BORNES. SUPERFICIE. POPULATION
Le royaume de Belgique est situé entre 49° 30’ et 54° 34! lat, nord, 0° 44’ et 3° 42’ long. est.
Il est borné au nord-ouest et au nord par la mer du Nord, au nord-est par la Hollande, à l’est par la Prusse rhénane et le Luxembourg hollandais, au sud et au sud-ouest par la France.
Sa superficie est de 29,455 kil. carrés ; sa population de À millions 948,000 âmes.
Il se divise politiquement en 9 provinces, 41 arrondissements, 2,524 communes. La capitale est Bruxelles, sur la Senne (280,000 h.).
Dès le xni° siècle, la Belgique était une des contrées les plus riches et les plus commerçantes de l’Europe, Les tis-
SITUATION ET PRODUCTION. 51 serands de Gand et de Bruges étaient une puissance avec
had M laquelle comptaient les rois de France et d'Angleterre, et ètre cube, #f la Flandre jouait dans le nord de l'Europe un rôle égal à 4 celui des grandes républiques d'Italie dans le Midi, La Beldecompte) Ü gique doit cette antique prospérité qu'elle à conservée à | { deux causes principales : sa situation géographique et la
fr, 25 cent. facilité de ses voies de communication, fr. L: Sa proximité de l’Angleterre en fait un des débouchés 5 fr. 25 c. % du commerce anglais avec le continent. Sa position intera fr, 25 c. 4 médiaire, entre la France d’une part, les Pays-Bas et l’AI- 400, 4 lemagne du Nord de l’autre, lui assure un immense com- | merce de transit, et suffirait à expliquer son importance et
sa prospérité commerciale.
À Climat et nature du sel. — Le climat de la Belgique # est tempéré, mais humide, comme la plupart des climats maritimes. A l’ouest, entre la mer du Nord et l'Escaut, s'étendent de vastes plaines formées de terrains d’alluvion, couvertes de riches cultures, coupées de canaux et de haies vives. Au centre, des terres argileuses et calcaires, : groupes de collines confuses et peu élevées, qui s’avaissent insensiblement du côté de la Hollande, et vont se perdre dans les marais de la Campine. A l’est, sur la rive droite de la Meuse, des forêts entrecoupées de landes, de bruyères et de pâturages.
Production agricole, -— Sur 2,945,600 hectares, les
9 30 et 51°
L FA mins céréales occupent plus d’un million d'hectares, les cultures sud ei. du industrielles, le chanvre, le lin, la garance, le colza, le
@ tabac, la betterave, le houblon couvrent 250,000 hect. ; ® les foréts, 559,000 ; les jardins potagers, 35,000 ; les praià res permanentes ou artificielles, plus de 600,000, qui nourrissent un million et demi de bêtes à cornes, 5 mil- @ lions de moutons, et une race de chevaux de trait fort % estimée (chevaux flamands),
4 Production minérale, — La richesse minérale de la & Belgique n’a pas moins contribué que sa richesse agricole & au développement de ce petit État, que son agriculture, & son industrie, son commerce, sa population placent aux 4 premiers rangs parmi les nations européennes,
xelles, sur
ontrées les pe. Les tis-
Le nature lui a donné er abondance la houille et le fer, ces deux puissants agents de la civilisation moderne.
Mouille. — La production de la houille en Belgique est de 41 millions de tonnes, dont plus de 6 millions absorbés par la consommation intérieure. Les centres d'exploitation sont le Æairaut (Mons, Charleroi), et la province de Ziége : plus de 100,000 ouvriers sont occupés à l’extraction des iouilles dont la valeur s'élève à 440 millions de francs.
Fer. — Charleroi, Liége et Namur sont les principaux centres d’exploitation pour les fers, dont la production s’élève à plus d’un million de tonnes de minerai brut.
Zine. — La Belgique occupe le second rang en Europe, pour la production du zinc, et vient après la Prusse : les mines exploitées dans la province de Liége par les sociétés de la Vieille et de la Nouvelle-Montagne, produisent annuellement plus de 36,000 tonnes de zinc, évaluées à 27 millions de francs. | |
Le cuivre, le plomb, le nickel sont égaiement l’objet d’une exploilation assez importante; enfin les marbres, les pierres écossines du Hainaut et de la province de Namur; les argiles, la tourbe donnent lieu à un commerce très-actif dont la France est le principal débouché.
