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PORTS. NAVIGATION INTÉRIEURE

de la Méditerranée, et le déhouché de l’industrie catalane, la plus active de l'Espagne. Son mouvement dépasse 700,000 tonneaux, .et sa marine marchande est la plus nombreuse de la péninsule.

Palma (40,000 h.), capitale de l’île Majorque, et Port- Mahon (25,000 h.), chef-lieu de Minorque, les deux plus grandes des Baléares, sont importantes comme débouchés du commerce de ces Îles et comme points de relâche entre la France et l’Algérie.

Meuvement et effectif maritimes. — Le mouvement total de la navigation dans les ports d'Espagne est de 56,000 navires chargés, dont 37,000 pour le cabotage (1863); l'effectif de la marine marchande de 5,200 navires ou embarcations au-dessus de 20 tonneaux.

COMMUNICATIONS PAR TERRE

Navigation intérieure. — Malgré le nombre et l’étendue des cours d’eau, la navigation intérieure est peu développée en Espagne. La plupart des fleuves, desséchés enété, deviennent en hiver des torrents impétueux qui ravagent les campagnes. Dans le versant de l'Atlantique, le Minho, le Duero, le Tage, la Guadiana ne portent que des barques dans la partie espagnole de leur cours : le Guadalquivir, navigable jusqu’à Cordoue, porte desnavires de 100 tonneaux jusqu’à Séville, à 117 kilomètres de la mer, grande ville de 152,000 h., autrefois l'entrepôt du commerce avec le Nouveau-Monde, aujourd’hui détrônée par Cadix, mais qui, par les bateaux à vapeur du Guadalanivir, entretient des relations maritimes avec l’Angleterre 21 ies ports français de l'Océan.

Dans le versant de la Méditerranée, La Segura, le Xucar, le Guadalaviar n’ont pas de navigation régulière : la canalisation de l’Ébre permet aux gros navires de le remonter au delà de Tortose, etun canal latéral de Saragosse à Tudela (94 kil.) prolonge la navigation jusqu’au pied des Pyrénées.

Le canal d’'Olmedo et celui de Castille s'étendent de Ségovie à Alar-del-Rey par Valladolid, sur une longueur

de 156 kil., et mettent en communication le Duero et le golfe de Gascogne par le chemin de fer d’Alar-del-Rey à Santander,

Routes de terre. — Le sol de l'Espagne, hérissé de montagnes, qui s'élèvent comme autant de barrières entre les diverses provinces de la péninsule, est peu favorable aux communications intérieures : à part quelques grandes routes carrossables et bien entretenues, les transports se font encore sur de lourds chariots à roues pleines, traînés par des bœufs, ou à dos de mulets. Au nord, les Pyrénées sont franchies par vingt routes, qui établissent la communication avec la France, mais qui ne sont guère que des sentiers de mulets ou de piétons, à l'exception de la route de Vittoria à Bayonne, par la Bidassoa, de Jaca à Canfranc par le col de Canfranc, de Puycerda à Ax, par le col de Puymorens, d’Urgel à Perpignan, par le col de la Perche, et de Figuières à Perpignan, par le col de Pertus.

Sur la frontière de Portugal, les routes les plus fréquentées sont : celles de Madrid à Lisbonne, par Badajoz et £'lvas, de Salamanque à Santarem, par Ciudad-Rodrigo, et de Porto à la Corogne, par Santiago.

Chemins de fer. — La construction des chemins de fer, longtemps retardée par le manque de capitaux et par les difficultés politiques, a pris depuis quelques années un remarquable développement, et semble devoir être le signal du réveil de l’industrie et du commerce en Espagne.

Plus de 4,000 kilomètres sont en exploitation, et 3,600 concédés ou en construction.

Le centre des chemins de fer espagnols est Madrid, d'où partent six lignes principales.

4° Ligne du nord, de Madrid à Bayonne, débouché du commerce avec la France, par Valladolid, Burgos, Vittoria, Saint-Sébastien et Irun. Un embranchement dessert Bilbao. |

2° Ligne du nord-ouest, qui doit rattacher Madrid à Gijon, à la Corogne, à Vigo : un embranchement déjà exploité se prolonge jusqu’à Santander, mais la ligne principale s’arrète à Léon.

