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EMPIRE DE RUSSIE

Bornes. Superficie. Population. — La Russie d’'Europe, en ÿ comprenant la Pologne, est située entre 44° et ‘70° 15 latitude nord, 45° 40’ et 66° long. orientale.

Elle est bornée au nord par l'océan Glacial et la mer Blanche; à l'ouest, par la Norwége et la Suède, la Baltique, la Prusse, l'Autriche et les Principautés danubiennes; au sud, par la mer Noire, la mer d’Azof, le Caucase; à l'est, par la mer Caspienne, le fleuve Oural, les monts Oùrals et le golfe de Kara, qui la séparent de VAsie,

La superficie est de 5,423,160 kil. carrés, la population de près de 74 millions d'habitants, dont 4,780,000 pour le royaume de Pologne.

La capitale est Saint-Pétersbourg, 518,000 h:

Situation commerciale, — La Russie couvre plus de la moitié de la superficie de l’Europe, dont elle forme à ‘elle seule toute la partie orientale. Séparée de l'Asie par des limites de convention, dont les Russes-ne tiennent pas compte dans leurs circonscriptions administratives, terre à demi asiatique, à demi européenne, elle est: le lien entre l'Occident et l'Orient, entre la civilisation:et la barbarie, Maîtresse de la mer ‘Caspienne, des défilés du

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Sur l'océan Glacial, elle possède les seuls ports accessibles : par la Baltique, elle communique avec l’Océan Atlantique et les pays commerçants de l’Europe septentrionale et occidentale ; par la mer Noire, elle touche à la Méditerranée et se trouve à douze jours de Marseille : enfin, par sa frontière occidentale, elle est limitrophe de Ja Prusse et de l'Autriche, dont les chemins de fer ou les bateaux à vapeur mettent Saint-Pétersbourg à 56 heures, et Odessa à 5 jours de Paris.

Toutefois, les avantages de cette admirable situation sont compensés par des inconvénients dont quelques-uns peuvent n’être que passagers, mais dont beaucoup d’autres sont inhérents à la nature mème du sol et à la position de la Russie.

L’immensité des espaces, les steppes, le climat, le manque de routes offrent au commerce de terre des obstacles toujours gênants, quelquefois insurmontables ; le commerce maritime, entravé par les glaces dans la Baltique et les mers Boréales, par les brouillards et les tempêtes dans la mer Noire, n’a devant lui, au lieu des libres espaces de la Méditerranée et de l’Océan, que des lacs aux issues étroites, où peuvent l’enfermer les grandes puissances maritimes, et dont la Russie ne tient pas la clef.

Climat. Nature du sel. — Plus des deux tiers de la Russie sont situés dans la zone froide septentrionale, dont la température moyenne ne dépasse pas 3° au-dessus de 0; et jusque sur les bords de la mer Noire, les hivers sont assez rigoureux pour couvrir le pays de neige, et suspendre pendant plusieurs mois la navigation.

Le sol est peu accidenté; sauf les chaînes de l’Oural, la Russie n'a que des collinés, qui rompent à peine la morne uniformité de ses plaines sans limites, Le versant de la

mer Blanche.est couvert de forêts, de tourbières glacées et de roches granitiques. Celui de la Baltique, marécageux au nord, est plus fertile dans sa partie méridionale et occidentale, où le défrichement a livré à l’agriculture de vastes espaces autrefois occupés par les forêts. La région centrale, également cultivée et défrichée, offre un sol maigre et pierreux où réussissent cependant le seigle et l’avoine.

Le versant méridional et oriental se divise en deux parties : 4° la région des terres noires, qui comprend le bassin supérieur du Dniéper et du Don, et le bassin central du Volga : c’est la terre promise de la Russie; dépourvue de forêts, mais couverte de moissons, elle n’a pas de rivale en Europe pour la production des céréales : 2° la région des steppes, coupée par le Don, et qui comprend tout le littoral de la mer Noire, de la mer d’Azof et de la mer Caspienne, à l’exception de la Crimée. A ouest du Don, la steppe, animée par d'immenses troupeaux, aussi verte et aussi bien arrosée que les belles prairies de Hollande, offre l’image de la vie. pastorale dans toute sa puissance et dans toute sa richesse; mais à l’est du fleuve s'étendent de vastes espaces désolés, entrecoupés de marécages, de lacs salés, de déserts sablonneux, parcourus par les hordes nomades et à demi sauvages des Kalmouks et des Cosaques du Volga et < Oural : c'est la barbarie asiatique sur une terre qui n est euro-. péenne que de nom.

Production agricole. — Les céréales sont cultivées dans toute la Russie, et la production dépasse les besoins de la consommation. L'orge et l’avoine réussissent surtout dans le Nord et dans le Centre, le seigle dans la région moscovyite ; le froment, dont la production est évaluée, en moyenne, à 400 millions d’hectol., en Pologne, en Livonie et dans la région des terres noires.

On cultive le kowblon en Pologne et en Lithuanie, la betterave en Pologne et dans toute la Russie centrale et méridionale, la pomme de terre sur les bords de la Baltique, dans les provinces polonaises et dans la région

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La culture de la vigne, en Crimée seulement, produit déjà plus de 35,000 hectol. de vins qui peuvent le disputer à ceux de la Hongrie; et les vins de Kizliar (sur la Caspienne, à l'embouchure du Terek) sont estimés dans tout l'intérieur de la Russie, et se consomment même à Saint-Pétersbourg.

