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CHAPITRE II

Population. Races eurepéennes. — L'Europe dont la population est évaluée à 290 millions, est habitée par trois grandes. familles de peuples, diverses d’aptitudes et de caractère, mais appartenant toutes trois à la race blanche, et presque égales en nombre.

A l'Orient la Race Slave, la plus jeune des trois dans la civilisation, clairsemée dans les vastes plaines de la Russie, dela Pologne, et des rives du Danube, se ressent encore du voisinage de l'Asie, du mélange des tribus asiatiques et des souvenirs de la vienomade. Une intelligence facile, un caractère hospitalier, une rare faculté d’assimilation ; mais sous le voile de l’indolence orientale, une extrème mobilité de sentiments, et quelque chose de cette imagination à la fois rêveuse et passionnée des peuples d’Orient, qui tour à tour enchaïine ou précipite l’action, tels sont les traits dominants de la race slave. Des nationalités plutôt ébauchées que formées, des institutions sociales et politiques imparfaites ; un double travail de décomposition et d’enfantement, un état social qui disparaît, un autre qui s'organise, tel est le spectacle que présente l’Europe orientale et qui explique l'infériorité relative de la famille slave. Elle compte à peine pour un quinzième dans le mouvement général du commerce européen, et pour beaucoup moins dans le mouvement industriel : mais l'avenir À

lui réserve la gloire et le profit de civiliser le nord de l’Asie ét de servir d’intermédiaire entre l’Europe et l'Orient. Hace germanique. — Au nord et au centre de l'Eu- : rope, habitent les peuples de race germanique, subdivisés en trois grandes familles : les Allemands, peuple d’agriculteurs, de soldats et de penseurs, race patiente et laborieuse, mais lente à agir et qui se débat encore contre les restes d'institutions à demi féodales, aussi contraires au progrès du commerce et de l’industrie qu’à la formation de l’unité territoriale; les Scandinaves, marins intrépides, endurcis par leur climat, aimant les travaux du corps et de l'intelligence, mais peu nombreux, et vivant sous un ciel déshérité de la nature; enfin les Anglo-Saxons, les rois du commerce et de l’industrie, doués au plus haut point, de cette énergie, de cette activité, de ce sens pratique, qui ont répandu leur langue, leur civilisation et leur commerce d’un bout du monde à l’autre, mais poussant jusqu’à l’égoïsme et jusqu’à l’orgueil le sentiment de l'intérêt et de la grandeur nationale.

Race latine. — Au sud et à l’ouest habitent les peuples de race latine : les Rtaliens qui ont prouvé par l’exemple de Venise, de Gènes, de Florence, ce que pouvait leur génie souple et facile, et qui rendus à eux-mêmes retrouveront leurs traditions nationales; les Espagnols, chez qui l'esprit d'aventure et le génie de la conquête a toujours dominé celui du commerce, et qui longtemps étrangers au mouvement moderne, commencent à y prendre une large part ; enfin les Français, qui ne le céderaient à aucun autre peuple, s'ils savaient oser, et demander à l'initiative individuelle ce qu’ils ont été jusqu'ici trop disposés à attendre de celle de l'Etat.

Mouvement général du commerce eurepéen. — Dans le mouvement général du commerce européen, que l’on peut évaluer à 39 milliards, les peuples de race germanique comptent pour environ 23 milliards dont 9 et demi appartiennent à l'Angleterre, les peuples de race latine pour 13 dont 7 et demiappartiennent à la France. Institutions commerciales. — Grâce au progrès de

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la civilisation et des institutions régulières, le commerce et l’industrie trouvent partout des ressources et des garanties qui s’accroissent chaque jour. Les banques nationales ou privées, les institutions de crédit de toute espèce, les grandes compagnies de chemins de fer, de navigation, de télégraphie dont les opérations embrassent le monde entier se multiplient dans toutes les parties de l’Europe. La présence d'agents consulaires dans tous les grands centres, les tribunaux de commerce, une législation libérale, assurent au commerce justice et protection. Les entraves qui génaient l’exercice ou l’essor de l’industrie disparaissent; la suppression des droits de transit, l’abandon du système des prohibitions, les traités de plus en plus larges, développent les relations internationales : et la liberté commerciale inaugurée par les traités entre la France et l’Angleterre s’étend aujourd’hui à plus de la moitié de l’Europe : ce sera l’œuvre du temps, de faire tomber le reste des barrières qui séparent encore les peuples, et d’achever cette révolution économique qui en confondant les intérêts, en supprimant la misère par le travail, accomplira l’un des plus grands progrès matériels et moraux dont l’histoire ait encore été témoin.

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