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des haches, en Styrie et en Carinthie, ont une importance considérable, | L'horlogerie, la bijouterie, l’orfévrerie, sont représentées, à Vienne et à Prague, par quelques établissements
. remarquables, mais dont les produits ne dépassent guère
la frontière autrichienne.
IL n’en est pas de même des instruments de précision, de chirurgie, de musique et surtout de la fabrique des pianos de Vienne, qui a devancé et qui balance encore la réputation de la fabrication parisienne.
La poterie, les grès, la porcelaine de Vienne et de Prague, soutiennent en Autriche la concurrence du Zollverein, de l'Angleterre et de la France.
La verrerie est encore aujourd'hui l’industrie nationale de la Bohème, qui occupe à la fabrication du verre, et surtout du verre de couleur, près de 30,000 ouvriers.
La verroterie de Venise rivalise avec celle de la Bohème et se répand également sur les marchés les plus lointains du globe,
L'industrie des produits chimiques est une des plus actives de l'Autriche. Prague, Goritz en Illyrie, Trieste, et surtout Vienne, n’ont pas de rivales en Allemagne.
COMMUNICATIONS EXTÉRIEURES
La France n’est unie à l'Autriche par aucune ligne régulière de navigation ; mais les relations entre Trieste et Marseille sont cependant assez actives.
Principaux ports. Lignes de navigation maritime. — Les provinces méridionales de l'Autriche, Vénétie, Istrie, Croatie, Dalmatie, sont baignées par l'Adriatique, sur une étendue de 4,700 kil.
Creusées par les golfes de Venise, de Trieste et de Fiume, qui découpent la presqu'île d'Istrie, bordées de lagunes sur le littoral vénitien, de falaises calcaires sur celui de la Dalmatie, les côtes autrichiennes sont semées des îles nombreuses de l’archipelillyrien, qui nourrissent une population de marins et de pêcheurs intrépides,
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Les principaux ports sont :
Venise (120,000 h.), la reine déchue de la Méditerranée, dont le port ensablé ne saurait plus aujourd’hui lutter avec’ Trieste, malgré la franchise incomplète que l'Autriche lui a accordée. Les sables qui s’enlassent dans les passes du Lido et de Malamocco ferment peu à peu l'entrée des lagunes; et c’est à peine si les passes les plus profondes présentent 14 pieds d’eau à marée basse.
Cependant, grâce aux chemins de fer et à la navigation à vapeur, le commerce de Venise s’est relevé, et atteint aujourd’hui le chiffre de 140 à 150 millions.
Le mouvement de son port est d’environ 9,000 navires, dont 1,700 pour la navigation au long cours.
Les bois de construction, le chanvre, les verroteries, la soie sont les principaux objets de ses exportations; elle importe surtout des céréales, des fers, de la houille, des tissus et des sucres. ù
Trieste ([strie, 410,000 h.) est aujourd’hui le principal entrepôt et le port le plus considérable de l'Autriche.
La sûreté de son port, la franchise dont elle jouit depuis 1719, les chemins de fer qui la rattachent à l'Italie et à l'Allemagne, enfin la création de la compagnie du Lloyd autrichien, ont donné à sa prospérité un essor que les derniers événements d'Italie ont ralenti sans l’arrêter, et qui grandira par l'ouverture de l’isthme de Suez.
Trieste est en communication, par les bateaux à vapeur du Lloyd,
Avec tous les ports autrichiens de l’Adriatique;
Avec Malte, par Ancône, Corfou et les ports de Sicile;
Avec tous les ports de la Grèce, de l’Archipel, de la Turde d'Europe et d’Asie, et avec l'Égypte, par Alexan-
rie.
Des lignes anglaises, françaises et russes la rattachent à Liverpool, à Londres, à Marseille et à Odessa.
Ses relations maritimes s'étendent au monde entier, et
son commerce, qui atteint une valeur de près de 600 millions, embrasse toute espèce de marchandises.
Les denrées coloniales, le coton, la laine, les céréales, les métaux, la houille en sont les principaux objets.
