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est insignifiante en Italie : elle est forcée de l’emprunter à l'étranger ou de la remplacer par le bois et la tourbe.
Celle du fer est plus importante, l'ile d’Elbe fournit seule 680,000 quintaux : les hautes vallées de la Lombardie et du Piémont, la Calabre, la Toscane ont des gisements considérables.
On trouve le cuivre à Montecatini en Toscane, à l’île d’Elbe, à Ollomont près d'Aoste; le p/omb à Pietra Santa en Toscane, le cinabre à Santa-Fiore (id.).
L'Italie doit à son sol volcanique la pouzzolane, qui se rencontre à Pise, à Naples, en Sicile, et le soufre dont la Sicile avait exporté en 1860 par Girgenti, Palerme et Catane 130,000 tonneaux d’une valeur de 47 millions de fr.
L'albâtre de Toscane, les marbres de Carrare, de Gènes, et de Sicile n’ont de rivaux en Europe que les marbres de Grèce et de Turquie; la pierre à bâtir, les argiles, les pierres à chaux abondent dans toute la péninsule; enfin l’exploitation de l’acide borique dont la Toscane a le monopole, celle des marais salants de Cagliari, de Trapani et d’Agosta en Sicile, les mines de sel gemme de Castrogiovanni, les nombreuses sources minérales de la Toscane etdu royaume de Naples, complètent le tableau de la richesse minérale de l'Italie.
La mer lui apporte comme la terre son contingent de richesses : la pêche du corail sur les côtes de Sardaigne, et de Sicile, celle des coquillages et du poisson dans l'Adriatique et dans la mer Tyrrhénienne, occupent près de 30,000 hommes, et de 8,000 bateaux.
Production industrielle. — L’essor de l’industrie a été longtemps comprimé en Italie par des causes diverses dont quelques-unes ont un caractère passager : la rarelé du combustible et des métaux, l’apathie des populations dans le Midi de la péninsule, l’incurie des gouvernements, la difficulté des transports, une législation arriérée et tracassière, et les agitations politiques qui effrayaient les capitaux et qui absorbaient toutes les forces vives de la nation.
Indastries textiles, — Parmi les industries textiles,
celle du coton qui n’emploie pas plus de 1,200,000 broches, et celle de la laine, à Turin, à Milan, à Pise, à Plaisance, à Rome, sont hors d’état de lutter avec la concurrence étrangère, sinon pour les tissus grossiers, mais les toiles de Brescia en Lombardie, d'Alexandrie (45,000 h.) en Piémont, de Gènes, de Parme, de Bari, de Palerme, et surtout de Bologne et de Ferrare, suffisent à la consommation italienne, et les filatures de sote de Milan et de Côme (20,000 h.), celles de Sienne et de Florence en Toscane, les velours et les dentelles de Turin, de Gênes, de Brescia, les series communes de Bergame, en Lombardie, de Naples, de Messine et Catane, les éaffetas de Bologue et de Palerme, soutiennent la réputation de l’Italie dans une industrie dont elle eut longtemps le monopole (30 millions de produits).
Autres industries, — Parmi les autres industries qui se rattachent à l’agriculture, il en est trois qui méritent une attention particulière par l'importance et la supériorité de leurs produits.
4° La fabrication du beurre et du fromage, qui a pour centres principaux Milan, Lodi, Pavie, et qui,en Lombardie seulement, représente une valeur de 70 millions de fr.
20 La fabrication des chapeaux de paille à Empoli, à Florence, à Sienne, en Toscane, représente une valeur annuelle de 41 à 12 millions.
3° La fabrication des pâtes alimentaires à Gènes et à Naples fournit encore, malgré la concurrence française, à üne partie de la consommation européenne,
Les tanneries de Bologne et de Messine, les savonneries de Toscane et d’Ancône, les distilleries d'huile du royaume des Deux-Siciles, les fabriques de bougies de Turin et d’Ancône, la ganterie de Turin livrent à l'exportation une masse considérable de produits.