La richesse agricole et minérale de la Belgique, la facilité de la circulation, le nombre et l'importance de ses débouchés, ont conservé à son industrie sa supériorité traditionnelle, et lui permettent de lutter avec avantage contre les grandes nations industrielles qui l'entourent de toutes parts. Nous avons déjà dit qe la richesse industrielle d’un pays était en raison du nombre et de la force de ses machines : en 1860, la Belgique possédait plus de 4,000 appareils à vapeur représentant une force de plus de 127,000 chevaux, ou le travail de 2,667,000 hommes de peine; plus de la moitié de la population du royaume!
4° Industries textiles, — L'indusirie des cotons, paralysée en Belgique comine dans le reste de l’Europe, parles
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événements d'Amérique, ne date que de 1804 : en 1860, la Belgique livrait à ses 700,000 broches, près de 13 millions de kilog. de coton, et produisait 44 millions de kilog. detissus dont8 millions seulement destinés à la consommation nationale. Le centre de la filature et de la fabrication belge est Gand (120,000 h.), sur l’Escaut, la seconde ville de la Belgique, que son admirable situation, ses canaux, ses chemins de fer, sa proximité d'Anvers et d’Ostende, désignent comme le Manchester belge. En 1860, elle possédait à elle seule plus de 400,000 broches : 16 ans plus tôt elle n’en avait pas encore 250,000. — Tournai sur l'Escaut (32,000 h.); Lokeren, Saint-Nicolas, etc., dans la Flandre orientale, fabriquent la bonneterie et les dentelles de coton.
issus de chanvre et de lin. — La Belgique après une crise amenée par la substitution du tissage mécanique au tissage à la main, a reconquis sa supériorité dans cette industrie qui fit autrefois la richesse de la Flandre. Elle occupe plus de 320,000 broches : Gand, en possède à elle seule plus de cent mille; Æoulers (46,000 h.), centre d’une fabrication qui occupe plus de 20,000 ouvriers; Bruges (52,000 h.), dans la Flandre occidentale; Courtrai (26,000 h.), sur la Lys, sans rivale pour la fabrication des toiles fines, soutiennent l’antique réputation de l’industrie flamande.
Tissus de laîne. — La Belgique fabrique environ 9 millions 800,000 kilog. de tissus, pour une valeur de 200 millions de francs, dont une partie destinée à l'exportation.
® Le principal centre de l’industrie des lainages est Verviers,
dans la province de Liége, (50,000 h.) en y comprenant la population des communes voisines peuplées par l’industrie drapière, En communication par les chemins de fer avec la Belgique tout entière, la France, l'Allemagne, l’Angleterre, Verviers est le plus grand marché de la Belgique pour les laines indigènes ou étrangères. On évalue à près
À de 100 millions la valeur annuelle de sa production, qui
comptait, en 4862, 100 manufactures de draps et 22 fila-
4 tures. Zirlemont, Diest et presque tout l’arrondissement
de Louvain, se livrent également à la fabrication du drap ou à la filature des laines,
Dentelles. — L'industrie des dentelles occupe en Belgique plus de 400,000 ouvrières. Le principal centre de cette industrie est Bruxelles, qui exporte ses produits dans le mondeentier': Ypres (25,000 h.), Gand, Bruges, Courtrat, emploient plus de 50,000 ouvrières disséminées dans les villages ou groupées dans les grands centres de population : Malines sur la Dyle (35,600 h.), Grammont, dans le Brabant, Louvain et Anvers tiennent un rang impor tant dans l’industrie des dentelles,
2° Autres industries qui s’appliquent aux produits de l’agriculture. — Za papeterie belge est une des plus importantes du continent, et fabrique annuellement plus de 15,000 tonnes de papier dont elle exporte les deux tiers. Les centres de cette fabrication, Bruxelles, Tournai, Gand, Namur, Louvain, Malines, sont également les principaux marchés de la librairie belge, l’une des plus actives de l'Europe, malgré la suppression de la contrefaçon, à laquelle elle demandait autrefois des ressources peu honorables, détruites aujourd’hui par les conventions internationales qui garantissent la propriété littéraire.
Les raffineries de sucre d'Anvers, de Bruxelles, de Gand, livrent chaque année à l’exportation plus de 20 millions de kilogrammes.
Les distilleries de Gand produisent à ellesseules 500,000 hectolitres par an : les brasseries de Gand, celles de Louvain (35,000 b.), livrent à la consommation plus de 800,000 hectolitres de bière, Bruxelles, Malines, et presque toutes les grandes villes de Belgique exercent cette industrie favorisée par l’abondance des matières premières.
