ROYAUMES DE SUËDÉ ET DE NORWÉGE
Bornes. Superficie. Pepulation. — Les royaumes de Suède et de Norwége, qui forment deux États distincts,
| mais gouvernés par la même dynastie, sont situés entre
55° 20 et 74° 45' lat. N., 2 15' et 28° 47! long. E.
Ils sont bornés au nord, par l’océan Glacial; à l’est, par la Tana et la Tornéa, qui les séparent de la Russie; au sud-est, par le golfe de Botnie et la mer Baltique; au sud, par la mer Baltique, le Sund, le Cattégat et le Skager-
Æ Rack, qui les séparent du Danemark; à l’ouest, par la mer
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du Nord et l’océan Atlantique.
L'île de Gottland et celle d'OEland dans la Baltique, ap-
& partiennent à la Suède, les archipels de Bergen, de Dront-
heim dans l’Atlantique, de Loffoden et de Tromsen dans
4 l'océan Glacial, dépendent de la Norwége.
168 SUÈDE ET MORWÉGE.
La superficie totale est de 759,000 kil. c., le développement des côtes, de plus de 10,000 kil, (4 kil. decôtes pour 75 kil, c. de superficie).
La population est d'environ 5,624,000 habitants, 1,600,000 pour la Norwége, 4,024,000 pour la S'ède.
La Suède a pour capitale Stockholm, et se divise en 24 loen ou gouvernements, la Norwége a pour capitale Christiania et se divise en 17 bailliages.
Situation commerciale. — Baignée par la Baltique, la mer du Nord, l’océan Atlantique et l’océan Glacial, découpée par des golfes innombrables, offrant une immense étendue de cèûtes, partageant avec le Danemark la possession des détroits qui dominent l'entrée de la Baltique, lu péninsule Scandinave a été désignée par la nature pour être une des grandes puissances maritimes du nord de l'Europe.
La Scandinavie fut le berceau de ces Normands, qui au moyen âge découvraient le Groenland, et peut-être l’Amérique, cinq siècles avant Christophe Colomb. Au dix-septième et au dix-huitième siècle, ses flottes faisaient encore trembler celles de Russie.
Aujourd’hui même l’union des peuples scandinaves, en donnant à la Suède les deux rives du Sund et du Cattegat, lui rendrait une partie de cet empire qu'elle exerçait autrefois : mais quel que soit l’avenir des aspirations vers l'unité chez les populations scandinaves, Les riches pècheries de la Suède et de la Norwége, leur nombreuse population maritime, leurs relations faciles avec toutes les puissances du Nordetde l'Occident de l'Europe, leur proximité du continent américain, leur assurent parmi les puissances commerçantes, une place qui serait bien plus
large encore, sans la rigueur de leur climat et l’âpreté de
leur sol, PRODUCTION NATIONALE.
Climat. Nature du sel. — Sauf quelques points des côtes de la Norwége, où viennent mourir les dernières
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ondulations des courants chauds de l'Atlantique, et le midi de la Suède, dont la température est analogue à celle du Danemark, le climat de la Scandinavie est froid et brumeux : l'hiver dure sept mois, l'été de quatre à cinq mois, l’automne et le printemps sont inconnus à ces latitudes septentrionales.
Production agricele. — Les terrains primitifs dominent dans la constitution géologique de la Suède et de la Norwége : le granit et le porphyre y percent de toutes parts un sol stérile, couvert de landes, de lacs et de tourbières : sur 44,000 kil. c., la Suède compte 355,500 k. c. de forêts, de pâturages et de montagnes, ét 56,000 k. c. de lacs et de marais : la Norwége n’a que 7,000 k. c. de terres cultivables sur une superficie de 318,000 k. c. : la culture du blé s'arrête au 62° degré de latitude, celle de l'avoine et de l'orge, au 69°; la pomme de terre, le lin, le chanvre,le colza, sont cultivés jusqu'au 66° degré; mais malgré les progrès de l’agriculture, la production est insuflisante, surtout en Norwége ; les pâturages nourrissent de nombreux troupeaux, 2,900,000 bêtes à cornes 3,900,000 moutons, 600,000 chevaux (en 4861); mais la principale richessede la Scandinavie, ce sont sesimmenses forêts, dont l'exploitation rapporte à la Norwège seule plus de 80 millions par an, la pêche dont le produit annuel, pour les deux royaumes, est évalué à près de 100 millions, et les mines qui ne le cèdent qu’à celles de l’Angleterre.
Production minérale. — Les mines de fer produisent annuellement près de deux cent mille tonnes de métai celles de cuivre, 20,000, celles d'argent, 40,000 marcs : l'étain, le plomb, l'or, le cobalt, se trouvent en quantités moins considérables; la houille est rare, mais la tourbe et le bois peuvent y suppléer.