Le mouvement de son port dépasse 4,500 navires chargés et 730,000 tonneaux pour le commerce avec l'étranger ; 42,000 navires et 600,000 tonneaux pour le cabotage, sans y comprendre près de 2,000 bateaux à vapeur, jaugeant 600,000 tonneaux. Cependant la concurrence des lignes françaises dans la Méditerranée et celle de Hambourg pour le commerce avec l'Amérique et l’approvisionnement de l’Allemagne centrale et des provinces septentrionales de l’Autriche, préparent au commerce de Trieste des difficultés qui ont déjà failli compromettre la prospérité de la compagnie du Lloyd,
Les principales échelles de la navigation du Lloyd dans |
l’'Adriatique sont :
Fiume (12,000 h.), port franc en Croatie:
Zara (20,000 h.), capitale de la Dalmatie ;
Raguse (10,000 h.), ruinée par son annexion à l’Autriche.
Cattaro (3,000 h.) est le débouché du commerce du Montenegro, et entretient des relations actives avec Venise et Trieste,
Meuvement de la navigation. — Le mouvement général de la navigation en Autriche varie entre 50,000 et 54,000 navires sous pavillon autrichien, et quatre à cinq mille sous pavillon étranger.
L’effectif maritime est de 10,000 navires ou embarcations (400,000 tonneaux), dont 680 bâtiments de long cours et 70 vapeurs, appartenant presque tous à la compagnie du Lloyd (1863).
Navigation fluviale, — La navigation fluviale dé l'Autriche se borne à celle de l’'£7be, du Danube et de
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leurs affluents; cependant la Vénétie possède plusieurs cours d’eau navigables, tributaires de l'Adriatique : l’Adige, le PÔ et son affluent le Mincio; mais les circonstances politiques et la construction des chemins de fer ont enlevé à ces fleuves leur importance commerciale, Le lac de Garde, dont la rive occidentale est italienne, a conservé un assez grand mouvement de marchandises et de voyageurs.
L'Oder, dont les sources appartiennent à l'Autriche, n’est pas navigable sur son territoire.
La Vistule, qui longe la frontière autrichienne de Gallicie, et qui porte des bateaux depuis Cracovie, n’est plus parcourue que par les trains de bois, depuis la construction du chemin de fer de Cracovie à Varsovie.
L’£'lbe, qui prend sa source en Bohème, et qui reçoit un affluent important, la Moldau, ouvre aux provinces du nord de l’Autriche une voie de communication, praticable même aux bateaux à vapeur, avec la Saxe, la Prusse et Hambourg, dont le commerce fait concurrence, dans cette partie de l'Empire, à celui de Trieste.
Toutefois, le grand débouché du commerce autrichien, c’est le bassin de la mer Noire, et la grande artère commerciale de l'Autriche, c’est le Danube, qui, par lui-même ou par ses affluents, la rattache à la Bavière, à la Fugue et aux principautés danubiennes.
Le Danube entre en Autriche en franchissant un défilé formé par les montagnes de Bohème et la chaîne de l’Ausrück, et quise prolonge jusqu'à Linz, ville de 30,000 âmes, centre des relations de l'Autriche avec la Bavière, et point de départ des vapeurs de la compagnie danubienne,
De Linz à Krems, le fleuve coule resserré dans des gorges escarpées et dangereuses; mais à partir de Krems, son lit s’élargit, de nombreuses îles le coupent en plusieurs bras, dont la largeur iotale est de près de 4 kil., et qui se prolongent jusqu’au delà de Vienne.
Assise sur la rive droite du fleuve, avec lequel elle communique par un canal, centre des chemins de fer autrichiens, Vienne, avec sa population de près de 600,000 ha-
bitants, en y comprenant les faubourgs, est à la fois la métropole commerciale, financière et manufacturière de l'Autriche, et l’un des principaux marchés de l’Europe pour les cotons, les soies, les tissus, les laines, les cuirs, les denrées coloniales et les vins. |
Pesth, située sur la rive gauche du fleuve, en face de Bude, qui n’en est qu’un grand faubourg, a une population de 130,000 h. et de 185,000, si l’on y comprend celle de Bude. Centre commercial et "politique de la Hongrie, desservie par trois lignes de chemins de fer, Pesth est le premier port autrichien du Danube, l’un des premiers marchés de l’Europe pour les grains, le bétail et les vins, et ses quatre foires annuelles rivalisent avec celles de Leipzig.
Après avoir reçu la Drave et la Save, et arrosé Peter. wardein et Semlin, le Danube reprend sa direction primitive de l’ouest à l’est, et sépare l'Autriche (Hongrie) de la Servie,
La seule ville à mentionner sur la rive autrichienne est le petit port de Zaziasch où s’arrêtent les chemins de fer danubiens, et qui doit à cette circonstance une importance momentanée comme port d'embarquement pour le bas Danube, Odessa et Constantinople.