La préparation des eutrs et des peaux est une des pre-
mières industries belges. Ypres, Gand, Bruges, Anvers, :
Namur ont des tanneries et des corroieries, et la ganterie de Bruxelles ne le cède qu’à celle de Paris.
3° Industries métallurgiques, etc. —Fers et aciers.
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Les deux métropoles de l’industrie du fer sont Charleror, sur la Sambre (15,000 h.), et Liége sur la Meuse (100,000 h.). La production réunie de l’arrondissement de Charleroi et de celui de Liége, pour les fontes et les fers, montait en 1863 à 370,000 tonnes, et près de 100 millions de francs. La fabrication des machines et mécaniques, celle des armes à feu portatives, qui donne lieu à une exportation de 23 millions de francs; la fonderie, des canons, les capsuleries, la fabrication des rails et des fils télégraphiques, la clouterie, etc. font de Liége un des premiers centres de l’Europe pour toutes les grandes industries qui se rapportent au travail du fer : Mons et Charleroi pour la clouterie, les rails et les machines, Bruxelles pour le matériel des chemins de fer, Vamur sur la Meuse (35,000 h.), pour la coutellerie et les armes blanches, possèdent des usines qui le disputent à celles de la province liégeoise.
Liége et Namur sont les principaux centres de l’industrie du cuivre, et de celle du zinc, qui ne le cède en Europe qu’à la Prusse,
Verrerte et cristallerte. — Charleroi et Liége sont les deux principaux centres de la fabrication du verre et des glaces en Belgique. La manufacture de glaces de Sainte- Marie d'Oignies, près de Charleroi, produit annuellement pour près de deux millions de glaces : les verres à vitres représentent une valeur de plus de 8 millions dans la seule province du Hainaut. Namur, Bruxelles, éraing, près de Liége, rivalisent avec les usines de Chareroi.
COMMUNICATIONS EXTÉRIEURES
Frontières de terre. — Lignes de navigation fluviale. — La Belgique touche par ses frontières de
| terre,ausud, à la France; au nord-est, à la Hollande ; à l’est
à la Confédération germanique. Elle est traversée du sud au nord par deux fleuves importants, l’Escaut et la Meuse, tous deux tributaires de la mer du Nord, mais dont les
bouches appartiennent à la Hollande, et les sources à la France. Ce sont les deux grandes artères de la navigation intérieure de la Belgique, et deux des grands chemins de son commerce avec la France et les Pays-Bas. Navigable pendant 240 kil. sur le territoire belge, l’£scaut reçoit à gauche la Lys, à droite le Rupel formé de la Dyle, de la Senne et de la Nèthe : la Meuse, dont la navigation plus difficile se prolonge à partir de Liége par un canal latéral, reçoit à gauche‘la Sambre, qui prend sa source en France.
Canaux. — La navigation fluviale est complétée par un système de canaux qui n’a de rival qu’en Angleterre et en Hollande, et qui présente un développement de plus de 500 kilomètres.
. On peut diviser les canaux de la Belgique en deux grandes classes : 4° Canaux de communication internationale ; 2° Canaux de jonction entre la Meuse et l’Escaut. 4° La France communique avec la Belgique par trois canaux: celui de Mons à Condé, important pour le transport des houilles; celui de Roubaix à l'Escaut, et celui de Dunkerque à Furnes, qui se prolonge en suivant le littoral belge par le canal de Nieuport, le canal d’Ostende, et celui de l’Écluse, commençant à Bruges et finissant sur le territoire hollandais à l'embouchure de l’Escaut.
Avec la Hollande, la Belgique communique : 4° par le canal de la Meuse, de Liége à Maestricht et de Maestricht à Bois-le-Duc et Rotterdam ; 2° par le canal de l'Ecluse, et le canal du sas de Gand et de Terneuse, entre Gand et les bouches de l’Escaut. Ce dernier canal, long de 19 kil, sur la partie belge et de 10 sur la partie hollandaise, fait de Gand un port maritime en même temps que le second port de l’Escaut, et y apporte chaque année plus de 350 navires, dont un tiers sous pavillon anglais.
9 La Meuse est unie à l’Escaut par 3 lignes principales :
4° Le canal de la Meuse, prolongé par celui de la Campine et par le canal du Nord, qui établit la communication entre Liége et Anvers.