Les industries métallurgiques sont peu développées, et représentées seulement par les fonderies de Livourne, la quincaillerie et les armes de Brescia, les machines de Pistoia et de Florence, et les forges du Piémont. La bijouterie de Turin, de Livourne, et de Naples, la verrerie de
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Toscane et de Lombardie, la céramique de Florence et de Rome, les mosaïques de Rome et de Pérouse (États-Romains), la taille de l'albâtre à Nolterra en Toscane et à Pise, et parmi les industries mixtes, la carrosserie de Milan, la fabrication des meubles à Turin et à Gênes, celle des instruments de musique en Lombardie et en Piémont, les constructions maritimes dans tous les grands ports, compensent l’infériorité de l'Italie dans les travaux métallurgiques.
COMMUNICATIONS EXTÉRIEURES
Communications maritimes avec la France. — Les communications maritimes entre la France et l'Italie sont des plus fréquentes et des mieux organisées : Marseille en est le centre. C'est de Marseille que partent les nombreuses lignes des Hessageries impériales, qui desservent Gênes, Livourne, Givita- Vecchia, Naples, Messine, Palerme; les services français de la Compagnie Marseïllaise, de la Compagnie Valéry, de la Compagnie de Navigation Mixte, de la Languedocienne, les services italiens des laquebots-Postes de Gênes, qui desservent tous les ports jusqu’à Ancône; des Paquebots de la Compagnie des Deux- Siciles, ete...
Les deux tiers de notre commerce avec l'Italie se font par voie de mer.
Principaux ports. Lignes de navigation. — Dans le versant de lamer Tyrrhénienne quatre ports principaux attirent à eux presque tout le mouvement des échanges; ce sont Gènes, Livourne, Givita-Vecchia et Naples.
Gènes (140.000 h.), autrefois la rivale de Venise, la souveraine de la Corse et de la Sardaigne, la dominatrice de la mer Noire, est encore le premier port de l'Italie. Bâtie en amphithéâtre sur un golfe que domine l’Apennin, protégée du côlé de la mer par deux môles gigantesques, Gênes peut recevoir des navires du plus fort tonnage. Débouché du commerce maritime de la Lombardie, du Piémont et de la Suisse, rattachée par des chemins de fer à toute l'I-
talie du Nord, et bientôt à la France par Nice et Marseille, elle communique avec tous les ports d'Italie, de Sicile, et de Sardaigne, avec Corfou, Malte, Tunis, avec la Corse et Marseille, par les quatre grandes C'ompagniesdes Bateaux et des Paquebots-Postes italiens, des Paquebots à vapeur des Deux-Siciles et de la mer Adriatique. Les services des Messageries impériales françaises, de la compagnie Marseillaise de navigation à vapeur, les lignes anglaises, une ligne hollandaise, une ligne belge, étendent les relations de Gènes à presque tous les points du littoral de la Méditerranée, aux principaux ports de l’Europe occidentale et aux îles Acores, Madère et Canaries, en Afrique.
La moyenne annuelle du cabotage est d'environ 6,000 navires, celle de l’intercourse avec l'étranger de sept à huit mille ; la France, la Turquie, la Russie, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Amérique du Sud, y occupent la place la plus importante; mais le pavillon génoisse montre jusque dans les ports de l'Océan indien et de l'Océan Pacifique.
On évalue à 120 millions par terre, et 400 par mer, le chiffre du commerce de Gènes, dont les principaux objets sont : les céréales, les vins, les huiles, les sucres, les cafés, les tabacs, les peaux brutes, les cotons, la laine, la soie, et les métaux.
La marine marchande de Gènes, dont une partie fait le commerce de transport pour le compte de maisons étrangères, jauge au moins 200,000 tonneaux.
Livourne (98,000 h.), ancien port franc, est le second port de l'Italie, et le débouché du commerce de la Toscane; raltachée par un embranchement aux voies ferrées de l'Italie péninsulaire, desservie par les trois grandes compagnies italiennes, par les Messageries Impériales, la Compagnie Marseillaise de navigation à vapeur, la Compagnie Bazin, qui fait le trajet de Marseille à Alexandrie, et les lignes anglaises de la Méditerranée, Livourne présente un mouvement annuel de plus de 143,000 navires, dont 2,000 vapeurs, et entretient les relations les plus actives avec la Grande-Bretagne, la France, la Russie, l'Espagne, les
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Pays-Bas, la Turquie et les États-Unis. Son commerce s'élève à près de 300 millions, et consiste surtout, à l’importation, en céréales, denrées coloniales, poisson, salaisons et objets manufacturés de provenarnr: anglaise et française; à l'exportation, en huiles, potasse, céréales et tissus,
Civita-Veechta (14,000 h.) est la seule place de commercemaritime des États-Romains. Desservie parles lignes françaises, anglaises et italiennes de la Péninsule, rattachée à Rome par un chemin de fer, elle jouit du privilége de la franchise, et doit à ses relations avec Livourne, Gènes, Marseille, l'Angleterre, la Hollande et la Grèce un mouvement annuel de 4,400 navires sans compter les relâches de 400 vapeurs. Toute la marine marchande pontificale, qui ne compte guère que 30 navires d’un faible tonnage, appartient à Civita-Vecchia.