La navigation du Danube, libre aujourd’hui et ouverte à toutes les concurrences, à été longtemps le monopole d’une compagnie fondée en 1839, et qui, en 1838, comptait 106 bateaux à vapeur, et avait transporté près de 1,300,000 vsyageurs et 760,000 tonnes de marchandises. Sous le régime de la liberté, et malgré la rivalité des chemins de fer, cette navigation n’a fait que s’accroître c! dépasse de beaucoup celle du Rhin et de l’Elbe, les &u* grands fleuves du Zollverein.
L’Autriche possède plusieurs canaux, maïs d’une importance toute locale; les principaux sont ceux de Vienne à Neustadt; au Désube à la Theïss (cana! François) ; de la Theiss à la Terms ,<enf:war, anal Bega), destinés surtout à éviter les détours ou les bas-fonds de ces rivières marécageuses,.
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Routes de terre. Chemins de fer, — Tout le territoire de l'Autriche est sillonné par des routes bien entretenues, sauf dans quelques parties de la Gallicie, de la Hongrie et des provinces croates.
Les chemins de fer, qui présentent un développement de 41,000 kil, concédés et de 4,800 exploités, peuvent se ramener à six lignes principales, qui sont, en même temps que les grandes voies de communication intérieure, des routes de transit et de communication internationale.
4° Ligne de v'iurope centrale, de la frontière de Bavière à la frontière de Russie. Les principales places de commerce situées sur le parcours sont : Prague, capitale de |: Bohème (150,000 h.) sur les deux rives de Ja Moldau, entrepôt des céréales, des métaux, des charbons, des laines, des produits manufacturés de la Bohème et des denrées coloniales, des cotons, etc... qu’elle tire de Ham-
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Cracovie sur la Vistule (50,000 h.), l’un des grands entrepôts du commerce entre la Silésie, la Pologne et la Hongrie, avant son annexion à l'Autriche en 1846, est réduite depuis cette époque à un rôle secondaire, malgré la liberté de transit et d’entrepôt que lui a laissée le gouvernement autrichien.
Lemberg (80,000 h.), capitale de la Gallicie, est un des grands marchés de la province, et des lieux d'échanges avec la Russie, la Pologne et la Moldavie. Cette ligne se prolonge jusqu’à Brody sur la frontière russe (25,000 h.), qui doit à la franchise de son territoire situé en dehors des douanes autrichiennes, et à ses foires importantes, d’être un d': inarchés les plus actifs pour toutes les opérations commerciales entre l’Autriche, la Russie, et les principautés danubiennes. Les laines, les pelleteries et les produits de l'industrie autrichienne sont les principaux objets de ses échanges.
2° Ligne du Danube, de la frontière bavaroise à la frontière turque.
Les principales places qu’elle traverse sont :
Linz sur le Danube : Vienne, Presbourg, Pesth-Bude, Czegled, Szegedin, Temeswar sur la Temes, et Baziasch.
3° Ligne de l'Europe méridionale, de la frontière italienne à la frontière turque, et au Danube.
Cette ligne se rattache par Peschiera et Mantoue aux chemins de fer italiens : elle traverse Vérone sur l’Adige, ville de 80,000 h. qui fait un commerce considérable de riz, de laines, de cuirs et de soieries :
Padoue (50,000 h.), dont les foires sont les plus fréquentées de la Vénétie :
Venise, rattachée au continent par un viaduc de 3 kil., Trieste, Laybach, capitale de la Carniole (95,000 h.), Sfeënbrück, et Agram (22,000 h.), capitale de la Croatie, entrepôt des produits de cette province : cette ligne s'arrête à Siszeck où commence la grande navigation de la Save.
4 Ligne de la mer du Nord et de la mer Baltique à la frontière italienne, par Prague, Linz, Salzbourg, Inspruck, capitale du Tyrol, Botzen, petite ville de 15,000 h. à qui sa position intermédiaire entre la Suisse, l'Italie et l'Autriche, promet un grand commerce de transit, quand la ligne ferrée encore inachevée sur un espace de 60 kil. aura franchi, au col de Brenner, la chaîne des Alpes rhétiques. Après avoir traversé Trente et Roveredo, cette ligne s’arrête à Vérone, où elle rejoint les chemins de fer lombards et vénitiens, en communication avec toute l'Italie.
b° Ligne de la Baltique à l’Adriatique : par Brunn, capitale de la Moravie, l’un des entrepôts du commerce avec la Prusse et la Pologne et le plus grand marché des laines de l’Autriche (58,000 h.).