Production industrielle. — L'industrie est en progrès, malgré les obstacles qu’elle rencontre dans la rareté des grands centres de population et la difficulté des transpr Les principales branches de l’industrie scandinave sont :
170 SUËDE ET NORWÉGE.
4° Les industries métallurgiques, favorisées par l’abondance de la matière première. Falun, entrepôt des cuivres et des fers de la Dalécarlie, Œrebro, Stockholm en Suède, Kongsberg, célèbre par ses mines d’argent, Drontheim, entrepôt des cuivres de Roraas en Norwége, possèdent des forges et des fonderies importantes.
2° La fabrication des tissus de laine, de coton et de lin, à Stockholm, à Gothembourg, à Calmar, ne suffit pas à la consommation du pays.
3° Les distilleries, à Christiania, à Stockholm et dans presque toutes les grandes villes de Norwége, ont pris depuis dix ans un tel développement, que l’autorité s’en est émue et a cherché à arrêter, par des taxes assez lourdes, cet essor exagéré.
4° Les tannerles, à Christiania, à Gothembourg et à Gefle, essaient de lutter contre l'importation de France et d'Angleterre.
5° Les huiles de poisson, à Bergen et à Christiania, sont l’objet d’une active fabrication.
6° Les sciertes fournissent à l’exportation et aux constructions maritimes, très-actives en Suède et en Norwége, des planches de sapin, de chène et des bois de charpente, sans rivaux en Europe.
COMMUNICATIONS EXTÉRIEURES
Configuration des côtes. — Les côtes de Suède sur #
le golfe de Botnie, sont plates, marécageuses, bordées n de tourbières, balayées par les vents glacés, qui ont passé sur les steppes de la Russie asiatique et européenne; dans EM la partie méridionale, les golfes se creusent, s’étargissent, [# des lacs maritimes pénètrent dans l’intérieur des terres, et }%
présentent descommunicalionssüres etrapides : en Norwé- |4 ge, depuis le cap Lindesness, où finit la mer du Nord, jus- #4
qu’au cap Nord, par 71°15’, de latitude, la côtequ'effleurent |: les dernièresondulations du Gulf-Stream, est bordée d’un À! rempartd'’ilesescarpées, séparées par des canaux étroits, où lescourants polaires s’engouffrent el forment de dangereux |
s par l’abon- tourbillons, entre autres, le Malstræm, dans les îles des cuivres Loffoden
m en Suède a men ss Le rivage, presque toujours élevé, tantôt dessine mille Drontheim, dentelures capricieuses, tantôt domine par des falaises de >ssèdent des
granit de 800 mètres d’élévation, une mer toujours agitée.
Dans le golfe de Botnie et dans l’océan Glacial, la navigation est interrompue par les glaces, d'octobre à la fin de mai : dans le sud de la Baltique et dans l’océan Atlantique, elle ne cesse d’ordinaire qu’au mois de décembre, pour recommencer «1 mois d'avril : il est rare qu’elle soit interrompue dans la mer du Nord.
Principaux ports. Lignes de navigation. — Presque tout le commerce extérieur de la Suède et de la Norwége se fait par mer.
La Suède possède cinq ports principaux sur la Baltique et sur les détroits.
Stockholm (124,000 h.), capitale du royaume et principal centre du commerce, au point de jonction du lac Mœælar et de la mer Baltique, est en communication régulière par des lignes de steamers avéc l’Angleterre par Hull et Londres, la Russie par Saint-Pétersbourg, la Prusse par Stettin, l’Allemagne par Hambourg, la France par le Havre. La valeur des échanges y dépasse 60 millions et le mou- & vement de la navigation 1,700 navires, non compris le À cabotage.
: Gothembourg (44,000 h.), sur le Cattegat, à la tête du de Suède sur LA chemin de fer de Stockholm, réunie à la Baltique par les uses, bordées M Iacs et plusieurs canaux, est la seconde ville de Suède, et qui ont passé M Le grand entrepôt du commerce d'importation. Le mou- 2 rar M dans N& vement de sa navigation s'élève en moyenne à 1,800 nas'étargissent; |A vires, et celui de son commerce à 80 millions. r des terres, et |E Norkæping, à l'embouchure de la Motala (22,000 h.), es : en Norwé- (# rattachée par des lignes de steamers à Lubeck, à Stettin, du Nord, a l et aux principaux ports suédois, partage avec Nykæping equ'effleurent | {3 900 h.) et Gefle(12,000 h.) l'exportation des fers et des st bordée d'un A bois de la Dalécarlie et de la Sudermanie. aux étroits, OÙ DE one sur le Sund (21,500 h.), port de passage entre la de dangereux M k : NE ne * 14 Suède et Copenhague, doit à sa position un transit consi-
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