Naples (450,000 h.), ancienne capitale du royaume des Deux-Siciles, et la ville la plus peuplée de la Péninsule, avec son golfe si vanté et son admirable situation qui en fait le débouché de tout le commerce du sud de l'Italie, est loin d’égaler ses deux puissantes rivales, Gênes et Livourne.
Son port, desservi par les Messageries Impériales, les lignes anglaises de Londres et de Liverpool, et les lignes italiennes, ne représente cependant qu'un mouvement de cinq ou six mille navires et de 700,000 tonneaux, dont un tiers pour l’intercourse avec l’étranger; mais la construction des chemins de fer, et le progrès de la culture et de l'industrie dans l'Italie méridionale, ne peuvent manquer de rendre à Naples le rang que la nature lui a assigné parmi les grands ports de la Méditerranée.
Parmi les ports secondaires, ceux qui méritent une mention, sont, sur le golfe de Gênes, Port-Maurice (10,000 h.), l’un des entrepôts pour l'exportation des huiles et des pâtes d'Italie, ville d'avenir, dont le commerce s'élève déjà à près de 40 millions; Savone, l’ancienne rivale de Gênes; la Spezzia, arsenal de la marine italienne; Piombino, en face de l’île d’Elbe, sur le canal du même nom; Casfellamare, sur le golfe de Naples; Reggio
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l'exportation des minerais de fer; Ja Sardaigne, grande à ile Montagneuse au centre, plate et Marécagense sur les È bords de Ia mer, avec ses ports de Cagliari (30,000 h.), | au sud, de Porto-Torres au N.-0., et de la Maddalena au nord, desservis par la Comagnie des Büteaux-Postes ita- |! lens, et visités ann |
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Vigation française et italienne, ur celle de l’isthme de Suez, un Messageries Jn- » Pour les lignes anglaises, de Liverpool à Trieste et à Alexandrie, pour les Paquebots {| hollandais de Rotterdam à Constantinople, et pourceux !!| des lignes italiennes de l'Adriatique (mouvement de *000 navires dont 1,000 vapeurs), Palerme (195,000 h.), capitale de l'île, sur la côte septentrionale, est desservie par la Compagnie des Deux-Siciles, par les Bateaux-Postes de Gênes, les Messageries Im. Périales et par les Steamers anglais; c'es Marché commercial et financier de la Sicile, D'autres ports moins im l'ouest, Girgenti au sud, S l'est, sur la mer lonienne, sine le Commerce des céréales, des vi soufre, qui fait la richesse de la Sicile.
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est la seule place de commerce qui présente un mouvement considérable, Rattachée à Gènes et à Naples par des lignes italiennes, à Marseille Fi la Compagnie marseillaise de navigation à vapeur; à Trieste, à Venise, à la Grèce, à la Turquie, à la mer Noire, par le Lloyd autrichien, à Liverpoul et à Londrespar les lignes anglaises ; à Alexandrie par la Compagnie italienne de navigation adriaticoorientale; située sur le chemin de fer qui longe l’Adriatique de Bologne à Brindes, Ancône fait avec l'Angleterre, l'Autriche, la Franceetle Levant, un commerce qui s'élève à plus de 60 millions.