Vienne, Neustadt, Gratz, capitale de la Styrie (70,000 h.), entrepôt de l'industrie métallurgique et marché des produits agricoles de cette province : Zaybach et Trieste qu'elle rattache à tout le reste de l’empire.
6° Lignes de la Theiss, — Ce système encore inachevé, et qui tracerait la ligne la plus directe de Dantzig et de Varsovie à Constantinople, suit la vallée de la Theïss et rattache au réseau autrichien les villes du centre de la Hongrie,
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Vienne est en communication par des lignes télégraphiques qui sillonnent tout l'empire, avec le réseau européen,
Le commerce extérieur de l’Autriche s’élève à environ 2 milliards 330 millions, dont 4 milliard 330 millions pour l'exportation (1864).
Importation. — Les principaux objets de son importation, dont la valeur s'élève à près d'un milliard, sont :
Matières premières. — Les cofons qu’elle tire du Brésil, du Levant et des Indes par Trieste, ou des entrepôts de Hambourg par Prague.
Les laines qu’elle tire de Russie par Brody, de la Turquie par le Danube, du Levant par Trieste et du Zollverein par les chemins de fer,
Le lin et le chanvre, venant d'Italie par Trieste, de Russie et de Prusse par les chemins de fer du Nord et par Brody.
La soie (200,000 kilug.), provenant de Lombardie et du Levant par Trieste.
La houille provenant d'Angleterre par Trieste ou des mines du Zollvereir par les chemins de fer.
L'importation des métaux est peu importante, mais celle des bois de teinture, ou d’ébénisterie, de l’indigo, des résines, des graisses, des huiles non comestibles, figure pour un chiffre considérable dans le commerce de Trieste.
C’est également Trieste qui partage avec les ports du Danube, et les villes frontières de la Russie le commercedes céréales tirées de Russie, de Turquie, des Principautés danubiennes eten grande partie destinées à la réexportation.
Les fruits secs ou frais, les huiles d'olive, de Grèce et d'Italie, ont pour principaux marchés Triesteet Venise, qui tirent des mêmes provenances le peu de vins importés en Autriche.
Les États-Unis, Cuba, le Brésil, les Indes anglaises, les entrepôts anglais et hollandais fournissent à l'Autriche, les cafés, les épices, les thés, les sucres de canne, le riz dont Trieste est le grand entrepôt,
Quant aux prodaîts manufactarés : les cotonnades, les lainages et les soieries d'Angleterre, de France, de Suisse et d'Allemagne, les fers, les aciers, les machines d’Angleterre, de France et du Zollverein, les articles de Paris, la mercerie et la bijouterie française et allemande, jouent le principal rôle dans l'importation autrichienne.
Exportation. — L’exportations'élève, en ycomprenant le transit, à 4,330,000,000.
Parmi les matières premieres, celles qui figurent au premier rang sont la laine, la soie, les peaux, les bois, la pierre à bâtir, etc.
Parmi.les denrées alimentaires, les céréales, les vins, les bestiaux.
Parmi les produits manufacturés, les tissus de coton pour la Turquie et le Levant, les lainages pour le Zollverein,
l'Italie et l'Orient, les soieries, les aciers, la quincaillerie |
et la verrerie, les instrumenis de musique, la bijouterie qui se répandent dans le monde entier.
Transit et réexportation. — Le transit, dont l’importance grandit tous les jours, consiste surtout en céréales, spiritueux, denrées coloniales, raisins de Corinthe, et objets manufacturés, provenant de l’Europe occidentale et destinés à la Russie et à l'Orient, |
Les pays qui entretiennent avec l'Autriche les relations les plus actives sont le Zollverein qui absorbe à lui seul les 57 centièmes de ses exportations, près de 700 millions sur un milliard 330 millions : la Turquie et les Principautés danubiennes, la Russie, la Grande-Bretagne, Italie et la Suisse, en Europe; Cuba, le Brésil et les États-Unis, en Amérique; l'Égypte, en Afrique, les /ndes et la Turquie d'Asie, en Asie.
