ANTILLES (HAITI
40 et 45 millions : la France n’y prend qu'une part lrèsrestreinte. Les exportations consistent en tabacs, en bois d’acajou et de campèche, en miels et en cires ; les importations, qui consistent en denrées alimentaires ou en objets de consommation, se font presque exclusivement par Saint-Thomas et Curaçao, dont les entrepôts approvisionnent ceux de Saint-Domingue. A peine arrive-t-il quelques chargements directs des États-Unis.
Institutions commerciales. État social. — La population de l’île d'Haïti appartient presque tout entière à la race noire ou mélangée, dont elle a les qualités et les défauts. Enrichis sans travail par la merveilleuse fécondité de leur sol, passionnés pour le luxe, pour les modes européennes, pour les riches habits, pour les couleurs éclatantes, pour tout ce qui brille et qui flaite leur vanité ; portant jusqu’à l’excès le goût de nos vins et de nos liqueurs fines, dont la consommation est énorme par rapport à la population, les Haïtiensont gardé quelques traits de cette éternelle enfance à laquelle la race noire parait être condamnée.
Si le préjugé de la couleur et la crainte de la vengeance des Européens se sont affaiblis ; si le blanc peut aujourd’hui commercer en gros, et même exercer une profession manuelle, les impôts qui pêsent sur lui, les droits de patente qu'il est tenu d’acquitter maintiennent son infério-
rité vis-à-vis de l’homme de couleur. Cependant presque À
tout le commerce est entre les mains des étrangers blancs et mulâtres, qui dirigent également toutes les entreprises industrielles et les maisons de banque.
Toutefois, de grands progrès se sont accomplis : l’instruction se répand, les droits de douanes ont été diminués, les prohibitions qui subsistent à l'exportation sur les métaux, à l'importation sur les produits analogues à ceux du pays, sont devenues moins sévères; le nombre des ports ouverts au commerce a été porté de 8 à 46, et le gouvernement montre pour les étrangers une bienveillance qui finira sans doute par rapprocher les deux races.
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GUYARES. 405
fluer vers Haïti une partie de la population noire des États du Sud, prépare à cette riche contrée un avenir qui ne saurait être indifférent à la France, dont la langue est restée celle de Haïti, et dont les idées exercer ur ces populations, autrefois ses sujettes, une si puissanle influence,
Peids, Mesures et Monnaies. — Les poids et mesures les plus usités sont :
Mesures de longueur. — Le pied = 0",325, et l’aune = 1",188.
Mesure de capacité. — Le gallon —13 litres 785.
Poids. — La livre — 0 kilog. 489; le quintal = 48 kilog. 950.
La monnaie de compte est la piastre = 5 fr. 25.
Le papier-monnaie, qui porte le nom de gourdes-papier (la gourde vaut une piastre), est presque la seule monnaie nationale en circulation, et subit une forte dépréciation.