Les autres ports de la côte orientale, Sinigaglia, célèbre autrefois parses foires, aujourd’hui en décadence; Bari, port ensablé (27,000 h.); 7rani, Otrante, sur le canal du même nom, n’ont d'importance que pour la pêche et le cabotage; mais antique ville de Zrindes, à l'entrée de l’Adriatique, où s'arrêtent aujourd'hui les chemins de fer de l'Italie orientale, semble destinée par sa position, à l'extrémité de la Péninsule, à 4 jours d'Alexandrie, à devenir un des premiers ports de transit de l'Italie, et le principal débouché du commerce italien avec l’extrème Orient par la route de Suez. Le gouvernement anglais a déjà songé à abréger de 3 jours le trajet de la malle des Indes, en la faisant passer par les chemins de fer italiens, et l’exécution de ce projet assurerait à Brindes le second rang parmi les ports de l’Adriatique.
Mouvement de la navigation. Effectif de la marine marchande, — L’effectif de la marine marchande italienne était, en 4860, de 20,000 navires et 600,000 tonneaux, en y comprenant jusqu'aux barques de pèche,
Le mouvement de la navigation s'élevait, d’après l’état de différents ports, à 100,000 navires et 8 millions de tonneaux, en 1863, sans y comprendre les États-Romains et la petite pêche.
COMMUNICATIONS PAR TERRE
Routes de terre. — Les routes de terre, bien qu'elles aient perdu de leur importance depuis la construc-
tion des chemins de fer, sont encore le seul moyen de communication en Sardaigne, en Sicile, et dans tout le sud de la péninsule, où le brigandage, le mauvais état des chemins, et l’imperfection des moyens de transport, arrètent l’essor du commerce. Le nord de l'Italie est déjà couvert de lignes ferrées, mais aucune ne franchit les Alpes, et l'Italie ne communique avec l'étranger que par
des routes de voitures, qui ont pour points de départ Gé- |
nes, Turin (240,000 h.), la capitale du Piémont, et pendant quelques années la capitale de l'Italie, détrônée au
profit de Florence, et Milan (200,000 h.), située au cœur |
de la Lombardie, la plus active, la plus industrieuse et la plus riche des villes de l'Italie.
De Giènes part la route de lu Corniche, qui communique avec la France par Nice, en longeant le littoral, suspendue au flanc des Apennins et des Alpes.
De Turin part 4° la route du Col de Tende, qui aboutit à Nice par Coni.
2° La route du mont Genèvre, qui aboutit à Briançon par Suse,
3° La route du mont Cenis, la plus fréquentée de toutes, qui aboutit à Chambéry et à Lyon par Suse.
4° La route du Grand-Saint-Bernard, peu praticable en hiver, qui aboutit à Martigny, dans le canton suisse du Valais, par Aoste.
De Milan partent les trois grandes routes de transit entre la Suisse et l'Italie, celle du Sémplon, par Domo d’Ossola, celle du Saint-Gothard, par Côme, celle du Splugen, et une quatrième route, celle du Col de Sfelvio et du Col de Tonal, qui ouvrent au commerce italien les vallées du Tyrol.
Chemins de fer. — Les chemins de fer exploités ont une étendue de 3,800 kil. Milan et Bologne (110,000 h.). la capitale de l’Emilie, peuvent en être regardées comm les deux centres principaux.
Les lignes les plus importantes sont :
4° Celle de Milan à Venise et à Trieste, par Brescia, voie du transit entre la France et l’Autriche,
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long de 12 kil.
3° Celle de Milan à Arona, à Lecco et à Côme, où
Î viennent aboutir les routes de la Suisse et du transit 4 allemand.
4° De Milan à Gênes, par Alexandrie.
5° De Milan à Bologne, par Lodi, Plaisance, Parme et
Modène.
6° La ligne de Bologne à Florence, Rome et Naples, qui
b doit se prolonger jusqu’à Reggio, sur le littoral de la mer
Tyrrhénienne. s
7° La ligne de Bologne à Brindes, par Rimini, Ancône, Termoli et Trani, destinée à se prolonger jusqu’à Tarente.
Gênes doit se rattacher à Florence par la Spezzia et Lucques, et à la frontière française par un embranchement qui longera la roule de la Corniche.
L'Italie entière est couverte par un réseau de lignes télégraphiques qui communiquent avec le continent, par la France, la Suisse et l'Autriche, avec la Corse, la Sardaigne, la Sicile, Malte, Tunis et l'Algérie, par des câbles sous-marins. |
Navigation intérieure. — La navigation fluviale est peu active en Italie. Le versant de la mer Tyrrhénienne n’a que deux fleuves navigables : l’Arno, avec le port de Pise, l'antique rivale de Venise et de Gênes, ruinée par l’ensablement des bouches de l’Arno, et le Zibre, qui porte jusqu’à Rome des bâtiments de faible tonnage, et qui reçoit quelques centaines de caboteurs dans le petit port de Fiumicino, sur les ruines d'Ostie.