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3° Ligne de l’ouest, de Madrid à Lisbonne, par Ciudad- Real et Badajoz; inachevée de Ciudad à Badajoz.

4 Ligne du sud, de Madrid à Cadix et à Malaga, par Alcazar, Santa-Cruz, Cordoue et Séville. L'embranchement de Cordoue à Malaga et à Grenade est inachevé.

B° Lignes du sud-est de Madrid à Alicante, Carthagène et Valence, par Alcazar et Almanza.

6° Lignes du nord-est, de Madrid à Saragosse, de Saragosse à Miranda, par Tudela, et de Saragosse à Barcelone et à Tarragone, en suivant la vallée de l'Ébre.

Une ligne en construction doit rattacher Barcelone à la France, par Port-Vendres, et à tout le littoral de la Méditerranée, par Tarragone, Castellon et Valence.

L'Espagne est couverte d’un vaste réseau de lignes télégraphiques, qui communiquent avec celles de tout le continent, par la frontière française, et avec l'Afrique, par le câble sous-marin de Carthagène à Oran, souvent rompu et aujourd’hui abandonné.

Les marchés intérieurs n’ont aucun caractère international, et le commerce avec l'étranger est concentré ans les ports.

Le commerce intérieur de l'Espagne, longtemps entravé par le mauvais état et le peu de sécurité des routes, s’est relevé depuis la création des chemins de fer : cependant les transactions seraient encore loin du chiffre auquel elles devraient s'élever, s’il fallait en juger par le revenu de l'Espagne, qui ne dépasse pas 600 millions, tandis que la dette monte à 3 milliards 900 millions, et les dépenses à 650 millions.

Le commerce extérieur flotte entre un milliard et 4 mil- Jiard 100 millions, et s’élève rapidement depuis que des voies nouvelles lui sont ouvertes (660 millions en 4857).

La France (328 millions, en 1863) ;

L’Angleterre (300 millions);

Les colonies espagnoles d'Amérique, d’Afrique et d’Océanie ;

Les £'tats-Barbaresques, l'Amérique du Sud, le Mexique, entrent pour la plus large part dans le mouvement des échanges: le chiffre des importations est supérieur de plus de 250 millions à celui des exportations.

Expertations. — Parmi les objets exportés, les plus importants sont : les vins destinés à l'Angleterre, à l’Europe du Nord et à l'Amérique, les métaux, plomb, cuivre, fer, manganèse, mercure ; les huiles, les fruits, les matières tinctoriales, safran, cochenille, etc., les laines, les peaux brutes, les liéges, le sel, la soie et le tabac fabriqué, qui s’exportent en Europe et en Amérique.

Impertations. — À l'importation, les tissus de France, d'Angleterre, de Belgique, du Zollverein, de Suisse, les cotons en laine, le sucre, le café, le cacao, les matières tinctoriales, provenant des colonies et de l'Amérique du Sud, ou des entrepôts anglais et français, les ouvrages en métaux, l'horlogerie, l’orfévrerie, les peaux brutes, les tabacs de la Havane et de Manille, les muets et les bestiaux, représentent les valeurs les plus considérables.

Le transit ne comprend guère que les marchandises f 8

destinées à la réexportalion dans les colonies, etlespro- r duits coloniaux à destination de l’Europe. à F Relations avec la France. — Les échanges entre le

la France et l'Espagne s'élèvent à 324 millions, dont 400 millions en transit.

Nos importations d'Espagne représentent une valeur de 54 millions; les métaux, les huiles d'olives, les fruits de table, les laines, les peaux brutes, la cochenille, le safran, sont les objets d'échange les plus importants.

Nos exportations en Espagne, qui s'élèvent à 174 millions, consistent surtout en lainages, tissus de soie, cotons en laine, tissus de coton, mercerie, papeterie, mulets, chevaux et bestiaux, ouvrages en fer, etc.