2 Le canal de Charleroi (sur la Sambre) & Bruxelles,
1rces à la avigation emins de \avigable ué reçoit la Dyle, avigation un canal source en
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and et les 49 kil. sur se, fait de econd port 50 navires,
incipales :
1e la Cammmunica-
Bruxelles,
parcouru annuellement par plus de 12,000 bateaux, jaugeant 750,000 tonneaux, et prolongé jusqu’à Anvers le canal de Villebroeck. . "ÿ
3 Le canal de Charleroi à Mons, prolongé jusqu’à l’Escaut par le canal d’Anthoing. | ct Enfin le canal d'Ostende à Bruges et de Bruges à Gand, établit une communication intérieure entre Anvers et Ostende, et sert de débouché au port de Bruges dont le mouvement annuel est de 450 à 460 navires,
Chemins de fe. Lignes télégraphiques. — Le réseau des chemins de fer, dontledéveloppement dépasse 2,800 kilomètres, est le plus vaste de l’Europe, par rapport à l'étendue du territoire, et celui qui a rencontré le moins de difficultés d'exécution, grâce à la nature du sol.
Vs peut ramener les chemins de fer à 4 lignes principales :
4° Ligne de l'Ouest, de Lille à Anvers par Courtrai et Gand, l’une des grandes voies de transit entre les Pays- Bas et la France. 4
2 Lignes du Centre, de Lille à Anvers par Tournai, Bruxelles et Malines : de Valenciennes à Bruxelles par Mons et Braine-le-Comie : de Maubeuge à Bruxelles par Monset à Anvers par Erqueline, Charleroi, Wavre et Louvain.
Ces trois lignes servent également de déb | transit entre les Pays-Bas et la France. wi
3° Lignes de l'Est, de Maubeuge à Maestrich leroi, Namur et Liége. $ et on
De Maubeuge à Aix-la-Chapelle par Charleroi, N Liége et Verviers. (Grande voie du transit ent ras et l’Europe septentrionale.) RS babe E
De Givet à Namur par Dinant.
De Longwy à Namur par Arlon.
40 Lignes de la mer du Nord à la frontière orientale.
D'Ostende à. Anvers par Bruges et Gand.
DEA es par Gand, Malines et Louvain.
stendeà Trèves (Prusse rhénane) par Gand, B Namur, Arlon et Luxembourg. . se lé à,
Ces diverses lignes sont la voie du transit entre l'Allemagne et l'Angleterre.
La navigation fluviale et les chemins de fer figurent pour plus des deux tiers des transports dans le commerce extérieur de la Belgique, la navigation maritime y entre à peine pour un tiers. Des lignes télégraphiques rattachent la Belgique à tous les points du continent, et à l'Angleterre par Ostende.
Principaux ports. Lignes de navigation maritime. — Les communications de la Belgique. par mer sont moins actives que par terre : ses côtes que baigne la mer du Nord et qui présentent un développement de 440 kil, sont droites, bordées de dunes et de bancs de sable; la Belgique n’a que deux grands ports, Ostende, et Anvers sur l’Escaut dont les bouches appartiennent à la Hollande; Nieuport sur l’Yser et sur le canal de Furnes, n'est qu’un port de pêche et de cabotage ; Gand et Bruges sont plutôt des ports fluviaux que des ports maritimes,
Ostende (19,000 h.) doit sa prospérité aux canaux, aux voies ferrées qui la rattachent à toute la Belgique, et surtout à sa proximité de l'Angleterre,
Deux lignes de paquebots la relient à Londres et à Douvres: c’est le principal débouché du commerce anglais avec la Belgique, et du transit entre l'Angleterre et l’Allemagne, Elle «:::rcrient en outre des relations avec la Norwége, la Russie, la France et Hambourg; les bois de construction, les sels de France, les charbons, les métaux et les laines anglaises sont les principaux objets de ses importations; elle arme pour la grande pêche : ses huîtrières sont les plus renommées du continent. :
Le mouvement de sa navigation est environ de 4,200 navires jaugeant près de 200,000 tonneaux, et le chiffre de son commerce de 50 millions, en y comprenant le transit (18 millions).
Anvers, sur la rive droite de l’Escaut, est une ville de 140,000 h., le plus grand marché dela Belgique et l'un des plus importants de l’Europe. La sûreté de son port, son fleuve large de 700 mètres et qui porte les plus gros na-
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