Dans la partie péninsulaire, le versant de l’Adriatique ne reçoit que des torrents desséchés pendant l'été, mais les riches plaines de la Lombardie sont parcourues par le tributaire le plus important de l’Adriatique, le P6 (580 kil.), qui, ainsi que ses affluents de gauche, le Tesin, l’Adda, l’Oglio, le Mincio, peut porter des barques d'un assez fort tonnage, et même, jusqu’à Plaisance, des bateaux à vapeur,
La navigation des grands lacs de la Lombardie, le lac Majeur, le lac de Côme, le lac de Garde, présente une activité qui fait d’Arona, sur le lac Majeur, de ZLecco et de Côme, sur le lac de Garde, des ports capables de rivaliser avec ceux du lac de Genève.
Les canaux navigables, beaucoup moins nombreux du reste que les canaux d'irrigation, n’offrent qu'une importance locale. Les principaux sont les trois canaux qui unissent Milan au Tesin, à l’Adda et au P6, celui de Pise à Livourne, et celui de la Chiana, du Tibre.à l’Arno, aujourd’hui abandonné.
Principaux marchés de l’intérieur. — Outre les ports que nous avons cités, les grands marchés internationaux de la Péninsule italienne sont Milan, l’entrepôt des soies, du beurre, des fromages et des céréales de la Lombardie ;
Turin, le grand marché des soies, des huiles, du riz, des céréales, des chanvres, des bestiaux du Piémont, et l'entrepôt des marchandises étrangères importées par voie de terre;
Bologne, entrepôt des grains, des chanvres, des vins et des huiles de l'Italie centrale ;
Et Florence, que sa nombreuse population et son titre - de capitale désignent comme un des centres de transactions commerciales.
Le commerce extérieur de l'Italie s'élevait, de 1860 à 1863 (année moyenne), à 4 milliard 800 millions, dont 590 millions pour le trafic international avec la France, 297 pour l'Angleterre, 224 pour la Suisse, 200 pour lAu-
triche (Gazette de Turin, 1864).
Importation. — Le commerce d'importation, dont la valeur était de 4,440 millions, consistait surtout en métaux, houille, cotons, laines, matières Linctoriales, provenant de France, d'Angleterre, d'Autriche;
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En poissons salés, denrées coloniales, sucres bruts ou raffinés, céréales, bestiaux importés de France, de Belgique, de Trieste, ou directement d'Amérique par la marine génoise ; |
En articles manufacturés de toute espèce, anglais, fran. çais, suisses, allemands, importés en grande partie par terre, et parmi lesquels dominent les tissus, les ouvrages en fer, les articles de Paris et la verrerie.
Exportation. — Le commerce d'exportation figure sur le tableau des douanes pour une valeur de 689 millions.
Les principaux objets exportés sont, parmi les matières premières :
Le Zn et le chanvre pour la Suisse, l'Allemagne, la France et l'Angleterre (22 millions de francs);
La soie, dont l’exportation, réduite de moitié par la maladie, constituait le principal revenu de lItalie;
Quelques laines de Naples et des États-Romains,
Le soufre de Sicile, les bois de construction de Gènes et d’Ancône, le sumac de Palerme et de Messine, la garance, les peaux brutes, les marbres, le corail, les chiffons, expédiés par Messine, Palerme, Aucône, et surtout Livourne (42 millions kilog.).
Parmi les denrées alimentaires, les vins, les huiles, dont la valeur s'élève à plus de 100 millions, les frusts, les céréales d' Sicile et du royaume de Naples, les œufs du Piémont, le beurre et le fromage de Lombardie, le se/ de Sardaigne et de Sicile.
Parmi les produits manufactarés, les pailles travailifes, les pâtes alimentaires, les soieries, les toiles à voiles et les cordages ; les instruments de musique, la carrosserie milanaise; enfin l’ébénisterie, destinée exclusivement à l'Amérique,
Le commerce de transit est considérable en Italie, et suriout dans la partie septentrionale : Gênes est le port de la Suisse; les chemins de fer italiens sont la grande voie de communication entre la France et l'Autriche; et dans un avenir prochain, le transit des matières pré-
cieuses, des dépèches et des voyageurs, venant d'Orient par la route de Suez, s’ajoutera à ce mouvement, dont la valeur dépasse aujourd’hui 250 millions.