Les forêts de sapins, de chênes, etc., qui couvrent tout le versant de la mer Blanche, une partie de la Pologne, de la Lithuanie et de la Finlande, sont une des richesses de la Russie. Les seuls domaines impériaux en contiennent 120 millions d'hectares.

Les principales cultures industrielles sont le lin, cultivé surtout en Livonie et dans les gouvernements de Viatka et de Vologda; le chanvre que. produisent en abondance la Lithuanie, la Courlande, la Livonie, la Russie-Blanche et l'Ukraine ; la garance de Derbent, le colza des gouvernements de Kiew, d’Orel et de Toula.

Les immenses pâturages de la Russie méridionale nourrissent près de 26 millions de bêtes à cornes, d’im-

menses troupeaux de moutons, concentrés surtout sur'les bords du Don et du Dniéper; et un nombre considérable de chevaux, qu'il est impossible d'évaluer en l’absence de statistiques sérieuses (48 millions ?).

Production minérale. — Les richesses minérales . de la Russie ne sont éncore qu’imparfaitement connues et plus imparfaitement exploitées.

Un immense bassin houiller, dont les produits sont, il est vrai, de qualité inférieure, s’étend depuis la mer Blanche jusqu'à Kalouga, au cœur de la Russie, én traversant les gouvernements de Novogorod, Tver, Smolensk, Moscou et Toula. Plusieurs gisements sont en exploitation à Perm et dans la région de l’Oural; mais les plus riches sont situés dans la Russie méridionale. Celui du Donets, affluent du Don, et celui d’Æcatherinoslaw, produisent à eux seuls 2 millions de quintaux.

Enfin, les environs de Derbent, et quelques districts

du royaume de Pologne, fournissent également des houiïlles médioeres.

Les fers sont exploités en Pologne, où 58 mines sont en activité, et dans le gouvernement de Perm, où la ville d'Ecatherinbourg, située à l’est de l’Oural, et peuplée de 17,000: habitants, est le centre de l’exploitation minière.

Le cuivre, le platine, les pierres gemmes, les marbres abondent dans le même district et dans celui d’Orenbourg. }

Le sel gemme est exploité dans le gouvernement d’Orenbourg et dans plusieurs districts de la Russie méridionale.

La région européenne de l’Oural, indépendamment du produit beaucoup plus abondant des mines de Sibérie, fournit annuellement de 24,000 à 25,000 kilog. d'argent et des minerais d'or assez riches pour donner lieu à de nombreuses exploitations.

La tourbe, les argiles, les granits se rencontrent dans toute l'étendue de la Russie, surtout dans les gouvernements septentrionaux.

‘Production industrielle. — La nature a donné à la Russie une partie des éléments nécessaires au développement de l’industrie : les matières premières en abondance, des forêts immenses, de riches houillères ; mais l’imperfection des routes et des moyens de transport, l’état de la société, l'absence de liberté et de garanties pour les intérêts privés, le système des guildes et des castes commerciales qui pèse encore sur tout l’Empire, ont arrêté les progrès industriels, et maintiennent la Russie dans une infériorité aussi humiliante pour l’amour-propre national que nuisible à la prospérité publique. Aussi son industrie n’offre-t-elle d’intérèt qu’au point de vue de la consommation intérieure et de la concurrence qu’elle fait en Asie aux produits du reste de l’Europe.

Les tissus de coton se fabriquent dans les districts de Moscou, de Vladimir, de Saint-Pétersbourg, de Kalouga, de Varsovie, de Lodz, en Pologne (45,000 h.), et, grâce

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188 RUSSIE. “ sovie, les fabriques de machines de Saint-Pétersbourg n’ont pas encore réussi à affranchir la Russie du tribut qu'elle päye à l'étranger.

COMMUNICATIONS EXTÉRIEURES

Meuvement de l’intercourse avec la France. — Le mouvement de l’intercourse entre la France et la Russie est de 950 à 4,000 navires, jaugeant 243,000 tonneaux, dont plus d’un cinquième sous pavillon français.

Les ports de l’Océan et de la Manche sont en relations avec les ports russes de la Baltique par la ligne régulière des vapeurs de la Compagnie du Nord, qui part de Dunkerque, et par les correspondances avec les lignes anglaises et hollandaises.

Les ports de la Méditerranée sont en relations avec céux de la mer Noire par les correspondances des Messageries Impériales et de la Compagnie de Navigation Marseillaise, avec les lignes russes et autrichiennes dé la mer Noire. |

Principaux ports. Lignes de navigation. — 1° Les côtes de l'Océan Glacial, élevées et rocheuses depuis la frontière de Norwége jusqu’au golfe de Æola, sont basses et marécageuses depuis ce golfe jusqu’à celui de Æara. Des îles incultes et glacées, la Nouvelle-Zemble, l'île Waigatch, Vîle X'algouef servent pendant l'été de station aux pècheurs, qui les quittent à l’approche de l'hiver.

Le seul port qui mérite une mention est Arkkangel (27,000 h.), à l'embouchure de la Dwina, entrepôt du vaste bassin de ce fleuve, dont les bois, les fers, les graïsses, les céréales, le lin s’échangent contre les denrées coloniales ‘et les produits manufacturés de l'Europe occidentale. Fermé par les glaces pendant huit mois de l’année, le pôrt d'Arkhangel présente cependant un mouvement de plus de 700 navires de long cours, presque tous anglais ou hollandais, et de 100 caboteurs sous pavillon national,

-Pétersbourg sie du tribut

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