La France ne reçoit directement d’Autriche que pour 20 à 25 millions de bois, de laines, etc. et lui renvoie pour 11 à 12 millions de sucre, de soieries, de garance : mais toutes les marchandises exportées ou importées par voie de terre figurent au commerce de la France avec le Zollverein et l’Italie.
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Races. Divisions politiques. — L'Autriche n’est pas une nation, c’est un gouvernement ; et l’on pourrait lui appliquer, avec plus de raison, le mot fameux de M. de Metternich sur l'Italie : « Ce n’est qu’une expression géographique. » |
L'origine, la langue, la religion, le caractère de ses populations changent dans chacune de ses provinces. A l’Ouestsont groupés environ huit millions d’Allemands qui présentent toutes les qualités de leur race avec moins d’étendue d'esprit, mais peut-être plus de sens pratique que chez leurs compatriotes du Nord, Dans tout l'empire, en Bohème, en Gallicie, en Hongrie, en Croatie sont dispersés plus de 45 millions de Slaves qui parlent des dialectes différents, qui se rattachent à des nationalités distinctes, et qui n’ont rien de commun que les aptitudes générales de leur race. En Hongrie, mêlés aux populations slaves vivent cinq millions de Madgyares, descendants des anciens conquérants, race ardente, intrépide, passionnée pour ses souvenirs nationaux, mais qui a gardé quelque chose des
“habitudes de ses ancêtres, à étroit dans les villes et dans
les liens de la civilisation moderne, et nese sentant à l’aise que dans la liberté de la steppe sans barrières et sans horizon. Enfin au sud-est, et au sud-ouest de l'empire sont reléguées deux populations d’origine néo-latine, les Italiens de la Vénétie, partagés entre leurs souvenirs et leurs espérances qui ne leur laissent que de la haïne pour ceux qu'ilsconsidèrent comme des maitres, etles Roumains de la Transylvanie entraînés vers leurs compatriotes des principautésdanubiennes, qui tiennent entre leurs mains l’avenir de la race roumaine.
Entre toutes ces populations si diverses de caractères, de langues, de traditions, il n’y a rien de commun, que le lien politique, qui pour béaucoup est une chaine, et le lien commercial qui réunit tous les habitants de la vallée du Danube, mais qui laisse en dehors de cette communauté
d'intérêts, la Bohème enfermée dans ses montagnes, la Gallicie polonaise et la Vénétie italienne.
A ces causes d’antipathie entre les diverses portions de l’Empire, venaient se joindre pour entraver l'essor de l’industrie et du commerce, mille obstacles moraux ou matériels : l’absence d'institutions et de garanties politiques, une organisation sociale indécise et imparfaite, le servage en Hongrieeten Gallicie, la propriété organisée sur des bases toutes féodales, l’industrie étouffée par le régime des corporations ; le commerce arrêté par les douanes et par la difficulté des communications par terre. Il n’en fallait pas tant pour expliquer l’infériorité commerciale de l'Autriche, malgré ses richesses naturelles et son heureuse situation. FA
Depuis quelques années, de nombreux progrès se sont accomplis: sans renoncer complétement à son rêve d'unité, l’Antriche a donné satisfaction aux intérèts généraux et à ceux des provinces, par une constitution plus libérale : elle a proclamé, en 1860, la liberté industrielle, accepté, en 4858, la libre navigation du Danube, aboli le servage, réformé son système douanier, et amélioré l’état de ses finances,
Compagnies de commerce. — Aussi de grandes compagnies de chemins de fer, la Société autrichienne, celle des chemins de fer de la Theiss, etc., ont couvert, en quelques années, son territoire d’un réseau de plus de 5,000 kilomètres, qui s’agrandit chaque jour.
Deux puissantes compagnies de navigation la rattachent à tout l'Orient, par la Méditerranée et par le Danube : le Zloyd de Trieste, fondé en 1836, et qui possédait, en 1863, 60 paquebots (11,690 chevaux-vapeur) :
La Compagnie danubienne, fondée en 1830, agrandie en 1845, et qui comptait, en 1863, 410 bateaux à vapeur,
Institutions de crédit, — Les institutions de crédit se sont également multüpliées, malgré les embarras financiers de l’Autriche.
La plus importante est la Banque nationale de Vienne, fondée en 1816, et dont les billets ont fini par devenir
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