Le commerce des États-Romains consiste à l'exportation en graines oléagineuses, bestiaux, soies, laines, etc... à l'importation en objets manufacturés. Le chiffre total ne dépasse pas 60 millions, contre 130 millions en 4857, avant la séparation des provinces de l’Adriatique.
Relations avee la France. — Sur les 590 millions qui représentent le mouvement des échanges entre la France et l'Italie, 130 millions appartiennent au commerce de transit. La valeur totale des marchandises destinées à la consommation française et exportées d'Italie est de 204 millions et demi. Les soies y figurent pour 80 millions; puis viennent les bestiaux, les huiles d'olive, les potasses, les bois communs, le soufre, les peaux brutes, les garances, les marbres, etc... L'exportation française en Italie s'élève à 238 millions. Quatre articles, les tissus de laine, de coton, de soie, et la mercerie y figurent pour 100 millions. Puis viennent les vins, les sucres, les outils etouvrages en métaux, la poterie et la verrerie, les armes, les peaux préparées, etc... Une partie de ces harchandises est destinée à l'Autriche.
Caractère national. — L'Italie a pour ainsi dire deux climats et deux races distinctes : au nord le montagnard piémontais et Le paysan lombard, sous leur ciel humide et nuageux, ont les qualités viriles, les habitudes de travail qui font le cultivateur intelligent, l’ouvrier actif et industrieux : au centre le Toscan, le Romagnol et le Romain forment comme une transition entre l'Italien du nord et celui du midi : ils ont du premier les aptitudes agricoles et industrielles, du second l’imagination brillante qui fait les artistes et les poëtes. Les populations napolitaines et slciliennes, avec leur sol fertile et leur soleil brûlant, ont queique chose de cette indolence des peuples du Midi à qui la
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INSTITUMIONS COMMERCIALES. 145
la nature donne, ce qu’elle vend à ceux du Nord; mais leur caractère ardent corrige cette apa‘thie, et le montagnard des Abruzzes, le pêcheur de Palerme et de Messine peuvent au besoin lutter d'énergie avec le marin génois et le cultivateur lombard.
Quant aux aptitudes commerciales de la race italienne, l’histoire de Venise, de Pise, de Gênes, de Naples, d’Amalf, de Messine, et d’Ancône nous apprend assez ce que peuvent déployer d'intelligence, de finesse et d'activité ces populations trop calomniées.
L’abaissement de l'Italie est le résultat et le châtiment de ces rivalités municipales, de ce patriotisme exclusif et étroit, de cet esprit de morcellement qui l’a livrée tour à tour à l’étranger et au despotisme : l'unité italienne a été le rêve et le travail de huit siècles, elle ne saurait s'achever en un jour: mais à mesure qu’elle se fortifiera, en rendant à l'Italie sa confiance en elle-même, en mêlant peu à peu ses populatiou: :n corrigeant les unes par les autres leurs aptitudes di ;:.::s, elle ne peut que développer les merveilleuses ressources de cette terre favorisée entre toutes, et la replacer au rang que la nature lui assigne.
Compagnies de commerce. T'raités de commerce. — Au milieu des agitations et des incertitudes politiques, le mouvement industriel et commercial n’a pu encore se développer : cependant l’œuvre de rénovation se poursuit activement : les quatre grandes compagnies de transports maritimes que nous avons déjà citées, multiplient leurs opérations, les communications s’améliorent, le réseau des chemins de fer s’étend, l'institution des tribunaux, et des chambres de commerce s'organise dans toute la péninsule : enfin l'Italie, par la suppression des passe-ports, par des conventions postales ettélégraphiques, par des traités de commerce signés avec la France, l’Angleterre, la Suisse, le Portugal, la Suède et la Norwége, le Zollverein, est entrée dans la voie de la liberté commerciale, et a fait disparaître les prohibitions, les droits de sortie et les taxes exagérées qui pesaient si lourdement sur le commerce italien.
GÉOG. GÉNÉR.