Caractère national, — Le peuple espagnol, fier, brave, intelligent et sobre, mais gâté par la misère à la-

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INSTITUTIONS COMMERCIALES. COLONIES. 159

quelle il a fini par se résigner, est une race essentiellement agricole : on compte 80 paysans sur 400 habitants : cependant l'exemple de Ségovie, de Tolède, de Cordoue, de Murcie au xv° siècle; celui de Barcelone et de Valence, de nos jours, montrent que le paysan espagnol peut devenir un habile ouvrier, et les entreprises gigantesques du xvi° siècle prouvent qu’il n’est pas dépourvu de génie

1 commercial. La véritable cause de l’infériorité de l’Espa- 4: gne, ce sont ses guerres désastreuses du xvr° siècle, : l'étendue démesurée de ses anciennes colonies qui ont ab-

sorbé toutes les forces vives de la nation, l’état d’ignorance superstitieuse où elle resta longtemps plongée et qui l’a laissée étrangère à tous les progrès modernes; l’organisation vicieuse de la propriété, concentrée dans un petit nombre de mains; les agitations politiques qui bouleversent la péninsule depuis soixante ans, et qui tout en lui donnant des institutions constitutionnelles, n’ont pas réussi à lui assurer l’ordre indispensable au progrès.

Colenies. — De ses vastes colonies, l'Espagne n’a gardé que la Æavane et Porto-Rico, en Amérique, sa plus riche possession; les présides marocains, les Canaries, Fernando-Po et Annobon, en Afrique, les Philippines et les Mariannes,en Océanie; c’est-à-dire une superficie totale de 424,000 kil., et une population de 5 millions d’âmes.

Son agriculture, son industrie, son commerce, malgré la richesse de ses productions, et sa ‘position sans rivale, la placent à un rang inférieur.

Régime douanier. — Son régime douanier, malgré des conventions récentes, signées avec la France et l’Angleterre, qui en adoucissent la rigueur, est encore un des moins libéraux de l’Europe, et maintient le système prohibitif,

Compagnies de commerce et institutions de crédit. — Cependant, grâce à des efforts persévérants, et au concours des capitaux étrangers, l'Espagne a pris enfin sa place dans le mouvement moderne : les vapeurs-courriers Espagnols (Lopez et C°.) desservent la ligne de Ca-

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dix à la Havane, et celle de Marseille à Cadix ; la Société : : Bofill et Martorell fait le service entre Gênes et les Canaries, par la côte d’Espagne : la Compagnie Ségovia, |

celui de Marseille à Séville (9 jours de traversée) : les che- 4} mins de fer se multiplient : 4 Banque d'Espagne, dontle M!

siége est à Madrid, les banques de Cadix et de Barcelone, À la Société mercantile et industrielle, la Compagnie géné- #| rale de Crédit, le Crédit Mobilier de Madrid, l'Union com- 4}

merciale et la Caisse d’escompte de Barcelone, plusieurs

compagnies d'assurances, de :ombreuses associations mi- À nières, s'efforcent de réveiller l’industrie, et de relever le #4”! crédit, en développant les ressources naturelles de l’Es- "1!

pagne.

POIDS, MESURES, MONNAIES

Le système métrique français est en usage depuis 1889.

Les anciennes monnaies n’ont pas été réformées. La principale monnaie de compte est le réal — 0 fr. 26.

Les monnaies réelles sont, en or, le doublôn d'Isabelle f'}

— 25 fr. 785 — en argent le duro (piastre) — 5 fr. 206 — l'escudo — 2 fr. 603 — la peseta — 1 fr. 042 — le réal —=0 fr. 26 (valeur de 1864).

. Les mesures anciennes les plus usitées, et qui sont encore employées dans une partie de l’Amérique du Sud et de l'Amérique centrale, sont :

Mesure de longueur, la vara — 0 m., 8359, Mesure itinéraire, la legua — 5555 m., 5555.

Mesure agraire , la fanega — 6439 m. c., 57,40. Mesures de capacité, la fanega (grains) — 55 lit., 5. la eantara | liquides — 16 lit., 4329.

la pipa \ vins, —4331lit., 5895.

« wids, la livre — 0 k., 46009.

l’arrohe = 25 1. — 11 k., 502.

le quintal —1001.=—46 k.,00929.

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