanier, qui pèse sur tous les objets exportés ; le libre usage des monnaies japonaises et étrangères ; enfin le droit, pour les puissances contractantes, d'établir dans les villes ouvertes des consuls investis d’une juridiction exclusive sur leurs nationaux.

Les navires marchands ne doivent pas oublier que, malgré la surveillance exercée par les croiseurs européens, les parages du Japon et de la Chine sont encore infestés par les pirates, dont les jonques viennent enlever les bâtiments de commerce jusqu’en vue des ports chinois ou japonais ; mais ce fléau, mollement combattu par les gouvernements asiatiques, ne peut manquer de disparaitre devant les efforts des puissances d'Europe et des États- Unis.

Poids, mesures et monnaies, — Les poids et mesures les plus usités sont :

4° Mesure itinéraire, le ri — 4,123 mètres, 440.

2° Mesure de longueur, le sasi — 0 m. 303.

3° Mesure superficielle, le pou — 3 m. c. 6443.

4° Mesure de capacité, le sy6 — 17 litres, 4 décilitres.

5° Poids, le £n: — 280 grammes.

La série des monnaies comprend treize modules d'or, deux d’argent et trois de cuivre; et le rapport de la valeur de l’or à l’argent n’est que de 5 à 4, tandis qu'il est de 45 à 4 en Europe.

Le £o-ban (or) vaut, suivant les Hollandais, 26 fr. 25, Le ry6 (taël) (argent) pèse 7 gr. 525, et vaut 1 fr. 8536. Le mou (cuivre) = 0 fr. 0035. |

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